dimanche 10 décembre 2023

Uniforme scolaire ou tenue unique ? – Chronique du 11 décembre

Bonjour-bonjour

 

Selon les informations disponibles ce matin, l’expérimentation à grande échelle de l’uniforme scolaire serait lancée aujourd’hui.

Toutefois les informateurs utilisent non pas le terme « d’uniforme » mais celui de « tenue unique ». Y a-t-il entre les deux une différence ou bien ne s’agit-il que d’un euphémisme pour éviter de parler d’uniforme dont la connotation serait désagréable ?

Gabriel Attal a commenté ainsi la distinction entre les deux : « alors que l'uniforme est la même tenue pour tous les élèves, la « tenue unique » est davantage un modèle à suivre : comme un tee-shirt, une veste et un jean » (lire ici)

 

Aujourd’hui toutefois, alors que ces tenues qui vont être distribuées à titre expérimental sont décrites quant à leur contenu et non quant à leur aspect, on penserait quand même avoir à faire plutôt à un uniforme qui n’oserait pas dire son nom.

Pourquoi ces craintes ? C’est que l’uniforme est peu stimulant pour des français individualistes et qui pensent que l’école est faite pour épanouir des individualités plutôt que pour passer au moule des enfants encore malléables.

On aurait donc à faire à un euphémisme destiné à faire oublier ce regrettable contexte militaire ? 

Mais alors, si la tenue unique correspondait à la réalité, qu’est-ce que ça donnerait ?

Quelque chose comme ça ? 

 


Et qu’est-ce qu’on en espèrerait ?

Ça, j’en ai déjà parlé et c’est ici.

samedi 9 décembre 2023

Les bistrots : des espaces physiques pour faire ensemble – Chronique du 10 décembre

Bonjour-bonjour

 

Aujourd’hui dimanche, qu’allez-vous faire ? Vous planter devant la télé ? Déjeuner chez mamie, jouer avec elle aux dominos ou à la belotte ? En tout cas vous ne serez pas à l’atelier ou au bureau, ça c’est sûr.

Lorsqu’on est loin de son travail, si on veut quand même sortir de chez soi, outre divers passe-temps, on peut aussi aller au bistrot.


Cet article de France-Culture étudie le rôle joué par les cafés au cours des siècles écoulés : lieux de rencontre, d’échange et de formation de représentations communes, le « bistrot » est un tiers lieu, « qui présente un environnement social en dehors de la maison et du lieu de travail » (Art. Wiki)

« Les tiers-lieux sont des espaces physiques pour faire ensemble : coworking, micro-folie, campus connecté, atelier partagé, fablab, garage solidaire, social place, makerspace, friche culturelle, maison de services au public… » peut-on lire ici.

Comme par hasard on oublie les cafés qui depuis le 19ème siècle au moins constituent des lieux de rencontre et de partage.

 

 

Café parisien où l'on consomme de l’absinthe, années 1870. ©Getty – Anonyme

 

Lieu de sociabilité familier, les bistrots sont en effet au cœur des évolutions politiques et sociales. Raison pour laquelle dans la désertification des villages ruraux, la disparition des cafés a été autant déplorée que celle des boulangers – voire des écoles.

Les cafés diffèrent selon leur emplacement, la qualité sociale de la clientèle, voire même le pays dans lequel ils sont implantés. Mais Café de prestige ou « boui-boui » ils jouent tous un rôle dans la vie sociale, et leur disparition est en même temps la preuve d’une mutation sociale.

On se demandera peut-être pourquoi se préoccuper de leur disparition : après tout, si celle-ci découle d’un changement de société, alors on ne peut rien pour eux, à moins de prétendre obliger l’histoire à faire marche arrière.

La question qui reste est de savoir si on a à faire à une mutation sociale, ou bien si ce tiers-lieu que constitue le café a été simplement remplacé par une autre configuration. L’article cité plus haut évoque les lieux où l’on partage un travail, un hobby, un outillage ou un matériel informatique. 

C’est peut-être vrai. Mais il manque ici la caractéristique des cafés qui est de permettre la consommation alcoolique qui, à son tour, stimule la parole dont le partage constitue l’essence de la vie des consommateurs.

vendredi 8 décembre 2023

Hanouka à l’Élysée – Chronique du 9 décembre

Bonjour-bonjour

 

La question de la laïcité est revenue sur le devant de la scène suite à la célébration de la fête juive de Hanouka qui s’est déroulée à l’Élysée en présence du Président Macron et qui a entrainé une violente polémique.

Si cette polémique est stérile et hors propos, vu l’actualité des guerres en Ukraine et à Gaza, sans oublier la Cop 28, il n’en reste pas moins qu’on devrait être attentif à ces réactions, qui sont éclairées par la publication d’un sondage IFOP auprès des français musulmans sur la laïcité telle qu’ils la vivent en rapport avec l’actualité récente (interdiction des abayas à l’école, attentat d’Arras par un islamiste...)

 

On lira ici le rapport sur ce sondage, je me contenterai de revenir sur deux aspects.

            * D’abord, à la question : « la laïcité telle qu'elle est appliquée aujourd'hui par les pouvoirs publics est-elle discriminatoire envers les musulmans ?», 78 % des musulmans interrogés répondent oui : 34 % d’entre eux jugent la laïcité « assez discriminatoire », et 44 % d’entre eux, « très discriminatoire » (art. cité). 

Autrement dit les musulmans français pensent que la laïcité, au rebours de ce qu’affirment les responsables politiques pour qui elle est un facteur d’égalité entre tous les citoyens, est en réalité un moyen d’étouffer leur pratique religieuse. 

Les juifs et les protestants n’ont pas la même réaction ; il est vrai qu’ils ont vécu la laïcité comme une forme de liberté à une époque où leur culte était interdit.

Quant à eux, les musulmans français, s’estiment brimés dans leur souhait d’occuper l’espace public – mais leur soupçon de discrimination va au-delà. On peut en effet penser qu’en France on tolère mieux les écarts à la laïcité pour les autres religions que pour les musulmans. Sans parler de la célébration quasi officielle des fêtes catholiques, imaginons ce qu’on aurait dit si le Président avait accepté une célébration musulmane au Palais de l’Élysée ?

            * Autre question : « Lorsque la religion et la science s'opposent sur la question de la création du monde, d'après vous, est-ce le plus souvent la science ou la religion qui a raison ?» : 76 % des musulmans optent pour la religion, contre seulement 22 % des croyants des autres religions. » (Art. cité)

Comme on peut croire que les musulmans de France ne sont pas plus bêtes que le reste des français, il faut admettre que leur réponse signale leur soumission à la Parole du prêtre.

C’est sans doute là que le sentiment d’avoir été rejeté par la communauté française produit son effet en créant un communautarisme où les Imams jouent le rôle de refuge des réprouvés. 

C’est d’ailleurs la conclusion apportée par la chercheuse du CNRS Florence Bergeaud-Blackler, auteur d’un livre consacré à l’influence de l’islam frériste en France : « La ’halalisation’ des comportements est nettement visible (le fait de se demander dans chaque geste de sa vie quotidienne si son comportement est ou non conforme à la loi religieuse) dans ce sondage», ajoutant : « L’hégémonie du frérisme dans le champ religieux se voit à présent dans les sondages auprès des musulmans de France. Un demi-siècle de pression islamiste a porté ses fruits ». (Art. cité)

Quant à nous, nous n’avons donc pas su (ou pas voulu) faire effort pour contrer ces pressions islamistes..

jeudi 7 décembre 2023

Noël ! Faites péter le champagne ! – Chronique du 8 décembre

Bonjour-bonjour

 

Voyez cette étrange image :



Il s’agit d’une capture d’écran réalisée ce matin sur ce site.

Que viennent faire ces bouteilles de champagne enluminées de dorures qui évoquent les fêtes de Noël, alors que l’article annonce le refus de faire une pause dans les combats afin de laisser passer l’aide humanitaire ? Quel rédacteur cynique a donc voulu ce rapprochement ignoble ? 

Personne ne l’a sans doute voulu, puisque cette publicité pour le champagne Moët et Chandon a sans doute été prévue par un designer quelconque bien avant de savoir quel article viendrait s’incruster dedans.

En fait il s'agit d'affichage "tournant" avec à chaque fois des publicités différentes. Mais, de toute façon, s’il fallait se soucier de l’effet qui pourrait être produit par de tels rapprochements, on devrait renoncer à ces publicités qui fonctionnent rappelons-le en parasitant le contenu recherché par un contenu publicitaire dont la seule présence suffit pour déclencher l’acte d’achat.


Ça ne vous rappelle rien ? Oui, bien sûr ! Il s’agit des images subliminales introduites dans des séquences sans rapport avec elles, et supposées influencer nos achats sans que nous en ayons conscience. On a discuté à perte de vue sur l’efficacité d’une telle pratique et pour en finir on a légiféré contre elle (1). 

Raison pour les quelles au lieu d’insérer de façon insidieuse les messages en question, voilà qu’on vous les placarde plein écran : à vous de trouver le propos qui va avec.

Direz-vous que dans ces conditions ce message va être brouillé car trop variable selon les individus ? Pas tant que ça, car si l’image est perçue consciemment, son sens, lui est inconscient. Il consiste en celui-ci : Pas de fêtes de Noël sans le champagne Moët et Chandon ! 

Maintenant il faut tenter de faire un seul message avec les deux bouts d’images accolées l’une à l’autre. Ça pourrait faire ça : « Qu’importent les autres et les malheurs qui les frappe ? Moi je vis les fêtes de Noël et pour cela je vais faire sauter non les bombes, mais les bouchons de Moët. »

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(1) « Décret n° 92-280 du 27 mars 1992 modifié : « la publicité ne doit pas utiliser des techniques subliminales » entendues comme visant à atteindre le subconscient du téléspectateur par l’exposition très brève d’images. » (Lire ici sur le site du CSA)

mercredi 6 décembre 2023

Pour ou contre l’uniforme scolaire ? – Chronique du 7 décembre

Bonjour-bonjour

 

Je ne sais pas si vous êtes comme moi, éberlué de ce débat autour de l’uniforme scolaire qu’on destine à effacer les distinctions sociales et à recentrer la vie des élèves sur leur appartenance à une école.

Bien que tout cela ne soit pas forcément très cohérent avec les urgences de l’actualité (comme le nécessaire relèvement du niveau des élèves), le débat qui a pris une tournure très sérieuse, est alimenté aussi bien par la droite que par le ministère.

 

- Aujourd’hui on est loin de la fonction pratique attribuée autrefois à l’uniforme scolaire, tel qu’en témoigne cette illustration (venue de cet excellent site

 


 Difficile de s'afficher sur Insta dans cette tenue 


On pense plutôt que le but de l’uniforme scolaire est de redonner le sens de l’autorité et le respect de valeurs républicaines dans la mesure où comme le veut la République, cet uniforme définit tous les petits français comme étant identiques et égaux. C’est le retour des vertus morales autrefois attribuées à l’école : le respect de l’autorité religieuse, puis l'obéissance au patron, et pour finir la soumission du bon citoyen, voire même le patriotisme après 1914.

Mais tout cela n’est pas très sérieux. Il faut plutôt écouter le Ministre de l’Éducation nationale : il veut vérifier par l’expérimentation que « grâce à cet uniforme on va enregistrer des progrès en matière de climat scolaire, en matière d'élévation du niveau de nos élèves ou d’impact sur l’autorité à l’école, de harcèlement scolaire, et des questions de laïcité ». (Lu ici)

- Que pensez de ceci ? Que le Ministre ne veut pas de l'uniforme mais qu'il ne veut pas le dire ?

En tout cas, un pareil programme condamne à l'avance l’expérimentation de l’uniforme à l’échec et donc à l’abandon du projet.

Et je ne fais pas d’ironie, je constate, voilà tout.

mardi 5 décembre 2023

Que faire des anciens détenus ? – Chronique du 6 décembre

Bonjour-bonjour

 

L’odieux attentat de Paris qui a coûté la vie à un touriste allemand qui passait par là a réactivé le débat : comment doit-on faire pour éviter que des terroristes qui ont purgé leur peine et qui sortent de prison récidivent comme l’a fait celui du Pont Bir-Hakeim ?

 

--> A quoi doit servir la prison ?

            * À racheter sa dette. On notera que le coupable ne pouvant espérer obtenir le pardon de ses victimes voit sa faute transformée en perte infligée à autrui qu’il faut compenser par la prison – qui est donc la façon de payer une dette contractée par son délit.

            * À empêcher le coupable de récidiver. 

            * A faire par la privation de liberté que le coupable réfléchisse sur sa faute et se repente du mal qu’il a fait.

 

La vérité est que le public estime souvent que seul l’objectif de protection des honnêtes gens est satisfait par l’incarcération, et du coup la libération du prisonnier est un danger qu’on fait courir aux innocentes victimes. C’est ce que l’assassin du pont Bir-Hakeim illustre parfaitement puisqu’aucun des dispositifs destinés à le contrôler à sa sortie de prison n’a pu l’empêcher de récidiver. Il faut dire qu’on a été jusqu’à le croire lorsqu’il disait qu’il renonçait à son engagement islamiste. Bien vu, les gars…

 

Alors que faire des anciens détenus ? Ce problème se posait déjà autrefois, et on avait une réponse : la relégation. Après avoir purgé une peine au bagne de Cayenne, l’ancien prisonnier n’était pas réintégré dans la communauté nationale : il était relégué dans la lointaine colonie qu’il contribuait à peupler. C’était tout bénéfice.

 

Éh bien, voilà la solution : il faut reléguer les anciens détenus djihadistes loin de l’espace de liberté publique.

Mais où donc ? Dans une ancienne colonie, comme la Nouvelle-Calédonie du temps de la Commune de Paris ? Ils n’en voudront pas. Alors à Mayotte ? Les gens de là-bas qui survivent grâce à l’eau minérale qu’on leur fournit nous doivent bien ça. Et puis en matière de loi coranique ils en connaissent un bout. 

Sinon je ne vois qu’une solution : les travaux forcés à perpétuité, avec exécution dans les entrepôts d’Amazon.

 

 Un entrepôt d’Amazon : on n’en sort jamais.

lundi 4 décembre 2023

Décembre, mois de la non-sobriété – Chronique du 5 décembre

Bonjour-bonjour

 

Les nouvelles de ce jour sont aussi peu réjouissantes que d’habitude. Voyez plutôt :

- « Jeudi 30 novembre, les deux membres du Hamas qui ont tiré au hasard sur une foule à Jérusalem ont été tués par un civil, Yuval Doron Castleman. Ce dernier a ensuite été abattu par des soldats israéliens qui l’ont pris pour un terroriste, alors qu’il était agenouillé, les bras en l’air. La presse israélienne pointe la politique officieuse selon laquelle aucun terroriste ne doit être maintenu en vie. » Et bim ! en plein dans l’optimisme ;

- Vous en voulez une autre, une qui n’est même pas encore publiée et encore moins connue ? Le classement Pisa – ou TIMSS pour le matheux, qui va inéluctablement pointer la faiblesse de l’École française, qui favorise les enfants de riches et enfonce ceux des pauvres. Comment je le sais ? Parce que j’ai lu ceci : « La France est l’un des pays de l’OCDE où le lien entre le statut socio-économique et la performance dans PISA est le plus fort avec une différence de 107 points entre les élèves issus d’un milieu favorisé et ceux issus d’un milieu défavorisé. Cette différence est nettement supérieure à celle observée en moyenne dans les pays de l’OCDE (89 points) » (Rapport de l’OCDE) - Lire ici

Désolé, j’ai pas mieux. Revenez demain on sait jamais

 

… Attendez ! Si j’ai quand même ça : le mois de décembre est le mois des chocolatiers, non seulement il y en a partout, mais surtout parce que la consommation du chocolat est parfaitement tolérée sinon par votre organisme du moins par l’opinion de vos proches. On verra en Janvier avec le retour des mois « sans » : sans alcool, sans tabac, sans smartphone, sans voiture, sans b***…

La vertu c’est pour l’an prochain et aujourd’hui commence de mois de toutes les débauches – de consommation du moins.

Ce comportement n’est pas exceptionnel. On sait que les fêtes traditionnelles ont ceci de commun qu’elles sont l’occasion de vider les réserves - d’argent mais aussi de nourritures. Se parer des plus beaux vêtements, et aussi des plus chers ; préparer de la nourriture deux fois plus qu’il n’en faut d’habitude ; gaspiller jusqu’à n’avoir plus rien pour vivre le lendemain… 

Les ethnologues le savent bien : les peuples qu’ils étudient ne savent en général pas pourquoi ils se comportent comme ils le font. Mais voilà aussi que nous-mêmes ne le savons pas plus.

Et qu’importe ? Que décembre soit le mois de l’abondance et janvier celui de la sobriété ne nous intéresse pas. 

En attendant, picolons et mangeons du chocolat !