dimanche 12 janvier 2020

Téhéran a reconnu samedi une « mauvaise décision » après avoir pris le vol PS742 pour une « cible hostile ».

Selon les officiels iraniens, l’opérateur chargé de tirer le missile avait fait feu sans pouvoir obtenir la confirmation d’un ordre de tir à cause d’un « brouillage » des télécommunications. Le soldat a pris l’avion pour un « missile de croisière », il a eu « 10 secondes pour décider » mais « a pris la mauvaise décision ». « Le coupable » de cette erreur devait être traduit « immédiatement » en justice. Lu ici.
o-o-o
1 – L’opérateur a pris l’avion pour un missile tiré par les ennemis de la République islamiste.
2 – Il n’a pu être détrompé en raison d’un brouillage des communications.
--> Donc les terroristes américains sont 2 fois responsables de cette tragique erreur : d’abord en créant un climat de tensions dans la région où du coup on voit des missiles hostiles partout. Ensuite en brouillant les communications.

- Dans ce contexte on ne comprend pas que le soldat responsable final du tir ait été traduit en justice puisque le seul coupable c’est Donald Trump.
Reste que personne ne s’y trompe : si cette confusion a été dénoncée par les iraniens comme une fake-news diffusée par les américains pour déshonorer l’armée des gardiens de la révolution, c’est bien que déshonneur il y a. Quand on n’est pas capable de distinguer un avion de ligne d’un missile, on change de matériel-radar et d’opérateur. Et quand cela est fait, alors en plus on change d’État-major.
Terrible désillusion de cet État-major qui après avoir été incapable de protéger son général en chef Soleimani, a été incapable encore de tuer des « terroristes américains » en bombardant les bases irakiennes où ils se trouvaient : 22 missiles tirés et pas UN soldat américain tué. Et pour finir cette lamentable confusion niée puis avouée dans une reculade ridiculisant les dirigeants politico-religieux… 
Mais quand même tous ces morts du vol ukrainien : ils n’auraient aucune importance ? Leur présence ne compte qu’en terme d’honneur/déshonneur ? Et on n’aurait pas à se réjouir des morts évités sur les bases irakiennes sauf à le faire non pour les vies épargnées mais pour le doigt d’honneur qu’on peut faire aux généraux iraniens ?
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N.B. Voici ce qu’on lit dans la presse du jour : « Le regain de tensions entre les États-Unis et l'Iran n'ont pour l'heure pas débouché sur une envolée des cours pétroliers, lesquels ont perdu 5% depuis l'assassinat par Washington du général iranien Ghassem Souleimani, vendredi 3 janvier. »
Ouf !

samedi 11 janvier 2020

Boeing abattu par un missile près de Téhéran : pourquoi l'Iran ne pouvait plus nier sa responsabilité dans le crash

Au moins deux vidéos ont été tournées juste avant le crash du Boeing 737 et relayées massivement sur les réseaux sociaux. La première permet de distinguer une traînée lumineuse, l'appareil d'Ukrainian Airlines, se rapprocher à grande vitesse du sol avant de s'écraser et de provoquer une explosion. L'autre séquence montre le moment où l'avion est touché par ce qui semble être un missile. Quelques secondes après l'impact, le bruit d'une détonation se fait entendre. Lu ici

Inutile d’y insister : ces vidéos sont le fait de passants équipés de smartphones - les quels sont également indispensables pour leur diffusion sur les réseaux.  Occasion de redire dire combien l’existence de ce petit appareil, sa présence dans la poche de tout un chacun, peut faire pour dérégler le déroulement des évènements qui perturbent l’histoire d’un pays. On avait autrefois coutume de se moquer de Steve Jobs, le génial inventeur de la firme Apple, parce qu’il présentait les nouveaux appareils créés par la marque en disant : « Ceci est une révolution », car si Apple n’a pas totalement inventé le smartphone, en revanche c’est lui qui a créé l’iPhone, qui a lancé ce mouvement et qui a mené l’humanité entière à s’équiper de ce petit appareil. Quand on sait ce qu’il en coûte en matière d’infrastructure et quel est le coût demandé à chacun pour s’en équiper, on se dit que sa diffusion mondiale est le signe d’un évènement historique – dont il est normal que les conséquences soient également historiques.
On dira peut-être que l’hyper complexité technique nécessaire à faire fonctionner cet appareil le rend vulnérable à la censure des gouvernements. Certes. Mais il n’est pas sûr que, compte tenu de son implantation quasiment universelle cette censure soit sans conséquence pour les censeurs.
Quand autrefois (= ancien régime) le pouvoir interdisait la diffusion d’un livre, cela n’affectait que ceux qui savaient lire, c’est-à-dire moins de 40% de gens à la veille de la Révolution (Voir ici) ; à présent même les mollahs n’ont pu couper Internet durablement après les massacres à huis clos de novembre (voir ici)

Réforme des retraites : vers un compromis entre le gouvernement et les syndicats ?

« Concernant l'âge pivot, d'après un ministre proche du dossier Édouard Philippe serait prêt à le retirer du texte de loi pour laisser la place à d'autres solutions, pourvu qu'elles soient crédibles. » - Lu ici.
Voilà : il suffit que les mots terribles d’« âge pivot » soient retirés du document officiel pour que les conducteurs SNCF, les employés RATP, et autres syndiqués en colère se calment d’un coup et que la France retrouve son visage normal.
« Tout ça pour ça »… Voilà ce que beaucoup vont soupirer, songeant que peut-être on aurait pu effectuer ce retrait bien plus tôt et que – peut-être encore – une autre partie s’est jouée ici, partie où il s’agissait de monter qu’on avait de plus grosses c… que l’autre.
Oui, je m’étonne que les réseaux sociaux, si prompts à s’enflammer au soupçon de complot n’aient pas déjà dénoncé le coup monté des syndicats et du gouvernement, copains comme cochon, qui s’ingénieraient à faire durer le conflit simplement pour avoir l’occasion de montrer qu’ils ont de très gros muscles.
Bien sûr, on a flairé quelque chose de pas naturel avec cette longue interruption durant les fêtes avec ces négociations officielles qui ne reprennent que le 7 janvier. « Le gouvernement joue le pourrissement ! » se sont écriés les syndicats. Oui, certes. Mais comme toujours en politique, chaque geste a deux significations simultanées, l’une souveraine (= déclarée) l’autre souterraine.
Mais pendant ce temps, les vrais-gens, ceux qui n’ont à leur disposition que les transports en commun pour aller travailler, et qui passent d’une journée à 10 heures à une journée à 12 voire même à 14 heures : eux ils n’ont pas 2 journées l’une occulte, l’autre révélée.
Par contre, ils ont le temps pour eux : attendre les prochaines élections pour faire savoir aux responsables (1) ce qu’ils pensent de ce qu’on leur a laissé endurer.
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(1) Cela concerne le gouvernement, bien sûr ; mais les syndicats aussi ont leurs élections, ne l’oublions pas.

vendredi 10 janvier 2020

Affaire Matzneff : tout le monde aux abris

- Affaire Matzneff : Bernard Pivot déclare qu'il "regrette"
- Affaire Gabriel Matzneff : la maison d'édition Stock annonce l'arrêt de la commercialisation du livre "Un diable dans le bénitier"
- François Busnel s'excuse en direct pour avoir reçu Gabriel Matzneff sur France 5 dans « La Grande Librairie » : "Je reconnais que cette invitation n'avait pas lieu d'être"
- Gallimard et le ministre de la culture lâchent Gabriel Matzneff
- La maison d’édition Gallimard a décidé de ne plus commercialiser le journal de l’écrivain, à la suite de l’ouverture d’une enquête pour viol sur mineur le visant.
- Pascal Praud ne pense plus que Gabriel Matzneff est un "merveilleux écrivain"
… Etc…

Rendez-vous compte : même Pascal Praud renonce à ses commentaires louangeurs qui lui assuraient de soulever le scandale il y a seulement quelques mois. C’est qu’entre temps, l’une de ses victimes a dit : « Tout ce que vous savez de cet écrivain pédophile suffit amplement pour deviner le calvaire que j’ai enduré lors de ces violences qu’il m’a fait subir. »
On l’a compris, c’est Vanessa Springora qui nous le rappelle : le consentement ne peut avoir de valeur dans ce cas ; c’est ce que dit la victime, et c’est ce qu’aurait pu dire la loi sur l’âge limite du consentement aux relations sexuelles si elle avait été votée. Faute de cela on reste sur l’idée que les mineurs peuvent avoir entre eux des relations sexuelles dès … qu’elles sont mutuellement consenties. En revanche le consentement à de telles relations avec un adulte est fixé à 15 ans.
Au fond c’est cela dont on s’était assuré lorsque Gabriel Matzneff publiait ses livres : a-t-il violé ces jeunes ? Et la réponse étant : « Non » on disait « Banco ! Tout va bien ! »
Mais on avait peut-être oublié que ce consentement n’était pas forcément aussi sincère qu’il y parait, et que le trouble qui entoure les rapports entre sexes chez les adultes pourtant « expérimentés » était bien sûr déjà là chez les enfants.

Quoique… Rappelons-nous que selon Shakespeare Juliette n’a pas encore 14 ans quand elle a cette tragique aventure avec Romeo. Vous voyez d’ici le scandale si Shakespeare faisait jouer sa pièce aujourd’hui. On entendrait à nouveau Denise Bombardier :
- Si vous étiez au Québec, monsieur Shakespeare, on vous aurait déjà mis en prison pour avoir écrit cela !

jeudi 9 janvier 2020

Le boxeur de Massy soupçonné d’avoir frappé sa conjointe.

Interpellé ce mercredi à Lardy (Essonne), Christophe Dettinger, célèbre pour avoir boxé des gendarmes en marge d’une manifestation des Gilets jaunes, est soupçonné d’avoir frappé sa conjointe.



C’est lui qui pourtant avait déclaré (lors de son procès) : « Quand je vois quelqu'un de vulnérable se faire taper, j'y vais, je ne peux pas faire autrement. Je ne regarde pas l'uniforme, je regarde l'homme qui fait ça. » 

On imagine donc « le Gitan de Massy » se plaçant devant une glace pour s’administrer à lui-même un uppercut afin de neutraliser l’odieux individu qui a frappé sa femme… en sa présence exclusive.
Bien sûr la violence qu’il aurait infligée à sa future-ex-épouse (avec laquelle il est en instance de divorce) n’a rien à voir avec celle qu’il avait déchainée contre un gendarme l’an dernier à Paris : il se serait contenté de la bousculer brutalement, la rejetant contre une automobile, sans toutefois la faire tomber. Pas de quoi faire tomber aussi son sursis. Mais on garde quand même ce recours à la brutalité comme significatif. Cet homme ne parait pas désireux, quand il veut persuader les gens de faire ce qu’il leur demande, d'éviter le recours à la violence - « Sinon t’ar ta gueule à la récré » comme disent les garçons de la communale. Et en effet il y a quelque chose de puéril dans ce recours à la force, quelque chose venu peut-être du fond des âges, avec les lointains préhominiens qui ont fondé notre espèce. Eux aussi avaient peut-être une dialectique trop courte pour aboutir, eux également sans doute recouraient à la force pour obtenir ce qu’ils voulaient.
Mais enfin, l’évolution n’est pas un vain mot. Faudrait-il admettre qu’elle aurait favorisé les ancêtres du Gitan de Massy plutôt que ceux de Blaise Pascal ou de René Descartes ?

mercredi 8 janvier 2020

Retrait américain d'Irak: Bagdad confirme avoir reçu une lettre «signée» et «très claire»

Ce n'est pas une feuille qui est tombée de la photocopieuse (...). Maintenant, ils disent que c'était un brouillon (...), mais ils auraient pu envoyer une autre lettre de clarification », a confirmé le premier ministre démissionnaire irakien Adel Abdel Mahdi, lors du Conseil des ministres retransmis à la télévision d'État, alors que lundi soir, le chef d'État-major américain avait affirmé que cette lettre était un simple « projet (de lettre) non signé » transmis par «erreur». « C'était une lettre officielle avec la mise en page traditionnelle », a insisté Adel Abdel Mahdi. (Lu ici)

Encore une fois, l’amateurisme de l’administration Trump est confondant. Tout se passe comme si ces gens fonctionnaient à l’impulsion, un peu comme on le ferait dans le secret d’un cabinet ministériel, avant de prendre contact avec le monde extérieur. Mais quels sont les effets d’une telle inconséquence ?
- On peut se moquer de ces dirigeants si peu sérieux – à moins qu’on ne considère que leurs inconséquences sont sérieuses, entendez que c’est là ce qu’ils peuvent faire de mieux !
- Si l’on est le destinataire de ces manœuvres, on peut également légitimement se sentir humilié. Tous se passe en effet comme si on n’existait pas, comme si la puissance américaine jouait avec les hommes et les États souverains, un peu comme un enfant qui prend ou qui rejette ses jouets.
- Reste que l’Amérique est une super puissance et que pour le moment elle se sert de ce pouvoir pour faire n’importe quoi. « Regardez ce qu’on peut faire quand on a l’armée la plus puissante du monde et des poches qui débordent de dollars ! »

mardi 7 janvier 2020

Iran-États-Unis : à Bruxelles, OTAN et Union européenne prônent à leur tour la « retenue »

Les représentants de la diplomatie américaine ont expliqué « la posture et les déterminants » de l’administration Trump et estimé que la dissuasion à l’égard de Téhéran était désormais rétablie.
La « désescalade » est aussi, désormais, une demande américaine, et la lutte contre l’organisation État islamique (EI) doit rester une priorité. Ce qui importe est donc de convaincre rapidement les autorités de Bagdad de la nécessaire poursuite des activités de la coalition internationale contre Daesh, rapporte un porte-parole. Lire ici

Bref : tout le monde est pour la modération … sauf l’Iran. Imaginons : dans la cour de récré, un instit un peu irritable met une retentissante paire de gifles à Kévin qui vient de faire on ne sait quelle bêtise et lui dit : « Kévin, tu es un bon gars si tu te tiens tranquille à présent » Bien sûr Kévin n’aura aucune envie d’être un « bon gars » dans pareille condition. Hé bien l’Iran c’est pareil.

En effet, ne sommes-nous pas entrain de spéculer comme si les dirigeants de ce monde étaient tous des diplomates, très soucieux de réserver la violence armée aux cas limites où la négociation a échoué et où une brève et raisonnable attaque peut ramener les adversaires à la table des pourparlers ?
- En réalité, sauf si la violence subie produit une sidération totale, on imagine que les iraniens se répartissent en deux groupes : ceux qui sont entrain de concocter des agressions contre les américains et ceux qui s’apprêtent à les applaudir.
Car il faut aussi savoir que les dirigeants politiques sont d’abord des hommes ou des femmes livrés à leurs émotions et que, si leur pouvoir est suffisant pour qu’ils soient libres de négliger les propos de leurs conseillers, alors ils réagissent comme des enfants dans la cour de récré.