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mardi 22 octobre 2024

Et s’il leur plait d’être battus ? – Chronique du 23 octobre

Bonjour-bonjour

 

Les faits divers sont parfois très instructifs : c’est lorsqu’ils offrent une vue sur des points importants de la vie en société, qui resteraient invisibles autrement.

Tel est le cas du procès pour violences conjugales mutuelles à l’encontre de l’ancien directeur de Science-Po et de son ex-compagne.

Lisons ici :

« L’originalité est « qu’ils sont tous deux à la fois victime et mis en cause ». L’épouse se retrouve avec un poignet facturé et le mari des coups au visage – avec néanmoins 30 jours d’ITT pour séquelles psychologiques. Mais ça ne s’arrête pas là : « Ni l’un ni l’autre ne voulait porter plainte. La justice a décidé de se saisir de leurs malheurs conjugaux sans leur consentement, ainsi que le droit le permet. »

C’est là que se révèle la nature de la loi. Quand un délit est commis, il n’est pas nécessaire que la victime ou ses ayants-droit portent plainte, la société peut elle-même demander réparation pour le dommage occasionné à la loi.

Il ne suffit pas donc que les pugilistes du couple Vicherat (nom du directeur de Science-Po) s’estiment satisfaits du résultat de leur empoignade ; encore faut-il qu’elle ne soit pas coupable devant la loi. Or, celle-ci interdit les violences – de même qu’on doit dénoncer les actes de viols quand bien même la victime ne le ferait pas.

On se rappelle de la répartie de Martine la femme battue du Médecin malgré lui : Et s’il me plait à moi d’être battue ? laissant entendre que c’est là une affaire privée – voire intime – et que, pas plus qu'on n’a le droit de s’occuper de ce qui se passe dans le lit d’un couple, on n’a le droit d’intervenir si le mari bat sa femme dès lors que celle-ci ne s’en plaint pas.

L’intime n’a donc pas d’existence devant la souveraineté de la loi : nul acte même voulu et accepté par ceux qui s’y livrent ne vaut s’il offense la loi. Raison pour la quelle Big Brother et ses caméras qui fouillent l’intimité des logements n’était qu’un cas extrême de l’exercice du pouvoir.

Qu’on se le dise !

 

… Et cette image de la société patriarcale pour ceux qui la regrettent encore :



mercredi 21 août 2024

Des conseils pour les femmes… à l’usage des hommes – Chronique du 22 aout

Bonjour-bonjour

 

Les magazines féminins regorgent en ce moment de conseils pratiques pour faciliter la rentrée, et les news internet ne sont pas avares dans ce domaine.

Je ne résiste pas au plaisir de vous signaler une série de conseils destinés aux femmes, mais seulement dans la mesure où ils peuvent intéresser aussi les hommes.

Car, oui : les hommes soucieux d’égalité entre les sexes y compris dans la vie quotidienne doivent justement être documentés de ce qui fait la vie courante – voire intime – des femmes.

--> En voici un échantillon venu de cet article bien documenté.

 

1) Pour commencer à propos du coût de la vie féminine.

* Certains articles indispensables aux femmes sont également disponibles au rayon masculin. Et là, on constate qu’ils sont souvent moins chers sans qu’il y ait une véritable différence.

- Par exemple, « les rasoirs pour hommes sont moins chers que ceux pour femmes  la seule différence est qu’ils ne sont pas roses. Le déodorant est également meilleur lorsqu’il est acheté dans la section pour hommes. »

- Pour les t-shirts également : « Si vous achetez un simple t-shirt, il n’y a absolument aucune raison de payer le prix supplémentaire lié au fait d’être une femme. Les vêtements pour hommes sont souvent moins chers que ceux pour femmes et lorsqu’il s’agit d’un t-shirt de base, il n’y a pas vraiment de différence entre ceux destinés aux hommes et ceux destinés aux femmes. »

* On peut remplacer aussi des produits plus chers parce que destinés à la toilette féminine par ce que le rayon puériculture propose : on peut ainsi se raser avec de l’huile pour bébé : « L’huile pour bébé est une alternative moins chère et plus hydratante que la crème à raser. Elle peut également être utilisée pour nettoyer les lames de votre rasoir, car elle est assez douce et aidera votre rasoir à durer plus longtemps. »

(Si vous n’êtes pas fan de l’huile pour bébé, vous pouvez aussi utiliser de l’après-shampooing comme substitut de la crème à raser. Il vous donnera la même glisse et laissera toujours votre peau douce.)

 

2) Et puis des solutions pour des moments délicats de la vie féminine qui sont souvent ignorés des hommes, comme les tenues réservées aux sorties mondaines

* « Si porter une longue robe bouffante vous donne l’air d’une princesse, vous aurez plutôt l’impression d’être un bouffon au moment… d’aller aux toilettes. Pour éviter que les choses n’aillent là où elles ne devraient pas, asseyez-vous sur les toilettes à l’envers, face à la chasse d’eau »

Ça n’a l’air de rien mais il suffit pour une femme de se marier pour connaitre le problème

 


 


* De même, porter une robe de cocktail dos nu impose le port de soutien-gorge sans dos, d’où un achat très peu rentable. « Il existe une solution pour toutes les femmes qui n’aiment pas se retrouver sans soutien-gorge ! Il suffit de couper la partie arrière de votre soutien-gorge et de coudre ou de coller la bretelle au nouvel endroit. De cette façon, tu auras toujours tout le soutien nécessaire, mais sans la bretelle arrière ! » (La photo explicite figure dans l’article)

 

--> Alors, messieurs qu’en dites-vous ? Que tout cela ce sont des « affaires de femmes » et que vous, homme, n’avez rien à faire de ces complications ? Peut-être s’agit-il des restes de ce bon vieux patriarcat.

jeudi 7 mars 2024

Femmes, You can do it ! – Chronique du 8 mars

Bonjour-bonjour

 

Aujourd’hui, 8 mars, la journée internationale du droit des femmes appelle les femmes à mobiliser leur potentiel d’énergie pour que l’application des droits reconnus aux humains en général leur soit appliqué rigoureusement. Car, on l’a vu encore récemment avec les élus réfractaires à l’inscription dans la Constitution du droit à l’IVG, certains refusent de changer quoi que ce soit à l’ordre social habituel en raison de l’inutilité de cette démarche. On argue en effet que tous les droits de l’homme étant reconnus applicables aux femmes, il n’y aurait rien de plus à réclamer… sauf qu’ils ne le sont pas tous, ou pas complètement.

Durant le siècle passé les femmes ont su montrer sur le terrain leur compétence pour être à égalité avec les hommes. En particulier chez les Américains après Pearl Harbour : on raconte l’histoire d’une femme nommée Rosie qui travaille comme riveteuse dans une usine d’aviation et qui proclame que, grâce à son travail, les américains gagneront la guerre permettant à son petit-ami de revenir du front. We can do it ! proclame le slogan. 

Une image montre Rosie exhibant ses muscles sur une affiche exhumée il y a peu pour soutenir la lutte des femmes. (1)


Paraphrasant la maxime marxiste, nous dirons : « La libération des femmes sera l’œuvre des femmes elles-mêmes ». 

Keep quiet, messieurs !

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(1) a) Il est vrai que la campagne de mobilisation des femmes était encore lourdement patriarcale :

 

 

 

b) Par ailleurs, contrairement à l’interprétation imaginée par des gens mal informés Rosie ne fait pas un bras d’honneur. Pour quelques détails de plus, voir ici

c) Enfin il existe une chanson datant de 1943 célébrant cette héroïne. A écouter ici.

mercredi 29 septembre 2021

Monsieur Z est-il diabolique ? – Chronique du 30 septembre

Bonjour-bonjour 

L’ex-FN se dédiabolise : il perd son âme. Du coup, Éric Zemmour le récupère et en profite pour se hisser au plus haut dans les sondages au détriment de la candidate du RN.

 

Mais dites-moi, de quel Diable parlons-nous ? Car c’est facile de prétendre l’incarner – encore faudrait-il le prouver : Monsieur Z est-il diabolique ?

Diabolique, on ne sait : car il faudrait encore s’entendre sur ce que recouvre ce terme. Reste à prendre des exemples : c'est ainsi que, dans son dernier ouvrage, il dénonce les poursuites à l’encontre de DSK et de ... Tarriq Ramadan. On y lit en effet que ces deux hommes, accusés de viol et d’agression sexuelles, sont des victimes d’une société féminisée et qui a perdu sa force virile. En particulier à propos de DSK : « DSK, menottes derrière le dos entre deux cops new-yorkais, marchant tête baissée, c’est un renversement de mille ans de culture royale et patriarcale française. C’est une castration de tous les hommes français ». Car Naffisatou Diallo n’est qu’une femme de ménage : ce n’est en réalité qu’une « ridicule affaire ancillaire ».

 

C’est tout ? Patience ! Encore quelques semaines et vous verrez que non seulement Philippe Pétain a été un excellent patriote, mais aussi que les nazis ont été des victimes de provocations juives – car, voyez-vous, comme le dit depuis longtemps Dieudonné « Il faudrait savoir qui a commencé ».

Ça vous suffit ? Bon – reste donc à savoir pourquoi on aurait besoin de « ça » ? Oui, qu’est-ce qui conduit des gens qui auraient voté pour Le Pen-père, se détourner des postures prises par sa fille : tolérance, démocratie, refus de la peine de mort, féminisation de la société – bref, de la « bien-pensance », pour adouber cette image d’un cloaque initial dans le quel notre Nation aurait trouvé sa force originelle.

On le dira en peu de mots : comme nous ne savons pas où nous allons, nous aimons ceux qui nous rappellent d’où nous venons. Ah ! Pouvoir s’identifier aux seigneurs trousseurs de servantes, aux patriarches trousseurs de nièces, voire même au vulgum pecus agresseurs de juifs. 

Merci monsieur Z de nous rappeler d’où nous venons – mais sachez-le, nous ne sommes pas pressés d’y retourner.