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mercredi 7 janvier 2026

Funérailles de B.B. : où était Bossuet ? – Chronique du 8 janvier

Bonjour-bonjour

 

Lisant le récit des obsèques de Brigitte Bardot, je suis frappé par la superficialité du reportage : après avoir énuméré les personnalités présentes et évoqué les absentes, on s’est extasiés sur le cercueil en osier couronné de fleurs des champs (intérieur capitonné de vichy rose). Quelle simplicité ! 

 


Et pourtant… C’est bien d’une oraison funèbre qu’on aurait eu besoin. Que n’avons-nous eu Bossuet ?

- Pour mémoire, évoquons l’oraison funèbre que Bossuet prononça en 1670 à l’occasion des funérailles d’Henriette d’Angleterre épouse de Monsieur, frère du roi Louis XIV. A la suite de l’émotion suscitée par la brutalité de l’évènement, Bossuet prend l’occasion de montrer que la grandeur de la naissance et de la vie passée en magnificences et en honneurs est réduite à néant par la mort, montrant ainsi que la vraie grandeur consiste en l’humilité de la foi qui prosterne la créature devant son Créateur.

Comme les honneurs de la naissance d’Henriette d’Angleterre, la beauté et les richesses que posséda Brigitte Bardot ne furent d’aucun secours pour la protéger de la déchéance. Quel honneur y a-t-il à posséder ce qu’on ne peut conserver ? « Madame se meurt, Madame est morte » se lamentait Bossuet devant la brutalité de la mort d’Henriette. Mais aujourd’hui, on aurait dû avouer : « Brigitte vieillit, Brigitte est vieille »

Oui, hier Bossuet n’était pas à Saint-Tropez. Mais son message aurait dû être dans tous les esprits : à travers cette mort, ce sont « la mort et le néant de toutes les grandeurs humaines » qui se trouvent exposés.

vendredi 10 janvier 2025

Vanité des vanités : ça crame aussi chez les rupins – Chronique du 11 janvier

Bonjour-bonjour

 

Stupéfaction ! L’incendie qui ravage Los Angeles ne s’en tient pas aux quartiers populaires : même les résidences de super-luxe sont concernées. « Ce sont certaines des maisons les plus chères des États-Unis qui sont parties en flammes, dans les incendies qui ravagent depuis le 7 janvier les abords de Los Angeles. Le quartier huppé de Pacific Palisades, qui héberge de nombreuses célébrités, a été ravagé par les flammes et le feu s’est attaqué aux collines de Hollywood, à quelques centaines de mètres du célèbre Hollywood Boulevard. » (Lu ici)

 

 


Une maison ravagée par les flammes lors d'un incendie dans la région d'Altadena, dans le comté de Los Angeles, en Californie, le 8 janvier 2025. - © Josh Edelson / AFP

 

Occasion de le rappeler : on pourra créer tant qu’on voudra des environnements de rêve, des greens au milieu du désert, des piscines chauffées pour se baigner au-delà du cercle polaire, des réserves de jungle sous bulle dans les Center-parcs, etc-etc… : tout cela n’existera qu’à condition de trouver un milieu global terrestre, ce qui veut dire qu’au final, c’est toujours le même air, la même eau, le même sol qui permettront à ces environnements postiches d’exister. Là où la main de l’homme ne suffit plus, les lois de la nature reprendront toujours le dessus.

Mais notre stupéfaction va peut-être encore plus loin dans le domaine de l’étonnement. Ne sommes-nous pas stupéfaits de voir que l’excellence de ces maisons (des maisons « de milliardaires ») ne les protège pas de la destruction : masures ou palais, tout ça flambe comme une allumette !

Rappelons-nous des « Oraisons funèbres » qui ont rendu célèbres Bossuet : « Vanité des vanités, a dit l’Ecclésiaste : vanité des vanités, & tout est vanité. » Ce qui signifie que des siècles passés jusqu’à aujourd’hui le prestige social n’a pas plus de force devant les ravages de la nature. Certes, on possède aujourd’hui un peu plus de ressources devant les maladies – mais nous touchons rapidement aux limites du pouvoir humain. Contre la peste nous pouvons mieux nous protéger qu’autrefois. Mais une épidémie subite d’un virus incontrôlé va niveler les niveaux sociaux. On dira qu’il y a encore des traces de la richesse dans les ruines de Mayotte, selon qu’on a un fatras de tôles d’un bidonville ou des murs encore debout de la ville ; mais la misère n’est que repoussée, son anéantissement n’est pas encore d’actualité.