samedi 18 mai 2019

LES INÉGALITÉS SE RÉDUISENT-ELLES PLUS VITE EN CHINE QUE DANS L'UNION EUROPÉENNE, COMME L'AFFIRME MANON AUBRY ?

"La comparaison avec la Chine [effectuée par Manon Aubry] n'est pas pertinente", juge toutefois Mary-Françoise Renard, responsable de l'Institut de recherche sur l'économie de la Chine (Idrec). Car, explique-t-elle, "la Chine était à la fin des années 1970 l'un des pays les plus pauvres du monde" et "le niveau de vie y a ensuite augmenté", au gré d'un développement économique à marche forcée, "en engendrant de très fortes inégalités".

(Toutefois) en Chine, d'importants investissements ont en effet été décidés par un pouvoir central très dirigiste dans la santé et l'éducation en faveur des classes populaires et moyennes. 
Les démocraties européennes pourraient mettre en place de telles mesures sans se renier aucunement, juge l'expert. L'Europe résiste certes mieux que de nombreux pays à la montée des inégalités sur le temps long, mais ne doit pas négliger le fait que l'on pourrait mieux faire si on le voulait." (Lu ici)

Donc on ne pourrait sans risque d’erreur faire une telle comparaison, sauf à vouloir pointer des opérations de justice sociales particulières, comme celles concernant la santé et l’éducation ? Mais ce n’est évidemment pas à cela que pensait la tête de liste des Insoumis. L’idée est de cibler un modèle d’inégalités sociales et de nous comparer à ce repoussoir : si on fait pire que la Chine alors on est sûr d’avoir le gouvernement le plus détestable. Mais pourquoi avoir besoin de nous comparer ? Tantôt à l’Allemagne, tantôt à la Chine, tantôt à… ? Je ne sais pas trop quels autres pôles choisir, mais il est sûr qu’on ne se contente jamais de notre propre ressenti. Ne sommes-nous pas en réalité à la recherche de preuves établissant à quel point on devrait se sentir malheureux ? Et pourquoi tant qu’à nous comparer ne pas rechercher des comparaisons qui montrent combien nous sommes enviés ailleurs ? Par exemple, lorsque nous pleurons après le désert médical français ne pas aller voir ce qui se passe au Venezuela ? Voilà un pays développé, qui il y a quelques années encore avait dans ses grandes villes de très beaux hôpitaux ; et les voilà aujourd’hui réduits au pire – pire encore que les hôpitaux des villes sub-sahariennes, car ceux-ci ont sans doute une alimentation en eau courante, ce qui n’est même plus le cas au Venezuela. 
Le parti mélanchonien a eu la marotte de nier en bloc les descriptions catastrophistes concernant le Venezuela : est-ce la raison pour la quelle Manon Aubry ne l’a pas choisi pour effectuer sa comparaison ?

vendredi 17 mai 2019

PROCÈS BALKANY, TROISIÈME JOUR : PATRICK BALKANY ENCHAÎNE LES "PUNCHLINES" ET TACLE LE FISC

"Nos familles avaient de gros moyens, on a peut-être été mal habitués mais on a bien vécu", plaide-t-il. Après un quart de tour sur sa droite vers le procureur, il s'adresse à ce dernier avec un petit air compatissant : "Je suis désolé pour l'administration fiscale qui ne comprend pas que l'on puisse dépenser plus que ce que l'on a gagné."
Son propre avocat l'a arrêté, juste après une question sur ses éventuels regrets. "Celui d'être devant vous. J'aurais préféré qu'on aille boire un café", a-t-il répondu. Lu ici.

Patrick Balkany ose tout, et il lui est beaucoup pardonné… Car l’opinion publique n’enfile pas du tout un gilet jaune quand elle entend les rodomontades du maire de Levallois-Perret ! Imaginez un seul petit instant Emmanuel Macron tenant de pareils propos ! Les hurlements hostiles contre son cynisme, son mépris des petites gens qui ne risquent pas de dépenser plus qu’ils ne gagnent, et qui n’ont sûrement pas des billets de 500 € dans le tiroir de la commode – pas même un pauvre petit billet de 5 
Dès qu’il s’agit de monsieur Balkany, le public est attentif, un peu comme on l’est au spectacle et qu’on a payé sa place pour rire un peu. Au point que si quelqu’un écrivait «  Je connais son médecin, celui qui a déjà visité ses parties intimes : il le confirme, monsieur Balkany a les c… en or ! » il aurait les rieurs pour lui et peut-être certains le croiraient pour de bon. On dira que le personnage « haut en couleurs » et fort avenant force la sympathie ; que sa réputation de riche qui n’a pas des oursins dans les poches quand un de ses administrés a une difficulté passagère avec son compte en banque, le rend particulièrement proche des levalloisien et des levalloisiennes ; et que c’est pour cela qu’ils l’ont régulièrement réélu, malgré toute une batterie de casseroles attachée à ses basque – et qu’ils sont prêts à le refaire en 2020 si d’ici là les juges ne l’ont pas déclarés inéligibles.
Mais peut-être aussi que tous ces gens en côtoyant monsieur Balkany se sont dit, dans leur fors intérieur : « Ah ! Si seulement j’étai riche comme lui, je ferais la même chose. Je n’irais pas déclarer mon argent au fisc. Ça, c’est bien sûr ! »

jeudi 16 mai 2019

FRÉDÉRIC PÉCHIER, L’ANESTHÉSISTE DE BESANÇON, SUSPECTÉ D’AVOIR EMPOISONNÉ UNE CINQUANTAINE DE PATIENTS

Des doses de potassium et d’anesthésiques auraient été administrées volontairement à des patients qui ont fait un arrêt cardiaque à la suite d’une intervention chirurgicale souvent sans risque notable.
Les enquêteurs soupçonnent l’anesthésiste d’avoir sciemment modifié les poches d’injection de confrères afin de provoquer des incidents opératoires pour exercer ensuite ses talents de réanimateur. (Lu ici)

On dit ces jours-ci que l’anesthésiste de Besançon s’est comporté comme un pompier pyromane. C’est vrai mais partiellement ; car il n’a pas agi dans l’espoir de voir mourir ses patients, mais bien de les sauver en les réanimant, prouvant par là sa qualité d’excellent médecin. C’est vrai que connaissant et le risque avant même qu’il se déclare et la nature du produit responsable (et donc celle des médicaments à injecter), il avait plus d’une longueur d’avance sur les confrères. (1)
On frémit à la pensée qu’on puisse infliger la mort à des hommes et à des femmes – voire même à des enfants – rien que pour se faire admirer. On se dit que bien des gens seraient alors prêts à commettre des délits, voire même des crimes, pour grimper dans la hiérarchie ou pour être bien vus dans l’entreprise. Comme de pousser un collègue et rival dans l’escalier pour avoir tous ses clients ; ou pour lancer une campagne de dénigrement contre lui sur les réseaux sociaux. Mais de là à commettre des assassinats ! Toutefois il faut écouter les spécialistes des serial-murders : la donnée invariante dans la personnalité de ces criminels, c’est l’absence totale d’empathie. Ils sont de ce fait insensibles et inaccessibles aux remords et à la mauvaise conscience.
Peut-être y a-t-il de nombreuses personnes comme ces gens-là, ignorant tout affect à l’égard des autres, mais qu’on ignore parce qu’elles n’ont pas commis de tels actes.
Mais peut-être ont elles quand même commis des agissements sous la même impulsion ?
--> La « sal… (ou le sal…) » qui vous a plaqué.e récemment : est-ce qu’il.elle a eu mauvaise conscience ?
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(1) Il est vrai que le dossier tel que dévoilé hier par le procureur général est plus complexe : l’anesthésiste aurait aussi empoisonné les patients de ses confrères en raison des différends qu’il aurait eus avec eux.

mercredi 15 mai 2019

LA ROCHE-SUR-YON : QUI S'AMUSE À PLONGER LA VILLE DANS LE NOIR TOUTES LES NUITS ?

Depuis plusieurs jours, une personne éteint les lampadaires et les feux tricolores de La Roche-sur-Yon. La ville a porté plainte et une enquête a été ouverte.
Alors acte militant pour réduire la consommation d’électricité ou blague de mauvais goût ? Dans tous les cas, cela entraîne un véritable problème de sécurité publique pour les piétons, les automobilistes. (Lu ici)

Jour… Nuit ! Tout le monde connaît ce jeu idiot des petits enfants qui ont mis la main sur l’interrupteur du salon. Qu’est-ce qui les motive ? Rien d’autre que de sentir qu’ils peuvent se faire remarquer, et surtout qu’ils ont la puissance de maitriser le passage du jour à la nuit – et réciproquement. 
Et si celui qui a été assez malin pour prendre le contrôle de l’éclairage public de La Roche-sur-Yon était un adulte avec un cerveau de petit enfant ? Après tout il y a, nous le savons bien, de parties de nous-mêmes qui viennent en ligne directe de nos premières années, comme un goût immodéré pour certaines sensations corporelles ou pour les seins de la nourrice. Alors pourquoi ce jeu ne serait-il pas assez jouissif pour faire oublier toutes les obligations du citoyen ?
Notez que les autorités ne sont apparemment pas sur cette piste, privilégiant celles d’un militant écolo ou d'un malfaisant qui aurait quelques comptes à régler avec la municipalité ; c’est qu’on ne peut s’empêcher, quand on est policier, d’enquêter avec un cerveau rationnel. Mais si justement une part de notre cerveau – celui du malfaisant en particulier – avait gardé la même structure que quand nous avions 2 ans, ça changerait tout, n’est-ce pas ? Un coup à remettre l’analyse transactionnelle au programme des écoles de police. (1)
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(1) En analyse transactionnelle, le patient apprend à repérer trois facettes importantes de sa personnalité, qui le construisent : l'Enfant, le Parent et l'Adulte. Des facettes que nous utilisons pour communiquer avec notre interlocuteur. Lire la suite ici

mardi 14 mai 2019

PÉKIN CONTRE-ATTAQUE, LES BOURSES MONDIALES PLONGENT

La Chine annonce ce lundi qu'elle va taxer pour 60 milliards de dollars de produits américains. Cette mesure de rétorsion marque une nouvelle dégradation des relations commerciales sino-américaines, lesquelles s'étaient brutalement crispées début mai, Washington accusant Pékin d'avoir fait marche arrière dans les négociations commerciales que les deux parties mènent depuis plusieurs mois.




Ça, c’est le graphique des cours de la bourse de New-York, tel que représenté sur le site de la Tribune. Je vous jure que c’est vrai !
Alors moi, quand je vois ça, je ne vois pas un graphique boursier, mais un incendie de forêt vu du ciel pendant la nuit – et vous aurez remarqué que la télé nous montre des images comme celles-là tant qu’elle le peut, plutôt que des plans sur des pompiers actifs avec grosses lances.
Car c’est bien ça qui frappe à la vue de cette image : c’est qu’elle ne nous informe pas du tout sur la réalité de la chute des cours. Certes cette ligne toute en dentelures descend – si on la regarde de gauche à droite, mais elle monterait plutôt si on la parcourait de droite à gauche. Et rien pour nous guider, pas un chiffre, pas une échelle, pas un repère dans le temps.
Mais pour nous, serait-ce bien important d’avoir tous ces détails ? Avez-vous des actions cotées à New-York ou à Pékin ? Non, bien sûr : pour vous comme pour moi, tout cela n’est qu’un fait divers comme un autre, et si la Chine avait envoyé une escadre pour prendre possession d’un îlot du Pacific sur le quel elle n’a aucun droit, ça aurait exactement la même signification, celle de nous distraire le temps de la lecture.
Car, voilà : les américains ont fait de l’information une branche du show-biz, et ils l’ont rebaptisée « infotainment » créant ainsi un mot valise, contraction de « information » et de « entertainment » (divertissement). Avouons que le morphème « info » est déjà de trop.

lundi 13 mai 2019

APPARTEMENT DU FUTUR : LE FASCINANT PROJET FNAC DARTY FAIT (UN PEU) PEUR

Jusqu'au 24 mai, la Fnac et Darty ouvrent leur Appartement du futur à Paris qui met en scène la plupart des objets connectés du moment dédiés à la maison
« Face au miroir connecté de la salle de bains du futur, on peut découvrir son agenda du jour, lancer une vidéo ou une radio, demander à Google Assistant (décidément présent partout) de vous rappeler un fait important de la journée.
Mais on peut aussi scanner son rouge à lèvres, un tuto vidéo se lancera pour assortir au mieux le maquillage de vos yeux à la couleur choisie. Fascinant ? Oui. Inquiétant, aussi ». (Lu ici)

Inquiétant, oui parce qu’on n’a ici affaire qu’à un exemple parmi beaucoup d’autres des applications qui prennent en charge les décisions qui, au quotidien, accompagnent le tenue d’une maison pourtant bien ordinaire. Devant le miroir de la salle de bain, le fantastique qui faisait rêver nos ancêtres et qui consistait à demander : « Miroir, dis-moi qui est la plus belle ? » n'est plus ; car voici ce qu'on demande à présent : « Miroir dis-moi si mon rouge à lèvre est bien accordé à la couleur de mes yeux ? » Ou – pire encore : « Miroir, rappelle-moi si j’ai une lessive à faire tourner aujourd’hui ? Et s’il reste du linge à repasser dans la corbeille ? » 
Vivons-nous donc dans un monde sans merveilleux ? Où la puissance de rêver a disparu au profit de la gestion des yaourts dans le frigo ? Où les merveilleuses machines qu’on nous invente n’ont pour but que de nous entretenir de la banalité du quotidien ?
Sans doute… Mais, pas tout à fait, car voyez le cas des jeux sur écrans : les personnages les plus fantastiques deviennent réels tant leur présence sur nos consoles est non seulement constante mais encore partagée par nos amis et relations. 
Le fantastique est donc toujours bien présent, mais c’est son contenu qui a changé : aujourd’hui quand une actrice meurt d’un cancer, c’est d’abord à son personnage qu’on pense : est-ce que c’est bien Peggy Lipton qui vient de mourir ? Ne serait-ce pas plutôt Norma Jennings (de la série Twin Peaks) ?

dimanche 12 mai 2019

L’ARRÊT DES TRAITEMENTS, DERNIER ÉPISODE DE L’AFFAIRE VINCENT LAMBERT

Le médecin de l’ex-infirmier en état végétatif depuis dix ans a annoncé qu’il arrêterait les soins la semaine prochaine. Les parents, contre cette décision, veulent poursuivre leur combat. (Lu ici)



Que  dire encore aujourd’hui, le 13 mai 2019, à propos de Vincent Lambert ? Que dire sinon que personne ne sortira indemne de l’examen de la photo de cet homme dont le regard reflète une angoisse et une souffrance muette, comme s’il savait déjà qu’il allait mourir du fait de l’arrêt de la nutrition et de l’hydratation.
Je voudrais qu’on ne s’arrête pas à son cas particulier, qu’on oublie l’acharnement judiciaire qui l'a fait remonter jusqu’à l’ONU, qu’on ne le prenne que comme un exemple parmi d’autres d’euthanasie, cas où un homme – le médecin en l’occurrence – décide d’arrêter les traitements parce que cette vie n’en est plus une. On a affaire selon moi à un dilemme symétrique, mais équivalent, de celui de l’avortement, lorsqu’il faut arrêter les battements du cœur du fœtus, considérant qu’il n’est pas encore un être humain et que la morale ni la justice ne s’y opposent. Dans les deux cas, un homme tranche du statut d’être humain d’un autre – ou plus exactement qu’il peut décider de qui est un être humain et qui ne l’est plus – ou pas encore.

Hier, je disais à propos de l’opération visant à libérer les otages du Burkina que, pour en juger, on était obligé de prendre le risque de choisir ses valeurs sans jamais pouvoir démontrer rationnellement qu’elles étaient mieux fondées que les autres. Hé bien le cas d’aujourd’hui illustre parfaitement cette situation.