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mardi 10 décembre 2024

Justice sociale : augmentez le SMIC et baissez les retraites – Chronique du 11 décembre

Bonjour-bonjour

 

Qui doit payer le déficit ? « Les riches ! » disent en chœur les français dans la rue.

 « Oui mais qui est riche ? » demande-t-on alors ? Car en dehors de Bernard Arnaud il y a plein de gens capable de mettre des sous de côté, et pas seulement chez l’Écureuil.

- Cet article détaille assez finement le niveau de richesse des français selon leur tranche d’âge. 

Selon le dernier rapport de l'institut, le patrimoine des Français atteint son maximum à 75 ans, avant de décroître. On est à l'apogée de sa fortune de plus en plus vieux.

 


Raisons pour lesquelles le niveau de vie des personnes âgées augmente au fil du temps : 

1) les pensions de retraite sont aujourd'hui globalement plus élevées et permettent aux retraités de ne pas puiser dans leur épargne pour assumer leurs dépenses quotidiennes, 

2) Par contre, l'espérance de vie augmentant, les héritages arrivent de plus en plus tardivement. 

--> La protestation des jeunes est donc fondée : ce sont les plus vieux, donc les improductifs qui maximisent leurs ressources alors que les plus jeunes, en même temps les plus productifs doivent se serrer la ceinture.

En effet les ressources sont à leur plus bas chez les jeunes de 18 à 24 ans, âge auquel les revenus sont faibles ou inexistants et qu’il est encore trop tôt pour posséder des biens. 

Comment supporter cela, quand on gagne peu avec une perspective de carrière qui montre une probable stagnation au niveau du SMIC. Quant à l’héritage de la grand-mère on sera soi-même bien vieux quand il arrivera (- Loué soit le seigneur de nous garder nos séniors à notre affection !), nous serons nous-mêmes bien vieux.

Bref : pourquoi ne pas augmenter les impôts des retraités ?

- « Parce que ce sont nos ainés et qu’on nous les montre en vieux manteaux à récolter des épluchure de pommes-de-terre dans les poubelles des restaurants ? » Je le crois : l’opinion publique penche du côté de la compassion et assimile le niveau de ressources des français à celui de ces grand-mères calamiteuses.

Compassion ou pas, les gouvernements Macron successifs ont mis en avant la nécessité de rémunérer le travail, ce qui veut dire, donner moins aux vieux pour donner plus aux jeunes.

Impopulaire ? Faites donc un référendum là-dessus.

samedi 30 décembre 2023

Demain sera-t-il un autre jour ? – Chronique du 31 décembre

(Je conseille aux gens un peu fragiles de ne pas lire le dernier paragraphe)


Bonjour-bonjour

 

Alors, ça y est les amis ! On est au bout du bout de l’année : d’un regard assuré nous pouvons voir ce qu’il y a de l’autre côté du mur qui nous sépare encore de l’an prochain. 

--> Oui, nous le voyons déjà : 2024 sera l’année où nous cesserons de fumer, où nous courrons un semi-marathon chaque semaine et où nous n’oublierons plus la date de notre anniversaire de mariage ni celui du petit dernier.

 


Ce faisant, nous avons la présomption de croire que l’avenir est déjà écrit par nous-mêmes, qu’il dépend de nous qu’arrive ce que nous voulons, et que rien ne pourra nous empêcher réaliser ce dont nous avons l’envie. Comme si la volonté – notre volonté – n'obéissait qu'à… nous-mêmes ? À moins que ce soit à un désir qui s’évanouit ici pour renaitre ailleurs ?

 

Il vaudrait mieux nous interroger sur notre bilan 2023 : qu’avons-nous fait de valable, de combien avons-nous progressé vers un karma meilleur, à quelles tentations avons-nous résisté, quels pièges avons déjoués… ? 

Pourquoi ne pas remplacer le Réveillon, ses bâfreries, ses alcools et ses coucheries par une réunion avec des amis à faire un cercle de parole pour évoquer le bilan de l’année ?

Mais je l’entends d’ici : je ne suis qu’un vieux – très vieux – con, qui n’a qu’une idée en tête : décourager les jeunes de jouir de ce dont il est privé par son grand âge.

Alors, allez-y les amis : de toute façon ce n’est pas parce que vous comprendrez votre passé que vous pourrez quelque chose pour votre avenir.

dimanche 18 octobre 2020

Proportionner le droit de vote à l‘espérance de vie – Chronique du 19 octobre

Bonjour-bonjour

 

1° Créer un droit de vote variable, certains citoyens disposant de plusieurs voix par scrutin alors que d’autres n’en auraient qu’une

2° Distribuer ces voix selon l’âge : le bulletin de vote des jeunes vaudrait par exemple cinq voix et celui des vieux une seule.

 

Ingénieux n’est-ce pas ? Comment va-t-on s’y prendre pour justifier cela ?

Cette proposition est intéressante parce qu’elle souligne une fracture bien nette aujourd’hui : l’avenir n’est pas le même selon qu’on l’envisage à 20 ans ou à 70 ans. Et du coup une décision qui engage l’avenir (comme de souscrire des emprunts qu’il faudra rembourser dans 20 ans), devrait être entre les mains de ceux qui vont en effet vivre dans ce monde-là : pourquoi donner le pouvoir de choisir à ceux qui ne seront plus de ce monde le moment venu ? Sauf à en appeler aux principes – qui ne servent plus à rien sauf à décorer le fronton des mairies, l’égalité et la fraternité étant devenues des valeurs qui impliquent pour être respectées un contexte donné, « fraternels » entre membres de la même communauté, « égaux » entre partenaires. La société française est dit-on un archipel : hommes/femmes, villes/campagne, diplômés/non diplômés, actifs/inactifs, jeunes/vieux, tout cela forme autant d’îlots et ceux qui proclament « Nul homme n’est une île » (John Donne - Cf. le poème en annexe) feraient bien de se demander pourquoi ils ne mettraient surtout pas leurs enfants dans certains collèges de banlieue.

 

Bon – tout cela est très logique. Mais lisons le poème de John Donne jusqu'au bout "ne demande pas pour qui sonne le glas; il sonne pour toi" (cf. la note). Si les jeunes ignorent que le glas qui retentit à l’enterrement des vieux sonne pour eux aussi, alors il y a quelque chose qui disparait – quelque chose qui s’appelle l’humanité.

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«Aucun homme n’est une île, un tout, complet en soi ; tout homme est un fragment du continent, une partie de l’ensemble ; si la mer emporte une motte de terre, l’Europe en est amoindrie, comme si les flots avaient emporté un promontoire, le manoir de tes amis ou le tien ; la mort de tout homme me diminue, parce que j’appartiens au genre humain ; aussi n’envoie jamais demander pour qui sonne le glas : c’est pour toi qu’il sonne.» John Donne