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dimanche 2 octobre 2022

Vers la fin de l’écriture manuscrite ? – Chronique du 3 octobre

Bonjour-bonjour

 

Les objets que la tradition du luxe avait privilégiés perdent du terrain : plus de briquets en or, plus de fume-cigarette en argent, et maintenant plus de stylo Mont-Blanc avec le quel jouer rêveusement tout en parlant. Rien que du Bic-cristal qui ne sert souvent qu'à pointer un interlocuteur au cours d’une discussion. 

Mais aujourd’hui ça ne s’arrête pas là : « La Semaine de l’écriture, débute ce lundi dans toute la France « Avec les outils numériques, on utilise de moins en moins les stylos et le papier. Au point, un jour, de ne plus savoir s’en servir ? », peut-on lire ici.

On dira peut-être : le stylo bille a tué la plume sergent major ; le clavier tue l’écriture cursive : le progrès c’est du plus ici et du moins là. Où est le problème ? Plus de pleins et de déliés : la belle affaire ; maintenant plus d’écriture papier : normal.

 


Toutefois, observons quand même qu’on a très longtemps cru que la personnalité s’exprimait par l’écriture manuscrite, au point que pour les embauches les lettres de motivations, obligatoirement manuscrites, étaient soumises à des graphologues supposés déterminer les replis les plus secrets de l’âme du candidat à partir de la manière dont il traçait les hampes de ses "l" ou les jambages de ses "p". Je doute fort que tout cela existe encore : qui donc à la souci de l’écriture manuscrite, à l’époque où, même pour la prise de notes, n’importe quel smartphone remplace les bloc-sténo ?

Mais alors : où donc notre nature intime va-t-elle trouver à s’exprimer ? Dans la façon de piocher un clavier ? Non, bien sûr, mais plutôt dans la façon de tenir son smartphone tout en marchant ou en montant un escalier. Car voilà le fait évident : désormais plus personne ne sortirait sans son smartphone à la main – les uns le tiennent comme une arme dont la possession serait indispensable pour travers la foule ; d’autres comme un doudou dont la présence rassure ; en tout cas, ce qui est sûr, c’est que personne ne songerait à le ranger dans son sac ou dans sa poche. Ça veut sûrement dire quelque chose concernant notre moi-profond.

 

… Quid alors de la disparition de l’écriture manuscrite ? La passerons-nous de profit à perte, une habilité qu’on a perdue, comme celle de tailler des silex ou de faire du feu en frottant entre eux des morceaux de bois ?

lundi 1 août 2022

Propos d’un vieux c*** - Chronique du 2 août

Bonjour-bonjour

 

Figurez-vous que j’allais chroniquer le débat à l’Assemblée Nationale sur le rachat des RTT dans les entreprises inaugurant selon la gauche la fin des 35 heures. La Nupes est tétanisée et la droite en toute innocence disait « Ben, c’est pour donner du pouvoir d’achat : qu’est-ce que vous avez contre ? »

--> Et voilà que je tombe sur cette photo montrant « Les députés de la gauche à l'Assemblée nationale (Paris), le 26 juillet 2022, à quelques heures du vote du projet de loi de finances rectificative ».  (Vu ici)

 


Photo où l’on voit tous (je dis bien : tous) ces députés, sur leur banc de l’Assemblée nationale, piochant leur Smartphone, les uns ouvertement (comme Clémentine Autain au centre), les autre de façon plus discrète, cachés sous leur pupitre, comme des potaches au collège.

- Et là, mon vieux sang ne fait qu’un tour : « Quoi, me dis-je, voilà des gens qui devraient être concentrés sur leur débat, méditant leurs argument ou fulminant contre cet assaut de la droite qui vise à anéantir cet acquis des luttes ouvrière –, et qui n’ont rien de plus pressé que de tweeter avec … Mais avec qui donc ? Qu’importe ! Ce qui compte c’est qu’il ne s’agit pas de ceux qui sont présents et auxquels ils doivent toute leur présence. »

 

On va me rétorquer que vraiment je suis un vieux c*** qui n’a rien compris aux modes modernes de communication qui permettent d’être présent sur plusieurs lieux différents, avec des gens différents pour traiter des sujets différents. Bref, aujourd’hui avoir le don d’ubiquité n’a rien d’exceptionnel.

Je rétorque alors que selon le dictionnaire seul Dieu possède un tel don, et qu’à moins d'estimer que nos smartphones dispensent un pouvoir miraculeux, on devra quand même considérer que les utiliser durant une conversation, un débat ou ce qu’on voudra est une impolitesse – et s’agissant des représentants du peuple une forfaiture.

 

Certains reviendront à la charge pour modérer ma fureur : « Il s’agit sans doute d’une pose dans les débats, une interruption de séance ou quelque chose comme ça. Pourquoi en faire tout un plat ? » 

- Interruption de séance ? Mais alors on devrait voir tous ces députés tournés vers leurs voisins-voisine pour commenter le débat ; à moins que, le visage entre les mains, on aperçoive de la fumée sortant de leurs oreilles tant leur exaspération est grande. Mais tout cela n’était peut-être que simulacre ?

samedi 11 janvier 2020

Boeing abattu par un missile près de Téhéran : pourquoi l'Iran ne pouvait plus nier sa responsabilité dans le crash

Au moins deux vidéos ont été tournées juste avant le crash du Boeing 737 et relayées massivement sur les réseaux sociaux. La première permet de distinguer une traînée lumineuse, l'appareil d'Ukrainian Airlines, se rapprocher à grande vitesse du sol avant de s'écraser et de provoquer une explosion. L'autre séquence montre le moment où l'avion est touché par ce qui semble être un missile. Quelques secondes après l'impact, le bruit d'une détonation se fait entendre. Lu ici

Inutile d’y insister : ces vidéos sont le fait de passants équipés de smartphones - les quels sont également indispensables pour leur diffusion sur les réseaux.  Occasion de redire dire combien l’existence de ce petit appareil, sa présence dans la poche de tout un chacun, peut faire pour dérégler le déroulement des évènements qui perturbent l’histoire d’un pays. On avait autrefois coutume de se moquer de Steve Jobs, le génial inventeur de la firme Apple, parce qu’il présentait les nouveaux appareils créés par la marque en disant : « Ceci est une révolution », car si Apple n’a pas totalement inventé le smartphone, en revanche c’est lui qui a créé l’iPhone, qui a lancé ce mouvement et qui a mené l’humanité entière à s’équiper de ce petit appareil. Quand on sait ce qu’il en coûte en matière d’infrastructure et quel est le coût demandé à chacun pour s’en équiper, on se dit que sa diffusion mondiale est le signe d’un évènement historique – dont il est normal que les conséquences soient également historiques.
On dira peut-être que l’hyper complexité technique nécessaire à faire fonctionner cet appareil le rend vulnérable à la censure des gouvernements. Certes. Mais il n’est pas sûr que, compte tenu de son implantation quasiment universelle cette censure soit sans conséquence pour les censeurs.
Quand autrefois (= ancien régime) le pouvoir interdisait la diffusion d’un livre, cela n’affectait que ceux qui savaient lire, c’est-à-dire moins de 40% de gens à la veille de la Révolution (Voir ici) ; à présent même les mollahs n’ont pu couper Internet durablement après les massacres à huis clos de novembre (voir ici)