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samedi 21 février 2026

La joie comme « effet miroir » – Chronique du 22 février

Bonjour-bonjour

 

Il y a une dizaine de jours, je chroniquais cette joie affichée par Gisèle Pélicot malgré les épreuves qu’elle venait de vivre. Quel autre exemple trouver de cette délicieuse allégresse éprouvée dans la durée, non comme un moment fugace mais bien comme une situation permanente ?

Et puis regardant hier le match de rugby des Six Nations, je découvrais dans le public qui exulte selon les péripéties du match une image de cette joie débordante. 

--> Je cherche des images et je trouve celles-ci, captées dans des fan-zones :

 


Oui, vous avez bien vu : le public du rugby est un public genré – les hommes d’un côté, les femmes de l’autre – comme si le plaisir de participer à ce spectacle supposait un tel entre-soi.

Cette joie serait donc liée à un débordement des émotions, lorsque le cri qui sort d’une bouche est celui de la multitude. Les émotions qui se partagent ainsi seraient donc venues d’une souche commune, quelque chose qui constituerait une sorte de « nature » commune ? Ou alors une « culture » commune ? En tout cas on sait que les « hormones du bonheur » sont les mêmes chez l’homme et chez la femme. Reste à savoir s’il y a ici un « effet miroir » comme pour d’autres aspects de notre personnalité.

dimanche 25 février 2024

Seule la victoire est belle – Chronique du 26 février

Bonjour-bonjour

 

Ah !... Mes amis, hier j’ai passé une mauvaise après-midi : j’ai regardé à la télé le match de rugby des 6 nations opposant la France à l’Italie. 

On pensera que je suis un supporter déçu de voir la France rester sur un match nul devant une équipe d’Italie qu’elle a battue tant de fois, et cela sur le terrain national.

- Oui, c’est vrai – mais pas seulement : je ne suis pas un grand amateur de sport à la télé, mais le rugby est un sport particulièrement spectaculaire qui peut plaire à un béotien comme moi. Voir ces énormes machines humaines se percuter tête en avant et après ça dévaler tout le terrain en slalomant entre d’autres montagnes de muscles, ça a quelque chose de réjouissant. Au lieu de ça, hier j’ai vu un combat de tranchées, où le plus lourd est en même temps le plus fort : drôle de performance…

Mais de tout cela je ne vous parlerais pas s’il n’y avait eu ces minuscules secondes de fin de match, quand l’Italie a manqué son pénalty perdant du coup l’occasion de gagner sur le terrain des français.

 


Car, voilà : le ballon légèrement trop à droite heurte le poteau et rebondit en dehors du but. Il aurait pu rentrer dedans si seulement il avait rebondi sur le poteau (arrondi, rappelons-le) vers la gauche, c’est-à-dire vers la victoire.

Qui a décidé de l’échec de l’Italie ? La maladresse d’un joueur ? Celui-ci s’est, il est vrai, excusé : on peut lire dans le Figaro d’aujourd’hui que Paolo Garbisi, le buteur malheureux, a soupiré « Je m'excuse auprès de toute l’Italie ». Mais moi, je dis : c’est le hasard qui en a décidé – si toute fois il peut décider de quoique ce soit. 

En vérité, personne n’a décidé du résultat, car cela signifierait qu’une intention peut obtenir un résultat aussi incertain. Il en va de ce tir au but comme de ces coups du tennis quand la balle vient d’écraser à quelques millimètres de la ligne de fond de court – donnant le point ou le refusant selon le coté où elle a touché le sol.

Supposez que l’Italie ait réussi son pénalty, qu’aurait-on entendu ? « Historique ! Le match du siècle ! » et puis « La France touche le fond », « Galtier menacé – Dupont, reviens ! » : tout ça pour 3 millimètres de mieux. La vérité c’est qu’on ne veut pas voir la vérité : la victoire n’est pas dans la nature des équipes, pas plus que dans celle des peuples qui s’identifient à elles. Je ne parle pas de la victoire en général, mais de certains de ses facteurs qui échappent à la volonté des joueurs. Dans ce cas, elle est aléatoire, inexplicable sauf de façon statistique, et encore. Peut-on reprocher à un joueur de ne pas avoir eu de chance ? 

Les sportifs africains sont plus sages que nous : lors des match de foot, ils s’efforcent de contrer les manœuvres des marabouts qui fétichent leurs joueurs.

mardi 26 septembre 2023

Les nouveaux chevaliers – Chronique du 27 septembre

Bonjour-bonjour

 

Les exploits de bleus du rugby émerveillent les français : c’est avec des étoiles dans les yeux qu’ils vibrent à leurs performances. Mais hélas ! Les étoiles sont vite remplacées par des larmes quand leur valeureux capitaine est touché à la face par un ennemi bestial qui le fracasse d’un coup de tête.

Comment sauver notre équipe ? Comment lui rendre avec son chef – son âme ?

 

- Comment réussir à revenir sur le terrain avec une pommette fracturée ? La réponse est la suivante : 


 

Vu ici (12,60€)

 

C’est de la blague ? Peut-être, mais pas tant que cela : en voyant ce heaume on se dit qu’il irait bien à Capitaine-Dupont, au point que – oui : c’est en chevalier médiéval qu’il apparait pour nous aujourd’hui.

Il y a quelque chose de la bataille médiévale qui transparait dans le matche de rugby contemporain, avec cette mêlée incroyable de lances, épées et chevaux qui apparait dans les représentation de l’époque :

 

La bataille de Bouvine

 

La mêlée de rugby n’est-elle pas le même mélange de forces confuses et de règles scrupuleusement respectées ? Car, on ne doit pas s’y tromper : alors qu’on croit voir une bagarre de cour de récréation, il y a des règles très strictes qui gèrent tout cela au point que quelques centimètres dépassés provoquent une pénalité.

Oui, la chevalerie est peut-être le seul exemple que nous ayons pour saisir ce qui fait la force du rugby : il s’agit de la soumission à la loi de la force brute – soumission sans la quelle ces matchs ne seraient plus que des bagarres de rue. 

samedi 11 mars 2023

Du mépris à la pitié – Chronique du 12 mars

Bonjour-bonjour

 

Il arrive parfois que les français aiment lire la presse britannique : c’est ce qui arrive le lendemain de la défaite de l’équipe de rugby britannique face au XV de France. Particulièrement hier avec un score fleuve (53-10).


- Qu'on en juge :

            * « La France attendait une victoire à Twickenham dans le 6 Nations depuis 18 ans mais elle ne pouvait pas s’imaginer que ce serait si facile. L’Angleterre était une pagaille sans nom du début à la fin, dépassée dans tous les compartiments du jeu » (Le Sun)

            * « Ce match a été pour nous semblable à une guillotine tombant avec brutalité. 

/…/ L’équipe britannique s'est retrouvée dans les phares d’un TGV français qui a tout écrasé sur son passage » ( Le Guardian)

            * « Le pire est à venir : avant les Anglais étaient méprisés par les Français, aujourd’hui ils leur font pitié » (Le Telegraph)

 

On lira ici le reste : l’orgueil français se délecte de ces commentaires qui ont le mérite de ne jamais remettre en cause le succès français : les anglais sont trop fairplay (du moins lorsqu’il s’agit de rugby) pour cacher la vérité, même lorsqu’elle blesse leur propre orgueil. 

Mais il est vrai que cette défaite est celle du XV de la Rose, et non celle du peuple britannique ; alors que pour les français, le succès de leurs joueurs est en même temps celui du coq gaulois – donc de nous, peuple-de-France.

L’orgueil est sans doute le sentiment qui cimente le plus fortement la communauté formée par un peuple. C’est en tout cas ce qu’il ne faut surtout pas oublier, lorsque les relations internationales s’enveniment.

On se rappelle les propos d’Emmanuel Macron martelant qu’il ne fallait pas humilier les Russes, y compris dans la personne de leur Président.

dimanche 21 novembre 2021

Peuple français, suis l'exemple du glorieux 15 de France ! - Chronique du 22 novembre (2)

RE-bonjour

suite à l'épopée du Glorieux 15-de-France qu a laminé les All blacks et leur a fait ravaler leur Haka, je ne puis faire mieux que de réactiver un commentaire de citation issu de mon défunt blog "La citation du jour". 

Voilà, ça date du 16 juillet 2014 - 


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16 juillet 2014

 

Huit joueurs forts et actifs, deux légers et rusés, quatre grands rapides, et un dernier, modèle de flegme et de sang-froid. Le rugby c'est la proportion idéale entre les hommes.

Jean Giraudoux

 

Ça c’est de la citation ! Et pas seulement parce que, sur un sujet qui semble frivole, on convoque une gloire de la littérature. Non, c’est une pensée géniale parce qu’elle nous permet de voir la société comme une équipe de rugby, comparaison que chacun pourra interpréter aisément. D’ailleurs je m’étonne qu’aucun homme politique (du moins à ma connaissance) ne se soit emparé de cette phrase de Giraudoux pour nous faire marcher droit.

- Donc, la société ne doit pas être composée d’hommes tous identiques, même si on imagine cette identité comme une super-faculté telle la Raison-des-Lumières. Exit donc l’homme citoyen-universel ; place aux ailiers, talonneurs, piliers, etc… La société (au sens le plus large) nécessite une diversité de fonctions et donc de talents.

Il serait tentant de chercher qui, dans la société, peut incarner ces personnages : qui sont les gros balaises de la « première ligne » ? Qui sont les ailiers légers et rusés ? Qui sont les grands et rapides arrières ? Et puis l’ultime défenseur qui est-il ?

La métaphore est trop belle pour que je vous prive du bonheur de la décrypter vous-mêmes. Du coup, je vous laisse aussi le soin de déterminer à quel type de régime politique répond cette organisation rugbystique de la société : une démocratie ? Une anarchie ? Ou bien plutôt une dictature ?

o-o-o

Laissez-moi juste réfléchir à l’arrière, celui dont Giraudoux nous dit qu’il est un modèle de flegme et de sang-froid. Curieux n’est-ce pas ? Curieux parce que, dans nos sociétés, on ne songe guère à faire du retrait dans le combat une qualité – voire même une vertu.

Nous, nous sommes dans la compétition, tout se joue dans la percussion, dans la rapidité – dans la réactivité. Et voilà qu’on nous chante la vertu du gaillard qui reste derrière les autres, mais non pas comme un « planqué », plutôt comme un ultime défenseur – mais en même temps comme celui qui a une vision assez globale pour relancer l’attaque.

Quelqu’un qui serait à Londres quand l’Allemand est à Paris ?