vendredi 12 juillet 2019

LE RN DEMANDE D’INTERDIRE LES CHAMPS-ELYSÉES AUX SUPPORTERS ALGÉRIENS

Après la victoire de l'équipe de foot d'Algérie, Paris a été vite envahie par des milliers de supporters, comme à Barbès, dans le XVIIIe arrondissement, près de 1500 supporters des Verts et Blancs se sont rassemblés. Le périphérique a été partiellement bloqué.
Les célébrations ont dégénéré sur l'avenue de la Grande-Armée, où trois magasins de motos ont été pillés, dont les enseignes Ducati, Yamaha et BMW. Une fois la vitrine cassée, plusieurs dizaines de personnes les ont dévalisés, s'emparant des accessoires - casques, gants… - mais aussi de motos. (Lire ici)

- Qu’est-ce que c’est que ces algériens qui viennent piller des magasins réservés à nos Gilets jaunes ?
C’est bien sûr la réflexion qui vous est venue à l’esprit en premier, longtemps avant de penser comme le fait le RN au drapeau algérien flottant sur les Champs-Elysées. Parce qu’en fait, ce sont les mêmes magasins qui ont été pillés, c’est la même avenue qui a dû être défendue contre des hordes de casseurs, et on ne peut s’empêcher de se repasser le film des saccages sur ces lieux, exactement les mêmes, il y a quelques mois.
Le RN en fait une occasion de propagande, et suggère qu’un algérien c’est d’abord un arabe, avec un faciès ad-hoc, et peu importe qu’il soit français de la 3èmegénération, ou qu’il travaille avec un permis tout à fait normal. Peu importe même qu’il soit véritablement supporter de foot, puisqu’il apparaît immédiatement comme un pilleur et un vandale – bref comme quelqu’un de dangereux qui cherche de surcroît à humilier la France, pays dont quoiqu’il en soit il ne fera jamais partie. 
Et nous ? Nous qui ne sommes pas infectés par ce virus identitaire, ne sommes-nous pas des traumatisés des Gilets-jaunes, près à en voir partout même sous le maillot des fennecs ?




LA NASA VA EXPLORER UN ASTÉROÏDE REMPLI D’OR, MAIS À QUI APPARTIENT L’ESPACE ?

« Pour le traité de l'espace (1967), l'espace n'appartient à personne, pour l'accord sur la Lune (1979), il appartient à toute l'Humanité ». 

A supposer que cela ait un sens, cet article (à lire ici) affirme que des hommes sont tentés d’aller prospecter l’or contenu dans l’astéroïde « Psyché 16 », quelque part entre Mars et Jupiter.
C’est une fiction sans aucun doute, mais elle permet de poser de nouveau la question de la propriété dans toute la fraicheur qu’elle avait au 18èmesiècle quand l’appropriation des terres du Brésil ou d’Afrique faisait encore débat. 
Reste que la signification de cette question parait bien être liée à l’impossibilité pour des humains d’imaginer une telle masse d’or sans propriétaire. Oui, une richesse sans possesseur est impossible ! Le fait que cette réalité soit si désirable entraine ipso facto que quelqu’un s’en soit emparé – autrement dit qu’elle soit interdite à tout autre. Ou bien c’est à moi, ou bien c’est à autrui, mais c’est nécessairement à quelqu’un. Rien ne peut exister librement dans le monde, ni hommes, ni femmes, ni ressources. Et si ces richesses sont hors de portée nous continuerons à les désirer, c’est à dire à rêver aux moyens de nous en emparer.
vous ne me croyez pas ? Lisez ce qui suit :
- Les féministes d’aujourd’hui devraient prendre conscience que les (belles) femmes sont comme cette masse d’or qui gravite entre Mars et Jupiter : des proies potentielles visées par la nature captatrice du désir. La liberté des femmes est le corolaire de l’effort des hommes pour dominer leurs passions. Bien sûr cela va de soi, à notre époque où, hors mis dans les populations musulmanes, tout homme s’efforce de dominer ses pulsion quelles qu’elles soient et où que ce soit – y compris sur la plage au milieu de corps dénudés.

jeudi 11 juillet 2019

MORT DE VINCENT LAMBERT: «CHAQUE VIE A DE LA VALEUR», DIT LE PAPE

«Que Dieu le Père accueille dans ses bras Vincent Lambert. Ne construisons pas une civilisation qui élimine les personnes dont nous considérons que la vie n'est plus digne d'être vécue: chaque vie a de la valeur, toujours», a écrit le souverain pontife.
L'Académie pontificale pour la vie a jugé pour sa part que «la mort de Vincent Lambert et son histoire sont une défaite pour notre humanité». (Lu ici)

1 – La mort de Vincent Lambert  est une défaite pour l’humanité
Inutile d’insister : pour les catholiques, la vie de Vincent Lambert aurait dû continuer, même subordonnée à l’assistance permanente de la médecine. Toute existence est respectable et doit être soutenue, même quand les ressorts naturels de la vie sont complètement cassés.
Occasion de se rappeler que la même Eglise exclut toute action médicale en vue d’empêcher la procréation : là, il faut laisser faire la  nature, et si le Seigneur à la volonté de bénir l’union de l’homme et de la femme en permettant la procréation d’un enfant c’est pécher que de vouloir s’y opposer. Si des esprits chagrins voient là une contradiction (un coup on laisse faire la nature, un coup on s’oppose à la conclusion naturelle de la vie), c’est simplement qu’ils n’ont pas compris que la volonté de l’homme doit s’inscrire dans le sillon creusé par celle du Seigneur : s’Il a voulu  la vie, les hommes doivent la vouloir aussi. Toujours, partout – et sous n’importe quelle forme.
2 – Chaque vie a sa valeur.
… sous n’importe quelle forme, donc y compris sous celle de légume.
Je vous plante là, cher lecteur : poursuivez vous même… si vous le pouvez !

CHAMPAGNE, HOMARD… LES LUXUEUX DÎNERS DE FRANÇOIS DE RUGY AUX FRAIS DE L’ASSEMBLÉE NATIONALE

Le site d’information en ligne Mediapart révèle, mercredi 10 juillet, que François de Rugy a organisé entre octobre 2017 et juin 2018 au moins une dizaine de dîners lorsqu’il était président de l’Assemblée nationale, sans lien apparent avec ses fonctions.
Sur la table des salons de l’hôtel de Lassay, résidence de la présidence, ont été servis des homards géants, du champagne et des vins de la cave de l’Assemblée – du Château Cheval Blanc 2001 estimé à 550 euros la bouteille ou du Château d’Yquem 1999, estimé à 265 euros. (Lire ici)
On sent que la fibre « gilet-jaune » est fortement titillée par de pareilles informations, et l’idée que toutes ces dépenses soient justifiées par le caractère officiel des repas n’y change rien. Je veux dire que la défense de François de Rugy qui consiste à dire qu’en recevant des amis, c’était comme si la République française recevait des hôtes de marque en la personne des copains de monsieur-madame « de » Rugy. Car rien ne fera accepter à ceux qui mangent des nouilles toute la semaine et du beef haché à 20% de matière grasse le dimanche qu’il peut être légitime de s’empiffrer de homards géants et de picoler des bouteilles de vin à 600 euros.
- J’entends d’ici les Robespierre des ronds-points, ceux qui prétendaient revivre la nuit-du-4-aout chaque samedis : « Dites-donc les ci-devant de Rugy, nos sans culottes les ont loupés en  89. Il va falloir réparer l’oubli ! »
Plus sérieusement, il y a quelque chose qui ne sera jamais justifiable, c’est le luxe tant qu’il sera réservé à des petites élites. Il faut relire Rousseau pour sentir combien la haine du luxe s’enracine profond dans la mentalité française : « Il y a cent à parier contre un que le premier qui porta des sabots était un homme punissable, à moins qu’il n’eût mal aux pieds » (Réponse à M. Bordes pour le Discours sur les sciences et les arts)

mercredi 10 juillet 2019

BORIS JOHNSON ET JEREMY HUNT S’AFFRONTENT SUR LA DATE DU BREXIT

« Il est absolument vital que nous sortions de l’UE le 31 octobre, sinon l’hémorragie de la confiance se poursuivra.» Boris Johnson a martelé à plusieurs reprises son engagement à mener à bien le Brexit dans le délai imparti. Il a par ailleurs évité le piège tendu par Jeremy Hunt qui lui demandait s’il démissionnerait en cas d’échec à remplir sa promesse: «Je ne veux pas donner à l’UE une motivation pour nous refuser un accord». (Lire ici)

Ainsi le futur premier ministre après s’être répandu partout sur la possibilité – voire même la nécessité ? – pour la Grande-Bretagne de sortir de l’Europe sans accord, en vient à dire qu’il faudra quand même obtenir un accord avec les européens – puisqu’il avoue qu’il faudra éviter leur refus.
Je disais ici même que Boris Johnson serait, s’il était élu, un Donald Trump bis : c’est sans doute vrai, mais il faut quand même dire qu’il a été un modèle de mensonge et de déni de vérité bien avant que Trump accède au pouvoir. Et on se souvient encore de ses déclarations concernant le versement de la contribution britannique à l’UE, supposée renflouer les dépenses de santé après sortie de l’Europe, rétractées sans vergogne après le succès du référendum sur le Brexit. L’important n’est d’ailleurs pas tant que monsieur Johnson se permette de tels mensonges, mais plutôt qu’il le fasse en toute impunité, que le peuple britannique lui conserve sa confiance malgré cela.
S’agit-il d’un défaut de lucidité, faut-il dire que les citoyens anglais sont comme des poisson rouge dotés d’une mémoire qui ne va pas au-delà de 30 secondes, le temps d’oublier qu’ils viennent de faire le tour de l’aquarium et de le recommencer comme si de rien n'était ? Ou faut-il au contraire accorder un discernement sans failles aux électeurs qui restent imperturbables devant ces écarts et qui déclarent : « Nous savons bien qu’il est menteur et manipulateur, mais, malgré ces défauts, il est encore le meilleur choix : les autres sont pires. »

mardi 9 juillet 2019

ARBITRAGE DU CRÉDIT LYONNAIS : POURQUOI BERNARD TAPIE A ÉTÉ RELAXÉ ?

Le fameux arbitrage, annulé au civil pour « fraude » en 2015, n'est donc pas considéré comme « truqué » au pénal quatre ans plus tard… Comment comprendre cette contradiction ? « Il n'y a aucune cohérence entre les décisions civiles et la décision du tribunal », a souligné mardi Me Hervé Temime.
« C'est en effet une anomalie, analyse un juriste. L'un des principes majeurs du droit énonce que le pénal tient le civil en l'état. En l'occurrence, la juridiction civile s'est prononcée avant la juridiction pénale, en puisant des preuves d'une prétendue fraude dans des pièces du dossier pénal… » Or les décisions qui annulaient la sentence arbitrale et condamnaient Tapie à rembourser les 403 millions d'euros sont définitives. « Cela augure d'un vrai casse-tête… » prédit-il. (Lu ici)

Lorsqu’on ne comprend pas une décision de justice, on se dit « Bof… Il y a forcément des juristes qui vont expliquer ça sans aucun problème ». Oui, mais voilà : il arrive aussi que les avocats eux-mêmes avouent qu’ils n’y comprennent rien. Et c’est le cas aujourd’hui avec le verdict du Tribunal correctionnel de Paris qui relaxe Bernard Tapie de l’accusation de fraude – verdict qui ne le relève pas de l’obligation de rembourser la somme gagnée lors de l’arbitrage dont on ne dit plus qu’elle a été indue. Les autres co-accusés ayant été également relaxés, seule Christine Lagarde, l'ex-patronne du Fonds monétaire international, passée à la tête de la Banque centrale européenne (excusez du peu) avait été reconnue coupable de « négligence » fin 2016 pour n'avoir pas tenté de recours contre la sentence.
C’est donc la contradiction entre le pénal et le civil qui fait problème et on le comprend : intuitivement on se dit qu’on ne doit réparer une faute que quand on l’a commise ; et on croit réciproquement que pour être condamné au civil il faut qu’on soit également coupable de quelque chose. Raison pour la quelle l’affaire O.J. Simpson, du nom du joueur de base-ball acquitté de l’accusation de meurtre de sa femme, mais condamné au civil à indemniser les collatéraux est apparue comme la révélation d’un dysfonctionnement de la justice américaine.(Lire l’article Wiki ici)
A l’époque, O.J. Simpson n’avait pu faute d’argent faire appel de sa condamnation au civil ; ne doutons pas qu’en France le parquet ne manquera pas de ressources pour faire appel du récent jugement qui relaxe Bernard Tapie et consort.

DONALD TRUMP S'EN PREND À THERESA MAY, EN PLEINE BROUILLE DIPLOMATIQUE

Le Mail on Sunday a publié samedi 6 juillet le contenu de mémos et rapports transmis à Londres par l’ambassadeur britannique à Washington, Kim Darroch, dans lesquels il qualifiait le locataire de la Maison Blanche d'«instable» et d'«incompétent». Il aurait de plus affirmé que l’administration américaine était “inepte diplomatiquement” et “unique dans son dysfonctionnement”.
"La bonne nouvelle pour le merveilleux Royaume-Uni est qu'ils auront bientôt un nouveau Premier ministre", a twitté Donald Trump. (Lire ici)

On croyait Donald Trump à peu près blindé contre ce genre de dénigrement, et qu’il avait toujours la même réponse : « Fakenews ! ». Mais ici, devant l’origine des documents cités, il ne peut que le constater et non s’en défendre : l’ambassadeur du Royaume-Uni est déplaisant, insultant même, mais il ne peut le traiter d’être ni menteur ni ivrogne.
La seule réponse qu’il ait trouvée est de dire l’espoir qu’il place dans son probable prochain premier ministre, et on se doute qu’en disant cela il pense à Boris Johnson.
Du coup, on imagine Boris Johnson en Donald Trump bis, un Trump britannique mettant à feu et à sang la diplomatie feutrée anglaise, lui qui a déjà traité les français de « cons » au point qu’il a fallu couper son interview au montage. D’ailleurs je crois bien que dans toutes les chancelleries européennes on étudie la situation créée par un nouvel axe anglo-américain.
Voilà certes une vision très politique de la situation en occident. Mais peut-être devrait-on élargir le champ : et si ce n’était pas seulement une manœuvre diplomatique, si c’était plutôt un signe des temps, si les rapports politiques à commencer par les rapports entre Etats étaient calqués sur les bravades et les querelles de cour de récréation ?
…T’ar ta gueule à la récré !