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dimanche 24 mars 2024

Pâques : une fête du martyr – Chronique du 25 mars

Bonjour-bonjour

 

Sœur Nathalie Becquart nous explique le sens de la fête des Rameaux – je résume :

« Le dimanche des Rameaux, les chrétiens célèbrent l'entrée du Christ dans Jérusalem six jours avant la Pâque juive. Cette même foule qui, ensuite, va participer à sa condamnation.

1) On voit comment la foule peut être versatile : les mêmes qui avaient acclamé Jésus, qui l'avaient reconnu comme le Sauveur, vont le conspuer. Allons-nous suivre le Christ jusqu'au bout, y compris dans sa Passion, ou bien agir comme cette foule qui l'acclame quand il arrive et retourne sa veste après ?

2) Ce choix est porté par l’affirmation que le Christ est le Seigneur ressuscité, que la mort n'a pas le dernier mot.

3) Tant de personnes vivent dans leur chair la Passion du Christ aujourd'hui. Le message chrétien est de leur dire qu'ils ne sont pas seuls. Que le Christ est avec eux pour marcher à leurs côtés, qu'il a vécu, lui aussi, des épreuves, jusqu'à la mort, mais il est ensuite ressuscité. Par sa vie donnée par amour jusqu'à la mort, il nous ouvre un chemin d'espérance et nous invite à avancer ensemble dans un esprit de fraternité et de solidarité » (Lu ici)

 

Parmi ceux qui souffrent aujourd'hui il y a les palestiniens de Gaza qui subissent les privation et les bombardements. Que leur dire ?

Le christianisme est une religion de la compassion, qui console ceux qui souffrent, mais qui ne font rien pour les en délivrer – sauf en leur donnant la force mentale de subir le martyr.

On peut ajouter que la résurrection du Christ prouve que la vie est plus forte que la mort et que leurs souffrances sont un viatique pour bénéficier de ce miraculeux privilège.

Un haussement d’épaule, une saillie ironique sur l’inadéquation de la religion face à la violence ? Certes, mais que faire d’autre que prier pour espérer encore un peu ?

Faire appel au sens de la compassion et de la justice pour que les colonnes de secours pénètrent dans la Bande de Gaza ?

samedi 17 octobre 2020

Hélas ! Nous aussi nous avons nos martyrs – Chronique du 18 octobre

Bonjour-bonjour

 

L’assassinat de monsieur Samuel Paty est un crime d’une cruauté qui révulse toutes les sensibilités par sa férocité et sa gratuité, crime auquel seul l’assassinat du père Hamel peut être comparé.

Dans l’émotion légitime qui ne cesse, vague après vague, de nous submerger, nous ne trouvons pas la place pour une véritable réflexion – et pourtant il le faut.

Je voudrais qu’on entende dès aujourd’hui les voix qui dénoncent le rôle d’excitateur de haine que jouent les extrémistes… et les parents d’élèves qui en font partie. Car, oui, ce professeur d’histoire et de civisme a été l’objet d’une campagne de dénigrement et d’appel à la violence de la part de parents qui ont été d’une virulence telle qu’on la considère comme responsable du passage à l’acte d’un fou meurtrier. 

Mais justement : était-il aussi fou que cela ? Je veux dire : sa violence barbare n’est-elle pas raccord avec ce que réclament régulièrement des gens très ordinaires sur les réseaux sociaux ? Cela fait très longtemps hélas ! que les professeurs en poste dans certains quartiers le disent : ils ne peuvent plus aborder certaines questions du fait de la résistance de leurs élèves musulmans – ou plutôt de certains élèves issus de certains milieux musulmans. Car oui, il ne faut pas dénigrer l’islam en faisant croire que la religion musulmane couvre de telles horreurs. Mais c’est justement pour cela qu’il faut dénoncer avec lucidité une situation que personne ne devrait tolérer, lorsque des gamins se bouchent les oreilles et disent au professeur : Je veux pas vous écouter ! C’est pas vrai ! Le Coran de la Mecque, il a pas dit ça !

 

Ne pas tolérer, mais ne pas ignorer.

Où en sommes-nous ?  Dans les écoles et les collèges de certains quartiers, on ne peut plus évoquer la shoah, ni contredire aux dogmes de l’islam, rien dire qui puisse se réclamer la vérité scientifique dès lors qu’elle va contre la doctrine musulmane ni même rien qui mette en jeu la tolérance républicaine. Oui, mais voilà : plus de la moitié des élèves de confession musulmane affirment que les lois du Coran sont supérieures à celles de la République. Ne dénigrons pas, mais ne soyons pas aveugles : il n’y a pas 50% de jeunes musulmans radicalisés dans ce pays : donc …

Du coup, l’éventuelle polémique qui pourrait se développer à propos de l’opportunité d’utiliser des images blasphématoires est bien loin de la réalité (1). C’est une question d’éducation, celle donnée par l’École républicaine mais aussi – mais surtout – celle donnée par les parents.

On parle des territoires à reconquérir par la République : hé bien les collèges et les écoles en font partie, ainsi que les jeunes élèves ainsi que leurs parents.

Étymologiquement, le martyr est celui qui témoigne par son sang de la vérité qu’il porte en lui : nous aussi hélas nous avons nos martyrs.

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(1) La question est en effet d’ordre pédagogique : que peut-on attendre de l’usage d’un tel exemple ? Quant à moi j’en aurais profité pour montrer que seule la loi peut donner des limites à la liberté d’expression. Quand les Gilets-jaunes brandissent une pancarte avec la mention A mort Macron ! assorti du dessin d’une guillotine, c’est un appel au meurtre condamné par la loi – et ce n’est pas couvert par la liberté d’expression. Quand on montre un dessin blasphématoire, c’est couvert par cette liberté, parce que la loi ne condamne pas le blasphème.