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lundi 12 août 2024

Question de point de vue – Chronique du 13 aout

Bonjour-bonjour

 

Dans une page de Darknoodle réservée à l’humour noir, le dessinateur Glenn nous propose cette réflexion sur la vie et la mort : 

 


Traduction :

- Mitch, je meurs

-Je suis désolé. La mort fait partie de la vie, je suppose.

- Bah, techniquement, MA mort ne fait pas partie de MA vie. C'est l'opposé de ma vie.

- C'est vrai. Alors tu meurs quand ?

 

Voici une jolie façon de repérer le contraste entre la théorie et la réalité – du moins celle qui implique un changement de point de vue. Celui qui meurt suit une logique que la logique ne connait pas : possesseur d’une vie (disons : a) il devrait en effet être à l’abri de la mort qui représente l’opposé (non-a). Mais pas à l’abri de mourir qui pose le passage de (a) à (non-a). C’est ce passage du principe au fait qui donne cet effet comique : montrer que la mort, illogique du point de vue de la vie ne nous rend pas immortels pour autant.

Et c’est cela l’humour noir.

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P.S. Sur cette opposition vie/mort voir Epicure - Lettre à Ménécée

mardi 1 août 2023

Réservé aux dames – Chronique du 2 aout

Bonjour-bonjour

 

2 aout… Il est temps d’en parler : mesdames, vous qui êtes des mamans qui ploient sous une charge mentale éreintante, qui avez un mari aux passe-temps absolument débiles, voire même une belle famille envahissante : pensez à pratiquer la « momcation », autrement dit des vacances sans enfants, ni conjoint, déjà pratiqué aux US et qui commencent à trouver un écho en France. (1)

Partez en laissant tout ça derrière vous, mari, enfants, programme de visites touristiques obligés et de journée en Parc de loisirs. A vous l’hôtel avec des copines, le spa et les massages.

Pour toutes celles qui pratiquent ces vacances, une seule règle : l’absence totale de culpabilité, et un égoïsme à toute épreuve. C’est du moins ce que disent les pratiquantes de ce genre de vacances né comme on l’a dit aux Etats-Unis (lire ici)

 

S’agit-il d’une autorisation à la débauche ? Surement pas, ou du moins pas nécessairement. On aurait plutôt à faire à une sorte d’allocation forfaitaire (par exemple tous les deux ans) venant compenser les services rendus à la famille et permettant de matérialiser des modestes rêveries qui sont venues soutenir le courage de celles qui, chaque main doivent penser à la lessive à étendre et à la boite de Chocapic vide : il faut vite en racheter !

Car, si ce sont des minuscules plaisirs que s’octroient ces femmes en rupture de famille, c’est aussi que la souffrance dont il faut se débarrasser n’est intense que par sa répétition, son éternel retour qui bouffe l’horizon. 

« Éternel retour » : on retrouve la pensée de Nietzsche qui nous offre le choix entre le noir désespoir d’un futur sans avenir : il y aura toujours une boite de Chocapic vide à remplacer ; et un amour fou et sans justification de cet avenir-là, fait de retour indéfini. (2)

Pas d’échappatoire ? Et la momcation avec des copines spa et massages ? 

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(1) « Momcation », contraction de « mom » (maman) et de « vacation (vacances)

(2) Un exposé de la doctrine de l’éternel retour chez Nietzsche à lire ici.

lundi 22 janvier 2018

SYRIE : UN JIHADISTE FRANÇAIS PROTESTE : "JE VEUX RENTRER CHEZ MOI".

Le croiriez-vous ? Alors que les prisons françaises sont en pleine crise au point que même les gardiens refusent d’y rester, voilà que des hommes et des femmes refusent d’en sortir (prêts à commettre des délits pour ça) et même à s’y faire incarcérer – alors qu’ils sont très loin au  Moyen-Orient ?
Non, bien sûr on ne veut pas y croire… Alors, lisons ce qui suit :
« France 2 diffuse un entretien avec un jihadiste de 30 ans originaire de Lunel (Hérault), qui témoigne à visage découvert et demande à rentrer en France, avant que son geôlier ne réagisse à ses propos. » (Lire ici)
Avez-vous remarqué combien les jihadistes qui avaient quitté la France l’écume de la fureur aux lèvres, partis pour s’armer et pour détruire les mécréants que nous sommes – les voilà qui du fond de leur prison syrienne ou irakienne clament à cor et à cri leur désir d’être rapatriés dans une prison française ?
Sur le moment j’ai eu un sursaut : « Quoi ? me suis-je dit : les prisons françaises si décriées par tous seraient donc malgré tout un lieu attractif quand on est détenu au moyen orient ?
Voyons ça :



Une cellule de la prison des Baumettes

Et puis on se rappelle tout à coup que des jihadistes français jugés en Irak viennent d’écoper de la peine de mort – il paraît qu’ils ont même condamné des femmes à être pendues. Devant cette justice radicale, on se dit que les prisons françaises, même pourries-dégoutantes sont quand même meilleures que la corde du gibet…
C’est là qui le philosophe se réveille de son sommeil dogmatique : « Voilà dit-il, c’est là qu’on voit combien l’attachement à la vie l’emporte sur la menace de la pendaison. Alors même qu’on a affaire à des hommes et à des femmes qui sont profondément persuadés que la mort n’est qu’une porte derrière la quelle se trouvent les jardins d’Allah et leurs délices, voilà qu’ils préfèrent quand même une vie de pourrissement lent et irréversible…
La vie est une passion dont on ne guérit pas si facilement. »