Affichage des articles dont le libellé est révisionnisme. Afficher tous les articles
Affichage des articles dont le libellé est révisionnisme. Afficher tous les articles

lundi 17 mars 2025

Le brav’général Bugeaud – Chronique du 18 mars (1)

Bonjour-bonjour

Le « journaliste » Jean-Michel Aphatie, qui agit à la télévision plus comme chroniqueur que comme journaliste, m’indispose par ses considérations politiques qui tiennent plus par un phrasé qui lui est propre que par son argumentation. Pourtant je voudrais le soutenir aujourd’hui dans la polémique qui l’oppose à l’extrême-droite – mais pas seulement. 

 

« On signale aujourd’hui le concert de voix outrées … contre le journaliste Jean-Michel Aphatie qui vient de déclarer que la France a fait, pendant la colonisation, « des centaines d’Oradour-sur-Glane en Algérie ». (Lire ici) Car il ne fait que reprendre ce qui est documenté et largement connu, à savoir que durant la conquête de l’Algérie, l’armée française sous le commandement du général Bugeaud et de ses subordonnés a commis des massacres, les plus cruels consistant à asphyxier par des fumées les villageois – hommes, femmes et enfants – réfugiés dans des grottes. Pour ma part, je l’avais découvert dans le livre de François Maspero consacré au « pacificateur » de l’Algérie durant les années 1840, intitulé « L’Honneur de Saint-Arnaud » (1993). Mais on peut aussi lire l’article de Wikipédia intitulé « Les enfumades d’Algérie ». On verra que les SS d’Oradour n’ont rien inventé.

L’histoire (celle des historiens) ne fait qu’enregistrer les évènements du passé : à quoi bon s’en soucier, sauf si on veut parvenir à l’érudition ? Mais il y a du passé qui ne passe pas : c’est celui des origines qui déterminent ce qui arrive au présent. Comment faire que la France, qui s’est imposée par de tels procédés, soit considérée autrement que comme un ennemi féroce ? D’autant que d’autres violences commises régulièrement au cours du temps ont pu servir de « piqûres de rappel »

Nier les enfumades d’Algérie relève du révisionnisme.

samedi 10 février 2024

Une longue anamnèse – Chronique du 11 février

Bonjour-bonjour

 

Dénonciation de viols et harcèlement sexuels remontants à plus de 20 ans ; déboulonnage de statues de héros historiques dénoncés à présent comme esclavagistes ; cancel culture…

Seule l’indifférence où ses romans sont tombés aujourd’hui semble avoir protégé la Comtesse de Ségur du pilori où ses violences sur enfants et les perversions auxquelles ceux-ci se livrent sont complaisamment décrits. 



Madame Fichini bat Sophie sans pitié

 

Nul doute qu’une réédition des romans de la Comtesse de Ségur la condamnerait radicalement. C’est que notre époque est bien révisionniste : nous jugeons le passé non pas à l’aune de ce qu’il fut, mais à celle de nos valeurs présentes. Mais cette révision concerne aussi notre vécu plus intime. D’où la réévaluation de nos sentiments d’hier qui sont jugés selon leurs conséquences d’aujourd’hui :

--> La longue anamnèse par la quelle Judith Godrèche parvient à mettre au jour les épisodes de sa soumission à Benoit Jacquot relève selon moi de ce processus.

Il n’est pas surprenant que les souvenirs lointains soient reconstruits avec des matériaux qui ne viennent pas forcément tous de la mémoire du sujet : sans aller jusqu’à la psychanalyse, la psychologie l’a montré abondamment. Il peut donc se faire que cette reconstruction soit élaborée dans le contexte de valeurs qui n’existaient pas à l’époque. Un premier amour est bien de ce genre : comment restituer la vérité de ce qui fut vécu alors, quand la remémoration se fait à une époque où ce contexte existe bel et bien ? Et je dirais volontiers que cette réélaboration ne porte pas seulement sur les évènements, mais aussi sur leur sens, sur leurs intentions, leurs conséquences effectives pour la vie écoulée depuis. 

On n’est donc pas seulement dans des relations de séductions, mais aussi d’un vécu plus général, tel que celui qui se développe avec les parents, avec tel prof particulièrement admiré, ou tout autre situation qui a basculé dans le passé, mais qui est maintenue artificiellement dans le présent.