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dimanche 3 novembre 2024

En Espagne, Philippe VI est un roi nu – Chronique du 4 novembre

Bonjour-bonjour

 

Hier, la nouvelle la plus stupéfiante est venue d’Espagne avec le chahut qui a accueilli à Valence Felipe VI (le Roi), Letizia (la Reine) et Pedro Sanchez (le 1er ministre). Ce fut un chaos total, décrit ainsi « Des jets de boue, des cris de « fuera ! » (dehors) et même d'« asesinos ! » (assassins). L'un a été protégé par le parapluie probablement blindé de son équipe de sécurité. L'autre a reçu le coup d'un long bâton ou d'un manche à balai et a dû être exfiltré. Le troisième s'est uni au premier pour tenter de parlementer avec la foule en colère. » (Lire ici)

Les vidéos nous montrent en effet le roi en tenue civile fort discrète qui est assailli par des cris hostiles (Dehors ! Assassin !) et qui doit se protéger derrière un parapluie pour éviter la boue qu’on lui jette à la face. 

 


On n’y croit pas : dans notre imaginaire le Roi est associé à une personnalité transcendante, qui, même découronnée, garde cette aura. L’image qui représente Louis XVI sur l’échafaud reste dans les mémoires pour cela, justement. Qu’est-ce donc qu’un roi réduit à cette image ? 

 

 

Pourtant rappelons que même les révolutionnaires de 89 n’y sont pas parvenus après avoir tenté de banaliser l’image du Roi, rebaptisé « le citoyen Capet ». Pour nous, le personnage caché sous le parapluie de la photo n’est rien de plus qu’un personnage supposé doté d’un certain pouvoir, mais pas plus que le 1er ministre.

Felipe 6 aurait-il dû venir avec les attributs de son pouvoir ? Sûrement pas : pour incarner la royauté, les ors et les diamants ne suffisent pas. Il faut pour éviter de paraitre un pantin ridicule déguisé en roi, avoir la prestance digne des souverains mais aussi la reconnaissance populaire, même si elle est agressive. Or, quelle prestance pour celui qui reçoit de la boue au visage ?

On dira que le roi est celui qui sait recevoir de la boue tout en restant digne de sa fonction.

Comme Louis XVI qui s'adresse en monarque à son peuple depuis l’échafaud (image ci-dessus)

vendredi 11 octobre 2024

L’État, entre perception et allocation – Chronique du 12 octobre

Le gouvernement a un bras long et l’autre court : le long sert à prendre, et il arrive partout ; le bras court sert à donner et il n’atteint que les plus proches.

(Citation d’Ignazio Silone – Le Pain et le Vin)

 

Bonjour-bonjour

 

Cette citation parait n’être qu’un commentaire de la situation actuelle, tant l’État nous semble n’être qu’un prédateur avide de l’argent de l’impôt et avare de celui des prestations sociales. La France est réputée à l’étranger pour la longueur de son bras qui fouille les poches des contribuables avec une efficacité qui émerveille – d’ailleurs, le maintien de la note AA- par l’agence Fitch obtenu hier soir parait un effet de cette réputation.

 

Je ne parais intéressé que par le bras long ; ce serait une erreur, car il est dit aussi que le bras qui donne est un bras court parce qu’il ne sert que les plus proches. Le clientélisme n’est pas loin comme le laissent supposer les campagnes électorales et leur kyrielle de promesses ciblées sur les bénéfices promis à chaque groupe de pression – les fonctionnaires, les retraités, les commerçants, les entrepreneurs, etc… L’art est de faire croire que chacun est proche de la main qui donne, sachant que le citoyen lambda est déjà persuadé que l’État n’est là que pour donner. D’où la stupeur quand il découvre le bras long qui vient piquer dans ses poches.

 


Le bras protecteur de Louis XV (Statue place royale à Reims) avec le monarque, le bras (court ?) étendu, qui protège les sciences et les arts pendant que le commerce prospère (à ses pieds)

 

Et nous, où en sommes-nous ?

- Le bras long ? Taxe-carbone, Tarifs du gaz et de l’électricité, impôts, que sais-je encore ?

Cette statue de Louis XV illustre notre très long passé historique, qui nous conduit à voir l’État comme celui qui donne ou qui refuse les moyens de subsistance, car c’est très exactement ce que les sujets des rois ont toujours vu dans leur souverain. Non pas qu’il leur eut donné quoique ce soit. Mais plutôt que par une sorte de pouvoir magique on le croyait en capacité d’attirer la prospérité sur eux. (Cf. Image ci-dessus)

Finalement, si nous, français, nous avons fait la révolution, ce n’est peut-être pas pour que la liberté et les lumières se répandent à flot sur le bon peuple.

Mais plutôt pour que, grâce à la Démocratie, le peuple souverain puisse piquer dans la caisse…

samedi 1 octobre 2022

De la supériorité de la monarchie héréditaire sur la démocratie élective – Chronique du 2 octobre

Nous sommes en Bretagne, dans la forêt de Brocéliande. Dans une clairière la fée Morgane vient de se poser après avoir décrit une gracieuse arabesque. A côté d’elle, l’enchanteur Merlin observe les étoiles qui pâlissent avec l’aurore. 

 


 


Morgane : Bonjour, cher Merlin. Tu es donc toi aussi convoqué au Château ?

Merlin. – Oui chère Morgane, nous sommes toi et moi chargés d’apporter les dons dont le jeune Prince, tout juste né, doit être pourvu pour régner quand son père aura disparu.

Morgane – Exactement, cher Merlin. 

Merlin – Alors, Morgane, quel don as-tu imaginé comme étant spécialement réservé au futur roi de ce pays ?

Morgane – Moi je lui apporte le talent de comprendre et d’entreprendre. Mais j’ajoute aussi celui d’écouter les autres et de ressentir leurs malheurs. Car, vois-tu, Merlin, un souverain qui serait insensible à ce que vivent ses sujets serait incapable d’apporter à son royaume la concorde et la paix sans lesquelles aucun pouvoir ne saurait réussir.

Et toi, Enchanteur merveilleux, qu’apportes-tu à notre petit Prince ?

Merlin – Je lui apporte la force et l’intrépidité. Mais surtout je lui accorde une paire de testicules qui, l’âge atteint, pèseront 1kilo 500.

Morgane – Mais enfin, Merlin tu divagues ! Comment un roi serait- il avantagé par une distinction pareille ? L’imagines-tu lors des fêtes du couronnement, présentant ses génitoires sur un plateau en or pur, pour faire admirer à son peuple leur dimension extraordinaire ? Qu’y a-t-il de souverain là-dedans ?

Merlin – On voit bien Morgane que, toute fée que tu sois, tu es d’abord une femme. Car si une femme ne peut faire qu’un bébé à la fois, tu sembles ignorer qu’un homme, quant à lui, peut en faire beaucoup plus, en tout cas autant qu’il peut ensemencer de femmes. Donc plus ses génitoires pourront fabriquer de semences et plus il pourra engrosser de femmes. D’ailleurs c’est bien ce que nous révèle la nature : les chimpanzés mâles se distinguent par des testicules surdimensionnés, façon d’assurer leur suprématie dans la compétition de la reproduction. En tout cas, ne l'oublie pas : un roi doit avoir des descendants faute de quoi c’est le guerre des prétendants dans tout le royaume.

Morgane – A mon tour de te critiquer, Merlin. Tu réduis le pouvoir à la capacité à conquérir la toute-puissance et à la conserver. Tu fais comme si, à peine assis sur son trône, le monarque n’avait pour but que d’y rester. Imagine une démocratie sur ce modèle : le nouveau Président, à peine élu, ne ferait qu’intriguer pour se faire réélire ?

Merlin – Et alors ? Tu es bien idéaliste, chère Morgane. Sache donc que dans la réalité, tous ceux qui possèdent le pouvoir n’ont qu’un seul but : le conserver.

Et note aussi que la monarchie héréditaire est supérieure à la démocratie élective : car si le président démocrate doit intriguer et corrompre pour être réélu, le roi n’a besoin que d’une bonne paire de c*** pour s’assurer une lignée qui lui succédera sur le trône.