lundi 7 mai 2018

UNE CHAINE HUMAINE POUR PROTESTER CONTRE LE COMPTEUR LINKY


Dans le village d’Autrans (Isère), 300 personnes, vêtues de gilets fluo forment une chaine humaine pour protester contre le déploiement du compteur Linky (vu ici)

Parmi les nombreux griefs formulés à l’encontre du compteur Linky, il y a le détournement des données confidentielles sur le comportement des usagers au bénéfice de l’opérateur Enedis. On dit en effet que, suivant heure par heure le débit électrique d’un foyer, il serait facile de deviner les éléments sensibles de la vie privée de chaque usager.
Pour y voir plus clair, commençons par la définition des données sensibles :
« Donnée sensible (Définition de la CNIL: Information concernant l’origine raciale ou ethnique, les opinions politiques, philosophiques ou religieuses, l’appartenance syndicale, la santé ou la vie sexuelle. En principe, les données sensibles ne peuvent être recueillies et exploitées qu’avec le consentement explicite des personnes. »
--> Pour déduire de la consommation électrique des informations sur la sexualité, la religion ou l’engagement politique, autant consulter une boule de cristal.
On reproche aussi à ces compteurs de porter atteinte à la santé, par les ondes électro-magnétiques produites – et aussi de pousser à la consommation. Autant dire qu'on risque gros dès qu'on branche un sèche-cheveu dans sa maison.

En fait le soupçon qui reste sous-jacent ici, c’est qu’une firme comme Enedis ne peut pas investir des capitaux aussi importants sans chercher un retour profitable sur investissement. Et chaque client peut se dire : C’est dans ma poche qu’Enedis va chercher ce profit.

dimanche 6 mai 2018

« KARL MARX ? JE L'AI BIEN CONNU ! » (Nicolas Lecaussin)

C’est Bogdan Calinescu (Roumain qui, devenu Français, publie sous le pseudo de Nicolas Lecaussin) qui proclame cela. Et pour cause : durant toute sa jeunesse il a suivi les cours obligatoires de marxisme-léninisme dans les écoles et les universités roumaines. Mais il y a mieux : tout cela était pratiqué à la lettre dans la Roumanie communiste.
« À l'époque, j'étais très loin de réaliser que toutes ces inepties autour du matérialisme historique, de la lutte des classes, de la dictature du prolétariat ou de la fin du capitalisme avaient condamné des peuples entiers à la misère et à l'abêtissement, tout en obtenant en Occident l'adhésion de beaucoup d'intellectuels » écrit Nicolas Lecaussin.

Occasion de faire un petit retour sur le mai-68 dont le souvenir nous enchante, 50 après.
Oui, ce souvenir est un peu sélectif : on parle bien encore de la passion révolutionnaire qui habitait les étudiants qui manifestaient contre l’ordre bourgeois. Mais il ne faudrait pas oublier ce dont parle notre auteur : le matérialisme historique, la lutte des classes, la dictature du prolétariat revendiqués dans les A.G. et les amphis de la Sorbonne occupée. Il n’est que de se rappeler les disputes qui opposaient les marxistes-léninstes orthodoxes et les trotskistes pour retrouver les germes d’une dictature. Un seul exemple : celui qui tentait une comparaison entre les fours crématoires nazis et le goulag soviétique était mis au ban du groupe. D’ailleurs en 1968 l’œuvre de Soljenitsyne n’était pas encore connue, et celui qui dénonçait les camps de travail était encore vu comme un complice de la bourgeoisie. Le bilan du régime soviétique était décrit vu comme « globalement positif » (1).
Aujourd’hui il est devenu assez difficile de trouver en libraire les œuvres de Kar Marx, et le souvenir des analyses politiques d’il y a 50 ans a bien pâli. Mais il ne faudrait quand même pas que cela entraine une dénégation : se rappeler quel était l’écart entre les revendications de la rue et la réalité politique et économique.
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(1) Citation de Georges Marchais, secrétaire général du parti communiste. C’est le 13 mai 1979 que le parti communiste publie une résolution finale qui contient ces lignes de la main de Georges Marchais, Secrétaire Général du parti : « À la question de savoir quel est aujourd’hui l’apport du socialisme au mouvement historique des pays concernés et à l’humanité dans son ensemble, nous répondons : le bilan des pays socialistes est globalement positif. » Au mois d’avril précédent, Georges Marchais n’avait pas hésité à condamner le « totalitarisme giscardien. »

samedi 5 mai 2018

PROJET DE BUDGET EUROPÉEN 2021-2027 : LA DISTRIBUTION DES FONDS SERAIT CONDITIONNÉE AU RESPECT, PAR LES GOUVERNEMENTS, DE L’ETAT DE DROIT.

Il m’arrive de rêver que les philosophes des Lumières reviennent de nos jours, sans y avoir été préparés, et donc avec leurs opinons, leurs préjugés et leurs certitudes d’époque.
- Imaginez un instant Montesquieu : « Il ne faut pas faire par la loi ce qu’on peut faire par les mœurs  » dit-il en ouvrant son journal. Et le voilà qui tombe sur cette information : « La Commission de Bruxelles propose de conditionner tous les fonds du budget au respect, par les gouvernements, de l’Etat de droit… Dans le viseur de Bruxelles : la Pologne, la Hongrie, Malte ou la Roumanie. » (Lu ici)
Il sursaute – et une fois qu’on lui a expliqué qu’il s’agit d’une « Fédération » des Etats européens, librement associés et organisés selon une constitution votée démocratiquement, il tombe carrément de son fauteuil. « Quoi ? Cette libre association obéit aussi à des rapports de force ? On admet qu’on puisse se dégager du respect des règles démocratiques grâce à des pénalités financières ? Car enfin, que ces valeurs vénérables qui fondent l’Etat de droit puissent être soumises à un marchandage de boutiquier, voilà qui situe à un niveau déplorable de conscience morale ces grands Etats et leurs souverains ».
Laissons Montesquieu remonter dans le char du temps : il part vers un avenir encore plus lointain pour vérifier que les principes universels y sont mieux respectés qu’aujourd’hui – et songeons à sa réaction. Oui, le niveau de moralité d’un peuple, défini par les valeurs soutenues par les dirigeants qu’il choisit de mettre au pouvoir, est sans doute un indicateur essentiel encore que méconnu. Quand on nous parle des migrants qui se pressent à nos frontières, et qui viennent parfois mourir de faim et de froid dans nos rues, nous ne pensons qu’à l’argent que ça nous couterait de les sauver – et plus généralement aux effets (forcément nocifs) que leur présence aurait sur l’économie. Morale de boutiquier ! Supposez que vous créeriez une taxe sur les sodas pour alimenter un fonds de secours aux migrants : voyez comment ça va réagir !
- Mais Montesquieu aurait encore une autre raison de se désoler : voyant les Identitaires se masser aux frontières pour interdire l’accès au territoire et même occuper les mosquées pour faire cette fois barrage non pas aux hommes mais à leurs Dieux, alors s’effondrerait sa foi dans le progrès : non, dirait-il, les appels à la tolérance, qu’ils viennent de Locke ou de Voltaire ne servent désormais à rien. Le fanatisme et le désir de massacrer ceux qui croient autrement sont réellement les plus forts.

Et nous, qui connaissons Darwin, nous ajouterions : « Qui sait ? Peut-être est-ce cela qui a accompagné et soutenu l’évolution de l’espèce ? »

vendredi 4 mai 2018

PRÉSIDENT MACRON EN NOUVELLE-CALÉDONIE : RENCONTRE AVEC LES POPULATIONS QUI FONT LA DIVERSITÉ DU TERRITOIRE

Supposons que des Extra-terrestres parviennent à lire nos articles en ligne sur Internet, et que de surcroit ils parviennent à en comprendre le sens. Ils tombent sur cette photo :


            - Voilà donc, dirait Sarek (c’est le nom de notre lecteur bien connu des amateurs de Star Treck), à quoi ressemblent les habitants de cette planète. Cet article affirme qu’il y a une diversité entre les individus constituant cette peuplade : les unes sont barbus, les autres non ; les uns ont des cheveux noirs, les autres blancs – certains n’ont même pas de cheveux du tout.
Tout ça, en voyant cette image, je comprends : on verra un peu plus tard si ces différences sont importantes ou pas. Mais il y a une chose que je ne m’explique pas : c’est l’existence de ce personnage qui est sur le bord de la photo, et qui fait un signe bizarre avec ses doigts.
Qu’est-ce que tu en penses, Poky ?
            - Je ne sais pas, moi. Demandons à La Grande Intelligence.
La Grande Intelligence, comme son nom l’indique possède des ressources que nos simples personnages n’ont pas.
            - Il s’agit d’un voleur d’image, qui s’insinue là où elle est réservée à d’autres. Si nos humains (c’est comme ça qu’ils s’appellent entre eux) du premier plan s’en étaient aperçus ils l’auraient chassé.
            - Comment, Grand Intelligence ? C’est donc si important d’apparaître sur une image qu’il faille le cas échéant s’y imposer frauduleusement ?
            - Mais oui, Sarek, n’en doute pas.
            - Ces « humains » comme tu les appelles seraient-ils donc vaniteux au point d’aimer leur propre image ?
            - Bien sûr Sarek, dès qu’ils le peuvent ils font des images d’eux mêmes et se les échangent avec grand plaisir.
            - Et il n’y a personne pour leur dire que c’est idiot ? 
            - Certains de leurs Dieux le font, mais généralement ils ne les écoutent pas.

jeudi 3 mai 2018

LE RÊVE : UNE SIMPLE RÉACTION PHYSIOLOGIQUE

« Pour les scientifiques, le rêve est considéré comme une simple réaction physiologique provoquée par les sensations venues du corps et de l'environnement : chercher à les interpréter relèverait de la pure fantaisie » (Lu ici)
C’est du moins ce qu’explique la psychothérapeute Michèle Freud, auteure de Enfants, ados, les aider à dormir enfin.

En indiquant quelle est l’origine des rêves, l’auteur de ce jugement (qui s’appelle Freud, nous ne l’avons pas inventé) met un point final à la querelle de l’interprétation des rêves. Alors que Freud (le psychanalyste) donne comme origine du rêve le désir refoulé, la psychothérapie affirme que le rêve résulte de sensations venues du corps et de l’environnement. Ainsi lorsqu’en rêve on met en scène un évènement qui implique un stimulus qui existe réellement ; ou encore qu’on est entrain de séduire une jolie femme (ou réciproquement : un bel homme) alors qu’on a une pulsion sexuelle.
Vérifions : hier alors que je sommeillais une forte odeur de peinture avait pénétré dans la chambre. Je rêvais alors que dans la cuisine le four était allumé, que de la fumée s’en échappait et que j’avais le souci d’expliquer cette situation à mon entourage.
Bien sûr la transformation de l’odeur de peinture en odeur de four corrobore la thèse des scientifiques : c’est une sensation pour une autre. Mais comment expliquer par des souvenirs de sensation la suite de l’histoire : pourquoi j’étais ainsi embarrassé par rapport à mes proches d’avoir laissé s’échapper cette odeur – parce que j’avais laissé brûler le rôti ? Même si on admet que ce sont des souvenirs qui s’accrochent les uns aux autres, il faudra dire pourquoi dans cet ordre, et non au hasard comme on le croirait. D’ailleurs, même lorsque le rêve paraît lié à la décharge de stimuli physiologiques (cas des pollutions nocturnes accompagnées de représentations érotiques), il raconte toujours une histoire plus ou moins construite, plus ou moins déchiffrable, mais toujours porteuse de signification.

Ce qui peut alors se discuter, ce n’est pas l’existence de cette signification, mais son contenu et son importance pour la vie diurne.

mercredi 2 mai 2018

FAUT PAS LE LÂCHER ICI DANS LA FOULE, IL SERAIT MASSACRÉ

David R. assassin et violeur présumé d’Angélique, l’adolescente de 13 ans récemment disparue a voué son crime et donné au procureur la description des faits.
« L’homme a avoué avoir enfermé sa victime dans les toilettes, l’avoir déshabillée, puis il lui a donné une gifle avant de lui faire subir une fellation et des pénétrations digitales. Comme Angélique continuait à se débattre, il a passé le pantalon de la jeune fille autour de son cou et l’a étranglée. »
Les habitants de Wambrechies, ville où les faits se sont déroulés ont déclaré : « Faut pas le lâcher ici dans la foule, il serait massacré ». (Lu ici)

Oui, le lynchage, avant d’être une forme de justice expéditive est une réaction collective en face d’un criminel qui a agressé un de ses membres. Il n’est même pas nécessaire de juger cette réaction, il suffit de constater qu’elle n’est pas là pour assurer la sécurité du groupe, ni pour en tirer vengeance, mais c’est d’abord le relâchement d’une tension insupportable. Il faut une victime pour que la vie puisse reprendre son cours comme l’a bien expliqué René Girard.

Autre chose : l’opinion est violemment choquée car cet homme condamné en 1996 pour des faits similaires (viol avec arme sur une jeune fille de 12 ans) a repris une vie ordinaire après 6 ans de prison, a fondé une famille, faisait le chauffeur de bus etc. sans que personne ne soupçonne son passé. L’opinion publique exige que les criminels sexuels soient marqués de façon visible et indélébile du forfait qu’ils ont commis et mis systématiquement à l’écart.

Reste que cet homme est resté « normal » pendant 22 ans avant de retomber dans la même criminalité. Et qu’en plus il semble bien avoir préparé soigneusement son agression – donc d’avoir prémédité son geste et non d’avoir succombé à une pulsion soudaine et irrépressible.

Sauf à prouver que durant ces 22 ans cet homme a commis d’autres forfaits semblables sans être démasqué, le mystère reste total : comment a-t-il pu rester « normal » durant toute cette période, alors qu’on suppose ses pulsions toujours aussi puissantes, puisque 22 ans après son 1er forfait elle lui font commettre le même crime ?
À moins qu'il s'agisse d'une perversion extrêmement puissante, certes, mais "perléé" ?

mardi 1 mai 2018

MAISONS DE RETRAITE : LES MÉDECINS CONFRONTÉS À «DES DILEMMES ÉTHIQUES»

Les médecins sont confrontés à des dilemmes éthiques qui sont uniquement dus au manque de personnels. … Dans les troubles du comportement des personnes atteints de démence (cris, déambulation, agressivité parfois physique…), tout doit être fait pour limiter la prescription de psychotropes. Les médicaments ne peuvent pas être la solution pour gérer ces troubles ; seule la prise en soin non médicamenteuse par la présence soignante est efficace. C'est donc avec une grande frustration, parfois même de la colère, que ces médecins accomplissent imparfaitement leur mission dans ces établissements, laissant les résidants et les soignants dans la souffrance. (Lu ici)

« Dilemme éthique » ? Quésaco ?
- Réponse supposée du médecin des EHPAD :
Ça consiste à utiliser pour nos pensionnaires des médicaments là où il n’y a pas de maladie, ce que la profession de médecin nous interdit absolument de faire, mais que nous faisons en fonction des risques encourus par la personne âgée-dépendante et que nous sommes en devoir de lui éviter. Comme de la droguer non pas pour lui éviter des souffrance mais pour l’empêcher de sortir inopinément de sa chambre en l’abrutissant de psychotropes.
Oui, nous ne faisons même plus semblant de le nier.
Oui, nos pensionnaires sont drogués, et s’il le faut ( ?) attachés sur leurs lits et nourris à la cuillère d’une bouillie infecte.
Oui, nous assumons tout cela et même pire encore si l’occasion s’en présente, car c’est aux enfants des pensionnaires ainsi tourmentés qu’il revient de faire pression sur le gouvernement, seul responsable de cette abominable situation.
Car, oui, si cela se passe ainsi dans les EHPAD ce n’est pas de notre fait, mais c’est l’effet de l’insuffisance de nos moyens en personnel. Ou bien nous attribuons à chaque vieillard sénile une personne attachée à ses gestes et qui veille sur elle dans ses déplacements et lui évite les risques de l’errance, ou bien nous la droguons avec des médicaments qui l’abrutissent et la laissent morne et invalide dans son lit – moyennant quoi il n’y a plus besoin de la surveiller.
On pourrait certes lui mettre un bracelet électronique pour la retrouver si elle part seule. Mais il faut quand même avoir quelqu’un pour lui courir après !
- Pour trancher ce dilemme éthique, la meilleure solution serait-elle d’euthanasier tous ces gens ? En tout cas cela couterait beaucoup moins cher.

Ça, c’est sûr.