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mercredi 31 août 2022

TOUJOURS PLUS ! – Chronique du 1er septembre

Bonjour-bonjour

 

Après l’austérité, mot qu’il est défendu aux responsables de prononcer en public, voici un autre mot interdit : la décroissance. 

En effet, après le Président Macron, qui déclarait en juin 2020 « Le choix de la décroissance n’est pas une réponse au défi climatique. », voici Elisabeth Borne affirmant lundi dernier « la décroissance n’est pas la solution »

 

- Il semblerait que chaque crise lance à la fois des mots nouveaux et aussi des mots interdits. Ainsi comme on vient de le dire de l’austérité, et puis du confinement, sans oublier les nègres (cette fois on frôle la correctionnelle), et pour finir la décroissance fait son entrée au « panthéon » de la diabolisation (1)

D’un côté cet ostracisme à l’encontre de la décroissance ne se comprend guère : il semble naturel de prendre acte de la nécessaire réduction de notre consommation d’énergie et donc de la réduction des productions qui vont avec. 

Seulement la décroissance ne signifie pas seulement cela. Dans le contexte économique, la décroissance, c’est une « politique préconisant un ralentissement du taux de croissance dans une perspective de développement durable » (Lu ici)

Bon : on est encore dans du permis : quoi de plus naturel que de préconiser le développement durable ?

C’est que la décroissance va en réalité beaucoup plus loin. Écoutons Géoconfluences, un site internet qui rassemble des ressources pour les enseignants : « La décroissance est un concept politique, économique et social qui remet en cause l’idée selon laquelle l’augmentation des richesses produites conduit à l’augmentation du bien-être social. La théorie économique de la décroissance vise donc à réduire la production de biens et de services afin de préserver l’environnement ».

 

Résumons-nous : 

            * d’un côté « l’augmentation des richesse produites ne conduit plus à l’augmentation du bien-être social », ce qui signe la mort du dogme de la société de consommation sur lequel nous vivons au moins depuis 50 ans ; 

            * de l’autre la décroissance préconise (comme son nom l’indique) la réduction de la production des biens et des services » - et donc perte d’emplois et de richesse, sans parler des services désormais bannis – point sensible dans notre société qui est devenue une société orientée sur les services plus que sur la production industrielle.

--> Concernant le bien-être social on dira que c’est une question philosophique et qu’il n’appartient pas aux dirigeants d’en décider. Il porte en effet sur la question du « Pourquoi – chercher dans la consommation le bonheur ? »

Faisons donc un référendum –  « Considérez-vous la consommation comme la source du bonheur ? » (2)

--> Le second point n’est pas du tout philosophique : il porte essentiellement sur la question du « Comment se passer des services »... dont nous réclamons TOUJOURS PLUS !

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(1) Ne croyez-pas que ces susceptibilités langagières nous soient réservées. Vous trouverez ici, dans un journal québécois une liste des mots interdits à l’Assemblée Nationale de la Belle Province.

(2) Aujourd’hui il semble que ce soient les nantis qui dénonceraient la consommation, et les pauvres qui la réclameraient. Bizarre… Vous avez dit « Bizarre » ?

dimanche 5 septembre 2021

Le Club de Rome 2 – le retour ! – Chronique du 6 septembre

Bonjour-bonjour

 

Je me sens tout joyeux après ce week-end investi par la primaire écologiste. Je vais vous dire : la décroissance - j’y crois !

 

... « La décroissance - j’y crois » : du verbe « croire » ou du verbe « croitre » ? Ça c’est drôle... Mdr...

Bon d’accord, ce n’est pas très fin, j’en conviens. Mais pour autant ce n’est pas dénué de sens : les échanges durant la primaire écologiste a remis ce concept sur la table, en particulier avec les interventions de Delphine Batho et de Sandrine Rousseau : elles au moins, elles y croient – et elles ne sont pas les seules. Mais pourquoi ne pas espérer aussi trouver de nouvelles sources de croissances dans une telle configuration, et les plus radicaux – ou les plus rêveurs – ont espéré que le Grand confinement (celui de mars-mai 2020) avec ses animaux de la forêt qui réinvestissent les villes et ce taux de carbone qui tombe du fait de l’immobilisation des automobiles nous donnerait la preuve de l’excellence de cette situation face au désastre écologique produit par la civilisation technicienne. 

o-o-o

Un petit rappel : la décroissance n’est pas une idée neuve : elle a été produite par le rapport Meadows, publié en 1972 par le Club de Rome, un groupe de réflexion international. Oui, vous avez bien lu : ça remonte au Club de Rome et de sa proposition de « croissance zéro » qui avait excité la fureur des responsables de tout poil, en particulier lorsqu’est survenue la crise pétrolière deux ans plus tard. Pourtant 50 ans plus trad, voici que nous réinvestissons cette hypothèse. 

La décroissance dans le rapport Meadows n’est pas présentée comme un véritable recul : il s’agit plutôt de s’opposer à la croissance économique, en tant que but à suivre ou indicateur de bien-être. Car en effet, pourquoi prendre comme indice de la santé des pays les chiffres de la croissance en ignorant ceux des dommages causés à l’environnement ? Et si on prenait pour indice de cette santé le nombre d’insectes écrasés sur le parebrise d’une voiture parcourant la route entre Paris et Marseille ?

 


 

Bon... Je crois en effet que changer d’indice peut éviter le pire pour la pollution et la biodiversité. Mais échapperons-nous au désastre économique ? Ne sommes-nous pas condamnés à dévaster notre planète simplement pour gagner de quoi vivre ? Stopper la croissance économique n'est pas se condamner à la récession ?

Autrement dit, croire en une nouvelle croissance (les écolos parlent de « croissance verte »), n’est-ce pas la preuve d’une naïveté confondante ? D’une pauvreté de mémoire qui a fait oublier tous les sarcasmes dont le Club de Rome a été accablé ?

Si vous vous demandez comment « croitre » avec la décroissance, lisez ce blog demain, mardi