lundi 7 septembre 2020

La haine : vous en reprendrez bien un peu ? – Chronique du 8 septembre

Bonjour-bonjour

 

Ça ne va pas durer longtemps comme ça ! Je veux dire : ces surenchères dans l’effroi, dans la peur, dans la haine… Entre notre ministre de l’intérieur et la cheffe du parti d’extrême droite, on y va tout droit ! 

Oui, on y va – mais où ? Car il ne s’agit pas d’avoir peur du virus ; et non plus du chômage : ça fait longtemps qu’on n’a pas besoin de nous flanquer la trouille avec ça. Non, ce sont les voyous qu’il faut redouter, en particulier ceux qui brutalisent les pauvres gens, ou qui montrent à tous leur kalach’ histoire de faire voir qu’ils en ont une grosse. Des sauvages qui ensauvagent la société ! Mais la société va leur répondre ! Oui, mais comment ?

Eh bien on pourrait essayer ce qui se fait en Corée : un site internet qui vous donne le nom, l’adresse, le numéro de téléphone des délinquants sexuels, où qu’ils soient et quoiqu’il en soit de leur procès en cours où déjà condamnés. Alors, certes il y a eu quelques suicides de malheureux innocents injustement accusés et qui n’ont pu faire entendre leur voix. Mais il s’agit sans doute pour les amateurs de ce site d’inconvénients mineurs par rapport aux avantages fournis.

Oui, au fait quels avantages ? Déjà savoir si dans mon quartier il n’y aurait pas quelques pédophiles dont je pourrais me méfier, que je pourrais inquiéter histoire de le faire partir, en mobilisant les milices nocturnes d’auto-défense. (Oui, je n’en ai pas eu le temps d'en parler, mais il faut dire qu’avant toute autre réaction, ces appels à la trouille vont susciter des patrouilles de citoyens qui s’auto-missionnent pour faire la surveillance du quartier – voire même des pâturages où sont ignoblement massacrés de pauvres chevaux). 

Les coréens ont inventé le pilori numérique, un truc qui permet d’invectiver ceux qui nous paraissent dangereux, et de mobiliser contre eux la haine la plus incontrôlée. Incontrôlée bien sûr parce que pour certains aucune garantie de leur culpabilité n’existe ; et que de toute façon le châtiment pénal n’appartient qu’à la justice – et enfin, que la haine est inextinguible. Quand donc serez-vous assez vengé ?

La haine : vous en reprendrez bien un peu ?

dimanche 6 septembre 2020

Claude Lévi-Strauss et la fin du bricolage – Chronique du 7 septembre

Bonjour-bonjour

 

J’entends parfois des critiques assez fines de l’informatique telle qu’elle se développe actuellement avec les smartphones de dernière génération. En particulier celle-ci, qu’il est devenu impossible de remanier les programmes utilisés, et qu’à part d’être un hacker, l’usage de ces machines reste canalisé dans les « applis ». Plus jamais de ces « bidouillages » dont se révélaient friands nos jeunes il y a 15 ans, non que les machines aient évoluées radicalement, mais parce que les seules qui soient aujourd’hui aisées à utiliser sont parfaitement lisses et inaccessibles à ce genre de tentatives.

- Je me demande si cette évolution n’est pas la marque d’une évolution beaucoup plus généralisée : je veux parler de la disparition du bricolage.

Certes, les activités manuelles autres que « loisirs-créatifs » font encore florès, que les magasins de bricolage restent des enseignes actives, sans parler des meubles Ikéa dont le montage mobilise des ressources telles que l’espèce sapiens parait un peu limitée : l’évolution vers un super-sapiens-Ikéasensis parait très nécessaire.

 

Mais trêve de plaisanterie. Réfléchissons à ce qu’est essentiellement le bricolage, et pour cela tournons-nous vers le « philosophe-anthropologue » du bricolage, je veux dire Claude Lévi-Strauss. On lira son analyse dans La pensée sauvage (voir ici), mais retenons déjà que pour lui cette activité mobilise des matériaux et des outils qui sont inappropriés pour les tâches que le bricoleur accomplit : bouchons de liège, bout de bois, bout d’allumettes, etc.. ces éléments nous dit Lévi-Strauss sont recueillis ou conservés par le bricoleur en vertu du principe que « ça peut toujours servir ». ; quant aux outils le même flou existe avec ces tournevis transformés en leviers, burins, perforateurs, etc

Aujourd’hui les outils sont tellement spécialisés que pour deux tâches très voisines comme la peinture de différents supports, ou le découpage du bois, les outils sont différenciés et conformément à la société de consommation, leur achat constitue une part non négligeable d’un budget de bricoleur. Bien entendu les matériaux sont également hyper-spécialisés, et leur utilisation est régie parfois par des décrets impliquant le respect de règles d’usage très stricte.

Bref, l’activité dite « de bricolage » est aux antipodes de ce qu’elle a été depuis toujours, en tout cas depuis les chasseurs-cueilleurs qui, d’un animal tiraient tout ce dont ils avaient besoin, non seulement pour se nourrir, mais pour se protéger du froid, s’abriter, coudre des peaux avec des aiguilles faites d’arêtes de poisson, de fil tiré des tendons, de colle obtenue par leur dilution… que sais-je encore ? En tout cas, on aurait beaucoup étonné l’homme de La Chapelle aux saints si on lui avait dit que le progrès allait vers la création de Castorama.

 


 
Le progrès justement tel qu’il se concrétise aujourd’hui va vers toujours moins d’effort, moins d’invention, moins d’initiative et finalement moins de liberté.

Mais ça, ce n’est pas un scoop.

samedi 5 septembre 2020

Ce qui se dit entre nous - Chronique du 6 août

Bonjour-bonjour

Aujourd’hui, voici quelques conversations surprises au cours de mes flâneries.

Sur le banc voisin dans le Parc :

« Tu connais l’Institution privée Marcq ?

- Un bahut privé à Marcq-en-Barœul avec pas mal d’élèves ? Oui, je connais.

- Hé bien figure-toi que par plus tard qu’hier ils ont téléphoné aux parents pour les engueuler et leur dire de surveiller un peu leurs mouflets. 

- Quoi ? Ils séchaient déjà les cours ?

- Justement pas, tout au contraire. C’est qu’ils continuaient à aller en classe alors qu’ils devaient impérativement rester à la maison.

- Comme pendant le confinement ?

- Mais c’est le confinement.

- Ça alors ! Le confinement est rétabli et on ne m’avait rien dit ! »

 

Reprenant mon chemin, je sors de la boulangerie avec ma baguette sous le bras. Attente au feu rouge avec ceci en bruit de fond.

« - Et votre fils, ça va ?

- Oui-oui, ça va.

- Vous n’avez pas l’air d’y croire ? Il aurait des ennuis ?

- Non, pas tout à fait…

Mais je vais vous dire : il vient de rentrer du Touquet où il a fait la fête (la teuf comme il dit) avec plein d’amis pendant trois jours.

- N’en dites pas plus, on ne parle que de ça. Ce sont tous ces jeunes qui vont danser corps à corps toute la nuit, sans masques et bien sûr sans barrière et qui font des doigts d’honneur aux forces de l’ordre quand elles leur intiment l’ordre de se disperser.

- Exactement, et en plus ils disent que s’ils chopent le virus ils n’en ont rien à cirer parce que le covid n’a pas d’effet sur eux.

- Oui, mais pas sur nous les vieux.

- Salauds de jeunes ! »

 

Dans le bus on entend des conversations malgré les distances de sécurité.

« - Dis donc j’ai entendu J-P Pernaut dire au journal de 13 heures que la progression du virus était « exponentielle ». Qu’est-ce qu’il voulait dire ?

- Bof… Je sais pas, moi. Sans doute qu’il voulait dire que ça allait de plus en plus vite.

- Ah ?... Alors pourquoi il a pas dit ça ?

- Tu sais comment il est Jean-Pierre : depuis le temps qu’il fait le taf, il en a marre, il est fatigué ; alors il n’écrit plus ses textes, il reprend les dépêches d’agences, qui sont pas faites pour des gens comme nous. »

Là-dessus, malgré les distances barrières, un monsieur qui comme moi avait tout entendu, s’adresse aux voyageurs.

- C’est un mot venu de l’algèbre mais qui est devenu dans le langage courant synonyme de croissance qui grandit dans des proportions gigantesques, au-delà de tout ce qui était attendu.

Sans doute que votre journaliste ne sait même pas quel sens ça peut avoir en algèbre, mais qu’importe ?

- Ce qui augmente très vite ? On pourrait dire alors que la croissance des impôts est « exponentielle » ?

- Oui, si toutefois vous avez à payer beaucoup plus que l’an dernier. »

Là-dessus les deux voyageurs se regardent. L’un d’eux reprend :

« - Ce que c’est que l’instruction… Et si ça grimpe, mais pas si vite, un peu comme le covid en Juillet, qu’est-ce qu’on dit ?

- On dit que cette croissance est linéaire.

- Ah, vraiment, l’algèbre c’est pas fait pour nous. »

vendredi 4 septembre 2020

Schopenhauer et le suicide « assisté » – Chronique du 5 septembre

Bonjour-bonjour

 

 

« On ne peut être vraiment soi qu'aussi longtemps qu'on est seul ; qui n'aime donc pas la solitude n'aime pas la liberté, car on n'est libre qu'étant seul. » Cet éloge de la solitude sous la plume de Schopenhauer (1) me paraissait bien romantique, comme celle du jeune héros solitaire qui, du sommet de la montagne, contemple le monde à ses pieds : y aurait-il là autre chose qu’une posture ?

 

 

Caspar-David Friedrich - Der wanderer

J’en étais resté à cette attitude dédaigneuse lorsque l’actualité a placé sous ses projecteurs le cas de monsieur Cocq.

o-o-o

Monsieur Cocq, malade incurable qui souhaite mourir plutôt que de subir les souffrances et les infirmités de sa maladie est sur de devant de la scène en ce moment du fait de l’interdit qui le frappe. Souffrant depuis plus de 35 ans de douleurs terribles et entièrement paralysé, monsieur Cocq n’est néanmoins pas menacé par une mort imminente, et ne peut de ce fait être concerné par la sédation profonde permise par la loi alors qu’il en demande l’application. Il ne peut ni mourir de maladie ni se donner la mort faute de pouvoir accéder par ses seules forces aux produits qui l’entraineraient. Quant à obtenir le concours de ses proches cela en ferait des complices d’un acte homicide.

 

 Ayant écrit au Président Macron pour contourner cette interdiction, celui-ci lui a répondu dans une lettre pleine de compassion qu’il ne le pouvait pas car il n’était pas au-dessus des lois qui l’interdisent. La loi Claeys–Leonetti qui permet en effet la « sédation profonde » ne s’applique que pour des situations où le patient est en fin de vie, ce qui n’est pas le cas de monsieur Cocq qui souffre de la même pathologie depuis 35 ans. 

Ce cas est pourtant devenu urgent car monsieur Cocq a décidé de ne plus s’alimenter – et  cela depuis hier soir – afin de passer rapidement dans la catégorie « Fin de vie » où il pourrait bénéficier de la sédation profonde. Cette manière d’entrer dans la catégorie de patients concernés par la loi Leonetti permet de contourner le risque de voir l’entourage inculpé pour non-assistance à personne en danger. 

 

- La définition du suicide sur le plan pénal indique qu’il s’agit d’un acte caractérisé essentiellement comme solitaire. Si le suicide est une liberté reconnue, cette liberté porte avec elle l’obligation de non-assistance, quand bien même celle-ci serait indispensable pour son exercice. Ce qui veut dire que toute liberté doit être conçue comme acte solitaire, tant du côté de sa résolution que de celui de sa réalisation.

Nous voici revenu à Schopenhauer qui aurait eu raison au moins dans ce cas. 

Il est dans l’essence de la liberté d’être l’expression de la volonté qui l’a formulée et assumée, sans qu’aucune influence vienne la compromettre. Ni la passion à l’intérieur du sujet, ni les complicités à l’extérieures, ni même l’amitié profonde ne doivent intervenir sous peine de dénaturer le pur vouloir. 

Et pourtant… Le fait de se donner la mort peut paraitre une liberté essentielle propre à l’homme. Comment le déposséder de cette possibilité au nom de principes précautionneux comme de ne pas se compromettre avec des interdits légaux ?

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(1) Lire son texte ici

jeudi 3 septembre 2020

Plan de relance : Bergson contre Ph. Martinez ? – Chronique du 4 septembre 20

Bonjour-bonjour

 

Plan de relance… commissariat au plan et à la prospective… Penser l’avenir ? ou plutôt : penser le présent ?

Tout ça se bouscule dans ma pauvre tête au point de s’embrouiller. Tâchons d’y voir plus clair.

 

- Déjà, noter l’usage du verbe « penser » sur le mode transitif direct : on ne dit pas « penser à l’avenir » mais « penser l’avenir ». Sur ces nuances on verra ce site, mais on notera déjà une différence de proximité dans le temps : penser à l’avenir fait référence à un projet alors que penser l’avenir désigne une activité présente. Dans ce dernier cas on n’est plus dans le programme mais dans l’urgence de l’actualité. L'avenir commence alors dans la minute qui suit.

- Ensuite, que faut-il en penser dans le cas du "plan de relance" ? Par exemple, si l’on fait un tel plan, est-ce en fonction de l’avenir ou bien plutôt en fonction de l’actualité bouillante ?

On remarque que le gouvernement estime avoir  tranché ce : il affirme avoir fait face à l’urgence du présent avec son plan de sauvegarde de l’économie et des emplois mis en œuvre dès avril et toujours en activité. En revanche pour relancer, il faut viser un point placé dans l’avenir : des grands projets tels que les infrastructures ferroviaires, ça ne peut pas s’envisager autrement que dans le temps long ; idem pour la création d’une industrie de la voiture à hydrogène. 

Mais peut-on penser l’avenir sans tenir compte du présent ? A quoi bon penser à créer dans trois ans des emplois pour des travailleurs qui ont été au chômage durant tout ce temps ? Un chômeur est un homme qui a besoin comme tous les hommes de manger à sa faim chaque jour : pour cela il faut avoir assuré non seulement des minimas sociaux décents, mais surtout avoir des projets économiques à très court terme pour pérenniser des emplois dans des entreprises menacées de faillite. Pas d’avenir lointain sans avenir « court » ; pas d’avenir immédiat sans présent. Le temps est un continu qui n’a pas de compartiment : il n’est pas comme un train fait de wagons accrochés les uns à près les autres, mais comme ces rames de métro qui ne forment qu’un seul et même serpent à l’intérieur duquel on peut circuler de la tête à la queue.

… Un temps « serpentaire » dont le présent n’est qu’une évolution du passé, et l’avenir une orientation de l’actuel ? Voilà le temps bergsoninen qui refait surface avec ses distinctions entre le temps non-être objectif, et le temps « subjectif » dont l’existence n’est que pour la conscience. Autant dire qu’à la CGT où on évalue ce plan pour la relance on n’en a rien à f*** ! 

Mais ne faudrait-il pas être un peu nuancé ? Si Bergson et Ph. Martinez ne sont pas d’accord, ils vivent pourtant bien sur la même planète. Quand le philosophe a dégagé un beau concept, il le contemple avec ravissement et il estime qu’il a bien gagné sa journée. Quant au syndicaliste, tant qu’il n’a pas rempli l’assiette du travailleur, il n’a pas terminé son travail.

- Mais rien ne dit que pour y arriver il ne soit pas conduit à regarder ce qui se passe chez son voisin philosophe. Et le voisin philosophe n’est pas dispensé de réfléchir aux effets pratiques de ses systèmes au cas où il serait élu à l’Élysée.

mercredi 2 septembre 2020

Coronavirus : la contamination par l'air pose question – Chronique du 3 septembre

Bonjour-bonjour

 

On apprend que les passagers d’un bus chinois ont été contaminés alors qu’ils étaient placés loin du cas « index », au-delà du mètre de distance préconisé. Il semble donc que le virus ait circulé de manière considérable dans le véhicule, dont la climatisation a pu favoriser l’infection puisque l'air n'était pas renouvelé. Lu ici

Me voilà, chers amis à me gratter le crâne de façon dubitative : car notre ministre de la santé nous l’a dit formellement : on peut se méfier des ventilateurs qui recyclent l’air de la pièce, mais pas du climatiseur qui le renouvelle. Sauf que certains climatiseurs comme celui de votre voiture peut fort bien à la demande recycler aussi bien que renouveler. Et comment savoir ce qu’il en est si je suis au cinéma dans un lieu confiné dont l’air est pulsé par la machine : peut-être est-il bourré de virus relancés indéfiniment dans le flux d’air rafraichi ?

Au-delà de cette incertitude, c’est la confiance dans l’air que nous respirons qui est menacée. Car l’air est, comme l’eau, un de ces élément naturel dont nous ne pouvons nous passer. Alors on peut bien boire de l’eau contenue dans une bouteille scellée à la source et donc entièrement sécurisée. Mais l’air ? Et si c’était l’air qui nous empoisonnait ? 

On se moque des croyances naïves autant que terrifiantes venues des lointaines épidémies. L’eau des puits pouvait être suspectée de transmettre la peste, raison pour laquelle il fallait assassiner les juifs supposés empoisonneurs de sources. Mais l’air aussi pouvait être empoisonné, menace contre la quelle seul le large manteau de la vierge Marie pouvait apporter une protection.

 


 

Vierge de miséricorde – Nice

 

Hélas ! Si nous n’avons plus d’air pestilentiel venu du ciel, nous en avons néanmoins venu de notre planète et nous avons perdu la protection mariale. Comment nous protéger d’un air contaminé, sinon en évitant d’aller dans des lieux suspectes, comme des restaurants ou des cinémas ?

mardi 1 septembre 2020

Le Président Macron défend la « liberté de blasphémer » - Chronique du 2 septembre

Bonjour-bonjour

 

Etes-vous Charlie ?

Nous revoici cinq ans en arrière, avec les disputes entre ceux qui étaient Charlie et ceux qui refusaient à quiconque de blasphémer au nom du respect dû aux croyances religieuses.

Et aujourd’hui ? Je crains bien que rien n’ait changé et c’est la question qui m’intéresse : pourquoi des arguments rationnels n’ont-ils aucune prise là-dessus – ni pour, ni contre ?

Rappelons d’abord que la liberté en question est une liberté civile, qui existe simplement dès lors qu’aucune loi ne s’oppose à elle : tant que la loi n’interdit le blasphème, celui-ci est permis.

Bien sûr pour interdire le blasphème, il faudrait encore le définir et pour cela retenir une religion particulière : par exemple, représenter Dieu est un blasphème pour les musulmans mais pas du tout pour les chrétiens.

 



Michel Ange – Chapelle Sixtine

Du coup, à moins de faire de l’État un organisme chargé de conserver l’orthodoxie de toute religion reconnue comme telle, c’est impossible. Mais plus radicalement encore, notre pays est régi par une constitution laïque dont on rappellera que « la République ne reconnaît, ne salarie ni ne subventionne aucun culte ». Les islamistes demandent au Président français de se convertir à l’islam sans quoi il reste illégitime : on voit quel gouffre nous sépare.

- Venons-en au principal argument : la liberté ne peut aller jusqu’à blesser les convictions intimes des citoyens, faute de quoi on aurait affaire à une maltraitance, assimilable aux coups et blessures. Ce n’est pas la religion qu’il faut protéger mais les religieux. Mais on voit aussi le caractère subjectif de ces blessures. Qui donc après avoir établi comme on vient de le dire la réalité du blasphème, en mesurera le dommage subi ? Je reconnais que faire subir à quiconque une telle souffrances est un acte répréhensible. Mais il s’agit là d’une faute morale, pas d’un crime relevant de la loi pénale.

Qu’on ait le droit de blasphémer la religion ne signifie pas que ce soit bien de le faire. Mais la loi pénale n’a pas pour champ d’application la faute morale.

C’est cela qui n’entre pas dans certains cerveaux.