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dimanche 26 novembre 2023

De l’autre côté du périf’ : les ténèbres extérieurs – Chronique du 27 novembre

Bonjour-bonjour

 

Beaucoup d’usagers du périphérique parisien vont ironiser en entendant qu’Anne Hidalgo veut y réduire la vitesse maximum à 50km heures : « 50 à l’heure ? mais il faudrait déjà l’atteindre ! » Reste quand même qu'avec ses 2x4 voies, c’est une autoroute – urbaine ou pas.


Devant cette décision à peu près incomprise reprenons les réflexions de Jean Viard. (1)

- D’abord établissons qui fréquente le périphérique et pourquoi, car c’est aux usagers qu’il appartient de légiférer sur la vitesse limite pour y rouler.

- Ensuite que peu de parisiens l’utilisent : la plupart sont des banlieusards qui se déplacent de banlieue à banlieue (comme moi, qui prend le périf’ pour aller de la A4 à Saint-Germain-en-Laye). Il serait légitime de demander à ces périurbains de dire ce qu’ils en pensent.

- Jean Viard estime en effet qu’il faudrait établir une pluri-citoyenneté avec des droits de votes multiples, l’un pour le vote politique, l’autre pour l’élection des représentants locaux, d’autres encore comme des mini-référendums concernant la vie quotidienne.

- Il faut aussi faire en sorte que le collectif ne s’oppose plus à l’individuel, le bus aux vélos, la voiture au piéton, les mobilités vertueuses aux véhicules à CO2.

 

J'ajoute qu'il n’est nul besoin d’être sociologue nanti de multiples sondages pour comprendre que le périphérique est une affaire de non-parisiens. Il suffit en effet d’entendre parler les habitants de la capitale : pour eux il a deux mondes : Paris d'une part, et d'autre part tout ce qui est de l’autre côté du périphérique. Un peut comme les aborigènes d'Amazonie, pour les quels à l'extérieur de leur village règnent les ténèbres extérieurs, sorte de chaos primal dans le quel nulle organisation n’a pu se développer.

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(1) J’ai maltraité Jean Viard dans un récent post. Je dois dire que j’ai beaucoup d’estime pour lui et que cette réaction portait sur une proposition qu’il a certes produite mais que j’ai lue coupée de son contexte.

lundi 26 juin 2023

Changer de monde ou changer le monde ? – Chronique du 27 juin

Bonjour-bonjour

 

Emmanuel Macron en visite à Marseille tente de le prouver : pour mieux vivre, il n’est plus nécessaire de changer de monde en quittant les quartiers nord pour le Prado. Il est possible de transformer sur place et de l’intérieur le quartier-pourri dans lequel on a grandi en refaisant les immeubles, en mettant des profs dans les écoles et des flics dans les commissariats, bref, en faisant appel à la puissance publique.

La puissance publique : le mot est lâché : place aux analyses des analystes et à la responsabilité des responsables ; que les citoyens le sachent : on va désigner l’origine du mal et prendre les mesures nécessaire pour y remédier. Car il est temps de le savoir : toute cette situation compliquée de handicaps qui fait que, né dans cette rue tu as moins de chance de réussir dans la vie, ça résulte d’un enchevêtrement de causes, qu’il suffit de démêler et de traiter une à une.

Dans cette affaire point d’appel à la conscience personnelle ; point de sermon de gourous inspirés ; toutes résultent de causes qui surplombent les individus et agissent de haut en bas.

Moi, ça me va ; mais est-ce que ça va marcher ?

Parce que, si ça bloque encore le pouvoir va lâcher prise : il fera appel à des influenceurs bien cotés et basta !

samedi 4 mars 2023

J’entends le coq chanter – Chronique du 5 mars

Bonjour-bonjour,

 

Pour résoudre le problème des incommodités des villes, Alphonse Allais proposait de les reconstruire à la campagne. Ça a fait beaucoup rire, et puis peu à peu on a fini par prendre cette boutade au sérieux. Vous ne me croyez pas ? Lisez plutôt :

« Plaintes contre les meuglements de vaches ou le chant du coq... le ministre de la Justice Eric Dupond-Moretti a annoncé ce vendredi 3 mars que la majorité allait porter un texte de loi pour éviter aux agriculteurs des "faux procès" quand leur activité dérange le voisinage. »

Voici donc le fait : « Confrontés à l'arrivée de "néoruraux", les agriculteurs se plaignent de voir leur activité entravée par les plaintes de riverains qui leur reprochent de traiter leurs champs, salir les routes, moissonner la nuit ou vouloir agrandir leur exploitation. »

Contre cela, le garde des Sceaux passant sur le stand de la FNSEA, au Salon de l'agriculture, a ironisé : « Pardon pour la caricature, mais c'est le Parisien qui vient s'installer près d'une ferme. C'est un rêve bucolique qui pour lui se transforme en cauchemar quand il entend le coq chanter ».



 Avant de conclure : « L'idée c'est qu'un voisin ne peut pas se plaindre de nuisances qui préexistent à son emménagement. [...] C'est pas à vous (de) faire l'effort »

 o-o-o

- Compris, les néoruraux ? Ce n’est pas vous qui allez dire aux paysans comment ils doivent vivre et avec quoi ils vont faire leur métier. Pour eux, le télétravail, ça n’existe pas : c’est les deux pieds dans le fumier et les mains dans le purin que ça se passe. La campagne, ce n’est pas un lieu de loisirs où on vient coucher de temps à autre. C’est le seul endroit où on puisse vivre, parce que c’est là qu’on doit travailler. Si les urbains travaillent en ville et vivent à la campagne c’est que cela leur est possible. Par contre qui veut travailler dans les champs doit y vivre.

Faut-il donc énoncer de pareilles banalité ? Peut-être dans la mesure où on constate que les ruraux tendent à se barder de techniques visant à faire leur travail mieux qu’eux et sans eux. 

– Nous évoquions il y a peu ces agriculteurs qui, juchés sur leur tracteurs, surveillaient non pas leur champ mais l’écran de leur GPS pour s’assurer que les intrants sont bien diffusés là où ça convient. Eh bien dans peu de temps, des drones feront cette surveillance que le paysan-technicien contrôlera à distance… du fond de son studio boulevard Raspail. 

mercredi 28 septembre 2022

Les tours Duo à Paris – Chronique du 29 septembre

Bonjour-bonjour

 

Lorsque venant de l’autoroute A4 vous abordez le périphérique parisien, voici ce qui se dessine sur votre horizon :

 

 

=> Ce sont les Tours Duo : Hautes de 120 et 180 mètres respectivement, ces tours penchées incarnent la dernière avancée du nouveau Paris-Rive gauche. Voici ce qu’en dit Wikipédia : « Avec les tours Duo, l’architecte Jean Nouvel veut « jouer avec les reflets, de jour comme de nuit. La légère inclinaison permettra d'aller chercher ces jeux d'optique et de multiplier les images en mouvement. Les tours se pencheront comme si elles passaient la tête par la fenêtre pour regarder la perspective de l'avenue de France. Elles dialogueront comme deux danseuses en équilibre. »

 

Loin de ces fantasmes, le passant que je suis n’en a retenu qu’un amoncellement à l’équilibre incertain qui fait penser que quelque taudis a été haussé par un malin génie jusqu’à ces 180 mètres. Oui, même à Bombay qui semble avoir inventé les « bidonville » verticaux » (Voir ici) on n’avait pas vu une telle chose, cet entassement fragile dont on craint que la moindre tempête ne fasse bouler le tout, cul par-dessus tête.

- Mais enfin, me dis-je, il y a quand même eu des comités techniques qui ont sélectionné le projet au terme d’un concours sans doute extrêmement sévère ; des gens qui ont dépensé des millions de dollars sous le contrôle d’investisseurs soucieux de la pérennité du projet. Comment, même sans tenir compte du désastre écologique que représentent ces bâtiments (cf. art. cité), une telle aberration architecturale a-t-elle été possible ?

- Ne cherchez pas la réponse trop loin : il suffit d’avoir en tête le nom de l’architecte responsable de ce programme : Jean Nouvel. Au terme d’une carrière glorieuse dont les réalisations ont parfois mérité le qualificatif d’historiques, Jean Nouvel possède un prestige qui lui permet de réaliser tout ce qui sort de son imagination.

Quand donc venant de ma province j’arrive sur le périph’, je me dis « Jean Nouvel a vu sans doute dans un fond de placard des boites à chaussures mal empilées et il a dû se dire « Tient ? Et si j’en faisais une tour ? » 

samedi 27 août 2022

Et maintenant, qu’allons-nous faire ? – Chronique du 28 août

Bonjour-bonjour

 

Vous êtes sans doute comme moi, chers amis : vous vous demandez « Que faire pour limiter le dérèglement climatique ? »

La réponse est peut-être contenue dans la réponse donnée par Elisabeth Borne avec l’annonce de la création d’un « fonds vert » doté d'1,5 milliard d'euros à destination des collectivités pour les aider dans l'accélération de leur transition écologique.

Élisabeth Borne suggère d'utiliser ce fonds pour 

            - La réhabilitation de friches pour limiter l'étalement urbain

            - Pour rénover « énergétiquement les bâtiments publics comme par exemple certaines écoles »

            - Pour ramener « de la nature dans les villes »

            - Pour installer des parkings relais à leur entrée. (Lu ici)

 

What else? Rien. Point de mesures pour limiter la consommation d’eau ; ni pour « blanchir » les surfaces noires (bitume des rues ou des terrasses) ; ni pour limiter la circulation dans les centres villes… 

C’est un peu court. On devrait selon moi lancer un grand concours d’inventions destiné à primer les idées les plus ingénieuses destinées à freiner les émissions de CO2   

Des start-up l’ont fait pour nous. Voyez plutôt :

            - Piégeage et Stockage du Carbone. En Islande une usine entièrement consacrée à ça est en construction

            - Des compléments alimentaires... pour les vaches : un produit qui permet de réduire jusqu'à 30% les émissions de méthane par les bovins. Solution suisse comme on s’en doute.

            - Un capteur pour avion, qui sera capable de détecter une émission de méthane avec une précision d’un mètre !

            - Injecter du CO2 liquéfié dans un mélange de béton destiné à le faire réagir avec des ions calcium et de l'eau pour produire du calcaire.

(Ces solutions et d’autres encore à lire ici)

 

- Et maintenant comment réduire le CO2 dans une maison ? 3 Solutions simples pour réduire l'exposition au CO2 à la maison

            - Aérer régulièrement la maison.

            - Utiliser un détecteur de CO2.

            - Installer un système d'extraction (ou VMC)

Bon : ça chacun en dispose déjà : donc ne pas s’inquiéter on a déjà les solutions nécessaires pour empêcher le vilain CO2 de venir nous polluer. 

Fastoche !