mercredi 5 février 2020

Nancy Pelosi déchire le discours de Donald Trump sur l’Etat de l’Union

Nancy Pelosi déchire le discours de Donald Trump sur l’Etat de l’Union, mardi au Congrès, après qu’il a refusé de lui serrer la main.
« Les démocrates ont de quoi s’inquiéter. Et de plus en plus de mal à dissimuler leur frustration. A l’image de la présidente de la Chambre des représentants, Nancy Pelosi, qui dans un geste extraordinaire, a déchiré, mardi soir, la copie du discours que lui avait remis Donald Trump » (Lu ici)





On aura reconnu dans cette photo le geste inconcevable pour qui en reste aux rapports protocolaires par le quel Nancy Pelosi déchire ostensiblement le discours que Donald Trump vient de prononcer sous les vivats des représentants du peuple américain.
Il est vrai qu’on nous explique qu’elle répond au refus également ostensible du Président de lui serrer la main au début de la cérémonie. Mais justement, ces deux gestes sont-ils ceux de personnages protocolaires ? Je veux dire : opposent-ils le Président des États-Unis d’Amérique à la « Présidente de la chambre des représentants » ? Ou bien leur présence ne prouve-t-elle pas qu’on a ici deux personnes non institutionnelles, un certain Donald Trump et une certaine Nancy Pelosi, tous deux simples citoyens américains ?
On a fait le reproche à Nancy Pelosi d’avoir par son geste accepté de banaliser sa présence à cette tribune. Comme si elle disait : « Je veux bien ne plus être la Présidente le temps de répondre à ce grossier personnage ». D’ailleurs à la sortie de la séance elle a lancé à un journaliste que ce geste était la réponse la plus « courtoise possible » à la muflerie du Président Trump.
Geste efficace pour montrer combien elle était outrée par cette muflerie ; mais qui destituait à l’avance tous ses propos de « Présidente »

Hamburger + écrans = enfants obèses.

30 minutes d’activité physique par jour : le gouvernement veut faire bouger les écoliers. « Nous souhaitons dès maintenant faire un appel aux écoles, à toutes celles qui auront le projet de garantir 30 minutes d'activité physique par jour dans la vie de leurs élèves » : tel est le souhait des ministres de l’Éducation et des Sports. Lire ici

30 minutes d’activité physique… 30 minutes arrachées aux écrans et aux délices des fastfood… L’aurait-on cru, cette info, il y a 50 ans alors que les enfants étaient jugés très – trop – remuants et que toute une panoplie de règles avaient été édictées pour les maintenir immobiles ? Par exemple, la gymnastique suédoise, élaborée à partir de postures statiques impliquant des efforts mobilisant les muscles et renforçant leur capacité : 50 enfants dans une cour de récréation pouvaient ainsi faire de l’exercice physique sans courir sauter brailler comme ils avaient tendance à le faire lorsqu’on les laissait aller selon leur penchant.
Car c’est là l’essentiel : on croyait alors qu’il y avait une nature enfantine qui se manifeste par l’instabilité et l’agitation. On disait même qu’avant 10 ans on ne peut exiger des enfants plus de 45 minutes de concentration. Or, quiconque a observé un enfant (parfois dès 6 ans) avec sa console de jeu l’a noté : il est capable de rester concentré sur son jeu bien plus longtemps, et même durant 4 heures s’il le faut. 
Alors, il serait temps de l’accepter : il n’y a pas plus de « nature » enfantine qu’il n’y a de « nature humaine ». Et même encore moins si c’est possible, et les dictateurs l’ont su et montré il y a bien longtemps – longtemps avant la venue des écrans – vous pouvez faire ce que vous voulez avec des enfants, des espions, des soldats, des terroristes, des petits rois…
Alors, vous pouvez en faire aussi des petits obèses, comme leurs parents.

mardi 4 février 2020

« Tous ceux qui iront chercher la responsabilité ailleurs (que chez moi) je leur dis merde ! » déclare le 1er ministre à propos du congé après le décès d'un enfant

Le Premier ministre a dit "assumer" la "part de responsabilité du gouvernement". Sur "ce sujet (du congé après le décès d’un enfant) devenu une espèce de boule de feu", "probablement, sûrement, une part de responsabilité vient du gouvernement. Je l'assume. Je suis le chef du gouvernement", a-t-il déclaré. 
"Tous ceux qui iront chercher la responsabilité ailleurs, sur Muriel, en interne ou en externe, je leur dis merde !", a-t-il martelé, sous les applaudissements des députés LaREM. (Lu ici)

C’est devant les députés de la majorité que le 1er ministre a eu cette formule énergique et peu protocolaire.
Quant à ceux-ci, accablés par les critiques virulentes liées à leur refus d’allonger la congé parental, comparés à des machines à voter sans âmes ou – pire – avec un portefeuille à la place du cœur, ils se défendent en accusant les centristes de leur avoir refilé un projet mal ficelé. Certains emportés par un accès de sincérité ont même accusé le Président Macron d’avoir suscité un « emballement médiatique » lorsqu’il demanda un peu d’humanité.
Car voilà le malheur pour ces députés LaREM : passer pour des personnes méchantes qui préfèrent sauver l’économie des entreprises plutôt que d’écouter avec empathie les pauvres parents. 
C’est cela qui fait le plus mal à ces pauvres députés : alors qu’ils sont depuis le début de leur mandat à faire effort pour tirer le gouvernement vers plus d’humanité et plus de compassion pour les malheureux privés de ressources, voilà qu’on les accuse de mépriser les souffrances causées par la mort d’un enfant, le plus grand de tous les malheurs.
Et pire : c’est l’arrogant et méprisant Président qui leur donne des leçons d’empathie !

Un homme tue sa mère et son père à coups de couteau près de Toulouse

Terrible drame à Lapeyrouse-Fossat ce samedi après-midi. Un homme de 57 ans a tué son père de 87 ans et sa mère également octogénaire, à coups de couteau ce samedi dans l’après-midi. C’est la sœur du tueur présumé qui a donné l’alerte vers 17 heures
L’homme qui souffre de problèmes psychiatriques anciens et qui serait schizophrène, a été hospitalisé d’office. (Lu ici)

Michel Foucault dans « Surveiller et punir » explique que sous l’ancien régime, le crime de régicide était le pire qui soit et qu’on le châtiait d’horrible façon comme dans l’exemple du supplice de Damien, écartelé après avoir tenté d’assassiner Louis XV. Mais si le régicide était un crime sans égal, on pouvait néanmoins le comparer à celui de parricide, puisqu’on considérait le roi comme le père de la Nation. L’homme dont on parle ici vient de tuer son père et sa mère, tous deux très âgés, et bien que nous ressentions confusément l’abomination de ce crime, notre sensibilité s'est sans doute émoussée depuis le 18ème siècle, car c’est pour nous devenu un fait divers parmi d’autres ; et puis on nous dit que c’était un schizophrène…
Mais je crois qu’en réalité notre sensibilité ne s’est pas émoussée, mais qu’elle s’est simplement déplacée. Si le sort de ces vieillards nous émeut, cette horreur est néanmoins bien moindre que celle qui nous saisit quand ce sont des enfants qui tombent sous les coups d’un assassin. Qu’on pense à l’émotion suscitée aujourd’hui encore, 9 ans après les faits, par l’affaire Dupont de Ligonnès lorsque le père assassina la mère et les 4 enfants avant de disparaitre sans qu’on sache avec certitude ce qu’il est devenu. Je crois qu’on comprend mieux cette émotion en voyant la photo de ces 4 enfants : 


Voyez ces beaux enfants parvenus à la fleur de l’âge, tous morts assassinés sans pitié, alors que le meilleur de la vie s’offrait à eux… Comment un père peut-il être monstrueux au point d’agir de la sorte ? Je crois bien qu’outre la résolution d’un mystère qui, comme tous les mystères, excite l’imagination, nous voudrions retrouver cet assassin pour lui demander « Pourquoi as-tu fait cela ? »

lundi 3 février 2020

Brexit : les diplomates britanniques sommés de rompre avec leurs anciens alliés européens

Selon un message, envoyé par le ministre des Affaires étrangères Dominic Raab à toutes les ambassades britanniques de la planète, les diplomates britanniques doivent désormais « s’asseoir à l’écart des diplomates européens » dans les sommets internationaux. Ils doivent abandonner toute idée de « rechercher une influence résiduelle » auprès des pays de l'UE et « adopter plutôt une position de pays indépendant et confiant ».
Il ne faudra pas « être timides » si la Grande-Bretagne choisit de « ne pas tenir compte des positions de politique étrangère de l'UE » a-t-dit. (Lire ici)

Exiger des diplomates britanniques de « s’asseoir à l’écart des diplomates européens » laisse pantois. Auraient-ils des signes de contamination ? Seraient-ils porteurs du coronavirus ? Ou alors les soupçonnerait-on de gestes déplacés, mains baladeuse, genoux pressants ? Non, bien sûr, mais c’est presque aussi bête que ça. On ne veut pas que les diplomates anglais affichent une certaine familiarité avec les ambassadeurs des 27 membres de l’UE, comme de leur taper sur l’épaules ou de leur faire une accolade ? Même pas puisque la simple proximité risque d’entretenir une équivoque regrettable selon le foreign office.
Mais alors, comment « adopter plutôt une position de pays indépendant confiant » ? en mettant les pieds sur la table des négociations ? En sortant un sandwich de sa mallette diplomatique pour le mâcher tout en débattant de l’avenir des échanges anglo-européens ? Ou en tapant du poing sur la table en vociférant comme Margaret Thatcher réclamant le retour de son argent ? 



Rappelez-vous : c’était le 30 novembre 1979, il y a plus de 40 ans. Mais c’est resté pour les britanniques un modèle.

dimanche 2 février 2020

Congé parental pour le deuil d'un enfant : après le tollé, Macron demande de "l'humanité", la majorité prête à "revoter"

Après deux jours de polémique, et sur insistance du président Macron, les piliers de la majorité - groupe LaRem, ministres concernés - ont accepté de revenir sur la proposition, rejetée par leurs soins - consistant à étendre, de cinq à douze jours, le congé parental faisant suite à la perte d'un enfant.
C'est parce que cette extension reposait sur un congé "payé à 100% par l'entreprise" que le gouvernement avait donné un avis défavorable à cette proposition de loi, suivi par la majorité.
Sachant que même le MEDEF avait finalement accepté cette loi, et que le gouvernement reconnait une erreur et entend rapidement la corriger". Muriel Pénicaud s'est ainsi engagée "à trouver dans les tout prochains jours les solutions" pour un allongement à 12 jours.  (Lire ici)

Lire cette information suscite un certain étonnement : comment, avec une telle unanimité, a-t-il été possible de rejeter la proposition ? Simplement parce qu’entre-temps le gouvernement lui-même l’avait rejetée. Et pourquoi avait-il fait ça ? Parce que le coût de l’opération était supporté par les entreprises. Et combien ça coûtait donc ? (12j-4j) x 4500(enfants morts) = 36000j/année. (1)
Trente-six mille jours de congés payés par les entreprises de la France entière (rappelons que le France est la 5èmepuissance économique mondiale). Refuser ça, c’est extraordinairement mesquin (pour reprendre la formule de François Ruffin, pour une fois très mesuré dans ses propos), mais on sent bien que le MEDEF a d’abord perçu la formule « payé par les entreprises » : « Touchez pas au grisbi ! » auraient-ils crié comme Maitre Folace, le notaire véreux des Tontons flingueurs. Finalement il parait que c’est le président (qui a sans doute une calculette dans le tiroir de son bureau) qui a remis les pendules à l’heure. Il faut croire que la volée de bois vert qu’il avait reçu pour la diminution des APL de 2 € lui a servi de leçon. « On va pas recommencer les c*** pour 36000 jours de congés ! »
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(1) On propose même de demander à la sécu de prendre en charge le coût d'allongement du congé.
Le nombre de décès d’enfant s’élève chaque année à 4500, c’est très peu. Si la Sécurité sociale le prenait en charge, cela représenterait  2 millions d’euros par rapport aux 267 millions que coûte ce congé de paternité de 11 jours."

samedi 1 février 2020

Municipales et étiquettes politiques : les raisons derrière l'échec de la circulaire Castaner

« C'est un type sympa, Castaner, mais il est très très loin du 'level' requis quoi. Le problème, c'est qu'il n'y a personne dans le vivier pour le remplacer ». On aime la formule, mais pas le temps de s’y arrêter, car ça continue :
- À l'Elysée, l'idée d'un vaste remaniement post-municipales fait pourtant son chemin. "Il y a des ministres cramés", constate-t-on avec, en guise d'illustration, les récents déboires de la garde des Sceaux Nicole Belloubet (référence faite à sa déclaration sur « l’insulte à la religion »).
- On ajoute à ça la candidature d’Édouard Philippe au Havre, et la coupe est pleine… (Lu ici)
… Pleine de supputations, en forme de remise en marche d’un gouvernement épuisé par ses combats sur les retraites (mais « pas que »). Si d’aventure les élections municipales se révélaient être un référendum anti-macron, alors on aurait le cas de figure classique sous la 5ème république du chef de l’État obligé de se régénérer par un changement de gouvernement.
Changer un premier ministre qu’on a pris grand soin de laisser en première ligne pour la conduite d’un projet comme celui des retraites dont l’aboutissement parlementaire laissera des blessures dans l’opinion publique est une hypocrisie, mais elle n’existe que parce qu’elle fonctionne, donc parce que l’opinion publique aime ce genre de situation où le sang coule, sans avoir à se demander si c’est celui qui devrait couler.
En même temps il convient de se demander si la poursuite de la carrière de ce gouvernement n’est devenue insupportable, compte tenu de la continuité dans la quelle elle s’inscrirait. Quand l’exécutif a entonné en chœur l’air annonçant la « phase deux du quinquennat », personne n’y a cru. Pire : personne n’y a fait vraiment attention.
Il ne suffit pas que « le sang coule ». Il faut en plus des roulements de tambours.