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vendredi 27 mars 2026

Le beau langage – Chronique du 28 mars

Bonjour-bonjour

 

« Espèce de c***ard ! Fils de p***! Va te faire enc***er. »

Vous connaissez tous ces insultes et ces mots si grossiers qu’on refuse de les écrire in extenso pour éviter de leur donner une existence objective. La raison en est que, la plupart du temps, on les considère comme des marqueurs de violence verbale, à moins qu’on refuse de rendre évidente la classe sociale qu’ils révèlent.

Or, voici qu’un article met à mal cette analyse : « En comparant la fluidité verbale classique et la capacité à citer des insultes, (les travaux de Kristin et Timothy Jay publiés dans Language Sciences en 2015 ) ont mis en évidence un lien positif direct: les personnes dont le vocabulaire est le plus riche sont aussi celles qui connaissent et utilisent le plus de mots tabous. »

--> Autrement dit, quand j’entends une personne employer ces mots orduriers, je dois me dire qu’il s’agit d’une personne fort cultivée.

Pour ceux qui n’auraient pas bien compris, le même article ajoute : « La maîtrise des jurons n'est donc pas un simple raccourci de langage ou une marque de pauvreté intellectuelle, mais peut témoigner d'un certain sens de la nuance. » Et toc ! Et de conclure : « Utiliser le bon mot grossier au bon moment pour changer l'atmosphère émotionnelle d'une pièce demande une excellente compréhension du contexte social et une grande agilité lexicale. »

- Bref : avoir été élevé dans une cour de ferme au milieu des gorets peut certes limiter votre vocabulaire mais sûrement pas vous permettre d’utiliser le bon mot au bon moment.

 

Si vous n’êtes pas convaincu, écoutez bien les personnes grossières qui se contentent de traiter leurs semblables de tous les noms. Vous ne serez pas surpris d’entendre tout le temps revenir les mêmes insultes, et du coup vous noterez qu’elles ne tiennent aucun compte de la situation ni des personnes concernées.

Par exemple si vous évoquez le monde dans lequel vous imaginez votre adversaire ou les situations dans lesquelles il va devoir subir les pires tourments, soyez bien attentifs :la plupart sont voués à « se faire f*** »  – en particulier chez les Grecs. 

Quel manque d’imagination ! Sachez que certains, plus humoristes que les autres, vont lui conseiller « d’aller se faire cuire le c*** » évoquant par-là les tourments infligés aux Damnés dans les Enfers de Dante.

 


Fra Angelico

 

La voilà la culture !

jeudi 26 mars 2026

Loana : l’enfer c’est quand les autres ne sont plus là – Chronique du 27 mars

Bonjour-bonjour

 

Pauvre emblème de la téléréalité, la starlette Loana, élue vainqueur en 2001 dans la première émission de ce genre en France vient de mourir sous la lumière des échos de ses aventures diffusées régulièrement dans les médias.

Toute son existence aura été irriguée par ces éclats de lumière alternant les périodes où, rendue à son anonymat elle succombait à l’indifférence : successivement styliste, mannequin, exploitante commerciale, chanteuse, ses entreprises tombent rapidement dans l’oubli. « Je suis Loana du Loft » disait-elle pour réactiver le souvenir et donc l’existence à laquelle elle pouvait faire référence.

Sans faire appel aux crises psychiatriques dont elle fut victime, son histoire nous rappelle que les médias ne font qu’activer la force de la renommée soutenue par la diffusion de son intimité : rien d’elle n’était ignoré, du moins c’est ce qu’on disait – après tout elle était « née » dans une émission où les caméras permettaient à tous de voir les concurrents dans leur vie intime 24 heures sur 24 ; et sa célébrité vint d’un rapport sexuel filmé dans son intégralité.

- Les philosophes ont médité sur l’existence issue de ce que les autres ont vu ou pensé de nous. Sartre en fera des romans : « l’enfer c’est les autres », et Loana le confirme à ses dépens : le pire c’est encore quand ils de détourent de vous.

Mieux vaut être une image qu’une personne réelle, parce que l’image existe pour les autres, alors que la personne réelle existe pour elle-même. 

vendredi 8 février 2019

DANS QUEL CERCLE DE L’ENFER SE TROUVENT LES BREXITERS ?

«Je me demande quelle place particulière en enfer sera faite à ceux qui ont fait la promotion du Brexit sans même avoir le début d'une idée sur le moyen de la mettre en œuvre en toute sécurité» - Donald Tusk, le président du Conseil européen (Voir ici)
On comprend que Donald Tusk fait allusion à l’Enfer de Dante et à ses 9 cercles dédiés aux péchés de plus en plus graves.

Les 9 cercles de l’enfer selon Dante
1) Tous ceux qui ont vécu avant la venue de Jésus Christ et qui n’ont pu bénéficier de sa vertu salvifique sont dans les limbes qui sont un état de l'au-delà situés aux marges de l'enfer.
2) Les « luxurieux : dans ce cercle le sort des âmes est d'être balayées par des vents sans relâche.
3) Les Gourmands sont immergés dans une fange puante, sous une pluie sans trêve, mordus et griffés par Cerbère.
4) Les avares et les prodigues, divisés en deux groupes destinés à s'affronter éternellement en roulant des tas de pierres tout autour du cercle
5) Les coléreux : leur sort est de croupir immergés dans les eaux boueuses du Styx
6) Les hérétiques et les épicuriens sont enterrés et brûlés dans un brasier sans fin.
7) Les violents, subdivisés en :
            - violents « génériques » immergés dans le fleuve infernal, le Phlégéthon, un fleuve de sang en ébullition où ils sont ébouillantés
            - violents contre eux-mêmes, les suicidés transformés en arbustes secs, éternellement déchirés par les Harpie
            - les violents contre Dieu, la nature et l'art mais aussi les blasphémateurs, les sodomites et les usuriers sont enfermés dans une lande brûlante (1)   
8) Les rusés et les trompeurs : enfermés dans un puits profond (lire ici)
9) Les traitres, soumis aux plus violentes souffrances

On l’a compris si on a eu la patience de lire jusqu’au bout la description de l’enfer : les politiciens qui ont trahis les citoyens qui leur faisaient confiances sont les pires pécheurs, ceux qui seront condamnés au pire châtiment.
On comprend alors que ceux qui tout en gouvernant  avec violence et injustice, respectent quand même leurs promesses seront moins gravement punis que les démagogues qui séduisent le peuple pour mieux le trahir lorsqu’ils ont conquis le pouvoir
Donald Trump devrait à ce compte se trouver dans les eaux du Styx, alors que Jacques Chirac (rappelez-vous : Super-menteur, c’était lui !) se les gèle dans el dernier cercle. Et que dire de DSK, simple luxurieux ?
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(1) Pour ne pas avoir à y revenir : ici sont tous ceux qui ont contribué à détruire la nature.

jeudi 22 novembre 2018

EN PRISON, LE TRAITEMENT RÉSERVÉ À CARLOS GHOSN NE DIFFÈRE PAS DE CELUI D'UN PRISONNIER MOYEN.

D'après une information rapportée par RTL ce 21 novembre, le dirigeant déchu de l'alliance Renault-Nissan-Mitsubishi, Carlos Ghosn, ne bénéficierait d'aucun traitement de faveur en détention. Il n'aurait au contraire droit qu'à trois bols de riz par jour, à une cellule exiguë et à un matelas. Selon un avocat japonais interrogé par Les Echos, le grand patron est également privé, comme tout détenu au Japon, de presque tout contact avec l'extérieur. (A lire ici)

Je n’ai aucune idée du menu d’un détenu de prison en France, mais ce dont nous parlons ici (3 bols de riz) ressemble au régime imposé aux prisonniers en France dans l’ancien temps. Bien sûr la miche moisie et le pot d’eau sont un minimum vital et au 15ème siècle bien des honnêtes paysans devaient s’en contenter. Mais qu’aujourd’hui on l’impose au prisonnier (et que ce soit au Japon ne change rien à l’affaire, sauf que le riz remplace le pain) donne à penser que la restriction quantitative sur la nourriture doit être perçue comme constitutive de la punition.
En France, le régime pénal consiste uniquement en une restriction de la liberté de se déplacer ; mais bien sûr la tentation d’ajouter d’autres privations est grande. Quand on a autorisé les détenus à avoir la télévision dans leur cellule, bien des citoyens se sont insurgés : « Quoi ! On va leur donner une prison 3 étoiles ! Il ne faut pas oublier qu’ils ont fait car ça explique ce dont on les prive ! »
La télévision comme forme de liberté qu’il faudrait mériter, moi, ça me coupe le souffle. Récemment hospitalisé dans une chambre à 2 lits, mon voisin de chambrée regardait à longueur de journée une chaine dédiée à la pétanque (1). J’ai eu tout à coup un flash : et si j’étais condamné pour l’éternité à rester comme ça, cloué sur un lit avec pour seul horizon des parties de pétanque. Ne serais-je pas comme les héros de Huis clos, la pièce de Sartre ?
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(1) Il aurait pu se brancher sur Equidia ou sur une chaine de musique des caraïbes ç’aurait été pareil.