Affichage des articles dont le libellé est finitude. Afficher tous les articles
Affichage des articles dont le libellé est finitude. Afficher tous les articles

samedi 8 juillet 2023

Vacances d’été : êtes-vous heideggerien(nne) ? – Chronique du 8 juillet

Bonjour-bonjour

 

Vous les avez peut-être déjà repérées sur la plage, ces personnes qui très discrètement sortent leurs smartphones de leur sac de plage et consultent leurs messages. Ces gens sont probablement des « addicts » au travail, incapable de dételer, même durant les vacances.

 

- Il y a bien des explications à de tels comportements : peur de perdre son poste ou d’être remplacé par des collègues plus zélés ; souci de répondre aux exigences de managers très (trop) exigeants ; crainte de voir l’entreprise en perte de vitesse faute d’implication du personnel ; passion pour le travail qui est alors beaucoup plus qu’un gagne-pain. On pourrait aussi imaginer une « programmation » du cerveau qui ne peut changer durant la période estivale. (Lire ici)

- On peut aussi interpréter cette idée de façon banale : nous avons des habitudes, des rails personnels sur les quels nous avons placé nos gestes et nos actes durant l’année, et faute d’avoir su mettre en place à temps des habitudes de remplacement, alors nous ne savons pas faire autre chose, et nous continuons à faire tourner note petite machine. 

 


 

Les philosophes vont soupirer : « On vous avait prévenu : sachez oublier votre vie habituelle, ou mieux : n’ayez pas de vie habituelle » Mais d’autres hausseront les épaules : « Ce souci permanent que rien ne peut chasser, c’est celui qui caractérise la vie d’un être conscient de sa finitude. Oubliez les soucis de la vie professionnelle et vous serez envhi(e) par ceux de la santé, du sommeil des enfants et de la fidélité du mari (ou de l’épouse) »

Vous aurez reconnu les heideggériens, et je veux croire que c’est à eux que vous penserez en fourrant votre smartphone dans votre sac de plage.

vendredi 15 mars 2019

AVANT DE MOURIR, OPPORTUNITY A IMMORTALISÉ UN DERNIER PANORAMA GRANDIOSE SUR MARS

Opportunity ne s'est pas éteint sans nous envoyer un ultime panorama de la planète rouge. Peu avant sa mort, il a immortalisé un superbe paysage de Mars, où il repose désormais (en paix).
Avant de s’éteindre sur Mars, le rover Opportunity a eu le temps d’envoyer un dernier panorama saisissant. Le 12 mars 2019, la Nasa a publié cette photo immortalisée par l’appareil entre le 13 mai et le 10 juin 2018.
L’image à 360° permet d’observer le dernier endroit où le robot a cheminé, la « Perseverance Valley ». (Lu ici)


- « Peu avant sa mort… » « Repose en paix… » « Dernier endroit où le robot à cheminé » « Le rover a succombé à une tempête… »
Oui ! Repose en paix, vaillant petit robot ! Toi qui n’étais qu’un peu de ferraille et de silicium, te voilà devenu un être à part entière puisque tu peux mourir ! En mourant, tu accède à une quasi-humanité, car plus que la vie, c’est la mort qui qualifie l’être humain, celui qui va un jour disparaître, nous laissant face à l’indicible tristesse du vide qu’il a creusé en expirant.
C’est cela qui explique le rôle joué par la mort dans la reconnaissance d’un être humain : paradoxe apparent qui s’efface dès qu’on réalise que seule la disparition d’un ami nous révèle la totalité des relations qui fusionnaient ses fibres avec les nôtres. On dit il est vrai que la mort est « en première personne » d’abord pour les vivants une expérience de leur propre finitude ; mais elle est aussi l’occasion de mesurer la perte irréparable qu’elle leur fait subir lorsque c’est l’amante ou l’ami qui vient à mourir.

Une expérience philosophique : vous êtes près de votre amoureuse, de cette femme qui est tout pour vous, et vous êtes submergé de bonheur. Mais avez-vous bien mesuré la réalité de cette présence ?

–->  Imaginez là morte : vous voilà à son enterrement, vous vous effondrez sur son cercueil, obstacle infranchissable, et pourtant seule réalité que vous pouvez encore étreindre. Là, juste avant de défaillir vous faites l’expérience de tout ce qui vous unissait à elle dans la perte insurmontable que vous éprouvez. Si vous ne me croyez pas, rappelez vous du succès des mélos où l’amour et la mort se trouvent unis. Love Story en a été autrefois une preuve éclatante.