vendredi 31 juillet 2026

Résilience - Chronique du 1er aout

Bonjour-bonjour


Alors que l’autorisation a été donnée par la préfecture de Gironde au retour de 84 000 habitants chez eux, après que le mégafeu ait été « stabilisé », la question qui se pose est « et après ? Rester ou partir ? ».

Dessin de Chaunu


Il est vrai que c’est souvent un spectacle de désolation qui attend les habitants :


 

Les ruines de plusieurs maisons du Porge (Gironde) incendiées le 29 juillet 2026. (RAPHAEL GODET / FRANCEINFO)


Tout autour des villages sinistrés ce sont des hectares entiers de pinèdes qui sont en miettes et, une semaine plus tard, une odeur âcre continue de prendre la gorge et de piquer le nez. (Lire ici)

Mais le plus important, c’est la réaction des habitants découvrant tout cela : 

- pour les uns pas question d’abandonner leur village : 

« Je n'ai plus rien, mais je vais tout rebâtir, répète en boucle le gaillard d'1m90. Je ne suis pas naïf : ça va être dur, ça va prendre du temps, c'est une bataille qui va être longue, mais que l'on gagnera avec ma famille et mes amis. »

Mais pour d’autre il est impossible de s’imaginer vivre dans un tel milieu : 

« Aujourd'hui, quand je rentre chez moi le soir, c'est comme si j'étais à l'hôtel. Je ne veux plus m'attacher à mon domicile, je ne veux plus mettre d'affect. Car on ne sait jamais… Et si, demain, le feu reprenait ? » (Art. cité)

Et c’est là que l’essentiel affleure : habiter une maison, ça signifie qu’on s’y sente en sécurité, qu’on n’ait pas cette hantise de devoir partir sans avoir le temps rien emporter. Un endroit où l’on puisse retirer ses bottes et s’assoir tranquillement… au coin du feu.

On écrit beaucoup de choses sur « l’habiter » supposé fait des multiples liens que l’on tisse avec le milieu qui nous environne, et c’est juste. Mais on omet le plus souvent de dire que la sécurité est le premier de ces liens, celui sans lequel aucun des autres ne pourrait tenir.

On voit les animaux qui se creusent un terrier pour se sentir en sécurité : c’est sans doute leur premier souci, avant même de savoir si le terroir est riche de nourriture. Notre maison c’est également notre tanière, l’endroit où on peut sans trembler attendre demain.

jeudi 30 juillet 2026

Bla-bla/blabla-aaa – Chronique du 31 juillet

Dans les années-twist Eddy Mitchell chantait « Tu parles trop » reprochant à sa petite amie des bavardages incessants. 

Selon cet article, c’est le contraire qu’il faudrait chanter aujourd’hui.

 

Bonjour-bonjour

 

Peut-être êtes-vous de ces gens qui fuient la présence de certaines personnes de votre entourage dont le bavardage vous éreinte ? Eh bien sachez que vous êtes complètement à contre-courant : on constate en effet qu’on se parle de moins en moins au cours de la journée, même si on s’écrit plus souvent via des SMS. (Art. cité)

Alors, c’est vrai : on continue à parler aux autres lorsque le besoin s’en fait sentir. Toutefois, ce que l’étude citée fait ressortir, c’est que le numérique a envahi notre vie au point que la plupart de nos opérations, comme de réserver une table au restaurant ou croiser la caissière du supermarché, sont remplacées par des opérations faites en ligne.

La conséquence ? Selon Gillian Sandstrom (psychologue), ce sont des « liens faibles », comme les échanges informels au fil de la journée que nous perdons, alors que ce sont eux qui renforcent notre sentiment de bien-être.

Par ailleurs, le déclin des échanges oraux semble aussi s'auto-entretenir : moins on pratique les petites interactions sociales, plus on ressent d'anxiété à l'idée de les avoir et moins on les provoque. 

Gillian Sandstrom ajoute : « Parler mobilise le cerveau différemment que la rédaction d'un message. La conversation orale fait travailler la mémoire, pour suivre ce que dit l'autre tout en préparant sa propre réponse. Face à face, il faut également faire attention à sa posture et ses expressions faciales. »


Bref : parler, de n’importe quoi, même de la pluie et du beau temps serait bénéfique pour notre santé.

Mais alors comment comprendre que les moines bénédictins (entre-autre) aient si longtemps imposé la « règle du silence », emboitant le pas aux sagesses orientales ?


mercredi 29 juillet 2026

Faites-vous pipi dans la piscine ? – Chronique du 30 juillet

Bonjour-bonjour

 

Vous vous plaignez régulièrement d’avoir une irritation des yeux après vous être baigné dans la piscine municipale, et vous incriminez les produits chimiques ajoutés à l’eau ? Apprenez donc ce que ces analyses révèlent : c’est la présence de chloramine qui vous irrite, et cette substance résulte d’une interaction entre le chlore effectivement ajouté à l’eau du bain et le … pipi des baigneurs.

Car voici le constat fait par les chercheurs : compte tenu de la foule qui se presse pour plonger dans l’eau, il est impossible que personne ne se soit laissé aller à uriner.

 


« Une étude canadienne menée en 2017 par l’université de l’Alberta révèle qu’une piscine de taille moyenne, comme la piscine municipale ou le bassin du camping, pourrait contenir jusqu’à 75 litres d’urine. » (Lu ici)

Ça vous dégoute ? Peut-être mais sachez que le philosophe va chercher du sens même dans cet endroit malsain. Qu’en dira-t-il ?

--> Une personne qui urine dans une piscine entouré de baigneurs, n’a probablement pas bonne conscience : néanmoins cela ne le retient pas – pourquoi ?

- Question naïve tant la réponse est évidente : parce que personne ne le sait. Supposez que son urine réagisse avec l’eau et la teinte d’une couleur vert fluo bien visible : soyez sûr que personne ne ferait pipi dans l’eau. Il en va de même pour toute conduite moralement condamnable : on ne s’en abstient pas dès lors qu’on est sûr de son impunité. Platon avait évoqué cette question avec le récit de l’anneau de Gygès (République, livre 2) : « Il s'agit de l'histoire de Gygès, un berger qui, à la suite d'un violent orage, découvre dans le sol un anneau. Lorsqu'il est passé au doigt et que son chaton est tourné, il rend invisible son porteur. Gygès utilise ce pouvoir pour séduire la reine, complote avec elle et assassine le roi pour s'emparer du pouvoir. » (Lire ici) Seule la transparence et la crainte de la punition peut garantir le respect des lois.

Alors, si vous aussi vous faites discrètement pipi dans la piscine alors même que vous êtes environné de baigneurs, réfléchissez-y : vous vous rangez parmi les détrousseurs et les assassins qui vous attendent au coin de la rue obscure.

mardi 28 juillet 2026

Adieu, la bande FM ! – Chronique du 29 juillet

Bonjour-bonjour

 

Ce matin vous avez sursauté : impossible de capter France-Musique sur votre poste de radio habituel. De quoi s’agit-il donc ?

 


Voici la réponse : « Depuis mercredi 22 juillet 2026, les changements de fréquences FM du réseau Radio France occasionnent des tracas à certains auditeurs. La fréquence de France-Musique (98.5) est désormais allouée à France Info. » (lu ici

--> Bien sûr vous retrouverez votre station favorite à condition de vous équiper d’un poste DAB+ – autrement dit numérique.

- Vous réalisez tout à coup : toutes les radios de la maison – plus celle de la voiture – vont devenir muettes ! Et ce n’est pas seulement les frais de rééquipement qui vous chagrinent : c’est aussi de voir disparaitre cette radio FM qui, associée aux chaines Hi-Fi dont les puissantes basses traversaient les murs, accompagnait le ménage du samedi matin de ses joies innombrables. C’était l’époque où, justement, la bande FM s’installait ; on était dans les années 70 et on disait « Adieu » à la TSF, alias « modulation d’amplitude » : finies ses incertitudes avec cette captation erratique, finis les grésillement – renvoyés l’époque du poste à galène !

Oui, tout cela c’était la joie que le progrès nous apportait dans les années 70. Mais nous voici dans les années « 20 », et nous devons dire adieu à tout cela – mais avons-nous le même enthousiasme qu’avec la venue du numérique ? J’en connais qui vont seulement ronchonner de devoir se rééquiper.

lundi 27 juillet 2026

Haruki Murakami n’est pas un robot – Chronique du 28 juillet

Bonjour-bonjour

 

Je reviens sur l’épineuse question du dépistage des robots dans la genèse d’œuvres littéraires ou artistiques. On sait en effet combien les romans sont scrutés à la loupe pour savoir si leur auteur déclaré est bien d’origine humaine, autrement dit si une IA générative n’aurait pas par hasard présidé à leur création. Certains ont joué le jeu en avouant que tel ou tel chapitre avait été écrit avec cette assistance – et on doit avouer qu’on ne l’aurait pas deviné.

Pourtant certains auteurs l’affirment : l’IA ne fonctionne pas du tout comme leur propre cerveau au moment d’écrire : c’est ce que souligne Haruki Murakami : « L'IA prend en compte tout ce qui s'est passé jusqu'à présent et établit des analogies » ; en revanche le rôle d'un romancier consiste « à faire surgir quelque chose de nouveau qui vous traverse soudainement l'esprit ». (Lire ici)

Autrement dit, la machine combine selon des règles connues des éléments déjà énoncés, alors que l’intelligence humaine invente de toute pièce des énoncés nouveaux. Là où le robot récite, l’homme invente.

Deux objections :

            * D’abord pouvons-nous faire la différence entre du recyclé et du neuf ? Si notre connaissance n’est pas encyclopédique, il se peut que les IA nous trompent en rafraichissant des énoncés déjà produits par d’autres alors que nous les croyons sortis de cerveaux humains : on l’a vu avec la thèse bidonnée d’Etienne Klein qu’il est possible de faire passer pour du « tout neuf » ce qui a été pompé ailleurs, et le jury de thèse n’y a vu que du feu.

            * Ensuite il se pourrait que notre propre cerveau « oublie » qu’il récolte le fruit d’une source contenue dans sa mémoire alors nous dorlotons cette création comme si c’était une véritable invention.

C’est là que la déclaration de Murakami prête à la critique : comment sait-il qu’il vient d’inventer ce qu’il a écrit ? Nous-mêmes qui sommes ses lecteurs en lisant ses livres les plus récents nous nous disons « Tiens ! Il se répète » (1)

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(1) Je pense en particulier à la Cité aux murs incertains.

dimanche 26 juillet 2026

Homme/cochon : un seul et même cœur – Chronique du 27 juillet

Bonjour-bonjour

 

On apprend aujourd’hui qu’un homme a survécu deux mois avec un cœur de cochon greffé dans sa poitrine – et qu’il vivrait sans doute encore aujourd’hui si on avait pu déceler la présence d'un virus porcin dissimulé dans l’organe, un agent infectieux discret passé inaperçu lors des contrôles préalables (Lire ici).

On rigole un peu : « Oui, on sait que les hommes sont tous des cochons ce n’est pas étonnant que leur cœurs battent à l’unisson… » Mais on passe alors à côté de l’essentiel : le vérité c’est qu’on arrive en reprogrammant le capital génétique du porc à lui faire produire un cœur compatible avec les besoins de l’homme. Finies les rêveries sur le cœur siège des émotions, détenteur de la nature de l’animal. Le cœur est une pompe et pour l’obtenir il suffit d’avoir le code génétique : la nature fait le reste. Et ça, on sait le faire depuis qu’on sait fabriquer un tel code et l’introduire dans une cellule. 

C’est le triomphe de l’animal-machine, loin des rêveries romantiques des adeptes du vitalisme : tout ce qui fait la surprenante autonomie des organismes répond à un déterminisme qui se laisse déchiffrer avec le code génétique.

 

- Fini le mystère de la nature ? Pas tout à fait. L’animal, quel qu’il soit possède une partie génétiquement déterminée qui est transmissible par la reproduction ; mais il est aussi l’expression de son environnement de sorte que chaque individu diffère de ses congénères pour autant que son environnement diffère également. Et ça, c’est modulable à l’infini.

 

Mais si le premier mécanisme peut servir à distinguer les spécimens d’espèces différentes, le second peut servir à les rapprocher malgré tout.

C’est ainsi que des exemplaires d’espèces différentes, pour autant qu’ils soient soumis aux mêmes penchants, peuvent se ressembler, comme le cochon qui jouit de se rouler dans la fange et l’homme qui se vautre dans la débauche.







samedi 25 juillet 2026

Un cercueil plein d’argent – Chronique du 26 juillet

Bonjour-bonjour

 

Si les informations sont exactes (voir article cité), les soldats russes sont mercenaires dans leur propre pays.

Voyez les chiffres : 

- Un soldat déployé au front perçoit au minimum 195 000 roubles par mois (environ 2 150 euros), quand le salaire minimum en Russie atteint seulement 27 000 roubles (294 euros).

- En cas de blessure grave ou de décès, la famille du soldat peut percevoir en moyenne 15,2 millions de roubles, soit près de 168 000 euros, une somme qu'un ouvrier russe ne gagnerait jamais en toute une carrière.

Les Russes ont même donné un nom à cette compensation : le grobovïe, littéralement « l'argent-cercueil»




 

Cette information nous laisserait indifférent si nous n’avions pas en la lisant un petit sursaut : la défense de la patrie n’est-elle pas un devoir que chaque citoyen doit accomplir lorsqu’on le lui demande ? Ne doit-il pas donner sa vie et non la vendre ?

Tel est précisément le sujet de la Marseillaise qui appelle les patriotes au combat et au sacrifice : la France est comme un père qui nous protège mais que nous devons aussi protéger. C’est en effet cette filiation qui fait de la « patrie » l’équivalent d’un père pour le citoyen-soldat et qui lui impose ce sacrifice. Qui donc refuserait de prendre les armes pour défendre son père devenu incapable de le faire lui-même ? Disant ceci, c’est au Cid que l’on pense :  Rodrigue défie le comte pour protéger don Diègue, son père.

Pourquoi les russes ne reconnaissent-ils pas cette obligation ? Pourquoi la mobilisation générale ne les appelle-t-elle pas au combat ?

Il n’y a que deux réponses possibles : ou bien ce combat n’est pas reconnu comme un affrontement où le destin de la Russie est mis en jeu ; ou bien, malgré que ce soit le cas, la fibre du patriotisme a dépéri dans la conscience des russes.

Je veux croire que ce soit la première hypothèse qui soit la bonne. Mais alors c’est au pouvoir de s’interroger : le jour où la patrie sera en danger, ne risque-t-il pas de voir les jeunes hommes réclamer le « grobovïe » ?

vendredi 24 juillet 2026

Allez les champions ! - Chronique du 25 juillet



Bonjour-bonjour

 

Hier à l’Alpe d’Huez les coureurs du Tour de France se sont hissés vers le col dans un capharnaüm indescriptible de gens qui les interpellaient, les pressaient, couraient pour rester à leur côté - bébé sur le dos quand ce n’était pas un chien affolé en laisse. On ne connait pas un sport où les compétiteurs sont ainsi au contact de leur public : même pour les matchs de football où les supporters interviennent tout le temps, on a choisi de séparer soigneusement les uns des autres. Il arrive souvent que les spectateurs du Tour de France soient comme une foule qui fait obstacle à l’avancée du coureur qui doit la fendre en espérant qu’elle s’écarte à son passage. Et ceci dure jusqu’à ce que des barrières séparent à nouveau les uns des autres, rendant ainsi la course au seul affrontement entre coureurs.

 

J’ai l’air de regretter que ces barrières ne soient pas installées partout. Après tout il faudrait demander aux coureurs eux-mêmes ce qu’ils pensent de cette situation. Que le public ne soit pas seulement spectateur mais devienne aussi acteur de la compétition peut donner un peu plus d’énergie aux coureurs. Il y a certes des énergumènes qui gesticulent dangereusement au contact des coureurs ; et puis ceux qui en profitent pour enfiler un déguisement de mardi-gras. Mais dans tous les cas ils contribuent sans doute à une surproduction d’adrénaline qui va les soutenir dans leur effort.

jeudi 23 juillet 2026

La bactérie mangeuse d’uranium – Chronique du 24 juillet

Bonjour-bonjour

 

Et si l’avenir nous promettait une solution-miracle à nos problèmes de stockage de déchets d'uranium ? Si désormais l’argument employé contre les centrales nucléaires n’avait plus d’objet ?

- C’est une possibilité à laquelle nous pouvons rêver en lisant cette information : « En Saxe, en Allemagne, et plus précisément la mine d’uranium de Wismut GmbH Schlema-Alberoda, on a découvert des micro-organismes déployés comme de véritables petites équipes de nettoyage, capables de piéger l’uranium et de le figer dans une forme stable et bien moins problématique. » 

 On se propose bien sûr d’utiliser ces bactéries pour dépolluer des sites contaminés par la radioactivité.

 

La nature nous offrirait donc des bactéries capables de dépolluer un site nucléaire sans aucune intervention de notre part, en oubliant les tunnels à creuser, les murs de plomb et les portes en acier. Comme si, à tout poison, la nature offrait spontanément un contre-poison. On sait déjà combien la découverte des antibiotiques vérifie ce principe : les bactéries tueuses d’hommes sont naturelles, et les champignons tueurs de bactéries le sont également.

 

- Généralisons : à quand la découverte de bactéries mangeuses de CO2 ? On le sait : le COest un nutriment indispensable à la photosynthèse des plantes : pourquoi n’y aurait-il pas quelque part – par exemple en Amazonie – des microbes gloutons qui avaleraient pour leur plus grand bien des tonnes et des tonnes de ces gaz mortifère pour nous ?

Et quand bien même la Nature ne les aurait pas produits, qu’est-ce qui nous empêche d’en inventer et de les bricoler avec notre génie génétique, nos ciseaux CRISPR ?




mercredi 22 juillet 2026

Gaza, terre permise ? – Chronique du 23 juillet

Bonjour-bonjour

 

Oui, je sais : jouer sur les mots entre « terre promise » et « terre permise », c’est un peu faible. Mais je n’y résiste pas, d’autant que passer de l’un à l’autre ne manque pas de sens.

 

Voyons ça de plus près (Ce qui suit s’appuie sur cet article)

 

- Les faits : les extrémistes israéliens réclament aujourd’hui le droit de s’installer dans la bande de Gaza, qu’ils désignent d’un air extatique comme étant « Notre terre » : puisque Gaza fait partie de la terre qui fut « promise » par Dieu à Abraham, alors il leur est permis d’en prendre possession. 

- Au départ, le mouvement sioniste a revendiqué la Palestine pour les juifs pas seulement en raison d’une occupation antérieure, mais aussi parce que Dieu leur en fit don, ainsi que la Bible l’atteste en de nombreux endroits (cf. Deutéronome 11,11-12 ; et également l’article référencé).  

 

 

Moïse apercevant la Terre promise, F. E. Church, 1846

 

- Toutefois, la Terre en question ne fut que « promise » et non « donnée ». C’est qu’un peuple, les Cananéens, l’occupait déjà et que les hébreux devaient le combattre pour entrer en possession de l’héritage promis. Cette terre est donnée mais reste simultanément à conquérir : c’est une terre qu’il faut à la fois recevoir et prendre

 

- Les Israéliens d’aujourd’hui se reconnaissent le droit de chasser les Palestiniens du pays de leurs ancêtres parce que Dieu leur en a fait un devoir. En termes de légitimité l’État d’Israël chasse les palestiniens de leurs terres ni en raison d’un droit du « premier occupant » ni d'un « droit du plus fort » mais pour une raison religieuse.

On avait tendance à l’oublier parce que les bombes et les missiles font plus de bruit que les versets de la Bible. Mais les extrémistes religieux le rappellent à présent ingénument : ils peuvent le faire parce que Dieu leur en a intimé l’ordre.

mardi 21 juillet 2026

Pourquoi enregistrer les spectacles ? – Chronique du 22 juillet

Bonjour-bonjour

 

Regardez cette photo : 

 


© Aliaksei

 

Vous aurez reconnu une salle de concert comme il y en a tant, où le public préfère enregistrer et donc voir le spectacle sur son écran plutôt dans la réalité vivante.

L’article qui rapporte le phénomène en conclut « qu’on ne vit plus les évènements, on les observe à travers son écran ». Soit. Toutefois, quelques lignes plus haut, l’auteur de cet article prévenait : « Malgré la disponibilité d'enregistrements officiels de bien meilleure qualité, le public continue de préférer ses propres enregistrements, qu'il ne regardera probablement jamais »

Si je comprends bien, les amateurs de concerts paieraient fort cher une place pour assister à un spectacle dont ils ne tireraient même pas profit du fait de l’attention prêtée à l’enregistrement des artistes – et que ceci ne serait même pas une attitude de consommation différée, chacun voulant jouir tranquillement depuis son canapé du spectacle qu’il vient d’enregistrer, puisqu’en fait… il ne le regardera jamais ! N’est-ce pas là l’attitude du collectionneur qui accumule des objets non pas pour les consommer, mais seulement pour en contempler la présence, comme si le simple fait de les posséder suffisait à son bonheur ?

 

Toutefois, tandis que collectionner est une activité qui peut répondre à des aspirations profondes (comme comprendre, préserver, ordonner, transmettre, etc.), le vidéaste amateur se bornerait à la possession pure et simple de ces enregistrements. Comment comprendre ?

Profitons de cette occasion pour interroger ce besoin de posséder sans consommer : à quoi correspond-il ? 

- En face cette exclusivité passive, la possession n'aurait-elle pas la possibilité de montrer quelque chose de plus ?

--> Posséder, c'est inscrire quelque chose de soi dans la durée : ces objets nous survivent, ils portent la trace de notre passage. Ils sont donc conservés dans la mesure où ils expriment des goûts, des valeurs, une histoire personnelle. En bref, ces enregistrements sont un peu de nous-même qui se révèle et se conserve en même temps. Nous avions choisi d’assister à ce concert non pas pour dire : « J’ai eu un grand plaisir à être là » ; mais plutôt : « Je me reconnais bien dans celui qui a été au concert de Céline Dion »

Au fait, vous avez vos places pour septembre ?

lundi 20 juillet 2026

Conflits modernes : la robustesse plutôt que la force – Chronique du 21 juillet

Bonjour-bonjour

 

Les guerres actuelles, que ce soit celle de la Russie contre l’Ukraine ou des Etats-Unis contre l’Iran, nous ont enseigné que, comparée à l’efficacité des drones, la puissance formidable de certaines armes, comme celle qui est embarquée dans des missiles est finalement improductive, pour des raison économiques.

C’est que le coût de production d’une arme est devenu déterminant : pour le même prix, mieux vaut un millier de drones qu’un seul missile.

On en arrive à cette constatation inspirée des travaux d’Olivier Hamant sur le concept de robustesse dans la nature. Selon lui, « dans la nature, les performances importent moins que la stabilité d’un système » formule que nous réinterpréterons en disant que peu importe le manque de performance de chaque élément si la quantité d’éléments engagés permet d’obtenir le résultats recherché. Par exemple, dans le processus de reproduction des plantes, le taux de succès de chaque graine est extraordinairement bas ; mais leur nombre suffit à garantir que la plante puisse se reproduire correctement – et on en dirait autant des spermatozoïdes humains. Que l’on compare ceci aux attaques de drones : sur cent drones envoyés sur une attaque, quatre-vingt-quinze seront abattus avant de toucher leur cible, mais s’il en reste cinq qui y parviennent ce sera suffisant pour autant que le prix de ces drones reste très modique. On se reportera à mon article du 6 janvier 2026 pour plus de détail.

 

 

Nos ancêtres se battaient avec des fourches et des gourdins : ces armes frustes avaient la qualité essentielle d’être toujours disponibles. Avec les correctifs indispensables leur méthode de combat reste valable aujourd’hui.

dimanche 19 juillet 2026

Jubillar : l’art du crime – Chronique du 20 juillet

Bonjour-bonjour

 

Les amateurs de romans policiers le savent : un criminel doit résoudre l’épineux problème de la disparition du corps s’il veut réussir le crime parfait. Cédric Jubillar le savait et il a ourdi un plan machiavélique qui a parfaitement réussi.

Récapitulons :

            * D’abord tuer sa femme proprement c’est-à-dire sans laisser de trace de sang : la strangulation convient tout à fait (la technique de la clé de bras a été avouée lors d’un parloir à la prison).

            * Ensuite mettre la victime dans la voiture.

            * L’emmener à 10 km vers un tumulus de déchets en cours de compostage.

            * Là, y enfouir le corps. 

            * Cédric Jubillar le sait : comme nous sommes en décembre, le compost ne sera répandu dans les champs que dans plusieurs mois, laissant au corps le temps de se décomposer.

            * Le printemps arrive, le compost est chargé dans une benne avec une vis broyeuse sans fin qui disperse le compost dans le champ et peut-être dans plusieurs autres selon les besoins.


Voilà le plan, tel qu’il fut imaginé, sans doute bien avant le crime, et qui a marché si bien qu’aujourd’hui encore on ne sache rien de la mort de Delphine, les deux fémurs retrouvés n’en portant pas la trace.

 o-o-o

Avis aux candidats au crime parfait : si ce plan a bien fonctionné, c’est avant tout parce qu’il est simple, qu’il ne suppose aucune préparation suspecte, tel l’achat de chaux ou autres ingrédients. Il se cale parfaitement sur la période : décembre garanti plusieurs mois de « repos » au corps pour qu’il se décompose.

lundi 13 juillet 2026

Rendez-vous le 20 juillet

Le « Point du jour » prend une semaine de vacances.

Rendez-vous lundi prochain 20 juillet

dimanche 12 juillet 2026

Football : la France sans français – Chronique du 13 juillet

Bonjour-bonjour

 

Le racisme, le sale, le vrai, le criminel est de retour avec la sortie raciste de M. Rajoy l'ex-Premier ministre espagnol qui a présenté, samedi 11 juillet, l'équipe de France comme dénuée de joueurs français, à deux jours de la demi-finale de la Coupe du monde de football, opposant la France à l'Espagne.

L’actuel Premier ministre socialiste espagnol, monsieur Pedro Sanchez, a fustigé en ces termes  les "déclarations xénophobes" de son prédécesseur de droite Mariano Rajoy : « L'Espagne est à ceux qui l'aiment et la font vivre. Pas à ceux qui la déshonorent par des déclarations xénophobes. » (Lu ici)

On ne saurait mieux dire, aussi je concentrerai mes propos sur la nature du racisme qui se manifeste ici, car elle en révèle l'essence la plus pure. En effet, être français c’est selon monsieur Rajoy avoir une certaine couleur de peau. Moyennant quoi on peut naitre français, en revanche on ne peut le devenir. Mais qu’on ne s’y méprenne pas : il ne s’agit pas d’un quelconque « droit du sol », mais bien d’un droit du sang, en prenant la formule dans son sens forgé par les nazis à propos de la « pureté du sang aryen » La race, terme rejeté aujourd’hui par les études de génétiques, est ainsi le fantasme de la pureté d’une substance héritée dont on veut croire qu’elle remonte à la nuit des temps : c’est ainsi que la noblesse française prétendait descendre en droite ligne de Saint Louis. 

Mais attention ! Comme la sainteté, la pureté raciale est fragile : un rien peut la troubler et la faire dégénérer à tout jamais. C’est ainsi qu’aux États-Unis, pays raciste comme il n’y en a pas deux, on ne connait que deux races : la blanche et la noire. Le moindre métissage fait qu’une blanche enfante un bébé noir et si claire que soit  sa peau, il restera noir et transmettra ce caractère à sa descendance.

On voit que le racisme est une théorie construite et robuste, capable de traverser les siècles sans subir la moindre altération. S’il y a une pureté dans ce monde, ce n’est pas celle du sang mais celle du racisme.

samedi 11 juillet 2026

L’opinion publique peut-elle légitimer Marine Le Pen ? – Chronique du 12 juillet

Bonjour-bonjour

 

François Ruffin accuse Marine Le Pen de bafouer la décence en se présentant au suffrage des français alors qu’elle est sous le coup d’une
condamnation pour détournement de fonds et emploi fictif. Elle apparait toutefois soutenue par l’opinion publique selon les sondages effectués sur le sujet. 

--> L’opinion publique est-elle une source de légitimité ? On note simplement qu’en cas de condamnation définitive tombant après son éventuelle élection à la présidence, elle bénéficierait de l’immunité présidentielle. Autrement dit la question n’est-pas : « Est-il juste qu’elle soit éligible à la plus haute magistrature française ? », mais simplement « Réussirait-elle à obtenir la majorité à une telle élection ? » On élimine ainsi la question de la légitimité ; ne reste que celle de l’efficacité.

Ceci ne résout pas le problème, ou plutôt les problèmes :

- D’abord, quelle est la source de la légitimité ? Si la question est rejetée concernant le peuple supposé détenteur de cette capacité, on admet aussi qu’il la délègue à des dirigeants choisi par lui seul. Sauf qu’on oublie de dire selon quel critère ce choix pourrait s’opérer – et l’époque actuelle avec la crise ouverte par les courants populistes on voit que ces critères devraient être débattus sur la place publique. 

- En suite, le peuple souverain peut-il être maitre de ces critères ? En tant que souverain il devrait avoir le droit et le pouvoir de les modifier à sa guise. Que l’un de des candidats soit un repris de justice mais qu'il lui plaise et voici que cette infamie ne serait plus dirimante.

- Mais alors, si le peuple souverain ne peut dire qui et pourquoi quelqu’un est ou non éligible, qui donc peut le faire ? On le sait : les magistrats le peuvent selon la Constitution. Notre seul chien de garde contre les abus de la démocratie, est la loi entérinée par cette même démocratie. Et l’opinion publique, dans sa versatilité ne peut rien en face de cela.


 

1958 : Comité de soutien au Général de Gaulle

vendredi 10 juillet 2026

Pourquoi vous devez installer un climatiseur – Chronique du 11 juillet

Bonjour-bonjour

 

Vous hésitez à faire les frais d’un climatiseur à domicile ? Vous pensez que vous êtes assez fort pour résister aux effets des 40° qu’on nous promet ? Alors, lisez ceci et vous changerez peut-être d’avis. 

Car c’est de votre cerveau qu’il s’agit : apprenez qu’il est de très loin l'organe le plus sensible du corps à la chaleur. Et sachez aussi qu’il ne dispose pas de la transpiration pour maintenir sa température normale.

 


- Alors comme ça mon cerveau ne transpire pas ? Quelle nouvelle ! vous avez d’autres scoops à me proposer ?

- Attendez avant d’ironiser. Lisez la liste des disfonctionnement qui s’en suivent.

* La mémoire à court terme et les fonctions complexes en pâtissent en premier. Au-delà de 32 °C sur quelques heures, l'inconfort grimpe fortement. Pour tenir sa température il va réduire fortement son activité.

- Pour refroidir mon cerveau vous me conseillez donc de faire des siestes au lieu de transpirer sur mon écran, puisque justement mon cerveau, lui, ne transpire pas ?

- Éh bien oui, même si ça doit déplaire à votre patron. Mais attendez la suite, car on n’en a pas fini.

* Cette baisse de régime touche aussi la vie sociale. Sous la chaleur, l'envie d'être avec les autres diminue nettement. Le cerveau coupe cette fonction coûteuse en énergie pour se protéger. Dès lors, chacun se replie un peu plus sur soi. Ce mécanisme explique en partie les tensions observées durant les vagues de chaleur.

- C’est vrai que je ne peux plus supporter mon chef de service ; plus je le vois et plus je veux m’isoler. Mais j’apprends que ce n’est pas de sa faute, mais celle de cette saloperie de canicule : je lui dirai ça la prochaine fois que je l’enverrai bouler.

Vous avez encore autre chose ? Parce que les vacances avec ma belle-mère, ça non plus je ne le supporte plus, c’est peut-être dû à la chaleur ?

- Peut-être, surtout si cette aversion s’accompagne d’un état dépressif. On a alors à faire à un épisode de solastalgie.

- « Solastalgie » : c’est quoi cette bête-là ?

- Ça désigne un sentiment de détresse et d'angoisse ressenti par certains individus face aux transformations (négatives) subies par l'environnement.

- Hé bien oui : ma belle-mère elle me pollue l’environnement. Quand elle est là le soleil ne brille plus et l’air devient lourd.

Mais alors, à part éviter tout ce que vous venez d’énumérer, que convient-il de faire ?

- Apéro- vin rosé- bbq avec vos potes. Sur la terrasse à la fraiche

- Et ça va suffire ?

- Oui sinon il faudra ajouter un canap’ climatisé et des siestes crapuleuses avec la voisine pendant que votre épouse est à la Baule avec les mioches.

jeudi 9 juillet 2026

Arrête avec tes distorsions cognitives ! – Chronique du 10 juillet

Bonjour-bonjour

 

« Distorsions cognitives » : quésaco ? Vous savez ce que c’est, vous ? Moi, je le découvre dans la définition qui en est donnée ici : « Ces distorsions cognitives peuvent se définir comme des pensées verbalisées qui déforment la réalité, permettent au délinquant de supporter le regard des tiers, en particulier celui de sa famille, tout en se défendant dans l’espoir d’adoucir le châtiment qui lui sera réservé » (Article Wikipédia)

- Autrement dit, il s’agit des mensonges qu’un coupable invente pour se disculper ou pour minorer sa faute. Sauf que ça n’est pas tout à fait ça. Selon Wikipédia, les distorsions cognitives sont plus généralement des pensées qui amènent les individus à percevoir la réalité de manière inexacte. Autrement dit ce serait à la rigueur un mensonge, mais d’un type tout à fait spécial, tel que le menteur croirait à son mensonge autant que celui à qui il est destiné.

- L’exemple cité est celui du procès des hommes qui ont violé Gisèle Pélicot, prétendant être certains qu’elle était consentante, même plongée dans un sommeil quasi hypnotique. Ces distorsions impliquent un état psychopathologique, autrement dit le menteur du quotidien ne saurait connaitre une telle situation. 

Reste que ces cas éveillent en moi un souvenir d’ordre philosophique : celui du « mensonge à soi-même » dont parle Sartre lorsqu’il évoque la mauvaise foi. On se rappelle l’exemple du garçon de café qui joue un rôle que lui attribue sa fonction comme si c’était une réalité permanente à laquelle il est totalement identifiable. On lira ce texte célèbre ici.

- Devons-nous dire que ces analyses philosophiques recoupent les découvertes de la psychopathologie ? Pas tout à fait, car pour Sartre, la mauvaises foi est une modification de la conscience : c’est le rapport à soi-même qui est en cause. Par contre dans les distorsions évoquées, c’est la réalité qui est déformée, et non la conscience de soi. Alors certes ça suppose une altération de la conscience. Toutefois il s’agit - pour parler comme Sartre - de la conscience « thétique » du monde et non de la conscience « thétique de soi », même si la seconde est enveloppée dans la première.

--> Redisons-le : la distorsion cognitive affecte la perception du monde alors que la mauvaise foi sartrienne affecte la perception de soi.

mercredi 8 juillet 2026

Mieux qu’une Rolex – Chronique du 9 juillet

Bonjour-bonjour

 

Voici un bracelet qui est devenu très tendance dans les milieux politiques :

 



Stigmate de la crapulerie ordinaire en politique, ce bracelet ne semble pourtant pas porter préjudice à ceux qui en ont un : ce matin, 51% des français approuvent la décision de Marine Le Pen de se présenter à la présidentielle.

Autrement dit une majorité d’électeurs votent sans se soucier du pédigré pénal de leur candidat. Et ce n’est pas vraiment une surprise, pour autant qu’on se rappelle du parcours de Jacques Médecin, maire de Nice en cavale en Uruguay pour échapper à la police

« Après que ses ennuis fiscaux aient été aggravés par les révélations sur ses avoirs aux États,  il est inculpé en novembre 1989 pour délit d'ingérence dans l'affaire de L'Action Nice-Côte d'Azur, et est soupçonné de détournements de fonds de l'association paramunicipale Nice-Opéra. En juillet 1990, la chambre régionale des comptes le déclare comptable de fait. Il démissionne en septembre 1990 et rejoint Punta del Este en Uruguay, échappant un temps à la justice. » Eh bien, malgré cela, il resté néanmoins très apprécié par une partie de la population niçoise qui voit en lui une incarnation de la ville et garde en souvenir sa faconde et son sens du contact. (Article Wiki ici)

On dirait la même chose en encore beaucoup plus grave des américains qui ont élu sans trembler Donald Trump, alors que celui-ci avait toute une batterie de casseroles aux basques, et qu’il promettait de récidiver. C’est que les gens veulent qu’on leur serve un programme qui leur semble favorable et peu importe qui le fait. Il faut avouer aussi que ces escrocs sont parfois diablement sympathiques : on partirait en vacances avec eux en leur laissant le code du coffre-fort.

Je ne doute pas que ce soit le cas de Marine Le Pen : et peu importe que tout en chantant une berceuse à son électorat elle étrangle la culture, détruise les libertés féminines et fasse le lit de la facho-sphère ?

mardi 7 juillet 2026

Pyrrhon, notre maitre à douter – Chronique du 8 juillet

Bonjour-bonjour

 

Le président américain a publié dimanche soir sur sa plateforme Truth Social une image montrant la Première ministre italienne lui faisant les yeux doux, accompagnée d’un message en lettres capitales : « Ordonnance de protection demandée »

/ Ordonnance de protection : si vous êtes victime de violences conjugales ou intrafamiliales, vous pouvez demander au juge aux affaires familiales la délivrance d’une ordonnance de protection pour que des mesures soient prises dans l’urgence. Lire ici)

 

 


Publié sur la plateforme Truth Social

 

Faisant allusion à des difficultés avec l’opinion publique italienne, le Président américain n’a pas hésité à modifier cette photo pour suggérer que la Présidente du conseil italien le suppliait de lui accorder sa protection.

Avouez que vous vous y auriez fait prendre : ce regard énamouré était trop sincère pour qu’on en doute ! Et puis, comment supposer que le Président des Etats-Unis pourrait sur son propre réseau social tromper ainsi les gens ?

Pourtant c’est bel et bien un trucage et le contexte de cette humiliant commentaire trouve sa source dans une affirmation toute aussi truquée : « En juin le président américain avait affirmé - sans en apporter la preuve - que Giorgia Meloni l’avait imploré de prendre une photo avec lui lors d’un sommet du G7 quelques jours plus tôt. Il avait ensuite affirmé que celle qui fut jusqu’à récemment l’une de ses plus proches alliées en Europe, « se débrouillait mal en Italie en matière de popularité ». (Lu ici)

o-o-o

La leçon de tout ça ? Nous voilà revenus au 4ème siècle avant notre ère, lorsque Pyrrhon d’Ellis fondait l’école sceptique.

Rappelez-vous ce que, selon Diogène Laërce, on disait de Pyrrhon, le fondateur du scepticisme : « n'évitait rien, ne se gardait de rien, s'exposant à tout, aux chars, aux précipices, aux chiens, ne se fiant en rien aux sens. Mais ses amis le suivaient et le protégeaient » Autrement dit, il ne faisait même pas attention au risque de tomber dans un ravin (ou un précipice) au point que ses disciples devaient constamment intervenir pour l'empêcher de se blesser ou de mourir. 

Donc : ne jamais croire quoique ce soit et de quelque source que ce soit, quand bien même nous en serions intimement persuadés : telle est la leçon de notre siècle d’informations à jet continu qui est en même temps source de mensonge permanent.

Nous voici ramenés aux époques les plus sombres de notre histoire quand les tyrans interdisaient toute information. Le tyrans d’aujourd’hui sont beaucoup plus malins : ils n’interdisent rien, mais ils déforment tout.