vendredi 6 juin 2025

Êtes-vous pauvre ? – Chronique du 7 juin

Bonjour-bonjour

 

L'Insee a le souci de nous donner des normes de consommation un peu plus affutées que celles qui définissent un seuil de pauvreté. Ainsi des « normes de consommation ou de confort » qui affectent 13% de la population française dans l’impossibilité de suivre au moins 5 items d’une liste de privation. (Lire ici)

A notre tour nous reproduisons la liste des 13 privations en raison de manque de moyens financiers sur lesquelles les sondés sont interrogés par l’Insee :

- ne pas avoir de voiture personnelle ;

- ne pas pouvoir maintenir son logement à bonne température ;

- ne pas pouvoir remplacer des meubles hors d’usage ;

- avoir des impayés de mensualités d’emprunts, de loyers ou de factures d’électricité, d’eau ou de gaz ;

- ne pas pouvoir dépenser une petite somme d’argent pour soi sans avoir à consulter quiconque ;

- ne pas pouvoir faire face à des dépenses inattendues ;

- ne pas avoir accès à Internet ;

- ne pas pouvoir retrouver des amis ou de la famille au moins une fois par mois pour boire un verre ou pour un repas ;

- ne pas avoir une activité de loisirs régulière ;

- ne pas pouvoir s’offrir une semaine de vacances hors de son domicile ;

- ne pas avoir deux paires de bonnes chaussures ;

- ne pas pouvoir avoir un repas contenant des protéines au moins tous les deux jours ;

- ne pas pouvoir acheter des vêtements neufs.

 

Considérez bien cette liste : si vous pouvez répondre « non » à chacun de ces items, alors vous êtes une personne heureuse. Non que vous soyez pressé d’aller au restaurant chaque mois ou en vacances chaque fois que vous en avez envie, mais parce que vous n’avez pas le souci d’en être privé. La pauvreté commence avec le souci de compter le montant des courses que l’on peut faire, et risquer d’abandonner en caisse des articles faisant déborder la facture.

Les sages de l’antiquité n’avaient pas ce souci : faute d’en ressentir le besoin, pour eux toutes ces dépenses étaient superflues. On racontait l’anecdote de Socrate traversant le marché d’Athènes et disant à ses compagnons : « Que de choses dont je n’ai pas besoin »  

On concluait alors par cet adage :

« Être pauvre, c’est avoir des besoins qui excèdent les ressources. »

jeudi 5 juin 2025

Sale pollueur de riche ! – Chronique du 6 juin

Bonjour-bonjour

 

Quelques chiffres entendus à la radio ce matin : 

* 10% des plus riches sont responsables des 2/3 des émissions à effet de serre.

* 1/3 des salariés français fait partie de ces 10% 

* Une taxe sur ces richesse dont le produit serait redistribué aux plus pauvres ne ferait qu’alimenter le dérèglement climatique.

* Tant qu’on voudra continuer à développer l’économie mondiale sur la base de la consommation des carburants fossiles on sera pris dans ce piège.

* Les effets du dérèglement climatique sont plus sensibles loin de l’endroit où cette pollution a été produite.

 

Ce matin, en vous regardant dans la glace de la salle de bains, demandez-vous si ce n’est pas le visage d’un destructeur de planète qui vous apparait. Oui, nous sommes tous (ou à peu près) également responsables, inutile de regarder avec suspicion le barbecue du voisin. Votre climatiseur est tout autant responsable.

Seulement voilà : à nous dire tous responsables, c’est la responsabilité qui disparait. Car, être responsable, c’est se voir imputé personnellement la cause de l’effet dangereux. Si mon acte est dilué dans une myriade d’actes semblables, alors je ne m’en sens plus responsable. Le nombre fait le droit.

 

Pour sauver la planète, il faut revenir au paléolithique. Il est plus que temps de s’y mettre ;

D’abord, vivre en nomade dans des huttes. Ensuite la nourriture : chasse, pêche, charognage. Limiter la population européenne à 200000 habitants. Vivre durant les 100000 dernières années aux confins des glaciers.

 


 

Voilà le programme : à vous de jouer.

 

mercredi 4 juin 2025

Salvatrice froideur – Chronique du 5 juin

Bonjour-bonjour

 

La compétition sportive porte des émotions dont on se repait avec avidité. Pourtant il faudrait garder encore un peu de lucidité pour évaluer la situation. Car la victoire de Loïs Boisson hier à Roland Garros est riche d’enseignement.

En effet, voici une jeune femme qui, remontant du tréfond du classement du tennis mondial et pour la première fois de sa jeune carrière, se permet d’entrer dans le dernier carré du tournoi féminin après avoir battu successivement les 6ème et 3ème joueuses mondiales.

Étonnant, non ? Pourtant, ce qui interpelle la critique des observateurs, ce ne sont pas ses prouesses techniques mais son « mental » à toute épreuve, qui d’ailleurs emporte l’enthousiasme des spectateurs du Court central. De fait, il se pourrait que les leçons de son succès puissent également nous être utiles.

1)  Loïs Boisson ne manifeste nul enthousiasme – pas d’étoiles dans les yeux. « Ses conférences de presse sont presque ternes au regard de l'énormité de la situation et de ses victoires. Mais il serait absurde de lui adresser ce reproche. C'est, au contraire, une salvatrice froideur. » (Lu ici) Comprenons que de façon naturelle et sans faire un effort de contrôle particulier, ses émotions ne sont pas refoulées ; elles ne sont tout simplement pas suscitées.

Bien sûr, il se peut que j’idéalise Loïs Boisson et qu’elle soit comme nous pétrie d’émotions, et qu’elle ait dû faire un effort d’ascèse particulier pour les dominer. Il n’en reste pas moins que c’est là très certainement l’une des clefs de son succès. Rappelons-nous en pour faire face à nos propres épreuves.

Mais ce n’est pas tout.

2) Elle ne se demande pas : « Qu'est-ce que je fous là ? »

Loïs Boisson ne souffre pas du syndrome de l’usurpatrice. Elle se sent à sa place sur le cours central, envoyant ainsi un message à la concurrence : « 361èmeou pas, je suis des vôtres. Je suis à ma place autant que vous. » (Art. cité)

Et si cette audace venait tout simplement du fait de l’émancipation féminine ? Que les jeunes femmes d’aujourd’hui comprennent que la loi des mâles dominants qui leur impose de s’incliner lorsqu’on leur dit : « Tu n’es qu’une femme. Tu dois rester à ta place. Partout ailleurs, tu es illégitime. » est périmée. 

Une tranquille indifférence qui en dit long sur notre histoire.

mardi 3 juin 2025

Qu’on les pende ! – Chronique du 4 juin

Bonjour-bonjour

 

Les choses sont claires. La classe politique est quasiment unanime sur les mesures à prendre suite aux exactions des casseurs opérant en marge des manifestations de liesse à Paris après la victoire du PSG. Dans ce cas, comme dans tous les autres du même genre, lorsque le délit est avéré il faut :

            - rétablir des peines planchers

            - supprimer le sursis.

Donc entre le délit et l’application de la peine on devrait supprimer le passage par les tribunaux, la cour d’appel, les juges d’applications des peines, etc. On en reviendrait ainsi au principe du lynchage qui consiste à juger sans tribunaux dans la volonté de rapprocher autant que faire se peut la punition de la faute.

Par ailleurs on propose de rendre ces mesures plus efficaces en construisant des lieux d’enfermement spécialement dédiés à ces courtes peines, qui viendraient sans doute s’ajouter aux centre de rétention pour migrants, aux prisons de haute sécurité pour narcotrafiquants, etc.

 


Cette formulation montre ce qui se passe lorsqu’on cherche dans un raisonnement purement logique la solution à un problème d’ordre éthique.

Ainsi on dit :

            - La justice réparatrice veut que le responsable d’une faute la répare sur le champ, comme le veut la loi du Talion.

            - L’institution des tribunaux augmente indûment la distance qui sépare le délit de sa punition, il faut donc les supprimer.

            - Outre une meilleure réparation on aurait également un effet d’exemplarité plus grand.

 

Réciproquement, en considérant que l’acte porte avec lui la sanction qui doit lui être appliquée, on efface la part individuelle de la responsabilité puisque la justice consisterait alors à appliquer une sanction générique à des délinquants considérés seulement pour leur acte et non pour leur volonté de commettre un délit. Les drogués et les fous mériteraient la même sanction que le criminel calculateur ; il faudrait peut-être aussi, comme au moyen-âge, châtier les animaux pour le mal qu’ils ont commis.

lundi 2 juin 2025

Le cours d’anatomie féminine par Sandrine Rousseau en direct à la télé – Chronique du 3 juin (2)


 Bonjour-bonjour


C’était à la télé dans l’émission de Karine Lemarchand intitulée « Une ambition intime » où elle interview des personnalités politique sur leur expérience vécue du pouvoir. A l’occasion de l’interview de Sandrine Rousseau elle est revenue sur l’engagement féministe de la députée en sortant une peluche commercialisés sous le noms de « Vulvette » qui présente sous forme de jouet enfantin l’organe sexuel de la femme.

 

« Vulvette », modèle en peluche, prix 129€

Comme on le voit, on n’en est plus au miroir qui anatomise trop brutalement le sexe. Il s’agit de l’identifier comme un petit objet, certes réaliste, mais aussi mignon que la peluche enfantine. L’idée apparait alors que l’enfant peut ainsi apprendre à jouer avec son sexe comme il joue avec son doudou. D’ailleurs au cours de l’émission, Sandrine Rousseau ne s’est pas privée d’y aller de son cours d’éducation sexuelle.

Je passe sur le déchainement de colère de la part des ligues de vertus animées depuis l’extrême-droite. Et je m’interroge : qui donc va se servir de cet objet ? Des parents qui se veulent éducateurs grâce à la peluche ? Ou des jeunes femmes, encouragées à s’auto-examiner par des copines en retard d’affection ? Car ce Doudou va permettre à l’enfant de trouver une réalité extérieure bienveillante dans cette représentation d’elle-même. Ici il s’agit de montrer aux fillettes que leur intimité est aussi adorable que leur teddy-bear.

Ceci induit d’ailleurs une distinction de genre avec les garçons qui ont, pour le même office, le canon de leur colt :


Salle de la reddition à Reims : la mémoire des traces – Chronique du 3 juin (1)

Bonjour-bonjour

 

On annonce aujourd’hui la mort à 93 ans de Pierre Nora qui était surtout connu pour être le maître d’œuvre des Lieux de mémoire, ces lieux qui, par la force de la volonté humaine ou le travail du temps, sont devenus un élément symbolique du patrimoine commémoratif de la communauté française. Considérés aujourd’hui comme liés principalement à la déportation et aux faits de la guerre 39-45, on peut aussi y ajouter ces champ de bataille encore visibles aujourd’hui, où encore ces lieux où se retrouve le souvenir d’anciennes pratiques, tels que les places de Marché ou le tracé de fortifications – sans oublier (pourquoi pas ?) les héros dont on conserve la tombe.

Souvenir, lieux mémoriels, autant de façon de dire que la mémoire des traces, celle qui est liée aux évènements eux-mêmes est dotée d’un fort potentiel émotionnel. C’est ainsi que le livre récent de Sylvain Tesson, intitulé Les piliers de la mer évoque l’escalade entreprise tout autour du monde de ces « Stack », terme qui désigne en anglais les piliers de la mer, détachés de la côte. « Autour du monde, ces sentinelles de roche se dressent par milliers devant les falaises côtières. »

 


L’un des stack le plus connu en France, celui de l’aiguille d’Étretat, illustre parfaitement ces lieux qui portent la trace de l’état passé de la côte.

 

- On a beaucoup discuté l’entreprise de Pierre Nora qui a débouché sur le « devoir de mémoire » instituant une obligation de conserver cette « mémoire des traces » - sans doute en espérant que cette mémoire permettait d’activer l’autre, celle des récits et du « narratif » pour parler comme aujourd’hui. 

Mais quelle différence ? Si les lieux de mémoire de Pierre Nora sont des lieux authentiques, on ne compte plus aujourd’hui les « Mémorials » entièrement neufs dont la seule réalité est de faire écho à des évènements dont on veut réactiver le souvenir.

D’ailleurs, la distinction entre le « lieu » et le « narratif » est un peu artificielle. Les lieux n’ont de réalité que pour autant qu’ils sont imprégnés de l’histoire qu’ils portent. Par exemple, la « salle de la reddition » à Reims où a été signée la capitulation allemande le 7 mai 1945 (demain 80 ans) n’est un lieu porteur d’émotion que pour autant qu’on possède déjà le récit de l’évènement qui y eut lieu.

Or, à part l’émotion, je ne vois pas sur quoi porterait le devoir de mémoire.

dimanche 1 juin 2025

La coupe aux grandes oreilles – Chronique du 2 juin

Bonjour-bonjour

 

Depuis samedi on nous bassine avec cette histoire de « Coupe aux grandes oreilles » comme si rien de plus précieux n’existait nulle part

En vérité cette coupe brandie par les joueurs de l’Équipe de France de football parait être en toc, encombrante et laide. De surcroit se vanter d’avoir de grandes oreilles, à part le Roi Charles 3, personne n’a osé le faire.

 


À voir les équipiers du PSG la manipuler sans précaution, on se dit qu’ils vont à coup sur la cabosser. Déjà qu’elle est moche, on va en plus avoir une Coupe toute abimée.

Et alors on s’interroge : à qui appartient-elle ? Au PSG sans aucun doute puisqu’on vient de la conquérir ?

On se renseigne alors et voici ce qu’on découvre : « Le règlement prévoit que la Coupe est définitivement conservée par le club qui l’emporte pour la cinquième fois ou qui réalise un triplé (trois victoires consécutives). L’Ajax Amsterdam (1973), le Bayern Munich (1976), l’AC Milan (1994) et Liverpool (2005) ont ainsi conservé le trophée et c’est une réplique exacte qui a été mise en jeu les saisons suivantes. Aujourd’hui, le trophée reste propriété de l’UEFA quoi qu’il arrive. »

Bim ! Il va falloir la restituer et sans aucun doute payer les frais de remise en état – son prix étant estimé à … 30000 € il va falloir que l’Emir du Qatar mette la main à la poche. Ça risque d’être retenu sur les primes des joueurs.