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dimanche 12 janvier 2025

Comme Fantômas, Trump fait peur – Chronique du 13 janvier

Bonjour-bonjour

 

Pierre Souvestre et Marcel Allain les créateurs de Fantômas, disent de leur personnage : « Fantômas. Je ne sais pas ce que c'est mais ça fait peur. ». En 32 romans publiés à la fin de « la Belle époque » (entre 1911 et 1913) ce personnage a incarné les angoisses du moment en le nourrissant de visions terrifiantes.

Or, voici que nous sommes en 2025, moment où le président Trump va entrer à la Maison Blanche avec plein de projets dans la tête, tous plus terrifiants les uns que les autres – comme d’annexer le Groenland et le Canada, tous deux pays de l’OTAN. Ajoutons qu’en 2017 on a cru qu’il n’était qu’un bouffon et que le Système aurait tôt fait de lui enfiler la camisole et de l’installer dans une cellule capitonnée. 

 


Chambre du Président des Etats-Unis d’Amérique à la Maison Blanche

 

On connait la suite… Alors on a peur. Et nos médias sont à la recherche d’une stratégie (= un narratif) capable d’intégrer ces menaces au  cas des relations internationales. Nous n’oublions pas bien sûr les terribles révoltes intérieures dont ces mêmes projets sont gros.

Et alors ? Alors on doit apprendre à vivre avec la peur – du moins avec cette peur-là : la peur du lendemain, peur de ne pas connaitre d’où nous viendrons les coups que nous devons craindre. Car apprendre que les Etats-Unis d’Amérique se proposent d’annexer deux pays de l’OTAN ; que nos relations commerciales avec l’Amérique peuvent devenir des ruines ; que les fantaisies d’un homme seront reprises et amplifiées par des hommes qui croient que le réchauffement climatique provient d’un changement de l’orbite terrestre et donc que nous n’avons rien à faire pour lutter contre (exemple authentique) – et croire que ce ne sont pas des délires voilà ce qui nous fait peur. En 2017, quand Trump disait que nous devrions utiliser de l’eau de Javel pour détruire le coronavirus qui nous ronge, un haussement d’épaule et on pense à autre chose. Aujourd’hui on doit échafauder des stratégies de protection.

jeudi 5 octobre 2023

Oh ! Punaise ... Chronique du 6 octobre

Bonjour-bonjour

 

Les punaises de lit… LES PUNAISES de lit… LES PUN…

Bon, ça va, on a compris. On en fait trop avec ces parasites – la preuve, ce matin un lycée a vu ses profs refuser faire cours au nom de leur droit de retrait, estimant que leur établissement était infesté de punaises. Et des chaines d’info 24/24 faire des débats avec la question : « Est-ce qu’on en fait trop avec les punaises ? »

 

- Évidemment ce n’est pas une raison pour relayer l’info, mais éventuellement pour s’interroger sur l’origine de cette hantise. À l’heure où les neurobiologistes n’arrêtent pas d’épier notre cerveau pour savoir quelle zone se met en fonction dès qu’on éprouve telle ou telle émotion, on se demande si, par hasard, ce ne serait pas la même qui serait à l'oeuvre dès que nous avons une réaction de crainte. Hier, les étrangers (et les musulmans) ; aujourd’hui les punaises de lits, et demain ? Sans doute le croisement des deux, à savoir que les étrangers sont responsables de l’invasion de ces parasites – et peut-être même 1) les étrangers 2) musulmans 3) porteurs de punaises : la totale. On peut continuer à empiler comme ça les rejets, ce qui compte c’est de comprendre que c’est avec notre cerveau que nous tremblons, et que nous réagissons violemment.

- Car voilà l’essentiel : c’est de la même façon que s’expliquent nos violences et nos exclusions. Entendez que c’est avec notre cerveau, le quel s’adapte à la situation nouvelle avec de vieux mécanismes sans doute issus de millénaires de sélection naturelle. Supposons que ce soient les plus violents, les plus intolérants d’entre nos aïeux qui aient finalement réussi à survivre dans des périodes de crises, hé bien nous serions porteurs des mêmes gènes et donc des mêmes comportements.
Sauf qu’aujourd’hui on sait que l’expression des gènes est soumise aux circonstances extérieures, les quelles dépendent de la façon dont elles sont rendues manifestes par l’environnement humain.

L’enseignement de l’empathie pourrait donc y faire quelque chose, à condition de s’y prendre très tôt.

vendredi 23 juin 2023

Titan/Titanic : avertissements ignorés – Chronique du 24 juin

Bonjour-bonjour

 

Après un Post récent, je reviens sur l’effroyable fin du sous-marin qui a implosé durant sa descente sur l’épave du Titanic : la ressemblance entre ces deux catastrophes est évidente et c’est James Cameron qui l’a soulignée. S’indignant des « avertissements ignorés » concernant la sécurité du submersible touristique Titan, le réalisateur a dressé un parallèle entre ce nouvel accident et le naufrage du paquebot en 1912 : « Je suis frappé par la similitude avec la catastrophe du Titanic, où le capitaine a été averti à plusieurs reprises de la présence de glace devant son navire, et où il a pourtant foncé à pleine vitesse dans un champ de glace par une nuit sans lune » (Lire ici)

Oui, c’est vrai : ni le capitaine du Titanic, ni les passagers du Titan n’ont tremblé en fonçant tête baissée vers la mort sans entendre les voix qui les avertissaient de ne pas y aller. Si la peur avait eu prise sur eux, les retenant dans cette course à l’aveugle, ils seraient en vie aujourd’hui, mais sans savoir à quel danger ils auraient échappé. Peut-être même en seraient-ils encore à se dire que leur frilosité les avait empêché de passer un moment inoubliable ?

Oui, la peur peut guérir du danger, mais on l’ignore la plupart du temps. Et lorsqu’on considère l’expansion de l’espèce humaine, on voit combien les hommes n'ont pas craint d'affronter l'inconnu pour se répandre par-delà les mers, dans des archipels ignorés, où tous ces gens ont cinglé sans savoir jusqu’où il leur faudrait aller.

La « découverte » de l’Amérique par Christophe Colomb guidé par des traités des saints Pères de l’Église dépourvu de toute connaissance maritime, comme celle des chasseurs-cueilleurs marchant vers l’est sans savoir ce qu’il y avait juste derrière l’horizon – tout cela a été bénéfique pour la propagation de l’espèce. Certes la disparition de certains de ces hardis voyageurs en parfois été le prix : ils n’ont pas écouté la voix de la crainte parce qu’ils étaient animés par l’enthousiasme de l’aventure.

Et sans aventure, plus de survie possible.

samedi 5 mars 2022

Rien n’est certain – sauf pour Poutine – Chronique du 6 mars

Bonjour-bonjour

 

Vous reconnaissez ? 

 


Oui, c’est la centrale nucléaire de Zaporijia, située en Ukraine. C’est la plus grande d’Europe et elle a été prise sous les bombardements russes – au point qu’un bâtiment administratif a pris feu et qu’à l’intérieur de la centrale les techniciens ont craint être eux-mêmes attaqués.   On les entend en effet sur cette vidéo s’adresser en russe aux assaillants : « Arrêtez de tirer sur l’installation nucléaire (…) Arrêtez immédiatement de tirer, vous mettez en danger la sécurité du monde entier. Le fonctionnement d’une partie cruciale de la centrale de Zaporijia pourrait être endommagé. Nous ne serons pas en mesure de la rétablir. » (Voir ici)

 

On admettra que les artilleurs russes savaient très bien ce qu’ils faisaient et qu’en spécialistes avertis de la centrale de Zaporijia ils évitaient soigneusement de toucher les organes vitaux de l’installation. Je sais : le risque de bavure était de toute façon trop grand pour être pris – mais c’est quand même cohérent avec le projet évident du Président Poutine : accabler les occidentaux de la terreur nucléaire, non seulement par la menace de bombardement atomique mais aussi par la crainte de l’explosion des centrales nucléaires, à commencer par la plus importante (mais rappelons qu’ils ont aussi pris le contrôle de Tchernobyl de triste mémoire)

 

Le fera-t-il ? Ne le fera-t-il pas ? On compare parfois le Président russe à un joueur d’échecs, jeu très pratiqué en Russie. Il vaudrait mieux le comparer à un joueur de poker rompu à la technique du bluff. Il y a quelques semaines, alors que l’armée russe encerclait déjà l’Ukraine, de très doctes spécialistes se demandaient : « Que se passe-t-il dans la tête de Vladimir Poutine ? » et ils répondaient : « Lui-même n’en sait rien ». Triste constat : ces gens, censés nous éclairer, étaient incapables de voir le piège tendu par l’ennemi.

Car, au lieu de dire : « La seule certitude, c’est que rien n’est certain – sauf pour Poutine », ils se rengorgeaient dans leur pseudo savoir pour dire : « Nous savons que Poutine ne sait pas ce qu’il va faire ».

A mon avis on devrait renvoyer ces spécialistes à leurs chères études.

dimanche 3 mai 2020

Ce qui fait peur c'est la peur de la peur – Chronique du 4 mai

Bonjour-bonjour

J’entendais hier un spécialiste (de quoi ? Je ne sais plus) disant que ce n’est pas l’avenir qui doit faire peur, mais plutôt la peur qu’on en a, parce que les décisions les plus dangereuses sont prises sous l'emprise de son affolement, alors que souvent on court bien moins de danger quand on prend juste les précautions utiles. C’est l’idée que les réactions inopportunes parce que décalées par rapport au danger réel, ou que les surréactions les plus risquées sont l’effet des angoisses et du stress cumulés qui entrainent les pires choses. On sait que les populistes sont friands de ces excès et que leurs plus habituelles manipulations consistent justement à exciter la peur en décrivant des dangers imaginaires afin d’apparaitre comme le recours unique et indispensable devant la frayeur qu’ils ont eux-mêmes créée.
On devine quels effets cela peut avoir en période de pandémie, combien de lynchage ou de cérémonies mystiques ont pu se nourrir de telles craintes de la maladie. Mais on peut aussi s’interroger : qu’arriverait-il à un peuple sans peur et sans angoisses ? Ne perdrait-il pas l’indispensable ressort de la prudence ?

Rappelons nos commentaires devant ces incroyables images venues de Chine en février, montrant les avenues de Wuhan, ville de près de 12 millions d’habitants, désertes ainsi que les magasins, les autoroutes ou les quais de train. Nous dissions à l’époque : « Il faut être chinois pour respecter les ordres venus des autorités. En France ça n’aurait aucune chance de marcher ! » On sait ce qu’il en fut quelques semaines plus tard, avec ces images des Champs-Élysées déserts. Que s’était-il passé pour que les français réputés frondeurs en viennent à obéir ainsi ? Étaient-ils devenus simplement raisonnables entre temps et ont-ils réfléchi pour conclure que l’intérêt public était dans le confinement ? On devine qu’il n’en est probablement rien mais que la peur de mourir intubé dans les affres de l’étouffement a été déterminante. Chacun se moquait des remontrances quotidiennes des autorités, mais aussi chacun se disait : « Périsse l’humanité, je m’en fiche. Mais que ça m’arrive à moi, ça non ! »
- Or, voilà que le niveau de peur diminue dans le pays : le futur déconfinement, bientôt chez nous mais déjà en cours chez nos voisins donne l’impression que le virus n’est plus si dangereux que ça, et même les plus froussards s’imaginent en sécurité avec un bout de chiffon sur le nez et des coudées franches pour tenir les voisins à distance. Nos amis chinois nous ont donné l’exemple avec ce chapeau d’écolier muni d’une barre d’envergure pour tenir à distance les proches. Il suffirait d’en importer – et voilà !



Mais ne va-t-on pas, en perdant la peur, perdre aussi la sécurité ?

lundi 16 mars 2020

Covid19 : la trouille versus les antihéros.

"Nous sommes en guerre"
Dès ce mardi midi et pour quinze jours au moins, les regroupements extérieurs ou avec "des amis" ne sont plus permis. Les transports doivent être limités au strict nécessaire sur tout le territoire, la Métropole et les départements d'outre-mer. Par "nécessaire", le Président fait référence aux courses de nourriture, au travail, à la pharmacie, ou à une activité physique sans rassemblement. Lire ici

C’est vrai que le covid19 progresse à vitesse « exponentielle » et qu’il appelle des mesures « drastiques » (1). Rappelons que les images des parisiens s’ébrouant aux Butes Chaumont ont vivement choqué l’opinion (cf. Post d’hier). Mais pourquoi s’en émouvoir ? 
L’actualité nous révèle qu’il y a toujours deux Frances, absolument irréconciliables :
- La France des antihéros – La France nous a habitués à ce genre de réaction : la guerre commence par la drôle de guerre, et les façons de se comporter des parisiens étaient exactement semblables à cette période 38-40, lorsque chacun sentait confusément que le pire pouvait arriver d’un instant à l’autre et qu’il s’agissait non pas de s’y préparer, mais au contraire de profiter de cette vie dont on épuisait les derniers instants.
Attitude tragique d’antihéros qui savent que le monde va basculer dans le néant et qui en refusant de s’y préparer, refusent du même coup d’y adhérer. 
- La France des trouillards – Dans le même temps, les files d’attente devant les supermarchés s’allongeaient et les rayons se vidaient à une vitesse telle qu’il était impossible de les regarnir assez rapidement pour éviter que les gondoles vides attisent le sentiment de pénurie.
Mais ce n’est pas tant la pénurie que la peur du confinement qui animait les acheteurs. En effet, ce n’est pas la "guerre" qui est crainte, mais plutôt l’interdiction de sortir en sorte que comme pour un siège, les  biens toujours présents soient simplement devenus inaccessibles.
Les jouisseurs des Buttes-Chaumont croient que le vieux monde est condamné à disparaitre. Les trouillards des supermarchés espèrent encore le sauver.
Ce sont eux les optimistes.
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(1) Ouf ! J’ai placé les deux adjectifs les plus usités ces temps-ci. J’en connais qui s’emmêlent les pinceaux et qui parlent de courbe asymptotique à propos de ces progrès exponentiels : que n’ont-ils raison ! Et puis occasion de le rappeler : ce sont les purges qui ont d’abord été qualifiées de drastiques, Drastique : [en parlant d'un remède, d'un purgatif] Qui a un effet très énergique. CNTRL.
C’est vrai que ces mesures elles commencent à nous faire ch…

Mort par covid19 : les jeunes aussi

"Les formes graves sont signalées chez des personnes âgées ou fragiles mais également chez des adultes sans pathologies antérieures", avertit la Direction générale de la Santé.
C'est la plus forte augmentation quotidienne des cas et décès depuis l'apparition du virus en France, qui est officiellement entrée samedi dans le stade 3 de l'épidémie.

Oui, les jeunes aussi… Et je m’en réjouis ! Non pas que ça me fasse plaisir, moi qui ai 78 ans de constater que des jeunes de 30 ans sont aussi fragiles que moi. C’est vrai qu’on se sent moins seul, mais la belle affaire ? Ça ne va pas changer quoi que ce soit au risque que je prends en sortant de chez moi. Non, ce qui va se passer, c’est que tous ces jeunes qui allaient se rouler dans l’herbe des Buttes Chaumont, en rigolant parce qu’eux n’avaient pas de risques, et que les consignes du gouvernement, « Macron, tu sais ce que j’en fais ? », les voilà qui vont prendre peur. Oui, leurs potes avec les quels ils s’amusaient, leurs petites nanas qui les aguichaient avec leurs minijupes à ras du bonheur, toute cette belle jeunesse la voilà elle aussi en réanimation, avec masque à oxygène et parfois – horreur ! – à la morgue. Et cette peur va les conduire au respect des consignes générales, non par civisme, mais par la trouille. 
La peur est ici la meilleure conseillère qui soit, au point que je voudrais que soit placardée à chaque carrefour la liste des jeunes de moins de 40 ans défunts du fait du covid19. Et même si c’était possible qu’on mette à côté de chaque nom, la photo du jeune pétant de santé