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vendredi 11 août 2023

L’Écureuil se fait des c*** en or ! – Chronique du 12 aout

Bonjour-bonjour

 

En confidence, où donc mettez-vous vos sous ? Non pas ceux des dépenses courantes, mais ceux de l’épargne, ceux qui vont de mois en mois gonfler vos réserves ?

Sous le matelas ? Sous la pile de drap ? Dans le tiroir de la commode, sous les culottes de madame ? Dans la vieille chaussette de ski ?

Mais non, tout ça c’est périmé : vous remplissez votre livret A, celui de l’Écureuil qui du coup de fait des c*** en or massif !

 


La preuve ? Lisez cette info-du-jour : 

« Les Français continuent de dégarnir leur compte courant… pour alimenter leur épargne

Si les Français piochent dans leurs comptes courants, c’est parce que le livret A et le Livret de développement durable et solidaire sont plus attractifs.

Les montants dormant en numéraire, c’est-à-dire l’encours des billets et des pièces, et sur les comptes à vue ont en effet baissé de 18,5 milliards d’euros entre janvier et mars.

Cette baisse est à rapprocher du remplissage du livret A et du Livret de développement durable et solidaire, qui ont attiré 25,4 milliards d’euros au premier trimestre, et encore quelque 9 milliards de plus depuis. » (Lire ici)

On le voit les français sont des gens rationnels : puisque le livret A rapporte quelques sous, et même si au bout d’un an ça ne fait que quelques euros, on vide le compte courant pour garnir l’épargne dont la liquidité est garantie. Preuve, s’il en fallait, que l’inconscient collectif a gardé quelque chose de la tradition qui date de plus d’un siècle de l’épargne populaire.

Un exemple ? Mes grands-parents qui, au début du 20ème siècle, ont constitué une épargne : avec leurs petits salaires ils ont acquis des actions dans les mines d’aluminium d’Australie, dans les chemins de fer de Pékin et dans… l’emprunt Russe (1). Ce qui signifie que malgré leur faible niveau d’éducation, ils ont pu avoir accès à des informations financières qui pourtant n'étaient sans doute pas aussi faciles à obtenir qu'aujourd'hui avec Internet et le réseau de banque dont nous disposons.

Preuve que, quand il s’agit d’argent, l’intelligence humaine est à son maximum.

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(1) C’est avec fierté qu’ayant conservé ces titres j’ai pu en obtenir dédommagement en 1997.

dimanche 19 mars 2023

Alchimie : le Crédit Suisse change l’or en plomb – Chronique du 20 mars

 Bonjour-bonjour

 

Ça y est ! La banque suisse UBS, vient de sauver le monde en rachetant sa concurrente Crédit suisse pour 3 milliards d’euros, soit le tiers de sa valeur estimée vendredi dernier, soit il y a trois jours. (Lu ici)

 

Le béotien que je suis reste toujours estomaqué par de telles nouvelles. Non pas que le rachat d’une banque par une autre soit stupéfiant : tout s’achète et tout se vend, même les banques. C’est un phénomène beaucoup plus général qui me stupéfie : la disparition de l’argent, qui correspond ici, si je compte bien, à 6 milliards d’euros en trois jours. Comment cela est-il possible ? Pour moi, l’argent c’est bien sûr quelques chose de symbolique, mais tout de même de matériel en même temps : si je mets des sous dans ma tirelire, je m’attends à les retrouver quand je l’ouvrirai, ou bien je crierai au voleur ! Et si mes pièces se sont transformées en boutons de culotte, je chercherai un exorciste pour m’expliquer l’affaire.

 

Le philosophe, empêtré dans ses catégories d’être et de néant ne peut venir à bout d’expliquer la chose. Reste le poète qui va nous dire que l’argent, comme l’oiseau du grand large, ne peut exister qu’on volant à travers les airs, et en ne se posant jamais. L’argent déposé dans une banque est en réalité une promesse d’aventure au terme de laquelle il prendra une nouvelle valeur. Cette perte du Crédit suisse n’est donc que l’effet de cette alchimie financière, qui transmute l’or en plomb – et réciproquement.  

Ce qui rend la finance si étonnante pour les esprits un peu naïfs, c’est qu’une telle entreprise qui soutient – ou pas – le monde entier n’est fait que de cette aventure généralisée, ce mouvement toujours incertain, cet avenir brouillé issu d’un présent bancal. Si les banquiers sont rigoureux quand vous leur demandez de financer votre achat immobilier, c’est simplement qu’ils veulent quantifier l’incertitude de votre avenir. Avez-vous un emploi stable ? Payez 5%. Vous êtes en CDD ? Sortez de ma banque ! Vous avez 3 milliards d’euros ? La banque est à vous.

… Mais pour combien de temps ?

lundi 13 mars 2023

Au feu les pompiers ! – Chronique du 14 mars

Bonjour-bonjour

 

Ça y est : les Bourses mondiales plongent et de partout les responsables financiers y vont de leurs propos rassurants : « Restons calmes ! les banques françaises (ou : européennes) ne sont pas exposées au risque de la faillite de la Silicon Valley Bank. Elles sont structurellement différentes. Et puis la BCE veille ! »

Les médias se font un malin plaisir de superposer ces propos à ceux entendus en 2008, juste au début de la crise des subprimes, quand la faillite le Lehman Brother s’est produite. 

Vérifions un peu :

            * D’abord, la banque fédérale américaine injecte des liquidités à tour de bras pour que le système bancaire ne vienne pas à être en défaut de paiement. 

Bien. Reste à être sûr que si ce malheur se produisait (comme en 2008, lorsque les banques refusaient de se prêter au jour le jour) la réserve fédérale aurait de quoi financer les besoins. Quoique… Si tous les déposants venaient à retirer leur argent des banques (comme ils l’ont fait avec la Silicone Valley Bank) rappelons-nous que la dette mondiale est de 330000 milliards de dollars. Autant vider un océan avec un dé à coudre.

            * On nous dit également que cette crise n’est pas systémique. Je l’accorde ; mais ne risque-t-elle pas de le devenir ? Devons-nous rappeler que la crise est une donnée constitutive du capitalisme, avec ses cycles de surproduction ? Et que la finance n’est pas non plus à l’abri des retournements de tendances ?

            * Enfin que nous, déposants et petits épargnants sommes à l’abri : même en cas de faillite nous sommes assurés de récupérer nos dépôts jusqu’à 100000 euros.  Je demande à voir… Même l’Écureuil risque d’y laisser ses *** … Voyez plutôt :

 


Photo publiée sur la page Facebook de la Caisse d’épargne Auvergne-Limousin