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lundi 21 juillet 2025

La servitude sans maitre – Chronique du 22 juillet

Bonjour-bonjour

 

Dans les démocraties du monde « dit » libre, la liberté des citoyens fait obstacle à l’aliénation des hommes et des femmes en empêchant leur domination explicite dans le monde du travail ; mais aussi en allant contre les idéologies qui poussent les victimes d’une société injuste à vouloir cette injustice. Tel est selon Marx l’effet de la religion « opium du peuple », qui conduit celui-ci à se prosterner devant ses exploiteurs.

Dans notre monde dé-spiritualisé, une telle domination peut aussi venir d’une manipulation occulte des valeurs qui détourne le public de ce qui peut relever sa moralité pour le contenir dans des comportements de soumission et d’abrutissement. Tel est l’usage facilité des drogues ; et tels aussi les influences exercées par les réseaux sociaux qui cultivent l’irrationalité des émotions – y compris dans les jugements « politiques ».

Les réseaux sociaux seraient ainsi la pire des aliénation, celle que les aliénés s’infligent à eux-mêmes volontairement comme par libre décision – allant jusqu’à glorifier ceux qui les dominent sous le nom « d’influenceurs ».

 

-->Après la servitude volontaire, voici la servitude sans maitre ! Voilà ce que notre époque a inventé. Non pas comme autrefois une servitude où le maitre est faussement reconnu comme bienfaiteur : « Not’bon Maitre » disaient les paysans du seigneur qui les affamait. Mais aujourd’hui, plus rien de tout ça ! Une domination sans tête, ou du moins seulement avec celle que constituent collectivement ceux qui la subissent. Et pour que ce soit possible, laissons libre cours à la bêtise et aux passions des victimes. Donnons le commandement à ce qu’il y a de plus médiocre en chacun de nous. Voilà la recette d’un monde dystopique dans lequel Big Brother serait devenu inutile.

 

… Il existe peut-être une alternative à ce constat désolant : certains imaginent en effet qu’il y a quand même quelque part une source de cette domination : il s’agit des Grands Manipulateurs d’algorithmes capable de nous pousser à faire « spontanément » ce que veulent nos dirigeants occultes. D’où des procès accusant ces algorithmes tel celui intenté au réseau X par la justice française.

… Mais allez donc savoir ce que sont ces algorithmes ? La CNIL elle-même ne trouve comme exemple d’algorithme que la recette de cuisine (cf. ici) : allez comprendre pourquoi ces réseaux sont si puissants avec ça.

jeudi 5 décembre 2024

Dormez-en paix : je règne – Chronique du 6 décembre

Bonjour-bonjour

 

Les discours du Président Macron sont toujours intéressants à écouter : pas forcément pour leur contenu politique, mais principalement pour la rhétorique qu’ils mettent en jeu.

Ainsi de celui d’hier qui avait une nervure centrale toute trouvée avec la réouverture de la cathédrale Notre-Dame, simultanée avec le chaos politique de l’Assemblée nationale qui menace de ruine toutes les petites gens que l’État est pourtant supposé protéger. Car aux bâtisseurs héroïque accomplissant l’impossible parce que nous sommes français s’opposent les démolisseurs égoïstes qui refusent de considérer la vie quotidienne des gens par simple ambition personnelle.

Bon – Reste qu’aucune rhétorique n’a jamais fait tourner le monde ni se lever le soleil le matin. Tous ces beaux parleurs n’ont de puissance que celle que nous leur accordons. Quand La Boétie affirmait que toute servitude est volontaire, il pointait déjà ce fait que jamais le despote n’a d’autres armes que celle que nous lui fourbissons et jamais d’autres bras pour les manier que les nôtres. On proteste en disant que si cela vaut en démocratie, en revanche les despotes se contentent d’avoir quelques hommes capables de pointer des canons et peu leur importe les poings levés contre leur tyrannie. Oui, mais avant d’en arriver là, et parfois malgré cela, l’arme du despote est la séduction. Il ne se contente pas d’endormir l’opinion : ce qu’il veut c’est être aimé de ses sujets, et que le peuple se mette à genoux devant lui pour recevoir sa bénédiction en même temps que son asservissement.

Machiavel disait que le Prince ne doit pas gouverner avec l’amour de ses sujets, jamais certain, mais avec leur crainte toujours sûre à obtenir. Ce qui est confirmé par Orwell dans 1984, son roman dystopique, où Watson, le résistant héroïque finit par aimer le tyran Big-Brother.

Être aimé : tel est le climax de la domination.

samedi 31 juillet 2021

Petit traité de servitude volontaire – Chronique du 1er août

Bonjour-bonjour


On a repris la routine du temps des Gilets : chaque samedi, manif, vociférations, dénonciations indignées des mesures gouvernementales. Autrefois on affamait le pauvre peuple ; aujourd’hui on piétine la liberté des citoyens – Notez : pas seulement celle des hommes, mais aussi celle des citoyens, celle qui fonde le pacte social. En imposant le pass sanitaire (et éventuellement la vaccination) on détruit la démocratie pour instaurer la dictature. Et tous ceux qui l’acceptent se soumettent à cette dictature en abandonnant la liberté dont la nature les a dotés. 

Occasion de revenir sur cette question : devons-nous pour être libres rejeter les obligations sanitaires ?

- Commençons par évacuer un point important : faut-il soumettre notre réponse à la question de l’efficacité des mesures qu’on nous impose ? Comment être contre cette obligation si elle est effectivement la seule issue pour sauver la population de la maladie ? On a du coup l’impression que sans le dire chaque opposant à ces mesures présuppose que le vaccin n’est pas si efficace, et que les chiffres qu’on nous produits sont des fake-news. La liberté du citoyen serait donc outragée par des manipulations honteuses : tout manifestant opposé au pass serait donc un complotiste ?

- Mais la question est beaucoup plus radicale : quand bien même ces chiffres seraient exacts, ne devrait-on pas dire que seule l’adhésion personnelle à ces contraintes pourrait sauver la liberté. Oui, je me soumets – mais seulement si je le veux - et non si on me l'impose.

Mais alors, ma volonté qui fonde ma liberté est-elle elle-même libre ? Puis-je vouloir n'importe quoi ? En tant qu’homme, je peux vouloir n’importe quoi, Descartes a fait de cette caractéristique le fondement de la liberté humaine (1). Soit – Mais en tant que citoyen, puis-je vouloir sans limites n’importe quoi – y compris de mettre en danger la vie d’autrui en colportant la maladie ? Si ma liberté est le moyen voulu par la nature pour me permettre de vivre en sécurité, j’admets que vivre en société soit une condition pour y parvenir plus facilement. Mais du coup j'admets aussi que les lois de la société fondée sur ce principe puissent se substituer à ma volonté : en obéissant, j'accomplis l'objectif de ma liberté qui est d'assurer ma sécurité. Et dès lors la volonté générale (nom donné par Rousseau à cette union sociale issue du pacte unissant tous les citoyens) doit conformément à un choix originel pouvoir m’imposer l’obéissance : « Quiconque refusera d’obéir à la volonté générale y sera contraint par tout le corps, ce qui ne signifie autre chose sinon qu’on le forcera d’être libre » (Rousseau – Du contrat social livre 1, chapitre 7 (c’est dans le dernier paragraphe). 

Oui, vous avez bien lu : la loi forcera /le citoyen/ à être libre. Stop ! Avec un tel principe on risque de bénir n’importe quelle saloperie, dictateur, Fürher, Caudillo, Grand Timonier, Petit père du peuple, Lider Maximo etc.. Je veux bien admettre avec Rousseau qu’il doive y avoir dans la liberté une place pour cette forme tronquée de liberté qui ne consent qu’à ce qui est bon pour tous – donc pour moi aussi. Mais je dois au moins pouvoir l’examiner et non me le voir imposé par des ministres arrogants. Admettons qu’il ne soit pas du ressort du pouvoir politique de décréter que le vaccin soit bon – mais de l’autorité scientifique ; en résulte-t-il que le pass le soit aussi, avec ses restrictions et ses sanctions ?

Voilà donc la question tranchée: si on n'a pas le droit d'imposer le pass c'est parce qu'il n'en a pas besoin – sous condition qu'il soit raccord à la fois avec l'instinct de survie individuel et avec le pacte social.

La contrainte serait donc inutile et même contre productive, la  « pédagogie » devant suffire. Pour ceux qui décidément ne comprennent pas, les services de santé du Québec proposent aux gens qui acceptent de se faire vacciner, de recevoir par tirage au sort une forte somme d’argent. 

 

Et vous : vous feriez-vous vacciner pour 150000$ ? 

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(1) La liberté d’indifférence est selon Descartes fondamentale mais elle est en même temps le plus bas degré de l’action libre. Cf. ici