jeudi 6 mai 2021

Faut-il déboulonner Napoléon ? – Chronique du 7 mai 2021

Bonjour-bonjour

 

L’actualité nous invite à méditer sur l’intérêt de l’histoire, non pas ce passé qui fut le nôtre et qui nous interpelle, mais bien cette science qui se consacre à son étude. Il s’agit bien sûr du débat concernant la commémoration du bicentenaire de la mort de Napoléon qui nous intéresse. Pour les uns il faut condamner les méfaits de l’Empereur comme s’il les commettait aujourd’hui – et on pense d’abord au rétablissement de l’esclavage. Pour les autres aucun jugement ne peut être formulé aujourd’hui à propos des évènements historiques sauf à s’en tenir à ceux qui tiennent compte de l’époque. 

Cette question a été abordée par le discours présidentiel : je ne doute pas que le Président si attaché à trouver le point d’ancrage de la nation que sont nos héros ait eu l’intention de montrer que le passé et le présent – mais aussi l’avenir – se retrouvent et se complètent dans la mémoire de Napoléon. Seulement, pour être un idéal encore aujourd’hui, il doit être lavé des impuretés qui le souillent – comme le rétablissement de l’esclavage ou la tyrannie à l’encontre des intellectuels, ou encore la soumission des femmes à leur mari.

Il s’agit de politique ou d’idéologie – mais pas seulement : la question du jugement porté sur l’Empire est vraiment l’occasion de s’interroger sur l’intérêt de l’histoire comme science.

 

Et du coup ressurgit la question : à quoi bon faire de l’histoire ?

… « Papa, explique-moi donc à quoi sert l’histoire ? » : c’est par cette question posée par son propre fils que Marc Bloch ouvrait son livre « Apologie pour l’histoire – ou : le métier d’historien ». C’est sans dissimuler aucune des difficultés du métier d’historien – et le lecteur des livres d’histoire en est déjà un – que Marc Bloch apporte la lumière indispensable pour comprendre l’enjeu véritable de ce débat, qui, s’il ne concernait que le déboulonnage de quelques statues, n’aurait que peu d’intérêt.

Refusant de considérer l’historien comme un antiquaire qui ne s’intéresserait au passé que pour le passé ; mais estimant par contre que les différences entre lui et nous ne sont pas de véritables ruptures, le livre posthume de Marc Bloch peut être rouvert aujourd’hui pour nous aider à comprendre non pas s’il faut commémorer ou pas Napoléon, mais de quelle façon il convient de le faire.

Le plus motivés pourront télécharger le livre de Marc Bloch ici.

Les moins énergiques pourront lire un compte-rendu ici.

Quand le devoir et l’intérêt se confondent – Chronique du 7 mai 2021

Bonjour-bonjour

 

Tempête sur les labos pharmaceutiques : après Washington, l'UE déclare être « prête à discuter » de la levée des brevets des vaccins contre la Covid-19. Et ce n’est pas tout : Cécile Duflot, la directrice générale d’Oxfam France a signé un "appel de Paris" le 11 mars dernier pour "libérer la production des vaccins". Le texte demandait la réquisition des outils de production et la levée des brevets en suspendant temporairement les Accords sur les aspects des droits de propriété intellectuelle qui touchent au commerce (ADPIC). (Lu ici)

Voilà des propositions révolutionnaire qui fleurent bon la sédition marxiste : ce qu’il faut réquisitionner, ce n’est pas seulement la matière grise, mais aussi les lignes de production et tout ce qui va avec. Quand on voit que les États-Unis se déclarent prêt à imposer cela, et que l’Union Européenne (moins l’Allemagne il est vrai) en accepte le principe, on se dit que les valeurs humanitaires ont d’un seul coup pris une incroyable autorité !


Peut-être… ou peut-être pas. Car voyons de plus près les informations – par exemple celle-ci : « Aux Seychelles : malgré 60% de vaccinés, le pays se reconfine

Depuis des mois, le monde mise tout sur le vaccin pour revenir à la vie normale, mais ça pourrait ne pas suffire. Les Seychelles, pays le plus avancé du monde sur la vaccination, avec 60% d’habitants vaccinés, viennent d’annoncer leur reconfinement face à une nouvelle vague de contaminations. 45% des contaminés ont été entièrement vaccinés, principalement au vaccin chinois et à l’Astrazeneca. » (Lu ici

On pourrait se dire : pourquoi se battre pour diffuser la vaccination, puisqu’elle est inefficace ? Mais ensuite, lisant de plus près la dépêche on constate que le virus concerné est le variant indien et que les vaccins utilisés (Sinopharm, le vaccin chinois et Astrazeneca) ne sont pas les plus efficaces face à lui. On dira : diffusons donc principalement les brevets de Pfizer et de Moderna, et voilà tout.


- Mais surtout, ce qui se passe aux Seychelles et qui implique le variant indien est un terrible avertissement : si nous laissons se développer le virus jusqu’à ce qu’il atteigne une masse critique, il va produire des variants devant lesquels nous serons impuissants. Il est non seulement de notre devoir de protéger nos frères humains, mais encore de notre intérêt bien pensé d’empêcher le virus de les infester au risque de produire des mutations pathogènes pour nous aussi. 

mercredi 5 mai 2021

Les faits sont complètement démentis par mon opinion – Chronique du 6 mai 2021

Bonjour-bonjour

 

Vu à la télé hier soir Xavier Gorce, le dessinateur de presse viré par le Monde il y a peu et auteur de la série « Les Indégivrables », qui nous montre son pingouin défenseur de fake news :

 


 

Voilà donc les deux règles qui dominent aujourd’hui : 1° L’opinion est la vérité ; 2° Ce qui s’oppose à l’opinion non seulement est faux mais participe aussi aux ruses d’un complot.

- Voyons d’abord la première affirmation : toute vérité coïncide obligatoirement avec l’opinion, qui est je suppose ici une manière d’éprouver une réalité quelconque (1). Si je ressens qu’il fait chaud alors il fait chaud, quoiqu’en dise mon voisin et les bulletins météo qui annoncent le froid sont mensongers. On est ici en plein dans le relativisme tel que Théétète le décrivait sous la plume de Platon : « il me paraît que celui qui sait une chose sent ce qu’il sait et, autant que j’en puis juger en ce moment la science n’est autre chose que la sensation. » (Théétète – 151e). Telle est ma sensation, telles sont les choses: notre Pingouin frileux ne dit pas autre chose.

- Et la réciproque (à savoir que ce qui s’oppose à l’opinion est forcément une tromperie abusive) : il y a quelque temps un jeune cadre du Rassemblement National (il s’agit de Jordan Bardella) était confronté à une journaliste qui l’interviewait à propos d’un texte de loi qu’il critiquait pour un article particulier. La journaliste « Mais cet article n’existe pas dans le texte, monsieur Bardella. » Réponse : « Ça, c’est votre opinion, et ce n’est pas parce que vous êtes journaliste que votre opinion est supérieure à la miennes. »

Xavier Gorce ne doit pas chercher longtemps ses comics stripes de pingouins : les actualités les donnent toute faites.

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(1) "Une opinion est un avis, un jugement personnel que l'on s'est forgé sur une question ou un sujet en discussion qui ne relève pas de la connaissance rationnelle. L'opinion, même si elle est affirmée avec conviction, est un jugement qui n'est pas nécessairement juste." La Toupie

mardi 4 mai 2021

Passeport vaccinal – Chronique du 5 mai 2021

Bonjour-bonjour

 

L’idée de passeport vaccinal qui présente l’inconvénient de priver certains citoyens de leurs droits de se déplacer et d’entrer dans certains lieux alors que d’autres le pourraient fait polémique en France : les autorités déclarent avec emphase qu’il n’est pas question d’une pareille entorse aux droits fondamentaux des personnes, mais on voit aussi que, de façon détournée, ils laissent entendre que ça serait quand même possible.

Il faudrait consulter des spécialistes de la constitution pour dire si ces mesures sont conformes à nos principes fondamentaux, mais on peut aussi regarder chez nos voisins qui ont déjà pris de pareilles mesures comment elles se justifient.

Par exemple l’Allemagne dont on nous dit qu’elle va lever plusieurs restrictions pour les personnes vaccinées : « Les personnes vaccinées n’auront plus besoin d’un test négatif si elles veulent faire des courses, aller chez le coiffeur ou visiter un jardin botanique. Elles pourront aussi se rencontrer en privé sans restriction. Le couvre-feu nocturne récemment instauré à partir de 22h00 ne s’appliquera plus non plus aux personnes ayant reçu deux doses de vaccin. » a déclaré (ici) Christine Lambrecht ministre de la justice.

Voilà donc les faits : maintenant, comment justifie-t-on l’exception qu’ils constituent par rapports aux autres citoyens, ceux qui ne sont pas inoculés ? Écoutons encore la ministre de la justice d’Allemagne : « Nous avons dû restreindre les droits fondamentaux durant la crise sanitaire pour protéger la vie et la santé. Cela a été extrêmement douloureux pour moi en tant que ministre de la Justice. J’ai aussi toujours dit que les droits fondamentaux devaient être rétablis dès lors que leur restriction n’était plus justifiée » (Réf. Ci-dessus)

Autrement dit : il ne faut pas voir dans ces mesures des privilèges accordés à certains et refusés à d’autres, mais au contraire, la levée de restrictions exceptionnellement et légalement consenties en raison de la gravité du danger. Cette interprétation serait également valable pour nous, en France, sous conditions que ce passeport vaccinal soit concomitant avec l’état d’urgence sanitaire. 

Certains vont hausser les épaules et dire qu’on fait de la com’ et rien d’autre. Mais ils auraient tort : ce qu’on énonce ici c’est un principe – à savoir que rétablir des libertés même progressivement, même sans que tous puissent en bénéficier, n’est pas illégal. Rétablir la liberté, ce n’est pas forcément en même temps que tout le monde pourra en jouir, mais seulement que ceux qui en seront empêchés ne doivent pas l’être par un acte arbitraire mais seulement par un fait naturel.

Par exemple, ne pas être vacciné est un fait « naturel » tant qu’on n’en a pas été empêché par une décision arbitraire.

lundi 3 mai 2021

Que vaut l’esprit opposé à la matière ? – Chronique du 4 mai 2021

Bonjour-bonjour

 

Les déboires électoraux de Narendra Modi, premier ministre de l'Inde, qui interviennent dans le sillage de la catastrophe humanitaire et sanitaire dûe à la deuxième vague de la pandémie, expriment fortement la revendication permanente du peuple indien qui tient ses dirigeants pour responsables de la flambée de la maladie. D’ailleurs on voit que partout en occident, les résultats obtenus dans la lutte contre la covid sont portés au crédit – ou au discrédit –  des dirigeants en poste, au point qu’en France la campagne électorale 2022 a bien du mal à se lancer sur des thèmes strictement politiques : on verra bien quand l’épidémie sera vaincue – si elle l’est un jour.

Mais dans le cas de  l'Inde il y a plus : monsieur Modi s’est transformé au durant les mois passés en une sorte de gourou à longue barbe blanche. « Il faut savoir que dans la culture hindoue, une longue barbe blanche est associée au sage philosophe ou sadhu. Certains commentateurs se sont hasardés à comparer le nouveau look de Modi à celui du poète Rabindranath Tagore, figure majeure de l’Inde, comme si le premier ministre voulait s’aligner sur les grandes icônes politiques et philosophiques du pays pour façonner sa propre figure historique. » écrit Sophie Landrin correspondante du Monde. 

  


A gauche : Narendra Modi lors de sa première élection ; à droite aujourd’hui

 

Selon Gilles Verniers (professeur de science politique à l’université Ashoka) cela vise à le placer au-dessus de la sphère politique. « Il est passé de l’homme infaillible, du PDG de l’Inde, à l’image du sage hindou », celui qui oriente la vie morale et spirituelle des gens et qui domine la vie matérielle du pays sans avoir à y toucher. Comme le roi du temps de Louis Philippe, le maitre de l’Inde règne mais ne gouverne pas. 

On voudrait bien que le ridicule de cette posture ne concerne que les chefs soi-disant charismatiques dont l’autorité n’est qu’une bulle de savon qui éclate au moindre souffle d’air. Mais on voit bien que les chefs religieux eux-mêmes font profil bas devant la maladie – voyez le Pape : a-t-il recommandé de remplacer le vaccin par des prières ?

Le pire, c’est qu’on est poussé à généraliser cette observation : que vaut la force de l’esprit quand elle s’oppose à celle de la matière ?

dimanche 2 mai 2021

Restons correct ! – Chronique du 3 mai

Bonjour-bonjour

 

Si vous voulez restez correct alors n’appelez surtout pas un chat, un chat, comme le suggère Françoise Nore dans son livre (Françoise Nore : Appelons un chat, un chat ! Publié aux éditions de l’Opportun).

On trouvera dans cet ouvrage (dont les premières pages sont consultables ici) la description des mécanismes parfois surprenants de l’euphémisme tels qu’on les découvre dans la communication (en particulier politique). On y apprendra aussi que les modifications des expressions usuelles ne sont pas seulement des préciosités : elles finissent par instituer une véritable police de la pensée, et les éditorialistes qui ont récemment osé utiliser le mot « nègre » l’ont payé cher, nous nous en étions fait l’écho. Ces remarques débouchent sur un rapprochement avec la novlangue, dont la sinistre fonction nous menace plus que jamais ; l’autrice va comme on le voit bien au-delà de la traditionnelle dénonciation de la langue de bois. (1)  

 

Bref : sans revenir sur les aventures du langages qui relèvent de la volonté de former des chapelles intellectuelles, un peu comme les Précieuses ridicules de Molières, nous nous interrogerons sur la capacité de la censure imposée au langage d’opérer également sur notre pensée. La pensée est-elle inconsciente au point que les mots qui la formulent la conditionnent étroitement ? Les mots ont-ils un sens que nous ne choisissons pas et ne pensons-nous que dans les mots ? Autrement dit, l’intention ne suffit-elle pas à donner au mot la signification originale liée à cette circonstance ?

- Je prendrai un exemple glané dans une interview de Jean-Jacques Bourdin récemment consacrée à Marlène Schiappa venue justifier les sanctions prises contre les supporters de football accusés de pousser des injures homophobes. 

On trouvera ci-dessous l’échange un peu paraphrasé : on écoutera l’original ici (c’est à 0’50)

Jean-Jacques Bourdin : Quand les supporters crient « enculé » à l’arbitre  ce n’est qu’une injure sans plus. Pourquoi y voir de l’homophobie ?

Marlène Schiappa : parce qu’un « enculé » est un homosexuel passif, c’est celui qui est pénétré lors de l’acte.

J-J B (stupéfait) : Ah bon ? Vous croyez ? quand un conducteur irrité crie « Enculé » à un autre, c’est cela qu’il veut dire ?

M S (péremptoire) : Absolument. D’ailleurs vous remarquerez que l’on ne cherche pas à humilier ceux qui pratiquent ces rapports sexuels entre hommes (comme on le voit dans les prisons), mais seulement ceux qui les subissent. 

(Je passe la suite, d'ailleurs écourtée pour permettre à J-J B de prendre une bouffée de Ventoline)

 

Voilà où nous en sommes : faut-il dire comme Marlène Schiappa que nous pensons toujours dans la sphère du langage, là où la police des mots peut intervenir ; ou bien comme Jean-Jacques Bourdin que les mots n’ont pas de sens mais seulement des emplois (citation approximative de Wiggenstein) ?

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(1) Rappelons cette définition de la « novlangue », terme issu du roman de Georges Orwell 1984 : « C'est une simplification lexicale et syntaxique de la langue destinée à rendre impossible l'expression des idées potentiellement subversives et à éviter toute formulation de critique de l’État, l'objectif ultime étant d'aller jusqu'à empêcher l'« idée » même de cette critique » Art. Wiki. (On lira la définition donnée par le roman en note 1 de cet article)

samedi 1 mai 2021

Au-diard Pré-sident ! – Chronique du 2 mai 2021

Bonjour-bonjour

 

Vient de paraître "Les lois de Michel Audiard, Liberté, Fraternité, Égalité", de Fabrice Defferrard, professeur de droit à l’université de notre bonne ville de Reims. (Compte rendu ici)

Dans cet ouvrage, l’auteur décrypte les répliques cultes du scénariste pour nous donner sa vision de la politique, de la justice, de l'humanité … et des cons. On y découvre à travers ses phrases cultes, glanées dans les films auxquels il a collaboré de 1949 à 1985, date de sa mort, quelques-unes de ses orientations politiques, morales, ou plus vaguement humaines.

L’auteur de ce livre cite des extraits des dialogues où Michel Audiard exprime sa méfiance vis-à-vis du pouvoir, et plus généralement son mépris des puissants : quelles « saloperies » ont-ils dû commettre pour en arriver là ? Occasion de distinguer entre les médiocres restés au bas de l’échelle et les salauds qui ont su y grimper. Face à ce dégoût, ne reste que l’amitié, formule qui fait appel à la solidarité entre amis qui se sont cooptés ; ici pas de lois mais de la camaraderie – ce qui suppose bien sûr qu’on ait affaire à des hommes et des femmes qui soient plus proche des anges que des démons.

J’en reste là, car paraphraser ce livre me parait une entreprise sans valeur ajoutée. Par contre on peut s’interroger sur le projet de ce livre qui cherche à découvrir une vision de l’homme et de la société au travers de ces répliques dont chacun a fini par se souvenir comme on se souvient de vieilles rengaines. 

- On pourrait se méfier de cette tentative de décodage politique. Ces répliques sont des citations qui, coupées de tout contexte, peuvent dire à peu près tout ce que l’on veut, surtout si on en fait un montage de formules venues de dialogues complètement indépendants les uns des autres. Certes Michel Audiard est un auteur engagé, et on ne fera pas de lui un défenseur de l’Ordre ; mais entre anarchiste et père-peinard toutes les nuances peuvent y passer.

- Pourtant il reste qu’Audiard est un précurseur de ce qu’on appelle aujourd’hui la « communication politique » car elle lui emprunte la plupart de ses procédés. Ces phrases ont été écrites, certes, mais elles sont en réalité faites pour être dites : elles ont toujours le même rythme ; leur forme l’emporte sur leur contenu même si celui-ci doit faire choc ; en bref en elles la fonction « poétique » (pour parler comme Roman Jacobson (1)) est dominante. La réflexion politique est alors renvoyée aux oubliettes, seules demeurent les formules, sortes de slogans qu’on utilisera à la place de la pensée.

On comprend alors pour quelles raisons on peut donner une telle importance à Michel Audiard, dialoguiste pyromane, ou du moins pyrotechnicien. C’est qu’il invente le procédé qui triomphe aujourd’hui dans les tweets qui sont devenus moyen de communication privilégié en politique. Le principe est le suivant : ce qu’on veut dire doit l’être dans des formules très fortes et sans nuances ; et pour cela la brièveté est essentielle.

280 signes pas un de plus.

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(1) Avec la Fonction poétique (selon Roman Jacobson) la forme du texte devient l'essentiel du message. Alors l’émetteur du message peut avoir la volonté de soigner particulièrement l’esthétique de sa signification et on sait que cette fonction ne touche pas seulement la poésie, mais aussi les proverbes, les jeux de mots, les slogans... (Lire ici)