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lundi 17 novembre 2025

Les hommes préfèrent être moches – mais ils n’aiment que les belles – Chronique du 18 novembre

Bonjour-bonjour

 

Une enquête menée auprès de plus de 1200 américains demandait aux participants de choisir entre posséder eux-mêmes un trait de caractère ou le voir incarné par leur conjoint. (Lire ici)

Selon Bill von Hippel, consultant au cabinet de conseil australien Research with Impact et coauteur de l'étude, « Les hommes sont tout à fait prêts à sacrifier leur propre attractivité pour avoir un partenaire très séduisant, tandis que les femmes font exactement le contraire »

Globalement, la gent féminine se veut attirante et intelligente, tandis que ses homologues masculins se rêvent riches, au bras d'une amoureuse plus jolie qu'eux. »

Plus précisément, « les femmes désirent être belles, un score qui chute de 32% chez les hommes, qui préfèrent être drôles. »

Là est le point : les hommes se moquent d’être moches à condition d’être attirant intellectuellement. Car la question de la beauté des hommes n’est pas nouvelle en philosophie : elle a été soulevée en particulier à propos de Socrate (dans le Banquet de Platon, lors du discours d’Alcibiade 215 a-d

 


Buste en marbre d'origine romaine représentant Socrate (1er siècle) 


Comme on le voit la tradition a conservé le souvenir de Socrate comme d’un homme laid dont toute la beauté était intérieure – entendez dans l’âme. C’est même la laideur qui en exagérant l’écart entre l’apparence physique et la réalité spirituelle montre le mieux que les hommes veulent briller plus par l’esprit que par l’apparence. Du reste, le thème de la laideur du philosophe est resté sensible : il est revenu avec Jean-Paul Sartre qu'on a jugé très laid.

Il ne faudrait pas pousser trop cet écart : le sondage montre que les homme, s’ils ne veulent pas de la beauté pour eux-mêmes, la veulent pour leur compagne. Pour reprendre notre titre, si les hommes préfèrent être moches, en revanche ils n’aiment que les belles : voilà qui n’est pas tout à fait platonicien.

mercredi 16 décembre 2020

Rien n’est trop beau – Chronique du 17 décembre

Bonjour-bonjour

 

C’est Ettore Bugatti, créateur de la célèbre voiture, qui le disait : « Rien n’est trop beau ». Il est vrai qu’il ajoutait aussitôt : « Rien n’est trop cher ».

1 – L’articulation des deux formules laisse entendre que la beauté est affaire d’argent, et que ce qui est beau est aussi nécessairement cher – ou du moins que pour posséder ce qui est beau (comme un Supercar Bugatti), on doit nécessairement payer cher – très cher.

Bien sûr on contestera l’idée en disant que la beauté peut être une création imaginée par un artiste méconnu qui travaille seul suivant son inspiration : nul n’a jamais dit que les Muses fassent payer leurs inspirations ! 

Mais plus encore on s’interrogera sur la réciproque : suffit-il qu’on paye une œuvre d’art très cher pour qu’elle soit belle ? On reconnait là une polémique qui met en jeu les galeries d’art, qui parlent du marché de l’art comme d’un instrument d’évaluation de la qualité esthétique d’une œuvre. Les ventes pharamineuses des œuvres de Bansky restent dans les mémoires, non seulement parce qu’à ces prix on s’attendrait à pourvoir acquérir la Joconde, mais encore parce qu’il s’agit d’un créateur de street art dont les œuvres s’offrent gratuitement aux passants : preuve du caractère irrationnel du marché. 

2 – Mais on peut s’arrêter à la première partie de la formule d’Ettore Bugatti : « Rien n’est trop beau »

On s’offusquera : selon quel critère déclarer que quelque chose pourrait être « trop beau » ?

Comment admettre qu’on puisse déclarer que la beauté devrait être limitée – j’allais dire « rationnée » – et qu’il serait mauvais pour nous de contempler des œuvres qui outrepasseraient cette limite ? 

On aurait tort pourtant : en témoigne le « syndrome de Stendhal » qui caractérise le malaise consécutif à la contemplation de la beauté extrême de certaines œuvres (voir ceci).

Certes sans doute personne de nos jours n’a vraiment ressenti cet évanouissement effet de la beauté. Mais sous une forme atténuée, à bas bruit, n’y aurait-il pas une sensation particulière à cette rencontre ? Quelque chose comme un choc, qui nous arrêterait et nous bloquerait à distance respectueuse ? Le mystère de la beauté ne résulte-t-il pas de cette étrange sensation ?

Si cela était attesté, nous aurions ainsi un critère d’évaluation de la beauté qui permettrait de la distinguer de toute autre émotion – à commencer par l’attirance sensuelle prise comme caractéristique de la beauté humaine (cf. ici)

samedi 30 juin 2018

PIC DE CHALEUR CE WEEK-END : JUSQU’À 38 DEGRÉS ANNONCÉS

  
1 – Photo ci-dessus : plage de Capbreton cette semaine (vu ici)
2 – « Pour éviter de vous exposer au soleil, responsable d’une partie des cancer de la peau, il faut « Sortir couvert : la protection vestimentaire est celle qui stoppe le mieux les UV. Au soleil, il est important de porter des vêtements limitant les parties découvertes du corps (tee-shirt, pantalon léger...) ; un chapeau à bords assez larges ; des lunettes de soleil avec filtre anti-UV (norme CE, catégorie 3 ou 4) et montures enveloppantes. » (Institut national du cancer – Lire ici)
-->  Ce rapprochement suffit je pense à éclairer le propos : alors que la majorité des gens (les femmes surtout) un peu soucieux de leur santé mangent bio, font du sport, et méditent en pleine conscience, ces mêmes personnes vont faire exactement l’inverse de ce que préconise la Faculté dès qu’il s’agit de se mettre à poil pour s’exposer aux rayons du soleil.
Preuve s’il en fallait que les comportements liés à la santé et au bien être sont étroitement assujettis aux modes de la société. Début août, comment se retrouver au rayon légumes-bio de Naturalia, avec les copines tout en étant blanche cachet-d’aspirine, alors qu’elles ont une peau hâlée qu’on a envie de baiser, lécher, mordre…
Calmons-nous ! Bon j’admets m’être laissé emporter par ma libido – mais justement, parlons-en de la libido. Quoiqu’on en dise cette pulsion venue du fond de l’espèce pour en garantir la propagation s’est laissée gagner par l’ambiance de l’époque : une femme bronzée qui aurait fait vomir un marquis du 18ème siècle fait bander l’adonis du 16ème (arrondissement)

Et tant pis pour les cancers.

vendredi 12 janvier 2018

THAÏLANDE : DES HOMMES SE FONT BLANCHIR LE PÉNIS PAR TRAITEMENT LASER

Publié le 10/01/2018

« La nouvelle tendance à Bangkok, adoptée par une centaine d’hommes chaque mois, consiste à se faire dépigmenter au laser la peau du pénis pour la blanchir. Une pratique qui alerte les autorités.

Les autorités thaïlandaises ont mis en garde sur Twitter contre une pratique dangereuse qui ne vaut pas la peine de gaspiller son argent : Concrètement, la peau est dépigmentée en utilisant un petit laser. Le traitement coûte 750 $, et nécessite plusieurs séances.

Pour comprendre les ressorts de cette volonté de blanchir la peau, il faut préciser que dans l’imaginaire collectif thaïlandais une peau bronzée est synonyme de travail aux champs, donc de pauvreté. Une pâleur, même intime, est donc un signe extérieur de richesse… » (Lire ici)

Pour le dilettante qui feuillette les journaux sur le web, cette nouvelle suscite quelques instants de rêverie.
Car enfin, ce n’est pas d’aujourd’hui que les hommes contemplent leur sexe avec une attention attendrie. Mais voilà qu’une déception vient nuancer cette auto-contemplation : « Mon cher Popol, toi qui ne m’a jamais déçu, toi qui répond toujours présent quand il le faut, il faut que je te le dise : ta couleur bistre ne me plait pas, car elle est un signe de vassalité. Seuls les pauvres ont la peau foncée, les riches et les nobles ont la peau blanche. Il faut que tu deviennes, toi aussi, blanc comme albâtre. »

Et voilà que l’intimité doit elle aussi se plier aux règles de l’esthétique. On savait que les dames la pratiquaient : la nymphoplastie fait les choux gras de certaines cliniques. Mais que de telles coquetteries soient aussi le fait des messieurs, là, il fallait quand même vérifier…