lundi 13 juin 2022

Objets inanimés… (1) – Chronique du 14 juin

Bonjour-bonjour

 

Une idée qui revient toujours est qu’on aura un jour un super-ordinateur doué d’une conscience et qui pourra nous interpeller comme notre alter ego. Après avoir investi les imaginations elle est devenue programme de recherche pour les principaux laboratoires du monde, à commencer par ceux de Google. Mais ce n’est pas sans risque ainsi que l’atteste ce fait : la firme de la Silicone Valley vient de suspendre un de ses ingénieurs parce qu’il affirmait que la machine qu’il devait étudier avait accédé à la conscience, et qu’elle réclamait d’« être reconnue comme un employé de Google plutôt qu'une propriété ». (Sur tout cela, lire cet article)

- On se dit que Google ne se pose pas de questions métaphysique sur l’âme des machines, mais que le jour où une d’entre elles réclame d’être salariée comme un ingénieur de la boite, alors on la vire vite fait.

 

Mais nous, pouvons-nous éviter de nous poser cette question : à quoi reconnaissons-nous la personne humaine ? A son aspect ? A ses sentiments présents dans ses attitudes ? A sa réflexion attestée par ses actes ? Sur tout cela on a réfléchi de longue date – essentiellement à propos des animaux qui seraient semblables à l’homme.

Les philosophes ont tranché la question ainsi que le montre cette citation de Kant : « « Posséder le Je dans sa représentation », cette expression désigne la capacité qu'a l'homme de se penser lui-même, de se constituer à la fois comme sujet et comme objet de ses propres pensées, littéralement de se rendre présent à lui-même. (Anthropologie du point de vue pragmatique – 1798)

On comprend que ce n’est pas seulement le langage qui est en cause, mais la représentation à laquelle il est associé. Sur la machine on ne sait pas trop bien ce que cela voudrait dire ; en revanche l’animal pourrait bien posséder une telle représentation – mais pour le savoir encore faudrait-il qu’il puisse le dire. 

Si la machine dit « Je suis une machine » : 

            * soit elle ne fait que prononcer cette phrase selon des dispositifs mécaniques mis en œuvre comme dans un automate 

            * soit elle est douée de sensibilité et elle décrit un état analogue à celui de la vue ou de l’ouïe – à savoir qu’elle dispose d’une perception d’elle-même.

C’est précisément ce processus dont la machine de Google paraissait disposer. Que les ingénieurs ne sachent pas eux-mêmes comment elle y serait parvenue est certes troublant, mais s’agissant d’Intelligence artificielle grâce à laquelle le dispositif évolue selon ses propres moyens, il n’y a pas trop à s’étonner. Et puis savoir comment distinguer la machine de l’homme a toujours été une difficulté, comme le prouve le test de Turing.

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(1) « Objets inanimés, avez-vous donc une âme qui s'attache à notre âme et la force d'aimer ? »  Alphonse de Lamartine – Harmonies poétiques et religieuses .

dimanche 12 juin 2022

T’as pas cent balles ? – Chronique du 13 juin

Bonjour-bonjour

 

Une abstention record à 52,5% et voilà qu’on s’affole : le premier parti de France serait devenu celui des pêcheurs à la ligne qui ont trouvé hier mieux à faire que d’aller voter. Alors la démocratie est-elle minorée ?  La montée des extrêmes en serait-elle donc la preuve ?

Pas seulement, car c’est le spectre des Gilets-jaunes qui ressurgit : voilà revenue l’angoisse des élus mal élus contestés dans la rue par ceux qui clament que le peuple est le seul à détenir le pouvoir légitime et qui ajoutent que le vote n’est qu’un moyen parmi d’autres de l’expression des citoyens : il y a l’opinion défavorable mesurée dans les sondages ; mais aussi la grève et donc la manifestation de rue.

 

- Derrière cette situation actuelle se profile quelque chose de plus grave : car la participation aux élections baisse de façon régulière depuis les années 80, preuve qu’il ne s’agit seulement d’une attitude circonstancielle et que la vérité est à rechercher plus en profondeur (1). La régularité de cette tendance montre en effet qu’à côté des « intermittents » de l’abstention, il y a aussi une abstention déterminée par le mépris des acteurs politiques : pourquoi aller voter lorsqu’on est persuadé qu’ils sont « tous pareils », entendez « tous aussi incompétents – voire même : « tous aussi menteurs » ? - Que nous a fait Hollande que ne nous aurait pas fait Sarkozy ? Et en 2018, le jeune Macron n’a-t-il pas supprimé l’ISF et mis en place la Flat taxe sur les revenus du capital – comme n’importe quel suppôt de la finance ?

 

On s’y attendait, mais 50% de gens qui méprisent les dirigeants du pays, ça fait quand même beaucoup. Ces accusations sont à mettre en parallèle avec l’indifférence vis-à-vis de l’engagement politique, l’élu n’étant pas perçu comme gauche ou de droite, mais comme un distributeur de prébende.

On peut en effet mettre en parallèle la baisse du taux de participation avec la volatilité de l’électorat. Hier on votait selon son milieu social, voire même selon l’engagement de ses parents. On était communiste de naissance ou de droite parce qu’on était un « vieil abonné du Figaro ».

Aujourd’hui ça ne marche plus comme ça. On vend son vote au plus offrant : le mieux-disant en matière de santé ou de sécurité doit fournir des chiffres à l’appui de sa déclaration d’intention : tant de milliards, tants d’emplois crées, tant d’établissement construits. 

- Tu me promets de m’aimer ? Dis-moi combien tu mets sur la table. Un point c’est tout.

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(1) Comme on s’en fera une idée en lisant ce passionnant article

samedi 11 juin 2022

Attendez-vous à savoir qu’il fera chaud cet été (1) – Chronique du 12 juin

Bonjour-bonjour

 

C’est Météo-France qui l’affirme : « une canicule exceptionnellement précoce » pourrait frapper la semaine prochaine. Celle-ci dépasserait par sa précocité celles de juin 2003, 2017 et 2019. (Lire ici)

Canicule précoce : oui, sauf que nous sommes en juin, à 10 jours de l’été, et que la présence de la chaleur ne devrait pas être si exceptionnelle que cela en cette période. D’autant que les récentes occurrences de la canicule, à savoir 2003, 2017,2019, montrent un resserrement de cette fréquence – et donc ajouter 2022 à cette liste serait tout à fait dans la moyenne des prévisions. 

 

- Mais alors, pourquoi s’en émouvoir ? Le temps qu’il fera cet été est prévisible parce qu’il résulte de conditions scientifiquement établies. Nous avons là un cas de déterminisme tel qu’il fut défini par Claude Bernard dès 1865 (2), et donc que rien ne sert de craindre ni d’espérer, tout est déjà écrit. 

La science nous montre l’avenir comme s’il était déjà présent – il n’y a rien à faire, c’est inéluctable. Mais c'est là notre malheur. On l’a vu durant l’épidémie de covid, beaucoup criaient au mensonge quand les épidémiologistes nous prédisaient le retour de l’infection et indiquaient comment y remédier : les charlatans qui ont déferlé sur les chaines d’info 24h/24 aussi bien que sur les réseaux sociaux ne faisaient que répondre à un besoin de l’esprit tourmenté des humains. Ce besoin est celui de l’indétermination c'est à dire de l'incertitude. Et ce besoin est si fort qu’il se transforme en désir : on veut croire que tout n’est pas écrit, que la maladie incurable va miraculeusement reculer, qu’il y a toujours quelque chose à faire – un cierge une prière à la sainte vierge, une allégeance à l’influenceur YouTube, un post sur Facebook. 

 

- Et c’est tout ?

Non pas : j’ai gardé le meilleur pour la fin.

Car lorsque c’est une volonté qui intervient dans les évènements naturels, il y a toujours quelqu’un qui est responsable de ce qui arrive. Et réciproquement, à chaque épisode exceptionnel, il y a une interprétation à trouver ; il y a toujours à chercher une réponse à la question « Pourquoi ». 

--> Avec Météo-France, vous trouverez bien une réponse à la question « Comment ? » ; mais pas à la question « Pourquoi ? »

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(1) Célèbre chroniqueuse politique du temps où RTL s’appelait encore « Radio Luxembourg », Geneviève Tabouis débutait toutes ses chronique par la phrase fétiche « Attendez-vous à savoir… » Lire la suite ici

(2) « Chez les êtres vivants aussi bien que dans les corps bruts les conditions d'existence de tout phénomène sont déterminées d'une manière absolue. Ce qui veut dire en d'autres termes que la condition d'un phénomène une fois connue et remplie, le phénomène doit se reproduire toujours et nécessairement, à la volonté de l’expérimentateur ».Claude Bernard – Introduction à l'étude de la médecine expérimentale. Ch. 5 (1865)

vendredi 10 juin 2022

L’élection législative expliquée aux enfants – Chronique du 11 juin

Bonjour-bonjour


A supposer que vous ayez des enfants ou des petits enfants, voire même des neveux, il vous arrive peut-être de vous demander comment leur expliquer l’enjeu de l’élection de demain.

"Le Point du jour" vient à votre secours. Écoutez ceci :

- Papy, dis Papy : qu’est-ce qui se passe demain dimanche ? C’est quoi toutes ces discussions avec tes copains à l’heure de l’apéro ?

- Tu as raison Hugo : on discute beaucoup de l’élection législative qui va renouveler la chambre des députés et donner ou non une majorité au président Macron, récemment réélu.

- C’est quoi tout ça, Papy ? J’y comprend que pouic.

- Disons qu’il s’agit de savoir qui, de Macron ou de Mélenchon, va gouverner la France durant 5 ans.

- « Macron ou Mélenchon », c’est qui ça ?

- Demande-moi plutôt qu’est-ce qu’ils veulent faire. 

Je vais essayer de t’expliquer. Tu aimes les gâteaux n’est-ce pas Hugo ?

- Oh oui, Papy, surtout les gâteaux au chocolat.

- Il ne t’arrive pas parfois de te plaindre que ta part soit trop petite ?

- Ça c’est sûr Papy, et souvent c’est parce qu’on m’a donné la plus petite, parce que je suis plus petit que les autres. Et ça c’est trop injuste. 

 

- Monsieur Mélenchon pense comme toi mon petit. Il dit que pour avoir une plus grosse part de gâteau il n’y a pas besoin de faire un plus gros gâteau, mais simplement de changer celui qui fait le partage. Ainsi pour la France, il veut un gouvernement qui donne plus aux démunis, avec pas plus de travail mais plus d’impôts sur les riches. 

- OK Papy, je suis pour monsieur Mélenchon. Toi aussi ?

- Pas forcément, parce que monsieur Macron dit autre chose. Imagine que tu aies reçu une part de gâteau qui ne te convienne pas. Ta maman t’a prévenu : tu ne dois pas regarder dans l’assiette de ton voisin, ça ne se fait pas. Alors comment tu fais ?

- Heuh… Je ne sais pas moi. Je crie que j’ai faim et que je n’ai pas assez.

- Et tu aurais raison, Hugo. Mais tu dois aller plus loin. Au lieu de te plaindre de l’injustice de la répartition, tu devrais exiger que le gâteau soit plus gros. Comme ça, même si ton a voisin a plus que toi, tu t’en fiches parce que, finalement, tu as assez.

- Bon, d’accord. Et c’est pour cela que tu te disputes avec tes copains à l’heure du pastis ?

- On peut dire ça, mais il faut quand même expliquer. Si ton gâteau au chocolat est transformé en économie de la France, le principal comme on vient de le dire n’est pas de savoir comment les profits sont partagés, mais s’ils sont assez importants pour satisfaire tout le monde. Ceux qui sont d’accord avec le Président Macron veulent que la France produise plus, et c’est pour cela qu’il faut travailler plus. Plus d’années avant la retraite, plus d’heures sup’ – moins d’impôts, et voilà le gâteau qui grossit. 

-  Alors vous n’arrivez pas à être d’accord là-dessus ?

- C’est que monsieur Mélenchon il veut moins d’impôt sur le travail et plus d’impôt sur le capital. Alors que monsieur Macron avec la Flat tax (1) il taxe moins le capital que le travail . Et alors là ou bien on fait du social ou bien on fait de la compétition économique : on n’a pas fini d’en discuter.

- J’y comprends rien à cette histoire de taxe, Papy

- Bon laisse tomber. Contente-toi de savoir si ta part te suffit.

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(1) La Flat tax est un prélèvement à taux unique de 30% sur les revenus du capital. A la différence de l’impôt sur le revenu du travail qui est progressif, cette taxation est forfaitaire et elle favorise les plus gros revenus. En effet un impôt à taux unique « allège l’impôt des plus riches, répartissant ainsi davantage l'imposition sur les moins riches, à la différence de l’impôt progressif. » Lire ici.

jeudi 9 juin 2022

Fin des moteurs thermiques en 2035 – Chronique du 10 juin

Le parlement européen a validé ce mercredi 8 juin 2022 le texte sur la fin de l'autorisation de vente des véhicules à moteur thermique en 2035. Une mesure en faveur de la réduction des émissions de CO2, dans le cadre du Green Deal.

Lire ici

 

Bonjour-bonjour

 

Dès 2035 il sera interdit de commercialiser des véhicules neufs à moteur thermique.

Si on considère le fardier de Joseph Cugnot comme le premier véhicule à moteur thermique puisqu’à vapeur, c’est une histoire commencée en 1770 qui s’achèvera en 2035 – soit 265 ans

 


Devant un pareil bouleversement, on se demande quelles conséquences cela pourra avoir sur nous : il ne s’agit sûrement pas de modifier nos modes de déplacement, les voitures électriques étant conçues pour être en tout point identiques aux véhicules vroum-vroumant dont nous disposons depuis si longtemps. Par contre c’est encore en termes de statut social que ça peut être sensible. Car ce n’est pas par hasard que j’ai choisi de faire figurer une Ferrari : non pas parce qu’elle est à l’origine d’une amendement contesté (cf. art. cité) mais bien parce que son prestige vient dans une large mesure du bruit grave et caverneux de son moteur à bas régime. Imaginerait-on une Ferrari (ou une Lamborghini) faisait un bruit de Thermomix (1) ?

Je sais qu’il est possible de synthétiser et de diffuser un son analogue à celui que produisent ces moteurs de compétition – de même que les claviers électroniques peuvent être échantillonnés à partir d’un Steinway. Mais enfin, qui donc se contenterait de cela ? Et quelle humiliation de falsifier ainsi la manifestation de la puissance ! 

- Car c’est bien de cela qu’il s’agit : il nous faut une preuve de notre puissance, et cela commence dans les pissotières de l’école où les gamins comparent la longueur de leurs zizis.

Faudra-t-il désormais bomber le torse en démarrant dans le bruissement aristocratique de la Tesla model X à 750 kW (=  1020 ch) ?

Oui, sans doute. Mais nos créatifs de la pubs vont avoir du boulot pour faire passer ce message.

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(1) Notez que j’ai choisi un appareil luxueux et fort bruyant à l’usage.

mercredi 8 juin 2022

Adam et Eve ont été co-créés – Chronique du 9 juin

Bonjour-bonjour

 

Vous connaissez sans doute l’histoire de la création d’Eve à partir d’un côte d’Adam ? Éh bien la théologienne féministe Anne Soupa se livre dans le dernier numéro de Télérama à une lecture toute différente de ce chapitre de la Genèse. Lisez plutôt :

 

 

Anne Soupa dans Télérama n°3778


- Nous lisons donc bien : « Dieu s’est trompé dans sa création qu’il corrige pour créer une femme au côté de celui qui dorénavant va s’appeler l’homme au masculin »

Du coup le création s’est donc faite en deux temps suite à … une erreur de Dieu. Bigre ! On en a brûlé pour moins que cela ! Mais passons et énumérons les conclusions auxquelles cette lecture nous mène :

            * D’abord la « femme » et l’« homme » (au sens genré) sont le résultat du déploiement d’un être « synthétique » qui contenait les deux dans la même entité.

            * Ensuite il ne faut pas croire que la femme soit apparue secondairement pour assister l’homme dans sa vie (lecture orthodoxe de la Genèse) mais bien qu’elle fait partie de la substance humaine. Les philosophes leibnitzien diraient que ce sont « deux hypostases dans la même monade » 

Permettez que je remette à plus tard le commentaire de cette formule pour m’en tenir à l’interprétation contemporaine du sujet. 

            * Notre théologienne féministe lance un appel au renouvellement de la vision de la femme dans l’Église : il faut désormais la considérer comme l’égale de l’homme, ce qui signifie être à l’écoute de leurs voix dans ce qu’elles ont de spécifique. Car Eve n’a jamais été un « Adam-bis », et d’ailleurs ce serait impie de croire que Dieu a voulu une telle chose : les femmes sont les femmes et leur voix n’est pas un écho de celle de l’homme. Mais si la femme est différente de l’homme elle n’en est pourtant pas un simple complément, comme le veulent ceux qui font d’Eve une créature imaginée seulement pour soutenir Adam qui tout seul « n’y arrivait pas ».

            * Eve comme Adam ont tous deux une vision de la vie, de l’avenir et pour suivre Alain Badiou (1), ça veut dire que chacun a une vision du monde-à-deux c’est-à-dire deux êtres différents. Le monde dans lequel ont évolué Adam et Eve était un monde altruiste dans le quel chacun cultivait le Jardin d’Eden aussi selon les goûts et les besoins de l’autre.

Comme le dit Alain Badiou : c’est ça l’amour. 

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(1) Alain Badiou – Éloge de l’amour (Entretien avec Nicolas Truong)

mardi 7 juin 2022

La gauche : un âme errante – Chronique du 8 mai

Bonjour-bonjour

 

Encore un mot nouveau à ajouter à votre lexique politique : la « nuance ». 

- Lisez plutôt : « la Nupes est « une nuance politique » à part entière, selon le Conseil d’État » (1) 

« Nuance politique » ? C’est quoi donc ? Aurions-nous là un synonyme de « tendance », ou de « courant » ? L’essentiel n'est pas là ; il est que ce mouvement dont les membres ont choisi de figurer sous ce label unique soit le seul à représenter une Union de la gauche - vu qu’aucun autre cas ne pourrait actuellement être cité. Refuser de reconnaitre cette union porterait en effet atteinte à la sincérité des résultats, d’autant que les candidats à la majorité présidentielle sont quant à eux regroupés sous la nuance « Ensemble ! ».

- Mais on devrait surtout être sensible à l’espoir que ce mouvement (= nuance, je n’arrive pas à m’y faire) : ce qui importe c’est de reconnaitre que les électeurs sachent qu’en votant pour la NUPES ils votent pour une gauche réunie même si ce n’est pas dans un parti unique.

Occasion de préciser le sens du label « Nuance » s’agissant de politique. On supposait ci-dessus que ce terme était un nouvel avatar de « courant » ou de « tendance ». C’était déjà trop dire puisque l’on peut supposer que sur bien des points, tels que l’Europe ou la protection des frontières économiques, les désaccords sont profonds. Mais il n’en reste pas moins que des « totems » de la gauche, tels que le temps de travail ou les retraites, sont bel et bien là. Que ces orientations soient présentes - même si elles ne permettraient pas (faute de consensus sur les autres points) de gouverner, mais que néanmoins des citoyens apportent leurs voix à une telle formation - montre combien la gauche, telle une âme errante plane au-dessus du champ politique, cherchant un corps nouveau pour l’incarner. 

« Âme errante » : Ce serait quelque chose comme ça

  


 Ça fout les miquettes n’est-ce pas ? En tout cas comme le prévoit la théorie on constate que ce fantôme cherche à se réincarner là où il avait vécu, c’est-à-dire au Palais Bourbon. Passé l’élection législative, on entendra plus parler de lui.

Ouf ! 

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(1) « 18 nuances politiques ont été attribuées aux candidats aux élections législatives des 12 et 19 juin 20221. Cette grille des nuances politiques permet d’agréger les résultats des élections pour informer les citoyens et les pouvoirs publics, et faire apparaître les tendances politiques locales et nationales (…) La décision du ministère de l’Intérieur de ne pas présenter les résultats des candidats de l’union de la gauche sous la même bannière « portait atteinte à la sincérité » de cette communication. » (Source : le Conseil d’État)