samedi 6 octobre 2018

BRÉSIL : JAIR BOLSONARO EST SOUTENU PAR LA BOURGEOISIE "QUI EST DANS UNE LOGIQUE PLUTÔT HITLER QUE BLUM"

- franceinfo : Est-ce qu'on peut le comparer (= Jair Bolsonaro, candidat d’extrême droite aux élections brésiliennes) au succès de Donald Trump ou des leaders populistes en Europe ?
- Armelle Enders : Cela ressemble beaucoup au phénomène Trump. L'électorat de Bolsonaro est en train de changer. Il devient plus populaire. Mais jusqu'à une période très récente, son principal soutien était dans les classes dirigeantes, la bourgeoisie brésilienne. Cela fait plusieurs mois que la bourgeoisie brésilienne est dans une logique plutôt Hitler que Blum. Lire ici.

Quand un candidat est soutenu par les milliardaires et les gros propriétaires terriens, on se dit qu’il n’a aucune chance, parce que les pauvres vont voter contre lui et que partout les pauvres étant plus ombreux que les riches c’est leur candidat qui va l’emporter.
Sauf que les classes populaires ont au brésil comme ailleurs une oreille sensible aux arguments des tenants de la droite ultra conservatrice sur un sujet précis : il s’agit de la sécurité.
« Récemment, quand il y avait des affrontements dans les favelas de Rio de Janeiro, sa solution (= celle de Bolsonaro) était de bombarder la favela. Cela en dit long. Son thème, c'est : "dans les favelas il y a des bandits; les bandits, il faut les tuer" » - On a vu ce que ça donnait aux Philippines avec les trafiquants de drogue.
Au  fond, la politique ne fonctionne que lorsque les arguments et les contre arguments sont rationnel, ou au moins raisonnable. Quand tout le monde est d’accord au moins pour continuer à évoluer dans le même monde. Bref quand on n’est pas dans un contexte révolutionnaire.

Ici on n’est pas du tout dans cette configuration. Mais la révolution en moins et la guerre civile en plus. Les pauvres gens du brésil ne croient plus dans la capacité du pouvoir à les tirer de la misère. Ils croient seulement à sa violence pour détruire ceux qu’on leur présente comme leurs ennemis.

vendredi 5 octobre 2018

EN DIRECT - HOMMAGE NATIONAL À CHARLES AZNAVOUR : LA FRANCE REND HOMMAGE À UN DES SES ENFANTS CHÉRIS AUX INVALIDES

Hommage national : "La poésie de Charles Aznavour appartient au peuple, et les Invalides, ce n'est pas le peuple" (ici)
Le chanteur Hugues Aufray estime sur franceinfo qu'il aurait fallu organiser "une traversée de Paris" à pied, en partant des Invalides.

Emmanuel Macron se lâche face aux retraités : "Le pays se tiendrait autrement" si on arrêtait de "se plaindre" (Ici)
o-o-o

Voilà : toute la France est là – à se plaindre oui, toujours et de tout. Les retraités se plaignent qu’on réduise leur pouvoir d’achat ; les fans de Charles Aznavour qu’on lui réserve un hommage protocolaire plutôt que populaire. Et puis quoi encore ?
Il y a un paradoxe français qu’on connaît bien mais qu’on oublie fréquemment : c’est les français sont à la fois des adeptes des « Droits de l’homme » qui impliquent que chacun soit considéré de façon abstraite comme un individu caractérisé par des facultés universelles : volonté, raison, goût du bonheur. Et en même temps, le français apparaît comme méfiant, voire rétif à l’égard du pouvoir centralisé, à la recherche de libertés locales plutôt que de libertés universelles.
Le raisonnement est facile : chacun de nous réclame que ses volontés soient reconnues comme liberté universelle : ce que je veux tout le monde doit pouvoir le vouloir. Sauf qu’une telle revendication n’est possible que dans certains cas, très rares et à des conditions très particulières. Du coup nous apparaissons en effet comme la tribu de Bretons (ou d’Arvernes) entêtée et refusant de se soumettre.

Et comme dans l’histoire de la France, la résistance a parfois été remplacée par la collaboration, personne ne s’y retrouve.

jeudi 4 octobre 2018

"C'ÉTAIT UN COMPLIMENT": RÉCIT DU PROCÈS DE L'AGRESSEUR DE MARIE LAGUERRE

Le 24 juillet dernier, alors qu'elle était en train de rentrer de chez elle, dans le XIXe arrondissement de Paris, un homme s'est mis à faire des bruits avec sa bouche et à tenir des propos obscènes.
Firas M.  l’agresseur présumé a déclaré :
"La vérité, elle était grave aguicheuse, elle a fait exprès de passer comme ça devant moi, elle se dandinait. Elle était sexy." "C'était un compliment, y a rien de méchant",
- "C'était un compliment, y a rien de méchant", insiste-t-il auprès de la Cour. Le cendrier envoyé dans la figure de la jeune fille ? "C'était un petit cendrier, il pèse même pas dix grammes, à vous entendre parler on dirait que c'est un cendrier béton". "C'est un cendrier en métal", corrige la présidente. (A lire ici)

Dans ce fatras, comment faire le tri entre le dérisoire et le sérieux ? Entre la provocation et l’expression d’une conviction ?
- Déjà, cette constante : les femmes sexy sont des aguicheuses, elles font exprès d’exciter les hommes pour ensuite leur faire honte de leur conduite. Inutile de leur dire que les femmes s’habillent comme ça leur plait exactement comme les hommes peuvent le faire. Inutile de préciser que c’est aux hommes de dominer leurs pulsions exactement comme sur la plage quand ils sont environnés des jeunes corps quasiment dénudés. Pas la peine de les qualifier de religieux intégristes qui n’acceptent de se tenir correctement que si le corps des femmes reste emballé dans un tissus noir de la tête aux pieds.
- Du coup, puisque ce sont les femmes qui ont commencé, la réaction des hommes va se comprendre comme une réponse. Si la femme est supposée montrer ses nichons ou du moins les laisser deviner – donc désirer – réclamer d’y mettre la main n’est qu’un compliment en effet. D’ailleurs diront-ils, demandez aux femmes qui ont passé la cinquantaine: elles se déclarent à peu près tranquilles dans la rue.


Hé bien voilà : ajoutez la nuance de cynisme et d’insolence et vous aurez la défense de ce jeune Firas M devant le tribunal. On nous dit que les experts psychiatres se sont emparés de son cas : intéressant car vu sa banalité on va pouvoir étendre leurs conclusions à l’ensemble du genre masculin !

ENFANTS NES SANS MAIN. UNE SUCCESSION DE CAS RARISSIMES ET DES QUESTIONS




Voilà un sujet bien embarrassant et très technique… D’ailleurs, même les spécialistes y perdent leur science : pesticides, polluants, médicaments, alcool, tout a été passé en revue et rien ne vient expliquer cette anomalie de naissance.
Quant à moi, j’observe que les journalistes ont eu un autre dilemme : comment figurer un enfant sans mains ? Ou sans bras ? Les lecteurs vont-ils supporter une telle monstruosité sans zapper l’article vite-fait ?
D’où le choix étrange fait ici : au lieu d’exhiber un monstre bien fait pour les barnums d’autre fois, montrons un jolie petite main potelée et laissons les lecteurs imaginer le pauvre enfant privé de ces mignons petits doigts que l’adulte prend entre les siens… « Qu’il est moignon-moignon » comme on disait du temps des bébés-thalidomides.
C’est là que se révèle une idée pourtant très courante mais qu’on oublie facilement : le pire ne se montre pas, on ne peut que le suggérer… à partir de son contraire. Supposez que vous ayez un mort à montrer : un mort pouah ! Quelle abomination ! La déontologie journalistique l’interdit absolument. Mais alors, montrerons-nous un agonisant à l’instant du trépas ? Même pas : ce sera peut-être un blessé ou même un homme encore en pleine vie sachant que ce qu’on voit c’est précisément ce qui a disparu dans l’info rapportée.
Quand François Mitterrand est mort, des photos ont fuité de son cadavre sur son lit mortuaire. C’était si je me rappelle son médecin personnel qui les avait faites. Hé bien tout le monde lui a fait honte au nom du respect qu’on doit au défunt. Et si le défunt il n’en avait rien à faire ? Mieux même : s’il avait laissé comme volonté ultime que son image en cadavre soit diffusée. Ce seraient alors les vertueux censeurs qui seraient en faute :

« Cachez ce mort que je ne saurais voir ! »

lundi 1 octobre 2018

MACRON POSE AVEC UN HOMME FAISANT UN DOIGT D'HONNEUR ET RÉPOND À LE PEN

Le chef de l'État répond ce dimanche 30 septembre à Marine Le Pen, qui dénonce une photo sur laquelle il a posé la veille avec deux jeunes hommes dont un fait geste déplacé.



« Le premier jeune sur la photo, chez qui il s'était invité, est récemment sorti de prison pour braquage et il l'avait enjoint samedi 29 septembre à trouver du travail. Le second, qui fait le geste déplacé, "est en CAP, il fait des études", a précisé Emmanuel Macron, dont l'objectif, dit-il "est d'aider cette jeunesse". "On ne tirera rien des discours de haine", a poursuivi le chef de l'État, et "il faut arrêter de penser que notre jeunesse, parce qu'elle est d'une certaine couleur ou à un moment a fait des bêtises, il n'y a rien à en tirer", a-t-il insisté. »

« "Marine Le Pen n'est pas avec le peuple", a poursuivi Emmanuel Macron. "Marine Le Pen, c'est l'extrême droite, et l'extrême droite ce n'est pas le peuple. Je suis président de la République et je ne laisserai à personne le peuple", a assuré Emmanuel Macron. » (Lu ici)

Volonté de ridiculiser l’autorité du Président de la République, où reflexe bêta du gamin qui pour se rendre intéressant  fait des cornes derrière la tête du grand-père sur la photo de famille ? Qui le dira ?...
Reste qu’on doit regretter le manque de lucidité de ce jeune homme, qui ne comprend pas la chance que représente cet homme en chemise blanche. Lors d’un cas précédent un jeune chômeur a trouvé d’un seul coup du travail, sans même que le Président ait besoin de « traverser la rue ». Oui, le pouvoir thaumaturgique des rois de France prétendait guérir les écrouelles ; celui de Notre Prédisent guérit du chômage. Autant dire qu’on l’attend un peu partout avec impatience…
Une autre remarque qui trotte dans ma tête : on lit un peu partout que cette rencontre qui n’était pas préparée a eu lieu alors qu’une averse détrempait le cortège. Emmanuel Macron est parti se mettre à l’abri en courant et s’est du coup invité dans un appartement d’un pauvre immeuble d'un pauvre quartier. Son service d’ordre l’a perdu de vue l’espace d’un instant et le voilà sans protection au milieu de ces gens que personne ne connaît et qui auraient pu sans difficulté le malmener.
            - Première remarque : le service d’ordre avait perdu le contact, mais pas les photographes et journalistes accrédités.

            - Deuxième remarque : ce qui manque à la sécurité du Président c’est quelqu’un comme Benalla : lui ne se serait pas laissé semer si facilement !