mardi 7 juin 2022

La gauche : un âme errante – Chronique du 8 mai

Bonjour-bonjour

 

Encore un mot nouveau à ajouter à votre lexique politique : la « nuance ». 

- Lisez plutôt : « la Nupes est « une nuance politique » à part entière, selon le Conseil d’État » (1) 

« Nuance politique » ? C’est quoi donc ? Aurions-nous là un synonyme de « tendance », ou de « courant » ? L’essentiel n'est pas là ; il est que ce mouvement dont les membres ont choisi de figurer sous ce label unique soit le seul à représenter une Union de la gauche - vu qu’aucun autre cas ne pourrait actuellement être cité. Refuser de reconnaitre cette union porterait en effet atteinte à la sincérité des résultats, d’autant que les candidats à la majorité présidentielle sont quant à eux regroupés sous la nuance « Ensemble ! ».

- Mais on devrait surtout être sensible à l’espoir que ce mouvement (= nuance, je n’arrive pas à m’y faire) : ce qui importe c’est de reconnaitre que les électeurs sachent qu’en votant pour la NUPES ils votent pour une gauche réunie même si ce n’est pas dans un parti unique.

Occasion de préciser le sens du label « Nuance » s’agissant de politique. On supposait ci-dessus que ce terme était un nouvel avatar de « courant » ou de « tendance ». C’était déjà trop dire puisque l’on peut supposer que sur bien des points, tels que l’Europe ou la protection des frontières économiques, les désaccords sont profonds. Mais il n’en reste pas moins que des « totems » de la gauche, tels que le temps de travail ou les retraites, sont bel et bien là. Que ces orientations soient présentes - même si elles ne permettraient pas (faute de consensus sur les autres points) de gouverner, mais que néanmoins des citoyens apportent leurs voix à une telle formation - montre combien la gauche, telle une âme errante plane au-dessus du champ politique, cherchant un corps nouveau pour l’incarner. 

« Âme errante » : Ce serait quelque chose comme ça

  


 Ça fout les miquettes n’est-ce pas ? En tout cas comme le prévoit la théorie on constate que ce fantôme cherche à se réincarner là où il avait vécu, c’est-à-dire au Palais Bourbon. Passé l’élection législative, on entendra plus parler de lui.

Ouf ! 

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(1) « 18 nuances politiques ont été attribuées aux candidats aux élections législatives des 12 et 19 juin 20221. Cette grille des nuances politiques permet d’agréger les résultats des élections pour informer les citoyens et les pouvoirs publics, et faire apparaître les tendances politiques locales et nationales (…) La décision du ministère de l’Intérieur de ne pas présenter les résultats des candidats de l’union de la gauche sous la même bannière « portait atteinte à la sincérité » de cette communication. » (Source : le Conseil d’État)

lundi 6 juin 2022

On ne pense à rien – Chronique du 7 juin

Bonjour-bonjour

 

Délaissant pour aujourd’hui l’actualité la plus brûlante, je vous propose, chers amis, un peu de relaxation et de bien-être, un peu de quiétude et de douceur de vivre.

Et comment faire ? C’est simple, et on vous le recommande de partout : laissez-vous aller, lâchez prise, renoncez à tout contrôler. Est-ce donc si difficile ? Oui sans doute puisqu’il ne suffit pas de le répéter béatement pour y parvenir. Pourtant des méthodes existent. En quoi consistent-elles ? Que font-elles ?

 

- Écoutez ces propos venus d’une jeune femme parlant hier des bienfaits de son activité de dentellière : « On est dans le présent, on ne pense à rien »

1° Être dans le présent : oui c’est là la condition du bonheur ou du moins du bien-être. Pascal le disait dans un fragment des Pensées : « Nous ne pensons point au présent ; et, si nous y pensons, ce n'est que pour en prendre la lumière pour disposer de l'avenir. Le présent n'est jamais notre fin : le passé et le présent sont nos moyens ; le seul avenir est notre fin. Ainsi nous ne vivons jamais, mais nous espérons de vivre ; et, nous disposant toujours à être heureux, il est inévitable que nous ne le soyons jamais. » (Fragment 172). Ne même plus penser à l’avenir, ni se souvenir du passé. Être concentré dans l’instant présent sans jamais enjamber vers le futur ni remonter vers le passé.

2° Pour y arriver, il faut avoir une occupation qui absorbe l’attention totalement sans jamais susciter de projection vers l’avenir, ni faire appel au souvenir. Mieux que le jardinage qui suscite constamment la réflexion pour faire les meilleurs choix botaniques ; et que la belotte qui est remplie d’espérance de joies ou de craintes de frustrations : la dentelle (ou ses variantes telles que le tricot – voire même le macramé). 

3° Objections :

            *A rester figé dans le présent, ne risque-t-on pas la perte de conscience ? C’est en effet une possibilité, mais on suppose que l’activité de fabrication de la dentelle sollicite l’attention suffisamment pour ne pas devenir machinale.

            * Rester dans la pensée du présent, est-ce bien la condition pour être heureux ? Comme on l’a vu, selon Pascal ne pas rester dans la pensée du présent c’est en tout cas une attitude qui nous déstabilise et empêche la tranquillité d’âme sans laquelle le bonheur ne peut être.

            * Enfin et surtout, ne pas penser, est-ce là le bonheur ? Car c’est on l’imagine avec joie que notre dentellière le constate : « On ne pense à rien ». Cette absence de pensée peut-elle être donnée comme un but idéal à un être humain dont toute la dignité est justement de penser ?

Je sais bien quelles difficulté soulève l’emploi de façon absolue (= sans complément d’objet) du verbe « penser ». Pourtant le philosophe regimbe : apprendre à diriger ses pensées, oui. Chercher à les anéantir : non. 

dimanche 5 juin 2022

Comme le nez au milieu de la figure – Chronique du 6 juin

Bonjour-bonjour

 

On achète Libé parfois uniquement pour sa « Une » qui résume parfaitement un évènement. Tel celui-ci: 

 

On a caricaturé certains hommes politiques avec un nez qui s’alonge exagérément, faisant penser à celui de Pinocchio : ces sont des menteurs disent ces dessins, et ils cherchent à le cacher, jusqu’à ce qu’ils soient trahis par l’évidence : à leur grande honte leur mensonge se voit alors comme le nez au milieu de la figure

Mais depuis Pinocchio les choses ont bien changé : nous n’avons plus de menteurs honteux, prêts à se repentir en cas de démenti, mais des politiciens orgueilleux qui accusent les autres d’être eux-mêmes des propagateurs de « fake-news ». On a même à présent des théoriciens qui expliquent que la post-vérité est supérieure à la vérité dans la mesure où les faits objectifs sont moins importants que « les facteurs qui modèlent les émotions et les opinions personnelles » (lu ici).

 

- Rappelez-vous : nous sommes en 1972 et des journalistes américains publient des documents secrets du Pentagone montrant la vérité sur la guerre du Viêt-Nam et les manœuvres du pouvoir cherchant à la cacher au public. A l’époque le scandale fut grand, au point qu’Hannah Arendt en tira un livre toujours lu et admiré (1) 

- On croyait à l’époque des « Pentagon papers » que le mensonge devait être caché, qu’il n’avait d’effet que si on pouvait croire et en l’objectivité de son contenu, et en la fiabilité de celui qui le portait. On se souvient du désarroi des citoyens quand, peu de temps après, ils ont su que Nixon leur avait menti à propos du Watergate (le surnom de « Tricky Dicky » lui survécut même). 


Mais nous voilà 50 ans plus tard et la présidence Trump nous a montré que les mensonges les plus éhontés avaient plus de poids que la vérité, au point qu’aujourd’hui on ne distingue même plus entre la communication gouvernementale et la propagande des pays soumis à un tyran.

C’est que la vérité apparait parfois aujourd’hui comme quelque chose de déplaisant : au lieu de l’aimer de façon inconditionnelle, nous souhaitons que le monde soit à l’image de notre désir, et nous la haïssons lorsqu’elle vient briser nos rêves. Celui qui saura nous dire que le monde est bien à l’image de nos chimères n’aura pas de souci à se faire : on trouvera même son nez tout à fait élégant.

o-o-o

On cite parfois Nietzsche sans véritable raison : ici pourtant c’est à lui que revient le mérite d’avoir posé la question : « Pourquoi sommes-nous si désireux de connaitre la vérité ? ». Selon lui, la vérité n’a aucune supériorité par rapports aux autres opinions, et seule sa sécurisante stabilité explique qu’on la recherche. Mais qu’on montre que sa force ne dépend que de l’autorité de celui qui la porte ; et que de plus elle soit mise en concurrence avec les rêves qui nous réconfortent – et la voilà par terre.

Dans 10 jours, c'est l'épreuve de philo du bac.

Parmi les sujets possibles, on pourrait trouver celui-ci : 

« Peut-on préférer l'illusion qui réconforte à la vérité qui dérange? »

--> Je ramasse les copies dans 4 heurs.

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(1) « Du mensonge à la violence » (Agora)

samedi 4 juin 2022

L’inflation ? C’est pour les pauvres – Chronique du 5 juin

Bonjour-bonjour

 

Les chiffres sont là : les plus pauvres d’entre nous sont en même temps ceux qui souffrent le plus de l’inflation. Dit comme cela, c’est très loin d’être un scoop ; c’est même un enfonçage de porte ouverte.

Mais lisons cet article : « Ceux qui ont les plus beaux budgets vacances, les catégories socioprofessionnelles supérieures, ne sont pas vraiment impactés par la hausse du prix des pâtes et de l’essence, ils ne changent pas leurs projets de vacances. » (lu ici)

Hé oui : pour une augmentation de 40 centimes du paquet de pâtes, ceux qui ont pour ressources le SMIC soit 1500 euros, auront un pourcentage de leur revenus deux fois plus impacté que ceux qui gagnent 3000 euros. 

- Une évidence ? Oui et non. Car cette différence est parfois oubliée de ceux qui sont dans le haut de l’échelle des revenus. Rappelez-vous : il y a 5 ans une des première mesure du nouveau gouvernement avait été de baisser les APL de 5 euros par mois. Pour ceux qui ont pris cette mesure, l’idée était que 5 euros par mois, c’était insignifiant. Mais justement, ceux qui bénéficiaient de cette allocation étaient en même temps les plus démunis. Et leur réaction a été immédiate : « 5€ c'est 6 baguettes, 25% d'une mutuelle, un livre d'occaz pour la fac, 5kg de pâtes, 10 steaks hachés, 3 paquets de céréales etc... » répond (en 2017) un internaute sur tweeter (cf. ici)

On en est là aujourd’hui encore : pour ceux qui gagnent 3000 euros mensuels, l’inflation ne les concerne pas vraiment parce qu’on est proche du plancher des quantités observables : 40 centimes de plus sur un kilo de pâtes c’est un epsilon, non mesurable. 

Et voilà l'essentiel à comprendre : pour notre budget, nous avons tous nos unités de mesure par rapport auxquelles nous évaluons nos dépenses : en numéro de l’Obs, en repas au restaurant ou en capsules de Nespresso.  

Mais il y a des personnes pour qui ces unités sont la baguette de pain ou le kilo de pâtes – ou le prix du steak haché à 20% de matière grasse.


Ce qui souligne que les inégalité vont encore se creuser.

vendredi 3 juin 2022

« Good news is bad news » - Chronique du 4 juin

Bonjour-bonjour

 

Aux Etats-Unis le marché du travail est resté solide en mai. De plus, les employeurs qui ne trouvent pas suffisamment de travailleurs par rapport au nombre d'emplois vacants, proposent des salaires plus élevés et de meilleures conditions de travail pour attirer les candidats.

- Bonne nouvelle ? Oui, mais aux Etats-Unis, les bonnes nouvelles sont aussi de mauvaises nouvelles (Good news is bad news)

C’est ce qui se confirme avec l’info suivante : « Des chiffres de l’emploi bien trop solides aux Etats-Unis ont fait baisser la Bourse. Ce paradoxe s’explique dès qu’on sait que la finance espère une autorégulation de l’économie qui ralentirait spontanément sans en passer par une hausse des taux d’intérêts. » (Lire ici)

Ceci confirme que les décisions dont dépendent la vie de chacun d’entre nous ne se font pas une Bible à la main, ni en consultant la Déclarations des droits de l’Homme ; mais plutôt en suivant les courbes de Wall-Street. Sans évoquer la théorie du ruissellement qui a si mauvaise presse actuellement, l’idée que le fonctionnement mécanique des marchés pourrait améliorer la vie des hommes est considérée comme une niaiserie.

L’occasion est belle pour les crypto-marxistes de dire que seuls les rapports de force peuvent améliorer la vie des hommes. Et que la social-démocratie qui espère réconcilier la finance et le bonheur des hommes (sans parler de l’avenir de la planète) ne peut séduire que les simple d’esprits.

On serait alors devant le choix suivant : ou bien le libéralisme ; ou bien le mutualisme (incluant au passage la nature dans ce dispositif) ; mais dans les deux cas, un principe unique doit régenter la vie des hommes. Pourtant on a encore à l’esprit les catastrophes générées par de tels systèmes, qu’ils soient soviétiques (avec la faillite économique) ou financier (avec, comme on vient de le signaler, l’indifférence à la misère humaine)

Or il est bon de rappeler que les grands mythes de l’humanité ont fait appel à la combinaison de deux principes originels. Polemos et philia, le yin et le yang sont des forces contraires dont l’équilibre est indispensable pour que le monde soit.

 


Alors, pourquoi pas la lutte pour la vie et le solidarisme ?


Le « Un » est mortifère pour les sociétés humaines. Le « Deux » qui implique négociations et co-dépendance est le seul modèle qui peut encore relancer notre vie.

jeudi 2 juin 2022

Le roi règne mais ne gouverne pas – Chronique du 3 juin

Bonjour-bonjour


« Le roi règne mais ne gouverne pas » : c’est par ce slogan que je souhaite revenir ce matin sur le jubilé de la reine Elisabeth II (1). Je souhaite en effet tenir compte des multiples commentaires faits sur son rôle et donc sur l’évaluation du règne dont on célèbre aujourd’hui le jubilé. 

- En effet on reproche parfois à Elizabeth II de ne pas avoir su intervenir dans les décisions politiques majeures prises par son gouvernement, lorsqu’elles impliquaient des décisions historiques – et aussi lorsque ces décisions allaient à rebours de ce qu’on croyait être son option. Ainsi du brexit auquel on sait qu’elle fut opposée, quoiqu’elle n’en ait rien dit qui puisse infléchir les choix faits en cette occasion.

On a alors évoqué la particularité du régime monarchique britannique : la Reine doit contresigner toutes les lois pour qu’elles soient valides ; mais elle ne peut en aucun cas ni les modifier ni les refuser.

En bref, beaucoup s’indignent que la Reine puisse régner sans gouverner. Mais rappelons que c’est là une particularité partagée par toutes les monarchies constitutionnelles, ainsi que le manifeste ce slogan des opposants de gauche durant la monarchie de Juillet : « Le roi règne mais ne gouverne pas » (2)

Mais on ne doit pas oublier que la distinction entre « régner » et « gouverner » remonte aux premiers chrétiens qui à l’époque romaine reprenaient à leur compte la distinction entre « potestas » et « auctoritas ». L’auctoritas est divine parce qu’elle soumet les hommes en apportant approbation ou désapprobation des dieux à leurs décisions. La potestas désigne la force et la compétence qui sont nécessaires pour réaliser les décisions des lois. Elles sont toutes deux des forces, mais elles ne sont pas de même nature. Il semble que cette distinction soit déjà présente dans la Bible avec la distinction entre Dieu qui prononce ses décrets et le Saint-Esprit qui le porte dans le monde : Dieu décide, mais le Saint-Esprit réalise.

 


Le Saint-Esprit représenté habituellement par une colombe mais présent dès la genèse sous forme de souffle divin

 

Cette distinction n’est pas seulement biblique comme on le verra avec cette très intéressante analyse : d’origine grecque, présente chez les romains, elle est pour finir reprise par Max Weber pour qui elle suppose un mélange de conviction (autorité) et de violence (pouvoir).

- Bref, toute la subtilité de la monarchie britannique est de séparer l’autorité du pouvoir – à la reine la force de conviction, et au Premier ministre la violence du pouvoir. 

Le président Macron a bien essayé d’en faire autant en 2017 : ça n’a pas marché.

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(1) J’avais en effet il y a 2 jours abordé la question du pouvoir de la Reine d’Angleterre comparé à celui de Louis XIV – voir ici

(2) « Le Roi garde le trône, poste toujours menacé, pour qu’un ambitieux ne s’en empare pas. Le pays se gouverne sous ces yeux avec son assentiment et sa gloire, car on vient tous les ans le féliciter de la prospérité publique qu’il n’a pas faite mais qu’il a suffisamment faite s’il ne l’a pas empêchée. En un mot, il règne et le peuple se gouverne. » Adolphe Thiers à propos de Charles X

mercredi 1 juin 2022

Êtes-vous riche ? – Chronique du 2 juin

Bonjour-bonjour

 

Suis-je riche ? Cette question vous vous la posez sans doute chaque fin de mois lorsque votre compte en banque affiche un reliquat bien grassouillet que vous ne pouvez malheureusement plus confier à l’Écureuil étant donné que votre livret est blindé.

- L’Observatoire des inégalités a répondu à votre question en imaginant un seuil de richesse au-delà duquel on appartient à la classe des plus fortunés. Il précise en effet dans son rapport 2022 que « le seuil de richesse a été fixé à 3.673 euros par mois après impôts pour une personne seule. Il faut 2.000 euros de plus à Paris pour atteindre ce seuil. Ce seuil est calculé en prenant en compte le niveau de vie médian. On considère comme riche une personne qui gagne plus de deux fois ce que gagne le français du milieu. » (Lu ici)

C’est peut-être votre cas ? Si oui, ne vous réjouissez pas trop vite : il est plus difficile qu’on ne croit d’être riche (1).

Mais c’est quand même excitant de savoir qu’on gagne deux fois plus que le smicard ordinaire – car, ne l’oublions pas, c’est par cette comparaison que l’Observatoire des inégalités a défini la richesse. 

La leçon de tout ça, c'est qu'on n’est pas riche tout seul, mais par comparaison avec les pauvres ou avec les moins riches.

Comparaison : au fond, c’est elle qui compte – pas de société sans de telle mise en perspective. Rousseau l’avait déjà observé dans son Discours sur l’inégalité : sortant de l’état de nature où, à côté de la pitié, seul l’amour de soi (2) existait, la société naisait du regroupement des hommes qui ont commencé à se comparer les uns aux autres : l’amour propre apparaissait alors, qui exigeait d’être reconnu comme supérieur par les autres.

D’où l’utilité des signes distinctifs par les quels on signifie au premier coup d’œil sa richesse.

La Rolex en fait bien sûr partie :

 


Ça, c’est la Rolex Daytona black “PAUL NEWMAN” à 1 089 186 $

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(1) C’est du moins la thèse développée par Monique et Michel Pinçon -Charlot qui aligne cette catégorie de français sur un groupe social auquel on appartient par naissance plus que par la fortune.

(2) L’amour de soi consiste à préférer son intérêt à celui de tous les autres