mercredi 26 septembre 2018

LA NASA VOIT SON ROBOT EN PANNE SUR MARS, MAIS NE L'ENTEND TOUJOURS PAS

C'est un petit point blanc au milieu d'un cratère de la vallée de la Persévérance, vu depuis un satellite 267 kilomètres au-dessus de la surface de Mars: le robot Opportunity, qui n'a plus donné de nouvelles depuis le 10 juin. (A lire ici)

C’est le moment de dire de quelle façon l’actualité affecte le philosophe, lorsque les guerres et les conflits lui laissent le loisir de rêver un peu : il s’empare alors d’une information et laisse son tempérament dominer son intellect.
C’est ainsi que lire qu’il existe sur Mars une « vallée de la persévérance » le fait sursauter. Qui donc a choisi ce nom stupide pour désigner un lieu topographique à la surface de Mars ? Déjà, il y a bien longtemps, lorsque des hommes avaient pris pied sur la lune, c’était dans la mer de la Tranquillité : qu’est-ce qui nous autorise à donner un tel nom à un tel endroit ? Un peu comme, sur terre, l’océan « Pacifique » désavoue chaque jour par ses houles et ses tempêtes la prétention des terriens à nommer des lieux de l’espace terrestre.

Mais ces prétentions ridicules ne sont pas nouvelles ni étranges, si on veut bien considérer que depuis toujours la toponymie a eu une importance capitale pour l’appropriation des lieux, au point que ceux-ci conservent ces appellations longtemps après que le peuple qui les a baptisés a disparu.

Oui, pour être légitimes les noms de lieux doivent avoir pour eux de remonter à la nuit des temps, faire corps avec eux, paraître comme leur condition d’existence. Finalement le rire qui me prend lorsque je considère les noms dont sont affublés des montagnes ou des vallées martiennes tient simplement à la brièveté de leur existence

mardi 25 septembre 2018

HAYABUSA-2 : LES DEUX ROVERS SAUTEURS DÉBUTENT L’EXPLORATION DE L’ASTÉROÏDE RYUGU

La sonde Hayabusa-2, vient de larguer deux petits rovers qui vont sautiller sur l'astre ;  puis, le 3 octobre, ce sera au tour de Mascot, successeur de Philae, de descendre sur ce corps rocailleux très âgé. Ces trois engins vont transmettre des informations depuis la surface de l'astre de près d'un kilomètre d'envergure. (Lu ici)

Cette mission n’a pas fini de nous faire rêver, puisqu’après cette exploration de l’astéroïde, il est prévu de capturer des échantillons de la surface et de les rapporter sur Terre en 2020.
Mais déjà, ce qui vient d’être réalisé paraît tout à fait étonnant : voici des robots qui se déplacent en sautillant et non pas en roulant, le sol de ce corps céleste étant trop rocailleux pour pouvoir cela. Ainsi, l’ingénierie humaine réinvente la déambulation qui est naturelle… aux kangourous !
 --> Imaginez un instant que vous soyez l’un des ingénieurs en charge de concevoir ces robots : comment leur permettre de se déplacer sans se coincer les roues (forcément petites vu la dimension des engins) dans les cailloux spatiaux ? Faire simple est un impératif, mais pour cela il faut oublier toutes les méthodes habituelles pour aller vers ce que pourraient imaginer des petits enfants qui ne sont pas encombrés par des modèles déjà faits. On dit parfois que pour être un inventeur, il faut savoir « renverser la table » et que ce genre d’ingénieur se caractérise comme ayant été, tout enfants, peu influencés par l’image paternelle. Peut-être, en tout cas cette invention n’est pas la première qui fasse appel à des procédés utilisés par des fabricants de jouets.
Il y a quelques années, un des rover martiens de la NASA avait atterri en utilisant une sorte de ballon sauteur qui avait amorti le choc : on vérifie ainsi que la même démarche est encore à l’œuvre sur l’astéroïde et que le coffre à jouet de  nos petits recèle des miracles d’ingéniosité.



… Comme ce stick sauteur qui pourrait nous permettre de nous déplacer sur Ryugu !

lundi 24 septembre 2018

UN AN APRÈS SA RÉÉLECTION, ANGELA MERKEL RESTE EMPÊTRÉE DANS UNE CRISE POLITIQUE

La GroKo (= la triple coalition détenant le pouvoir en Allemagne) s'écharpe sur le sort de l'ex-patron du renseignement allemand Hans-Georg Maassen. La semaine dernière, la coalition a été «proche de la rupture», a raconté la secrétaire générale de la CDU, Annegret Kramp-Karrenbauer, dans un courrier adressé aux membres du parti. Dimanche soir, les leaders des trois formations étaient encore réunis à Berlin pour tenter de trouver une solution acceptable pour tous. «Il s'agit de savoir si les partenaires de coalition peuvent encore se rassembler derrière une mission commune», a expliqué Annegret Kramp-Karrenbauer. (Nicola Barotte – Lu ici)
o-o-o
J’avoue que je me lasse de toutes ces informations politiques – même les plus importantes –  dans la mesure où je crois retrouver toujours les mêmes mots, les mêmes idées, les mêmes anathèmes etc.
Il arrive pourtant que je sois charmé par tel ou tel article, pour une formule un peu poétique ou … par l’illustration choisie. Voici celle que publie le Figaro dans cet article :


Photo accompagnant l’article de Nicolas Barotte
Ce visage apparaissant au second plan très net et pourtant estompé par ces feuillages écharpés par le vitesse du véhicule : comment mieux montrer l’opposition entre cette femme qui paraît immobile alors que tout passe à grande vitesse autour d’elle. Finalement, ce n’est pas la voiture qui se déplace : c’est le monde !
Occasion de s’interroger sur ce qu’on demande à la photographie de presse : une information certes, mais la quelle ? Nous prouver que l’évènement relaté a bien eu lieu et puis nous informer sur son contenu. Mais quand l’information est diffuse, qu’elle relève plus d’une synthèse que de l’évènementiel pur, alors il faut que l’image nous donne d’un coup d’œil un récapitulatif de la situation.

Avouez qu’une photo, quand elle est bien choisie, n’a pas besoin d’avoir été prise sur le vif de l’évènement pour remplir cette fonction.

dimanche 23 septembre 2018

AMAZON PRÉTEND DOTER SON ASSISTANT VIRTUEL ALEXA D'"INTUITIONS"

Fantasme ou réalité ? Alexa votre assistante vocale préférée est désormais capable de deviner vos désirs et de les satisfaire – bien entendu en puisant dans le catalogue Amazon.
Vous ne me croyez pas ? Lisez plutôt ceci : « À en croire Amazon, ses ingénieurs ont doté Alexa, le célèbre assistant virtuel de la marque, d'une fonction "d’intuitions" permettant d'anticiper les désirs. Dans un futur plus ou moins proche, elle pourrait aussi avoir la capacité de percevoir "des émotions, comme la frustration" dans la voix de son interlocuteur, et adapter son comportement en suggérant par exemple à un individu triste d'acheter un pot de pâte à tartiner. » (Lu ici)

Mais ce n’est encore rien.  « Amazon affirme pouvoir bientôt  doter Alexa d’une "conscience émotionnelle rudimentaire". Par exemple en analysant notamment les changements d’octave dans la voix ». Ainsi, une machine correctement programmée sait reconnaître lorsqu’un parent parle à son enfant, car sa voix monte alors généralement dans les aigus.

Tout cela, on sait déjà le faire observent les spécialistes. Mais Jean-Gabriel Ganascia, chercheur au Laboratoire d’informatique de l’université Paris 6 le rappelle : il ne faudrait pas perdre de vue qu’Amazon est, avant tout, un commerçant.  Selon ce chercheur, par ailleurs président du comité d’éthique du CNRS, l’ambition d’Amazon d’apprendre à Alexa à reconnaître les émotions serait "abominable d’un point de vue éthique" : "La frustration, par exemple, est un état de faiblesse et de manque qui peut être exploité pour pousser à la consommation", assure-t-il.

Oui, oui… Quand on a évoqué plus haut l’exemple de la tartine de Nutella, c’était un enfantillage… Supposez maintenant que vous vous sentiez bien seul un samedi soir parce qu’aucune présence féminine n’est venue vous tenir compagnie… Amazon a peut-être quelques gadgets à vous proposer, via la douce voix d’Alexa…

samedi 22 septembre 2018

ALORS AU FINAL PARCOURSUP FAIT-IL MIEUX QU'APB?

Lors du premier été de son quinquennat, Emmanuel Macron avait annoncé, dans Le Point, «une révolution de l’éducation» et le cap de son action : parmi les « impostures » auxquelles il compte bien mettre fin, celle « d’un pays inégalitaire, mais qui ne fait pas sa place au mérite». (Lu ici)

- Les propos du Président sont on ne peut plus clairs : il ne s’agit pas de supprimer les inégalités, mais de faire en sorte que seules les inégalités de talent soient productives.
Discours qui fait tâche dans un décor habituellement égalitariste : on imagine que « des chances égales pour tous » signifie aussi des diplômes également valables ; mais ce n’est pas tout à fait cela qu’on entend à présent dans les discours du pouvoir. Mais ne l’oublions pas : cet éloge du mérite est bien reçu dans les classes défavorisées qui ne demandent qu’une chose : ils veulent bien qu’il y ait une élite à condition que leurs enfants y aient accès.

Mais il y a une autre caractéristique qui signale l’originalité de Parcoursup.
- En faisant leurs vœux sur Parcoursup, les candidats ne peuvent pas hiérarchiser leur choix, et ils s’engagent d’avance à aller non pas où ils le souhaitent, mais là où leur donne une place.
N’est-on pas alors dans la même situation que le jeune chômeur diplômé d’horticulture à qui Emmanuel Macron conseille de se faire embaucher dans un restaurant pour faire de la plonge, parce que là, il n’y a qu’à traverser la rue pour trouver un emploi ?
On se retrouve alors dans la situation de l’individu subordonné  à la collectivité : que nous importe que tu souhaites être horticulteur si nous n’en avons pas besoin ? Fais-toi plongeur de restaurant même si tu n’as pas la vocation pour ça, car la France a besoin de jeunes gens qui acceptent de mettre les mains dans l’eau de vaisselle.
C’est avec cette désinvolture qu’on  traite donc ces jeunes bacheliers qui sont à une charnière très importante de leur vie – car Parcoursup va orienter leur vie de façon durable, peut-être définitive.
Notre Président, comme quelques autres, a eu plusieurs fois dans sa vie à faire un tel choix : carrière de philosophe, carrière de banquier, carrière politique – et ce n’est peut-être pas fini.

Et si notre statut social se définissait par le nombre et le contenu des choix qui nous permettent d’orienter notre existence ?