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lundi 18 avril 2022

Éloge des Bisounours – Chronique du 19 avril

Bonjour-bonjour

 

Vous imaginiez peut-être que dans ce monde de brutes ce sont les plus cruels qui survivent ? Les violeurs de femmes qui se reproduisent ? Les tyrans qui dominent la vie des sociétés ?

Erreur ! Si, de toutes les espèces humaines qui étaient en concurrence, les Neandertal, les Erectus, les heidelbergensis, c’est le sapiens qui a survécu – c'est parce qu’il était le plus aimable ! Oui, vous avez bien lu - et encore ce n’est rien. Car les paléoanthropologues sont formels : « ce sont nos fragilités et notre nature émotive qui nous ont conféré l’avantage : “Notre besoin affectif nous a poussés à entrer en contact avec les autres.” Et plus nous avons étendu notre réseau, plus nous sommes devenus résistants, ce qui nous a permis de prospérer dans bien des environnements différents. » (lu ici)

Les armes de l’Homo sapiens ne furent donc ni sa force, ni sa cruauté, ni la violence, mais les émotions et l’empathie, associées à sa chétive nature qui l'exposait à mourir faute d’être assez fort pour lutter contre les animaux et les cataclysmes. Car ce sont ces caractéristiques qui l’ont porté à former des groupes solidaires dans la défense et dans l’attaque, lui permettant de dominer ses concurrents et de s’adapter à des environnements hostiles.

Ce qui est original avec ces nouvelles hypothèses, c’est qu’on ne fait pas du triomphe du Sapiens le résultat de performances qui aujourd’hui constituent les moyens de sa domination : ce n'est ni la puissance de son cerveau, ni sa faculté à symboliser et à accéder au langage, qui lui ont permis de se développer et d’éradiquer d’autres espèces humaines mieux implantées que lui dans leur milieu.... Mais plutôt l’effet de données affectives, de ses sentiments et de son émotivité.

- Alors voyez-vous, si vous êtes un peu ramollo du biceps, prêts à chouiner et à chercher un câlinou avant d’affronter le monde et ses brutalité, rassurez-vous : c’est vous qui êtes dans la lignée évolutive.


Heu... Ajoutons quand même que, pour être bien dans la lignée de l’homo sapiens, le fait de pratiquer les réseaux sociaux est essentiel. Car c’est TikTok et Instagram qui sont les bifaces et les sagaies d’aujourd’hui.

lundi 15 janvier 2018

BEBE PANDA ET SA MAMAN

Les visiteurs venus voir les pandas ont été accueillis par la famille Delord, propriétaire du zoo, avec des viennoiseries, du café et du chocolat chaud. Delphine était venue de la région parisienne avec son fils Kylian :
 «Nous sommes partis à 4h du matin (...) Mon fils voulait absolument voir le bébé panda. Nous avons le sentiment d'assister à un moment historique. C'est très émouvant »


Yuan Meng le bébé panda et Huan Huan sa maman

On ironise parfois sur la ridicule tendance à nous croire dans un monde de Bisounours où tout est beau et tout est gentil. Faut-il porter le même jugement à propos de ce fétichisme pour les pandas ? Certes, les Bisounours sont des personnages de papier, alors que nos pandas existent réellement. Mais quelle différence ? Dans un cas comme dans l’autre il s’agit de recouvrir la réalité de l’expression de nos désirs.
Du coup, les ours blancs viennent eux aussi prendre place dans cette galerie de nos fétiches. Et puis quoi d’autre ?
Dans le même ordre d’idée, on devrait aussi considérer que les femmes qui incarnent la maternité et sa tendresse sont des sujets dont nous sommes fort épris. Petit Panda fait couple avec Maman-Panda tandis que Papa-Panda mâchonne son bambou à l’écart : personne ne s’occupe de lui.
S’agit-il d’un simple cas de régression, un peu comme lorsque nous achetons pour le petit dernier les peluches de Noël avec attendrissement comme si c’était pour nous ? Peut-être, mais avec cette régression voilà que s’exprime un besoin fondamental de tendresse, lorsque notre être tout entier aspire au retour dans le cocon du giron maternel et que le bonheur ne résulte pas de d’une relation au monde extérieur, mais de l’enfermement dans un monde taillé juste à notre dimension.

L’utérus, paradis perdu ?