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jeudi 22 mai 2025

La disproportion – signe de richesse – Chronique du 23 mai

Bonjour-bonjour

 

A quoi sert donc la richesse ? A vivre mieux que les autres ? A exercer un pouvoir sur eux ?

A exhiber sa puissance ?

 

Le Festival de Cannes est une occasion de le vérifier :  dans la rade de Cannes, les plus grandes fortunes se mesurent à la longueur de leur yacht… et au nombre de tonnes de CO2 larguées dans l’atmosphère : « en un an de suivi, l’empreinte carbone liée aux déplacements du Koru (yacht de Jeff Bezos) s’élève à 1 000 tonnes de CO2. » (lire ici)

--> Alors, ce concours de richesse se résumerait à une parade où chacun à tour de rôle viendrait, comme sur le Tapis rouge, exhiber ses dimensions ? Pas tout à fait : « Si le yacht du patron d’Amazon a été repéré près de Cannes, c’est parce qu’il accompagnait sa fiancée Lauren Sánchez, présentatrice de télé, pour recevoir un prix récompensant son « plaidoyer pour la justice climatique »…. La munificence se mesure à la disproportion des richesses mobilisées au regard des besoins réels : c’est un peu comme les W.C. en or massif créés par un artiste italien pour un palais anglais 

 


Mais ici il y a plus : outre la disproportion il y a la contradiction entre le projet et sa réalisation. Mobiliser ainsi sans véritable utilité des moyens polluants au-delà de l’imaginable pour participer à un gala écologique, c’est faire preuve d’un cynisme dont seuls les ultra-riches peuvent faire montre.

dimanche 2 février 2025

Le mot du jour : « Terroir » – Chronique du 3 février

Bonjour-bonjour

 

Les info-Google n’offrent pas un panorama très rose : même en laissant de côté les catastrophes annoncées telles que les volcans sur le point d’exploser, les astéroïdes qui risquent de détruire la terre ou les menaces que la nouvelle IA chinoise fait peser sur nous, il reste encore les mille et un effondrements économiques qui promettent un collapsus généralisé à la France.

Parmi ceux-ci la menace de Bernard Aranud dont on avait compris qu’il allait délocaliser ses productions – telle était du moins l’interprétation de Michel-Edouard Leclerc.

« Je n’ai bien entendu jamais dit que nous allions délocaliser le groupe LVMH » : le démenti de Bernard Arnault à l’annonce de cette menace nous rassure et en même temps il nous encourage à mieux comprendre le phénomène. Il s’agit en effet de comprendre pourquoi l’industrie du luxe est « in-délocalisable » : imagine-t-on les sacs Vuitton fabriqués au Maroc ou au Bangladesh ?

En effet – mais pourquoi ?  Les marocains ou les bangladais sont-ils irrémédiablement incapables d’apprendre les gestes qui fabriquent ces précieux objets ? On n’y pense même pas : car le luxe entretient un rapport mystérieux mais essentiel avec le pays d’origine qu’on appellera un « terroir »

Un terroir ? Mais qu’est-ce donc ? Lisons ceci : « Le « terroir » est « un espace géographique délimité défini à partir d’une communauté humaine qui construit au cours de son histoire un ensemble de traits culturels distinctifs, de savoirs et de pratiques, fondés sur un système d’interactions entre le milieu naturel et les facteurs humains ». C’est nous dit notre source « un concept typiquement français (à tel point que le mot est rarement traduit dans les autres langues) »

 

Le mystère dont nous parlions est entériné par la longue durée de l’histoire qui fusionne le milieu naturel et l’humain : le terroir se trouve alors impliqué dans les productions gastronomiques, et Bernard Arnaud, propriétaire du champagne Mumm et du cognac Hennessy le sait bien. 

Mais à ce compte pourquoi limiter à ces productions le catalogue des produits indélocalisables ? 

- Les montres bisontines, les textiles du Nord, l’acier lorrain, pour ne citer qu’eux étaient bel et bien des produits du terroir, on en veut pour preuve le souvenir insistant des artisans, ouvriers et mineurs disparus aujourd’hui et dont la mémoire est toujours célébrée par leurs petits-enfants.

Le label "Appellation d'Origine Protégée" est là pour affecter toute sorte d'autres productions à une région d'origine. Dépêchons-nous, quand il en est encore temps, de l'appliquer à ce qui nous reste d'industrie. On a perdu les voitures de Billancourt : accordons une AOP à celles de Sandouville ou de Sochaux.

jeudi 22 août 2024

Faire des routes avec un diamant – Chronique du 23 aout

Bonjour-bonjour

 

Une découverte impressionnante a été réalisée au Botswana ce jeudi 22 août : celle du deuxième plus gros diamant au monde d'une valeur de 2 492 carats

Le Botswana est l’un des plus grands producteurs mondiaux de diamants en volume, et le plus important en valeur selon le FMI. Ils constituent sa principale source de revenus, représentant 30 % de son PIB et 80 % de ses exportations : on est donc content pour lui. (Lu ici)

Et à quoi ce diamant va-t-il servir ? Faire des diadèmes pour des reines ? Entrer dans un fond spécial pour des rois du pétrole ? Vous n’y êtes pas : « Avec un diamant de cette taille, on peut construire des routes », a expliqué le président de la Lucara (compagnie minière canadienne).

Ce vulgaire caillou serait donc capable de bouleverser la vie de plein de gens, voire même de tout un peuple ? Quelle folie !

- Folie parce que rien d’extraordinaire ne signale ses vertus magiques de métamorphose. Même dans un monde gouverné par les marchés financiers on ne croirait pas qu’une telle chose soit possible.

- Mais folie plus grande encore est d’accepter qu’une telle fortune soit attribuée à quelque chose qui n’a aucune valeur d’usage, tout son intérêt venant de la vanité de posséder ce que les autres n’ont pas.

Pourtant n’est-ce pas là le ressort le plus courant dans la vie humaine : nos écoliers ne cherchent-ils pas pour la rentrée le T-shirt dédicacé par Taylor Swift que personne ne possède encore ?

Et nous-mêmes, le gadget électronique le plus nouveau, même s’il ne sert pas à grand-chose ?

lundi 26 septembre 2022

Fini le capitalisme glouton ? – Chronique du 27 septembre

Bonjour-bonjour

 

C’est de chez Renault que la nouvelle est venue : l’entreprise fera plus de bénéfice qu’avant (entendez : durant l’ère Carlos Ghosn), en fabriquant moins de voitures, donc en étant plus verte (toutes proportions gardées). Luca de Meo l’a en effet déclaré récemment dans une interview à Investir : « A une époque, nous fabriquions 3,5 millions de voitures ; aujourd’hui, c’est plutôt 2,5 millions, mais nous gagnons plus d’argent » (Lu ici)

Comment ce miracle s’est-il produit ? « En faisant sortir la marque de sa politique de rabais mortifère pour le chiffre d’affaires et les bénéfices » peut-on lire un peu plus loin. Il est vrai que l’article cité s’étend largement sur un concours de beauté destiné aux belles voitures et à leurs belles conductrice, généralement réservé à une clientèle fortunée – et dans lequel les modèles Renault ont particulièrement brillé.

 

- Oui : et alors ? Se demande-t-on pourquoi Citroën, a pérennisé sous la marque DS ses modèles de luxe, qui deviennent ainsi étrangers à la « marque aux chevrons » qui met sur le marché des voitures ressemblant plus à des boites à sardine qu’à des voitures qu’on serait fier de posséder.

 

- Si vous ne me croyez pas, alors voyez cette voiture :

 

 


Citroën Ami

Cette « Citroën Ami » est une voiture électrique sans permis dont la conception a été voulue la moins chère possible, avec par exemple des portières interchangeables et qu’on peut acheter chez Darty ou à la FNAC (1).  Mais pour le public, ça veut dire que ce n’est pas une voiture. Les gens veulent du luxe et quand ils le peuvent la voiture est un moyen d’afficher qu’ils y accèdent. Inutile de chercher à produire des véhicules reprenant les codes sobriété, comme cette petite Ami, que les ingénieurs ont voulu la moins chère possible. Pour mémoire la firme indienne Tata a jadis tenté de commercialiser un véhicule abordable pour le grand public grâce à des économie drastiques sur les coûts de fabrication ; mais elle a dû y renoncer tant les acheteurs étaient peu nombreux à vouloir une voiture visiblement « cheap ».

La leçon est claire : la voiture reste un indicateur de statut social, et vouloir la rabaisser c’est refuser aux gens d’afficher leur réussite en montant dans leur véhicule.

Donc, Renault se rempli les poches avec des voitures chères. Les pauvres n’y auront pas accès ? Et alors ? De toute façon Renault perdait de l’argent en leur vendant des voitures prix cassés. Et ça, le Marché n’en veut pas.

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(1) Selon ce site, cette Citroën est commercialisée à un peu plus de 7000 euros. Ça laisse la pauvreté hors de prix

mercredi 1 juin 2022

Êtes-vous riche ? – Chronique du 2 juin

Bonjour-bonjour

 

Suis-je riche ? Cette question vous vous la posez sans doute chaque fin de mois lorsque votre compte en banque affiche un reliquat bien grassouillet que vous ne pouvez malheureusement plus confier à l’Écureuil étant donné que votre livret est blindé.

- L’Observatoire des inégalités a répondu à votre question en imaginant un seuil de richesse au-delà duquel on appartient à la classe des plus fortunés. Il précise en effet dans son rapport 2022 que « le seuil de richesse a été fixé à 3.673 euros par mois après impôts pour une personne seule. Il faut 2.000 euros de plus à Paris pour atteindre ce seuil. Ce seuil est calculé en prenant en compte le niveau de vie médian. On considère comme riche une personne qui gagne plus de deux fois ce que gagne le français du milieu. » (Lu ici)

C’est peut-être votre cas ? Si oui, ne vous réjouissez pas trop vite : il est plus difficile qu’on ne croit d’être riche (1).

Mais c’est quand même excitant de savoir qu’on gagne deux fois plus que le smicard ordinaire – car, ne l’oublions pas, c’est par cette comparaison que l’Observatoire des inégalités a défini la richesse. 

La leçon de tout ça, c'est qu'on n’est pas riche tout seul, mais par comparaison avec les pauvres ou avec les moins riches.

Comparaison : au fond, c’est elle qui compte – pas de société sans de telle mise en perspective. Rousseau l’avait déjà observé dans son Discours sur l’inégalité : sortant de l’état de nature où, à côté de la pitié, seul l’amour de soi (2) existait, la société naisait du regroupement des hommes qui ont commencé à se comparer les uns aux autres : l’amour propre apparaissait alors, qui exigeait d’être reconnu comme supérieur par les autres.

D’où l’utilité des signes distinctifs par les quels on signifie au premier coup d’œil sa richesse.

La Rolex en fait bien sûr partie :

 


Ça, c’est la Rolex Daytona black “PAUL NEWMAN” à 1 089 186 $

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(1) C’est du moins la thèse développée par Monique et Michel Pinçon -Charlot qui aligne cette catégorie de français sur un groupe social auquel on appartient par naissance plus que par la fortune.

(2) L’amour de soi consiste à préférer son intérêt à celui de tous les autres

samedi 22 janvier 2022

Les vases communicants ne ruissellent pas – Chronique du 23 janvier

Bonjour-bonjour

 

Un récent sondage le confirme : en France (comme ailleurs dans le monde) les inégalités économiques se creusent, avec des riches toujours plus riches ; et toujours plus de pauvres – encore plus pauvres.

Occasion de le redire (1) : la théorie du ruissellement selon laquelle les riches enrichissent les pauvres par leur participation à l’activité économique, ne tient pas. Il faut plutôt imaginer un système de vases communicants : certains ne peuvent s’enrichir qu’à la condition de détourner des ressources qui auraient dû soutenir la vie d’autres gens – qui deviennent de ce fait de nouveaux pauvres.

 

Alors que la théorie du ruissellement suppose que la fortune des riches produit de nouvelles ressources qui vont par débordement, retomber sur les classes inférieures, ce qu’on observe ici, c’est que la richesse représente une masse constante qui se répartit de façon variable au cours du temps. 

Qui a raison ? Personne sans doute parce que la question est mal posée : il ne s’agit pas seulement de s’intéresser à la circulation des richesses, mais bien à l’origine de leur accroissement. Dans l’article référencé, nous citions la parabole des talents : il s’agit bien pour Jésus de montrer qu’il est possible de faire fructifier nos dons au nombre des quels se trouve la richesse, qui peut donc elle aussi prospérer et dès lors entrer dans le circuit économique profitant à l’ensemble de la société. Le maitre de la parabole ne faisait rien par lui-même ; mais ses serviteurs tiraient quand même bénéfice de la fortune de leur maitre. En irait-il de même aujourd’hui ?

 

C’est au 18ème siècle que la question de l’origine de la fortune s’est posée : alors que les physiocrates affirmaient que la prospérité ne pouvait venir que de la terre (2), d’autres comme Adam Smith soutenaient que c’est le travail des hommes qui permettait cet enrichissement. Et là, le capitaliste réagit : pour que les hommes s’enrichissent il faut qu’ils travaillent. Et donc ce que les riches peuvent faire pour les pauvres, c’est les embaucher dans leurs usines. 

Nous serions donc d’accord avec la parabole biblique ? « Nos riches » seraient vertueux quand, au mépris de la tempérance, ils se gobergent dans des restaurants dont le repas coute si cher qu’il suffirait à nourrir une toute une armée (du salut) ; quand ils roulent en Bugatti que le PIB du Mali ne pourrait suffire à payer ; quand leurs épouses arborent des bijoux Cartier ou des accessoire Vuitton – car ils font travailler des hommes qui sans cela seraient réduits à la misère. 

Comme on le sait, Voltaire bavait d’admiration devant la vertu du luxe, pendant que Rousseau s’étranglait d’indignation : le débat ne date pas d’hier. Simplement nous avons le recul : après trois siècles de capitalisme la misère n’a pas disparu dans le monde. 

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(1) Nous avions abordé ce sujet dans ce récent article

(2) L’argument était le suivant : si je plante un seul grain de blé j’en récolterai un grand nombre – et ces nouveaux grains pourront à leur tour se démultiplier dans la terre.

lundi 12 juillet 2021

À Cannes : paillettes et porte-jarretelles sur tapi rouge – Chronique du 13 juillet 2021

 Bonjour-bonjour

 

Je lis ce matin le reportage de « New People » sur le tapi rouge du Festival de Cannes et je vois cette photo :

 

 


Léna Situations et Mélanie Thierry

 

Photo assortie de ce commentaire : « Mélanie Thierry a quant à elle brillé de mille feux grâce à une robe argentée, en forme de bustier qui a mis en avant le décolleté de l'actrice.

La youtubeuse Léna Situations (influenceuse) s'était mise sur son 31 ! Grâce à une robe solaire, très échancrée au niveau des jambes, la jeune femme a dévoilé sa magnifique silhouette. Grâce à son épaule dénudée, elle était hyper sexy ! »

Si je reproduis ce commentaire, ce n’est pas pour ricaner de sa platitude – après tout dire que l’une a un beau décolleté et l’autre une belle jambe, ce qu’on a déjà vu à moins d’être aveugle, ça permet aussi de développer le plaisir de voir nommées ces parties du corps féminin qui nous ravissent rien qu’à les regarder. 

Il s’agit plutôt pour moi d’interpeller les femmes, du moins celles d’entre elles qui s’enflamment de fureur dès qu’une image insiste trop complaisamment sur le corps féminin, semblant le livrer en pâture au désir des hommes : « Alors, parce que c’est le Festival de Cannes vous voilà sans réaction devant la marchandisation du corps des femmes, comme si la moindre des générosité était de montrer des échancrures abyssales, des décolletés sur le point de libérer leur précieux fardeau, des transparences qui ne semblent là que pour mieux montrer. Comment pouvez-vous fermer les yeux sur cet honteux étalage ? »

Faudrait-il donc admettre que ces exhibitions ne seraient évaluées que selon leur contexte ? Qu’il y a une « culture » cannoise qui permet aux femmes de stimuler la libido masculine sans se sentir humiliées ? Car alors ce n’est pas d’exhibition qu’il faudrait parler, comme nous l’avons dit imprudemment : il s’agirait plutôt d’une mise en scène où tout doit être pris ensemble : le tapis rouge, les robes soyeuses, les brillants qui scintillent dans les décolletés, et… les photographes ! Sans parler des couleurs, et des postures rappelant les magazines de luxe. 

--> Le luxe : c’est cela qui importe. La femme n’est considérée ici que comme un élément constitutif du luxe, avec sa silhouette qui jaillit de l’écrin de son fourreau : toute nue on aurait refusé de la montrer. Le corps des femmes n’est pas admis dans ce décor :  on se rappelle l’exhibition de Corine Masiero aux Césars : imaginez un peu ça sur le tapis rouge cannois ?!

 

L’érotisation du corps féminin ne fait pas scandale à Cannes parce qu’elle n’existe pas pour elle-même mais pour signaler le luxe dont elle constitue un élément ; avec la robe du soir, ajoutez la flute de champagne – et pour les messieurs, smoking, nœud papillon et Rolex au poignet. Reste qu’en devenant un pur objet, un artefact comme disent les savants, la femme renonce à son être véritable pour ne plus servir que de support à des rêves qu’on pourra en effet mettre sur le marché. 

Il semble que pour les féministes, être une icône de la grâce féminine, c’est mieux que de devenir un morceau de barbaque dans un film porno…

Dont acte.

samedi 25 janvier 2020

Voici Psyché 16, l’astéroïde ayant plus de valeur que toutes les richesses de la Terre !



L’astéroïde Psyché 16 fera l’objet d’une expédition de la NASA en 2026. Et pour cause, le fait est que cet objet n’est pas composé de pierre et de glace. Celui-ci est métallique à raison de 90 % ! L’astéroïde renferme donc d’énormes quantités de richesses minières.
Selon les estimations, la valeur totale des ressources de Psyché 16 serait de 700 quintillions de dollars, soit 93 000 milliards de dollars par habitant ! Rappelons au passage qu’un quintillion correspond à un milliard de milliard.
Si cette somme incroyable fait que les ressources de Psyché 16 ont beaucoup plus de valeur que celles de la Terre, il ne faut pas crier victoire trop vite. Premièrement, la question du rapatriement de ces richesses pose problème. En effet, le simple fait de se rendre sur l’astéroïde prend plusieurs années avec la technologie actuelle ! Ensuite, une telle “inondation” de ces métaux sur Terre provoquerait un effondrement des cours sur le marché. (Lire ici)

Nous avons tous en mémoire l’histoire de Perette et le pot au lait, telle que nous l’avions apprise à l’école. Mais à l’époque nous n’étions pas forcément soucieux de considérer l’écart qui existe entre l’objet du désir et la réalité. Or ici, non seulement cet écart est trop important pour ne pas sauter aux yeux (qui donc imagine aujourd’hui un train spatial véhiculant le précieux minerai du lointain astéroïde jusqu’à nous ?) ; mais encore on voit que ces précieux minerais n’ont de valeur qu’en raison de leur rareté. Dans un monde où l’or serait aussi répandu que les pierres dans les champs, alors qu’il n’aurait pas plus de valeur que le sable de nos plages. 
- Mais surtout, la préciosité n’est en rien relative à la valeur d’usage : l’air que nous respirons est beaucoup plus utile que l’or ou le diamant. Qu’on se rappelle ce conte où un homme possédant le pouvoir de transformer en or tout ce qu’il touchait mourût de faim faute de pouvoir manger ce qu’il portait à sa bouche. On doit donc comprendre que la valeur économique n’est rien d’absolu, mais qu’elle dépend essentiellement de la rareté. S’il ne restait plus à manger qu’une seule orange, sa valeur équivaudrait à la totalité de l’argent disponible sur terre.
Bonne leçon ! Merci Psyché 16 !

dimanche 8 septembre 2019

LES NOUVELLES TECHNOLOGIES SE CONCENTRENT SUR LE DIVERTISSEMENT

Au grand salon européen du high-tech, à Berlin, téléviseurs, ordinateurs et smartphones rivalisent pour offrir la meilleure expérience pour jouer ou regarder des films.
Cependant, pour cette édition 2019, les machines à laver ou les aspirateurs connectés ont été un peu éclipsés par plusieurs nouveautés résolument centrées autour du divertissement (Lu ici)

On s’en doutait un peu : quand on pense aux smartphones, toujours plus puissants et plus performants, aux réseaux de câbles, aux antennes et à la puissance des machines mobilisées pour faire transiter par Honolulu le message que vous destinez à votre voisin de pallier, on se dit que tout cela est vraiment superflu. Mais attention : dire que c’est superflu ne signifie pas qu’on saurait s’en passer. Pas du tout. Passer un jour sans piocher l’écran du smartphone, sans taquiner la souris de l’ordi ou sans manipuler la console paraît en effet insoutenable - mais c’est sans doute quelque chose de plus sérieux qu’on ne le croit. Car le superflu d’hier est devenu l’indispensable d’aujourd’hui.
Rappelons-nous les disputes concernant le luxe entre Rousseau et les Encyclopédistes ; le premier affirmant que le superflu est un luxe condamnable et qu’il commence dès qu’on cherche à satisfaire un besoin pas tout à fait naturel, les seconds soulignant que l’économie ne se développe qu’avec ça et que, si on a du travail, c’est parce que les riches se font fabriquer des petits objets mignons et inutiles.
Et aujourd’hui, pensons à l’étonnement qui nous saisit  lorsque notre imagination nous rapporte les modes de vie d’il y a 50 ans : « Quoi ? Pas de smartphones, pas d’écrans, peu ou pas de télés ? Que des journaux papiers à lire ? » - Et puis faisons le même travail d’imagination pour nous reporter 2  siècles en arrière : « Quoi ? Pas de lumière électrique ? Pas de gaz pour faire la cuisine ? Pas de vélo ni de trottinette électrique ? » Faisons maintenant hardiment un bond de 100000 ans en arrière : « Comment faisait Cro-Magnon, constitué comme nous, et qui survivait au jour le jour, de la chasse et de la cueillette ? Ces hommes et ces femmes paléolithiques ont bien vécu suffisamment pour proliférer et engendrer ceux et celles qui m'ont fait naitre, moi, geek hyper-connecté…

jeudi 11 juillet 2019

CHAMPAGNE, HOMARD… LES LUXUEUX DÎNERS DE FRANÇOIS DE RUGY AUX FRAIS DE L’ASSEMBLÉE NATIONALE

Le site d’information en ligne Mediapart révèle, mercredi 10 juillet, que François de Rugy a organisé entre octobre 2017 et juin 2018 au moins une dizaine de dîners lorsqu’il était président de l’Assemblée nationale, sans lien apparent avec ses fonctions.
Sur la table des salons de l’hôtel de Lassay, résidence de la présidence, ont été servis des homards géants, du champagne et des vins de la cave de l’Assemblée – du Château Cheval Blanc 2001 estimé à 550 euros la bouteille ou du Château d’Yquem 1999, estimé à 265 euros. (Lire ici)
On sent que la fibre « gilet-jaune » est fortement titillée par de pareilles informations, et l’idée que toutes ces dépenses soient justifiées par le caractère officiel des repas n’y change rien. Je veux dire que la défense de François de Rugy qui consiste à dire qu’en recevant des amis, c’était comme si la République française recevait des hôtes de marque en la personne des copains de monsieur-madame « de » Rugy. Car rien ne fera accepter à ceux qui mangent des nouilles toute la semaine et du beef haché à 20% de matière grasse le dimanche qu’il peut être légitime de s’empiffrer de homards géants et de picoler des bouteilles de vin à 600 euros.
- J’entends d’ici les Robespierre des ronds-points, ceux qui prétendaient revivre la nuit-du-4-aout chaque samedis : « Dites-donc les ci-devant de Rugy, nos sans culottes les ont loupés en  89. Il va falloir réparer l’oubli ! »
Plus sérieusement, il y a quelque chose qui ne sera jamais justifiable, c’est le luxe tant qu’il sera réservé à des petites élites. Il faut relire Rousseau pour sentir combien la haine du luxe s’enracine profond dans la mentalité française : « Il y a cent à parier contre un que le premier qui porta des sabots était un homme punissable, à moins qu’il n’eût mal aux pieds » (Réponse à M. Bordes pour le Discours sur les sciences et les arts)