mercredi 5 juin 2019

ÉMEUTES DANS DES MAGASINS LIDL POUR LA SORTIE D’UN ROBOT DE CUISINE

- À l’occasion de la sortie du tant attendu robot de cuisine premier prix de Lidl, rival du Thermomix, certains consommateurs se sont rués dans les magasins de l’enseigne, créant ainsi des scènes d’émeutes et de cohue dans les rayons. Ce robot, qui affiche un prix de 359 euros, est vendu trois moins cher que le désormais célèbre «Thermonix» de Vorwek. (Lu ici)

« Dis-moi quelles sont tes émeutes, et je te dirai à quelle époque tu vis. »
Evidemment, c’est très facile, après avoir lu me mot « émeute » en titre dans un article d’actualité de s’imaginer d’abord qu’il s’agit d’émeutes de la faim. On sait que dans certains pays et pas des moindres (1) aujourd’hui encore le peuple est prêt à la violence simplement pour avoir de quoi manger. Ou encore, des émeutes pour un changement politique, comme lorsque les pays arabes ont voulu chasser les dictateurs qui s’accrochaient au pouvoir depuis plus de 20 ans.
Mais chez nous l’émeute ne concerne ni la nourriture, ni le pouvoir politique ; plus simplement il s’agit de la possession d’une machine particulièrement enviée pour un prix divisé par trois. L’émeute est l’indice de la rareté, et la rareté est l’indice d’une forte demande ; mais il se peut que la demande dépende quant à elle d’un mouvement de foule des individus liés par une effervescence mimétique. Qu’on se rappelle René Girard et sa thèse du désir mimétique : « Nous désirons ce que les autres désirent » : nul besoin d’un besoin pour éprouver le désir. Tel est le ressort du commerce… et de la violence.
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(1) On pense bien sûr au Venezuela.

mardi 4 juin 2019

AFFAIBLISSEMENT DES INSOUMIS : CLÉMENTINE AUTAIN POINTE LA "RESPONSABILITÉ" DE MÉLENCHON

Clémentine Autain réitère que, selon elle, "un tournant a été pris" depuis deux ans, à savoir celui du "eux et nous", le peuple contre les élites, une "logique du clash, de rupture". Elle reproche à son mouvement d'avoir "misé sur le désespoir plus que sur l'espoir, le négatif plutôt que le positif". (Lu ici)

Il fut un temps ou Jean-Luc Mélenchon faisait parler de lui en réclamant la 6èmerépublique, qui rendrait au peuple  son pouvoir en instituant la proportionnelle intégral. A présent on se demande s’il ne voudrait pas, comme les Gilets-jaunes, une démocratie directe, avec prise de décision dans des mouvements de marée humaine, une justice populaire et un système de « coup d’Etat permanent ». Et pour le faire savoir, nulle déclaration programmatique ne lui est nécessaire : il suffit de l’imprécation et de la haine qui soulève les foules.
On comprend le dépit de Clémentine Autain, et on se demande si elle se propose de quitter le mouvement de J-L Mélenchon : veut-elle fonder un nouveau parti ? Pas du tout ! « Elle assure qu'elle ne compte pas claquer la porte du mouvement de Jean-Luc Mélenchon: "Ça ne réglerait rien si je partais. Au sein de LFI il y a des militants qui ont la même lecture politique que moi." (Lire article cité)
 On admire sa ténacité, mais voilà : il faut à présent prendre le pouvoir au sein du bureau de LFI. Et ça, on en peut le faire qu’en prenant la tête d’un soulèvement populaire. Parce que lorsque l’organisation n’est pas démocratique, lorsqu’elle repose sur l’autorité de la force plus que sur la persuasion, alors c’est à la violence de répondre à la violence.

LAURENT WAUQUIEZ S'EN VA ET C'EST LE GRAND FLOU CHEZ LES RÉPUBLICAINS

"Quelle peut être notre utilité ? (...) Si on ne démontre pas notre utilité, on risque de disparaître", tranche tout simplement Brice Hortefeux sur franceinfo. (Lire le détail ici)

La droite donne pour le moment l’image de ces matelots révoltés qui ont jeté à la mer le capitaine haï et le second (son complice) et qui se rendent compte que pas un d’entre eux ne sait gouverner le bateau.
Car on le voit bien : une fois Laurent Wauqiuez parti, et sa ligne politique très conservatrice rejetée, il faut encore décider des hommes qui vont assumer la gouvernance, mais aussi et surtout choisir le cap à suivre. Et c’est là que la difficulté commence, car on veut bien sûr ne pas être un parti libéral au quel le parti du Président ferait de l’ombre, mais aussi on ne veut plus être un parti seulement souverainiste défenseur des valeurs chrétienne de la France – mais qui n’est applaudi que par des grenouilles de bénitier. Au fond c’est le ni-ni qui doit prévaloir : ni à l’extrême-droite, ni à gauche, ni (trop) au centre…
– Quoi ? Ne resterait-il que le gaullisme social ?

« Gaullisme social »  Quésaco ? Dans les années 60-70 c'était « la recherche d’une troisième voie », ce qui nous ferait bien rire aujourd’hui, parce que pour faire de l’argent, il n’y a qu’une seule voie : le travail et la concurrence acharnée. Fini le rêve d’une association capital-travail qui donnait des boutons aux communistes. Aux oubliettes la participation des travailleurs aux profits de l’entreprise (même si cette pratique existe encore, on voit bien qu’elle ne constitue qu’un des leviers pour attirer des nouveaux collaborateurs)

Alors ? Lancer un programme suivant la ligne de la justice sociale, donnant raison aux gilets jaunes et rétribuant le travail à hauteur des besoins des individus – et non plus en fonction des ressources du marché ?
Surtout pas ! Mieux vaudrait encore cotiser à la REM !

lundi 3 juin 2019

A BAGDAD, LES DEUX JIHADISTES FRANÇAIS CONDAMNÉS À MORT N'ONT EU QUE QUELQUES MINUTES POUR S'EXPLIQUER

Les audiences ont duré moins d'une heure, dimanche 2 juin à Bagdad, pour les deux jihadistes français qui ont comparu devant une chambre spéciale de la Cour pénale centrale d'Irak. Fodil Tahar Aouidate, 32 ans, et Vianney Ouraghi, 28 ans, n'ont eu que quelques minutes pour s'expliquer, en présence d'un représentant de l'ambassade de France dans la salle. Ils ont été condamnés à mort pour appartenance au groupe Etat islamique (Lu ici)
Le chef de la diplomatie française a affirmé que les droits de la défense étaient parfaitement respectés et souligné que les accusés bénéficiaient de l'assistance consulaire de la France. "Les audiences sont publiques, les procès sont conduits par un magistrat du siège, assisté de deux assesseurs. Le réquisitoire est conduit par un procureur. Un greffier consigne en direct l'intégralité des débats. L'avocat est présent et s'il y a un problème de traduction, l'ambassade elle-même fournit les interprètes", a-t-il détaillé.

Devant cette énumération, est-il nécessaire d’ajouter quelque chose ? De toute manière, il suffisait de connaitre le chef d’inculpation et la peine encourue pour savoir que ces procès sont joués d’avance, puisque la seule question est finalement « Est-ce que l’accusé a fait ou non partie de l’armée de Daesh ? » On voit bien que le malheureux qui a clamé qu’il ne combattait pas mais qu’il était employé aux cuisines n’a pas été écouté. Ou plutôt, si. L’accusation a produit des témoignages et des aveux prouvant qu’au contraire il avait bien combattu aux coté dés djihadistes. Pourquoi un tel luxe d’enquête et de preuves ? Peut-être parce qu’il s’agit d’un étranger ? Mais en réalité, tout comme l’agneau de La Fontaine est dévoré par le loup après un procès on ne peut plus expéditif, ces hommes devraient être prochainement pendus.
A moins que… On me dit que jusqu’ici en Irak pas un seul des étrangers condamnés à mort pour de tels motifs n’a été exécuté et que leur vie serait l’objet de négociations avec les autorités irakiennes, qui pourraient les échanger contre des soutiens diplomatiques ou des armes. 
Le troc ne serait-il pas l’une des plus anciennes pratiques de l’espèce humaine ?

dimanche 2 juin 2019

VENISE : UN PAQUEBOT INCONTRÔLABLE FONCE DANS LE PORT

À la dérive, le MSC Opéra, monstre de plusieurs dizaines de milliers de tonnes, racle le quai du port de Venise (Italie). Des passagers d'un bateau voisin évacuent à la hâte leur embarcation, juste avant l'impact. Malgré la violence de la collision, seuls quatre blessés légers sont à déplorer. "Nous avons entendu le bateau qui klaxonnait très fort lorsqu'il était vers les radeaux. Nous nous sommes avancés et nous l'avons vu dévier sa route", décrit un témoin de la scène. Lu ici

On dira ce qu’on voudra d’Internet, que ça abrutit les gens, qu’ils ont l’impression de voir et d’entendre plein de choses, mais qu’en réalité ils n’écoutent et ne croient que des fausses nouvelles et des bobards tout juste dignes de pauvre d’esprits. Reste qu’à bien observer certaines vidéos, on découvre plein de choses qu’on ne nous avait pas dites.


Voyez par exemple les vidéos de cet accostage mouvementé d’un paquebot géant à un quai  de Venise. On voit cette masse effrayante se profiler au bout du quai, et les promeneurs qui la voient ou qui sentent sa présence dans leur dos continuent leur paisible déambulation, jusqu’à ce que le quai craque sous l’impact et qu’alors ils se sauvent en courant. 

--> Manifestement ce géant d’acier qui paraît les écraser, un peu comme un film d’épouvante avec Godzilla ou quelque chose comme ça, ne les émeut pas du tout, preuve que c’est « normal » entendez que chaque jour des navires aussi gigantesques viennent en plein cœur de Venise déverser leur milliers de passagers. Ce qui pour nous est une monstruosité n’est rien d’autre qu’une offre alléchante dans un programme de croisière. Ainsi on peut voir (toujours sur YouTube) une vidéo vantant ce genre de prestation, en montrant un panorama sur Venise filmé depuis le pont du bateau et affirmant que ce point de vue surélevé est absolument unique. Autrement dit, avant même que les passagers aient débarqué (ce qu’ils peuvent faire depuis n’importe quel autre quai de port), ils ont obtenu  ce qu’ils avaient payé : une vue sur les toits de Venise.

APPELS À LA DÉMISSION, SCISSION, PRIMAIRE... DES SIGNES MONTRENT QUE LA TENSION MONTE AU SEIN DES RÉPUBLICAINS

"Il faut que nos idées, qui sont les idées de droite, qui correspondent à une certaine frange de la population, qui correspondent aussi à une histoire politique, continuent d'exister et continuent de faire rempart au Rassemblement national", explique Jean-Carles Grelier (Lu ici)
"Nous affirmons que le centre-droit et la droite pro-européenne, libérale, humaniste et écologiste n'ont pas disparu » : comprenez que tout ceci a simplement changé d’adresse, et que c’est du côté du macronisme qu’il faut chercher tout cela. 
L’important ce ne sont pas les structures mais les idées qui s’y trouvent.
Tenez, moi qui suis un citoyen rémois, est-ce que ça a de l’importance que monsieur Arnaud Robinet, maire LR de la ville se soit « rallié » à la liste Wauquiez pour les européennes, après avoir flirté avec celle de Nathalie Loiseau ? Si jamais je vote pour lui, ce sera en fonction de ses idées et des possibilités qu’il aura de les porter.
Soit. Reste que la politique c’est aussi une affaire de réseaux – certains diraient de copinage – et que les idées ne sont que des supports ayant pour but d’attirer les soutiens fournissant du pouvoir. Car, les sceptiques diront : « Oui, qu’importe l’adresse à la quelle on peut trouver ces gens-là : ce qui compte c’est la puissance dont ils disposent »
- Laurent Wauquiez : combien de divisions ?
(Attention ! Il faut comprendre « divisions blindées » pas « divisions politiques » !)




N.B. Ce billet a été rédigé juste avant que ne tombe la nouvelle de la démission (pardon : du « retrait ») de Laurent Wauquiez de la présidence de LR. Je le maintiens néanmoins, car la question finale reste d’une manière générale une véritable et constatant interrogation en politique. 

samedi 1 juin 2019

ETATS-UNIS: AU MOINS 12 MORTS DANS UNE FUSILLADE EN VIRGINIE

« Nous avons 12 victimes décédées sur les lieux, quatre victimes supplémentaires transportées vers les hôpitaux » de la région, a déclaré James Cervera, le chef de la police de Virginia Beach. Le tireur était un employé municipal, a-t-il précisé lors d’une conférence de presse. Le policier n’a pas été en mesure d’indiquer l’état des personnes blessées mais a toutefois précisé qu’un policier avait été touché et « sauvé » par son gilet pare-balles.
Le suspect a été abattu par la police. Lire ici.

Encore une fusillade aux US, avec beaucoup de morts et la même riposte des lobbyistes pro-NRA : c’est non la vente libre des armes qui est en cause mais l’éducation des enfants et des citoyens à leur possession.
Plus sérieusement, l’idée est que la constitution garantit le droit de chaque citoyen à posséder des armes afin de défendre la constitution. J’imagine que personne n’y croit sérieusement à part quelques fous qui s’imaginent le pays sous la coupe de complotistes dangereux. Mais précisément s’ils sont fous il faudrait les désarmer.
Non, l’argument utilisé est plutôt celui de la « subsidiarité » : les gens sont armés pour pouvoir se défendre eux-mêmes en cas d’attaque, faisant alors le travail de la police avant qu’elle n’ait pu arriver – d’où la subsidiarité.
C’est ainsi que Donald Trump répète fréquemment que la France n’aurait pas eu à pleureur plus de 80 morts au Bataclan si des spectateurs avaient possédé une arme. C’est donc une pensée de cow-boy qui vient à l’esprit de nos amis américains. Car enfin, le principal est de pouvoir tirer le premier, exactement comme dans les scènes de western quand le justicier affronte le méchant dans la rue déserte devant le saloon.