mardi 6 août 2019

LA CHUTE DU YUAN SECOUE LES MARCHÉS FINANCIERS

En réponse aux nouvelles taxes douanières évoquées par Donald Trump, Pékin a laissé sa monnaie chuter sous la barre des 7 yuans pour 1 dollar lundi. Les places boursières redoutent une nouvelle escalade de la guerre commerciale. (Lire ici)

Donald Trump a immédiatement twitté ceci : « La Chine a fait tomber le cours de sa devise à un plus bas pratiquement historique. Ça s’appelle de la manipulation de monnaie. Entendez-vous bien, la Réserve fédérale[= la Fed, banque centrale]? C’est une violation majeure qui affaiblira grandement la Chine dans le temps. »
Je ne sais pas ce que voulait exactement dire le président américain : s’agit-il de dire que la Chine en s’affaiblissant elle-même montre aux USA que la patience et la durée sont la meilleure réponse à sa dévaluation ? Ou bien  qu’on peut craindre que les chinois soient très sûrs d’eux-mêmes puisqu’ils pratiquent une attaque nécessairement très brève pour ne pas en craindre les effets secondaires ?
En tout cas, Trump est très sûr de lui puisqu’il interpelle de façon assez comique la Fed, comme si cette noble institution avait l’oreille un peu dure et la vue un peu basse et qu’on ait besoin de lui mettre les points sur les i. D’ailleurs comment répondre à cette dévaluation du yuan autrement qu’en dévaluant le dollar ? On pourra lire à ce sujet ce petit article qui a le mérite d’être fort clair : dans tous les cas une telle « guerre des monnaies » ne fait que des perdants.

« Entendez-vous bien, Donald Trump ? »

lundi 5 août 2019

MARLÈNE SCHIAPPA CONFIRME ÊTRE... SAPIOSEXUELLE

Le Journal du Dimanche consacre, dans son édition en kiosque le dimanche 4 août, un long portrait à Marlène Schiappa, ministre d'Etat chargé de l'égalité entre les hommes et les femmes. Elle y dévoile notamment qu'elle est... sapiosexuelle. (Lire ici)
« Sapiosexuelle » Quésaco ? Traduction : excitée par l'intelligence
- J’avoue être particulièrement intéressé par cette déclaration, étant depuis longtemps fier de mon QI (n’hésitez pas à me dire que j’ai un gros Q.I. : j’adore ça). Je remarque aussi que le terme utilisé par Marlène Schiappa implique l’excitation sexuelle et non intellectuelle : nous n’avons pas là affaire à une banale sublimation, mais bien à l’identification d’une véritable zone érogène dont la rencontre doit se traduire par une réaction physiologique adaptée : érection et/ou humidité. Maintenant il faut aussi savoir s’il s’agit de réaction "sapiosexuelle" propre (sic !) ou bien s’il y a d’autres facteurs plus ordinaires qui jouent. Quand un monsieur se met à bander parce qu’une dame lui propose un verre d’eau, est-ce  parce qu’elle le fait de façon particulièrement « intellectualisée », ou bien parce qu’elle a un décolleté suggestif ?
A chacun de s’auto-analyser. Le critère sera de vérifier que la réaction sexuelle disparaît en même temps que les manifestations de l’intelligence, alors que les appâts continuent d’exister. Pour les dames je ne sais pas, mais pour les messieurs il est sûr qu’une blonde à la forte poitrine et à la réputation de faible intelligence continue d’avoir de l’attrait.
Quant à ceux ou celles qui seraient « crétinolâtres », ceux qui adorent les idiot.e.s même mal fichu.e.s, alors là je me permettrai de renvoyer à Descartes qui explique comment dans sa jeunesse ils était sexuellement attiré par les jeunes filles qui louchaient (1) alors même qu’elles n’avaient rien de plus pour exciter le jeune garçon qu’il était.
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(1) Il s’agit de la lettre à Chanut du  6 juin 1647 (à lire ici)

dimanche 4 août 2019

À QUELLES INTERDICTIONS LES FEMMES SONT-ELLES ENCORE SOUMISES EN ARABIE SAOUDITE ?

Les saoudiennes sont soumises à un système de "gardien masculin" qui place le statut légal et personnel des femmes sous le contrôle de leur père, mari, frère ou même fils. Le gardien a le droit de prendre des décisions importantes à la place de la femme et celle-ci doit obligatoirement obtenir la permission de son tuteur masculin pour étudier dans le pays ou à l'étranger, travailler, se marier, sortir ou même parfois se soigner. L'ONG Human Rights Watch décrit ainsi la position de la femme saoudienne comme identique à celle d'un mineur.
Les abus sont donc nombreux : des détenues bloquées en prison après avoir purgé leurs peines parce qu'elles n'ont pas été réclamées par leurs tuteurs. Lu ici

Oui, vous avez bien lu : des femmes abandonnées en prison leur peine achevée, parce qu’on ne les a pas « réclamées », comme une valise oubliée à la consigne. Comment un tel mépris, une telle négation de la dignité des femmes peuvent-ils (1) subsister là où règne l’islam, religion dont les fidèles nous disent fort sentencieusement qu’elle respecte la femme en l’obligeant à sortir voilée – c’est-à-dire dans une tenue pudique ? Si les saoudiens abusent (comme le suggère l’article cité) en les traitant comme des animaux de compagnie, comment se fait-il que l’islam, supposé condamner de tels abus ne soit pas en meilleure posture pour stigmatiser les responsables religieux ?
En France nous sommes en mauvaise position pour évoquer de telles situations, l’islamophobie étant évoquée très vite pour condamner des propos tels que ceux que je viens d’écrire. Mais pourtant, je considère que l’honnêteté doit prévaloir dans les rapports sociaux, et lorsqu’il y  a abus, chacun doit pouvoir en juger c’est à dire en parler en toute lucidité. Comme blanchir à l’avance telle ou telle pratique si l’on n’est pas en mesure de la discuter franchement ? On a dit la même chose à propos des pratiques visant les hommes ou des femmes d’origine africaine ou maghrébines. Si votre voisin français « souchien » fait du tapage nocturne vous allez lui envoyer la police : pourquoi pas s’il est sénégalais ou algérien ? Disons que c’est une forme d’égalité qui devrait ne pas faire question.
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(1) Accord fait au masculin vous l’aurez remarqué selon les règles du « Bon usage »… français !

samedi 3 août 2019

À VILLENEUVE-SUR-LOT, AUTOPSIE D'UN CENTRE-VILLE EN DÉSHÉRENCE



Une atmosphère fantomatique se dégage du centre-ville de Villeneuve-sur-Lot. On peut passer de longs moments à arpenter les rues sans croiser un quidam, surtout avant midi et après 19 heures. Une impression de mélancolie renforcée par la fermeture des commerces, véritablement hémorragique. Sur la place de l'église Sainte-Catherine, les rideaux baissés et les boutiques emmurées forment l’essentiel du décor. Quelques franchises subsistent encore. Krys et Best Mountain tiennent bon, ainsi que les coiffeurs Jacques Dessange et Franck Provost, collés l'un à l’autre, comme pour mieux se soutenir au milieu de la débâcle. (Lu ici)
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Voilà un spectacle que nous connaissons bien, puisqu’il s’agit de cette maladie de nos centres villes qui peu à peu rendent l’âme en laissant baissés les stores des commerces. Et ce que nous regrettons, ce n’est pas forcément de ne plus pouvoir faire nos achats dans ces magasins ; de toute façon nous les avions désertés depuis longtemps, attirés par les opportunités trouvées sur Internet. Non, ce que nous pleurons, c’est un décor de vie, de la chaleur humaine, quelque chose qui nous fasse oublier le froid humide de l’hiver ou qui soit promesse de fraicheur des climatiseurs l’été.
Nous sommes avec ces centre-villes désertés en face de la même désolation qu’avec les campagnes abandonnées par les cultivateurs. Ces derniers en profitent pour réclamer des subventions, c’est à dire de l’argent public puisé dans la manne de nos impôts : « Nous sommes, disent-ils les jardiniers paysagers de la France. Sans nous, les ronces vont envahir les champs, les bois vont être désordonnés, quand aux pâturages, n’en parlons même plus ! »
Ainsi, pour les commerces des villes comme pour les pâturages des champs nous sommes des consommateurs quoiqu’il en soit de nos approvisionnements. Ce que nous recherchons c’est du paysage, de l’ambiance, de l’environnement. Dans certaines villes les municipalités ont paré au problème en mettant à la place des vitrines désertées des palissades avec de jolies photos faisant croire à un décor de vie urbaine. On imagine la même chose dans les campagnes avec des portraits géants de Marguerite, la vache du père Ambroise :


vendredi 2 août 2019

A NANTES, L’ÉMOTION DOIT POUVOIR SE MANIFESTER.

« On ne peut pas, alors que les propos du Premier ministre lundi soir ont été reçus dans la stupeur à Nantes, répondre par plus d'interdits", déplore l'adjoint communiste à la mairie de Nantes, Aymeric Seassau. « Il y a, à Nantes, de la douleur, de l'émotion. Et cette émotion doit pouvoir continuer à être accueillie et pouvoir se manifester » (Voir ici)

Le préfet a noté qu'il faut « respecter ces initiatives à la mémoire de Steve » mais il a en même temps interdit les manifestations jugées nécessaires par les « émus » de Nantes mais également lourdes de menaces de violences de la part des black-blocks. Du coup on est bien forcé de voir ici une manifestation du conflit raison-passion que se déchaine ici comme ailleurs dans la vie public devenue caisse de résonnance de la vie privée.
Il faut noter en effet que l’élu nantais fait état d’un droit de l’émotionà se manifester dans l’espace public, dans le but semble-t-il de se purger – à moins qu’il faille y voir l’occasion de revendiquer le châtiment des coupables à la hauteur de la souffrance ressentie ?
Car alors on n’a plus du tout la même situation : dans la première il faut simplement permettre aux pleureurs de pleurer aussi fort qu’ils le voudront ; dans le second de donner aux émotions le pouvoir de décider de la conduite à tenir.
J’imagine que pendant des millions d’années, les préhominiens ont vécu grâce à leur cerveau limbique, celui qui était dominant, et qui soumettait leurs actes au régime émotionnel. Puis le néocortex a pris le dessus imprimant aux actions humaines une coordination rationnelle. Mais bien sûr l’autre cerveau n’a pas disparu pour autant et, soumis à des forces de refoulement, il ressurgit de temps à autre dans des actes d’amour ou de violence.
Mais du fait que tout cela se manifeste chez des humains, les émotions de sont pas seulement de l’explosion de violence, elles sont aussi une revendication de légitimité.

jeudi 1 août 2019

CHRISTOPHE BEAUGRAND BIENTÔT PAPA : L'ANIMATEUR ET SON MARI ATTENDENT UN ENFANT

D'après les informations de Closer en kiosque le vendredi 2 août, Christophe Beaugrand et son mari, Ghislain Gerin, ont eu recours à la gestation pour autrui (GPA), pour accueillir leur premier enfant. (Lu ici)

C’est vrai que les info people ne devraient pas nous émouvoir, ni même nous intéresser : qu’est-ce que ça peut nous faire que X ou Y voire même Z utilise la GPA pour avoir un enfant ? Que ces individus soient présentateurs télé ou ministre de la république : et alors ? Mais qu’ils soient mari et … mari, là, oui : ça me décoiffe.
A 78 ans, suis-je définitivement trop vieux pour comprendre le monde comme il va ? Faut-il attribuer mon incompréhension à un ramollissement du cerveau, et que les nouvelles ne parviennent pas à être intégrées à l’ensemble des autres informations ?
Peut-être, mais écoutons quand même les idées qui me viennent avant de les jeter à la poubelle.
            - Déjà, un couple mari-mari me paraît complètement différent d’un couple mari-femme (= épouse) : le premier est résolument transitif alors que le second n’est pas réversible sans modification. Un mari et un épouse, cela fait deux, alors qu’un mari et un mari cela fait un. Non pas qu’il faille rejoindre les vieux homophobes qui demandent en ricanant, l’air entendu : « Le quel fait l’homme ? » - mais bien quelle différence le couple fait en son sein, quels rôles sont à distribuer ? 
            - Un tel couple, comment ça marche ? Y a-t-il une hiérarchie, un peu comme ces couple hétéros lors que la femme dit : « Je demanderai à mon mari », ou bien « mon mari a tort de refuser » on voit clairement que la femme se positionne qu’on le veuille ou non dans un rapport hiérarchique, même s’il est réversible – et pourquoi pas chez les homos ? Mais alors qu’on nous le dise !
            - Et l’enfant ? Peut-on imaginer l’enfant se structurant entre deux hommes ?
Là j’ai moins d’interrogations car j’avais réfléchi à cet aspect du sujet il y déjà 5 ans en publiant cette photo bien réjouissante de 2 maris = 2 papas



62 MORTS AU TOTAL : CE LOURD BILAN DU MASSACRE DES PRISONNIERS D’ALTAMIRA EST L’UN DES PLUS SANGLANTS DE L’HISTOIRE DU BRÉSIL

Des 58 prisonniers retrouvés morts, 16 au moins ont été décapités. Leurs têtes ont été déposées par les policiers à l’extérieur de l’établissement dans un grand sac en plastique pour que les familles puissent les identifier.
Interrogé après la première tuerie de lundi, Jair Bolsonaro, le président d’extrême droite, adepte de la maxime « un bon bandit est un bandit mort » avait affirmé « demandez aux victimes [des prévenus] ce qu’elles en pensent ! » 

Il faut se rendre à l’évidence : le Brésil appartient à une autre planète. Déjà, imaginons une prison dont la garde  soit confiée aux gangs qui font la loi à l’intérieur. Ensuite, que les gardiens soient là juste pour … assurer leur propre sécurité, et qui ont même laissé des détenus mourir d’asphyxie, donnant comme justification qu’ils croyaient qu’ils appartenaient tous au même gang. Ensuite, voilà le Président du Brésil (1) qui ironise sur ces cadavres et qui tient des propos que Rodrigo Duterte, le sanguinaire président des Philippines, ne désavouerait pas.

- Et puis non – Ne faisons pas du Brésil une terre de barbarie exotique, mais au contraire considérons-le comme étant soumis aux mêmes lois qui régissent la vie en société, celles-là même que nous nous efforçons de respecter. Et comparons alors la barbarie de la police brésilienne à celle que nous découvrons chez nous lorsque des  manifestants sont victimes de violence policière – ou pire, quand un homme se retrouve projeté dans la Loire où il se noie. Cet acte se retrouve bien classé dans la même liste d’actes criminels que le massacre d’Altamira ; mais à un autre bout du classement.
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(1) Celui-là même qui a décommandé son rendez-vous avec notre ministre des affaires étrangères, missionné explicitement par le président Macron pour… aller se faire couper les cheveux.