dimanche 5 mai 2024

Ponts de mai : le bonheur pour tous – Chronique du 6 mai

Bonjour-Bonjour

 

Les ponts de mai signent le retour de Jean Viard, qui, après avoir expliqué que les vacances avec les enfants ça devrait être quand les parents le décident (voir notre post ici), revient pour se réjouir de ces ponts de mai qui assurent une société unanimement en vacances.

 


Certains se désolent de cette profusion qui désorganise le travail productif et renvoie les enfants en vacances alors même qu’ils reviennent tout juste en classe après les vacances de printemps.

En vacances ? Par tout à fait. Écoutons Jean Viard : « N’oublions pas quand même que la première activité de ce pont, ça va être le jardinage. Les 67% des gens qui ont un jardin, ont sorti leur tondeuse, leur sécateur, leur binette, et ils sont en train de planter des fleurs ou des tomates. » Faire pousser des tomates dans son jardin, c’est aussi travailler, et si ce n’est pas dans le cadre d’une entreprise, qu’importe ?

Et pour le tiers restant qui n’a pas de jardin ?  « Pour eux comme aussi pour les autres, c’est le moment d’aller dans les parcs, dans la nature. C'est la fête de la nature, je le dirais comme ça. Et cette fête de la nature, le maximum de gens ont envie de la partager. Certains pourront aller se promener dans un parc, dans un jardin public ou passer une journée en dehors de la ville. Mais c'est un moment très, très fort de la vie de la société. » 

Cette période de loisir n’est pas inoccupée : elle est un moment de concélébration dans lequel la société vit un fait social global essentiel à son bon fonctionnement et qui est aussi important que la production des moyens de subsistance.

C’est aussi à cela que servent les vacances, à condition qu’elles soient un moment que tous vivent simultanément. Tous en vacances en même temps, c’est pour cela les ponts de mai sont très appréciés. Après, qu’on soit obligé de moduler en fonction des capacités d’hébergement ou de la fluidité du réseau routier, soit ; mais on sait que la normale est « tous en même temps ». Voilà les propos du sociologue : les loisirs non pas pour faire joli, mais parce que la vie normale d’une société doit assurer le même bonheur à tous.

samedi 4 mai 2024

120 consultations gratis : pauvres médecins… - Chronique du 5 mai

Bonjour-bonjour

 

Jadis les médecins étaient des notables, respectés pour leur science et pour leur position sociale. Aujourd’hui ils sont mis en concurrence avec des sites Internet qui les contestent avec des informations plus ou moins scientifiques, ainsi que l'a montré la polémique sur les vaccins anti-covid. Et puis, ne l’oublions pas : les revenus de nos médecins de ville sont parfois un peu juste – en tout cas loin des salaires de certains ingénieurs, malgré un temps d’étude qui fait le double.

Dans cet article, un médecin de ville le dit : « Il ne nous reste que 8 euros dans la poche après le paiement des charges. Pour ma part, je travaille 50 semaines par an pour arriver à équilibrer les comptes du cabinet. » Ce médecin conclue : « Je ne sais pas si beaucoup de professions en France accepteraient cette situation et cette maltraitance institutionnelle. »

Excessif ? Pas complètement si j’en crois mon propre médecin qui me confiait récemment que les charges de son cabinet médical étaient de 3000 € mensuel, soit 120 consultations à 25 €.

- Oui, chaque mois mon médecin doit soigner 120 personnes uniquement pour payer ses charges – et on ne parle pas des impôts.

 

Alors, c’est vrai nos médecins ne sont pas les plus malheureux. Mais dans un monde où le salaire est l’indice d’un mérite et où chacun est en compétition pour avoir la meilleure place, les médecins qui arrivent caparaçonnés de leurs 10 années d’études se trouvent mal appréciés.

vendredi 3 mai 2024

Sacrés cochons… - Chronique du 4 mai

Bonjour-bonjour

 

Dans plusieurs grandes villes allemandes des statues de femmes en bronze présentent une étrange décoloration au niveau de la poitrine :

 


La statue "La jeunesse" de Brême, "Juliette Capulet" à Munich et "la femme du Rhin" à Berlin (de gauche à droite).

 

BFM commente ainsi ces images :  « Sur les poitrines de ces femmes de bronze, on peut nettement voir des traces de décoloration. Elles sont dues aux nombreuses mains qui s'amusent à toucher les seins des statues ». (Lire ici)

Les mouvements féministes ont placé derrière ces statues de femmes dont les seins sont décolorés à force d'avoir été touchés de grandes pancartes mentionnant : « Le harcèlement sexuel laisse des traces. »

 

On reste incrédule devant de tels faits : un comportement aussi puéril peut-il exister de la part d’individus masculins : se peut-il qu’à l’âge adulte la libido masculine soit excitée par un sein de bronze ? On se rappelle que Brassens chantait « Corne d’aurochs », un personnage un peu attardé qui « sur les femmes nues des musées/ ô gué-ô gué/ faisait l’brouillon de ses baisers/ ô gué-ô gué. » Oui, mais ce n’est qu’une chanson.

Plusieurs réactions : l’une amusée dira que les hommes qui pelotent les statues laissent au moins les femmes en paix. Les autres, comme nos féministes allemandes, y verront la preuve que le harcèlement sexuel est si répandu chez les hommes qu’ils ne laissent même pas les statues tranquilles.

Sacrés cochons… Mais, dites-moi, vous n’avez pas entendu parler du gisant de Victor Noir au cimetière du Père Lachaise ?

Regardez-le bien :

 

 

On le voit : les dames aussi seraient pulsionnelles au point d’aller se frotter le frifri sur la protubérance généreuse du défunt. (1) - Il est vrai que la tradition racontait alors qu’en faisant cela elles accomplissaient un rite de fécondité.

Hummmm….

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(1) D’ailleurs, est-il si mort que cela ? On se rappelle que les carabins chantaient Saint Eloi, qui selon eux n’était pas mort « Puisqu’il bande encore »

Mais ça, c’est une autre affaire

jeudi 2 mai 2024

C’est de la propagande ? Et alors ? – Chronique du 3 mai

Bonjour-bonjour

 

En Géorgie, une loi « russe » pour lutter contre… l’influence étrangère : il y a des vannes qui révèlent des vérités bien étranges. Ainsi du projet de loi géorgien contre « l’influence de l’étranger » qui met les foules dans les rues pour protester contre ce que certains voient comme un décalque de la loi qui, en Russie, permet au pouvoir de chasser du pays les ONG. « L'opposition et les manifestants dénoncent l'inspiration russe de cette loi. En Russie, en 2012, les parlementaires de la Douma avaient en effet adopté une loi comparable qui avait instauré un statut "d'agent de l'étranger"… Ce texte est "un décalque de la loi Poutine", assure sur France 24 la présidente pro-européenne de la Géorgie, Salomé Zourabichvili » (Lu ici)

 

L’idée qui se dégage de tout cela, c’est qu’en Géorgie il y a différentes façons de définir l’étranger. L’une rigoureuse, par la position extérieure à la frontière ; l’autre plus « politique » qui tient compte de l’influence déjà présente à l’intérieur du pays, comme par exemple celle d’un oligarque pro-russe qui dirige le principal parti d’opposition. Mais surtout on ne manquera pas de noter la ressemblance entre la Géorgie et l’Ukraine eu égard à l’attrait pour l’Europe (la Géorgie a obtenu récemment l’autorisation de demander l’adhésion à l’UE).

Les forces politique pro-russe ont beau utiliser une rhétorique nationaliste, la vérité est trop grosse pour rester cachée derrière ce cache-sexe riquiqui.

 

C’est de la propagande ? Oui, mais voilà : ça n’empêche pas le parti pro-russe d’être majoritaire et de disposer des voix nécessaires pour faire passer son projet. Et pourquoi est-il majoritaire ? Sans doute parce que nombre de Géorgiens ne sont pas du tout tentés par l’adhésion à l’Europe, tout comme en Ukraine le Donbass était avant même l’annexion par la Russie peuplé de gens qui souhaitaient rester sous l’influence russe.

Ne pas oublier que nous aussi nous fabriquons notre propre propagande, je veux dire celle qui répond à nos aspirations. La vérité politique, nous devons la dévoiler derrière nos propres préjugés.

mercredi 1 mai 2024

une panne d’imagination - Chronique du 2 mai

Suite à une panne d’imagination, je dois me contenter aujourd’hui de reproduire un billet publiée en 2014 sur un autre blog (ici)

 

« La discipline, c’est l’impossible conquis par la répétition obstinée du possible.

Frédéric Gros – Marcher, une philosophie (p. 216) »

 

« Ceux qui lisent ces billets de temps à autre doivent savoir que je me proclame anarchiste, et donc ils doivent sursauter en lisant cette citation de Frédéric Gros : Quoi donc ? s’interrogent-ils – Quoi donc ? Peut-on être hostile à l’autorité et faire l’éloge de la discipline ?

- Oui, bien sûr, s’il s’agit d’autodiscipline. Mais passons : l’essentiel pour aujourd’hui est ailleurs.

Si la discipline nous allège, c’est bien de l’acte de la délibération : ce que j’ai décidé de faire – c’est une fois pour toutes. Chaque jour, je ferai ce que j’ai décidé auparavant sans avoir à en délibérer : « la volonté comme destin », dit un peu plus loin Frédéric Gros.

Par là on comprend qu’il s’agit d’un peu plus que d’une habitude : l’habitude c’est ce qu’on fait sans y penser, presque sans effort, parce qu’inconsciemment on a « pré-dosé » les efforts de la journée en fonction de cela. En revanche, la discipline c’est l’effort sans cesse subi et sans cesse consenti, même lorsqu’il suppose une mobilisation totale de notre être.

D’ailleurs pour comprendre ce qu’est cette idée il n’est que de prendre comme exemple ce dont parle ce livre : je veux dire la marche.

En randonnée, je peux me lever le matin encore douloureux des efforts de la veille ; je peux maudire l’obligation de repartir pour une étape longue, avec des dénivelés importants – bref, une étape qui promet d’être une épreuve. Oui, mais voilà : une fois parti, il faut arriver. J’en ai pris la décision au départ – sinon je serai parti en 4x4. La randonnée, ça ne pardonne pas : je n’ai pas le pouvoir de rester en chemin. Simplement, la discipline, ça a été de dire au départ : Allons ! Engagement sans le quel rien ne serait arrivé.

Sœur Emmanuelle était célèbre pour son injonction : Yalla ! Elle devait être une grande marcheuse – mais elle avait sûrement autre chose à faire… »

(Publié le 6 mars 2014)

mardi 30 avril 2024

Le Rwanda, un nouveau paradis – Chronique du 1er mai 2024

Bonjour-bonjour

 

Ça y est, c’est parti : au Royaume-Uni le gouvernement va débuter les expulsions de migrants illégaux vers le Rwanda. Il annonce son intention d’expulser 5700 migrants au Rwanda « d’ici la fin de l’année ». Et cela de façon tout à fait légale, puisqu’une nouvelle loi stipule que seront expulsés les migrants arrivés illégalement, d'où qu'ils viennent, vers le Rwanda, qui examinera leur demande d'asile. Ajoutons que, quelle que soit l'issue de cet examen, ils ne pourront pas revenir au Royaume-Uni. 

Cette loi verrouille totalement le dispositif « puisqu’elle stipule que le Rwanda est un pays sûr et que le gouvernement pourra outrepasser d'éventuelles injonctions de la Cour européenne des droits de l'homme visant à empêcher les expulsions. » (Lire ici)

Bien sûr de l'ONU aux Églises chrétiennes, les appels se sont multipliés pour exhorter le Royaume-Uni à renoncer à son projet. Mais Rishi Sunak l’affirme : l’injustice est du côté des migrants dont les arrivées en Grande-Bretagne ont atteint «des niveaux insoutenables et injustes. »

 

À quels droits les migrants arrivés illégalement sur le territoire britannique peuvent-ils faire appel ? Leur en reste-t-il un seulement ? Oui, si l’on observe que le gouvernement anglais n’a pas le droit d’emprisonner ces gens, ni de les refouler en mer de sorte qu’ils se noient inévitablement.  Mais alors, quel droit a-t-il de les envoyer dans un pays où ils ne veulent pas aller ? Après tout parmi les droits fondamentaux reconnus par la Déclaration des droits de l’Homme se trouve l’affirmation qu’aucun homme ne peut être privé sans justification du droit d’aller et venir sans contrainte.

Hé bien, justement, le gouvernement britannique, soutenu en cela par celui du Rwanda prétend respecter ce droit. Que veulent ces gens ? « Refaire leur vie dans un pays sûr qui accepte de les accueillir et de leur donner une chance de s’implanter dans le pays. » Ça tombe bien : « le Rwanda est justement ce pays et c’est pour cela que nous les dirigeons vers lui. »

L’hypocrisie révoltante de ce semblant de justification n’a pour objectif que de masquer la véritable intention des britanniques qui est de pourrir la vie des migrants de sorte qu’aucun espoir d’améliorer leur triste sort n’apparaisse de ce côté-là de la Manche.

On peut compter sur l’inventivité française pour les décourager de rester sur notre territoire.

lundi 29 avril 2024

Plus de matons à haïr – Chronique du 30 avril

Bonjour-bonjour

 

Au Danemark on installe des caméras intelligentes dans un service de gériatrie pour aider les infirmières 

Lisons cet article : « Toutes les chambres sont équipées de caméras dans un service danois de gériatrie. Reliées à un système d'intelligence artificielle, elles permettent de faire face à la pénurie d'infirmières en les alertant sur leur téléphone portable. Ces caméras détectent en temps réel les mouvements et les positions de chaque patient. »


 

Centre de contrôle 

 

Évidemment, un tel dispositif parait satisfaisant, mais il laisse aussi songeur. Et s’il était adapté à la vie quotidienne ? Si par exemple, les parents pouvaient suivre en temps réel le comportement de leurs enfants, non seulement connaître l’endroit où ils sont, mais aussi ce qu’ils y font, s’ils travaillent à leur bureau s’ils sont couchés, voire même… s’ils sont sur leurs écrans ?

Et je ne parle pas des maris jaloux qui pourraient ainsi savoir ce que fait leur femme quand ils ne peuvent pas la surveiller sur place.

Viendra un temps où la loi permettra un tel suivi, et – pourquoi pas ? – où des robots prendront en charge la situation, fermer les portes, lancer une alerte stridente dans le quartier (= signifiant « Madame Dupont se met au lit avec un homme qui n’est pas son mari ! »)

Bref : ne pas croire que les machines sont l’origine de nouvelles aliénations. L’invention de tels abus vient du cerveau humain et de personne d’autre. En revanche l’application des inventions de ces cerveau malades est démultipliée par l’IA.

Sans aller très loin l’invention danoise donne l’exemple de ce que nous saurons bientôt appliquer dans nos prisons pour rendre leur surpeuplement un peu plus efficace.

Et puis : plus de matons à haïr.