dimanche 28 avril 2024

À quoi ressemblerait une société sans homme ? – Chronique du 29 avril

Bonjour-bonjour

 

Comment définir le féminisme radical ? A cette question l’actualité répond aujourd’hui par l’exemple de la Corée du sud où le mouvement féministe "4B" prône le renoncement aux hommes. ( Le terme "4B" est un raccourci pour quatre mots coréens qui commencent tous par bi, la marque de négation en coréen. (Lu ici)

Et pour ceux qui n’auraient pas compris, l’article cité ajoute : « Ces femmes se refusent 4 choses : "bihon", pas de mariage hétérosexuel, "bichulsan" pas de maternité, "biyeonae" pas de rencontres, et" bisekseu" pas de relations sexuelles hétérosexuelle » 

Bref, il s’agit d’éradiquer toute présence masculine, dans l’environnement féminin aussi bien que dans les structures sociales qu'elles fréquentent. Plus de mixité, plus de famille et bien sûr plus d’hétérosexualité.

o-o-o

À quoi ressemblerait une société sans homme ? Difficile de répondre ? Il suffit pourtant de chercher du côté de son symétrique : une société sans femmes. Parce que là, les exemples ne manquent pas – dont le cas le plus célèbre (mais pas unique) est celui des moines du Mont Athos, en Grèce, qui refusent tout ce qui est féminin, les femmes bien sûr, mais aussi les poules pondeuses. 

Vous voulez quelque chose de plus proche de la réalité ? De façon plus ponctuelle mais en même temps aussi radicale, nous pouvons citer l’interdiction des femmes dans la liturgie catholique, qui a été effective jusqu'à une date récente dans le domaine  des chants d’église. Jugez plutôt : « Dès le 11ème siècle les chœurs de femmes sont définitivement interdits dans les églises. À l’inverse, les écoles et les chœurs professionnels masculins se multiplient. Ce n’est qu’en 1953 qu’une nouvelle réforme, avec cette fois le pape Pie XII autorise enfin les femmes à chanter pendant la messe (à condition de se tenir éloignées de l’autel) » – Lire ici.

 

On haussera les épaules en observant que ce ne sont là que fantasmes et que pour que des hommes existent il faudra toujours des femmes pour les pondre. Mais cela ne change rien au désir, qui lui est bien réel. Et ce désir s’exprime bien réellement dans les pressions patriarcales, comme celle de quitter son travail après la maternité, ou encore les violences domestiques qui atteignent 40% en Corée.

--> Que les fantasmes les plus incongrus soient ridicules et dérisoires ne signifie pas pour autant qu’ils n’ont pas d’effets bien concrets dans des comportements qui restent incompréhensibles sans eux. Dans le cas de la haine des femmes il suffit de regarder ces chiffres que nous venons de citer. 

Toutefois, si la Corée du Sud est effectivement marquée par la haine des femmes, dirons-nous qu’elle n’est pas pour autant marquée par la haine des hommes ? 

Il est vrai que le mouvement 4B est totalement minoritaire. Mais il serait dangereux d’ignorer que le taux de naissance est exceptionnellement bas en Corée.

Comme si les coréennes voulait assurer leur autonomie en réservant leur temps à leur carrière plutôt qu’à la maternité.

samedi 27 avril 2024

Une petite histoire du P.Q. – Chronique du 28 avril

Bonjour-bonjour


Le dimanche, jour de loisir : c’est l’occasion de se cultiver. L’actualité nous offre un article détaillé sur l’histoire du … papier hygiénique. Et c’est vrai : la plupart d’entre nous connaissent le chapitre 13 du Gargantua où Rabelais détaille avec de gigantesques listes de matériel plus ou moins adapté, les méthodes pour se « torcher le cul ». Plaisante énumération calquée sur les études systématiques de la scolastique et ridiculisées par cette application.

Mais on oublie facilement que cette faculté de rafraichir son hygiène était encore problématique au 16ème siècle, comme en témoigne cette brève histoire :

- Chez les Grecs, la haute société utilisait des feuilles de poireaux, quand la population s’essuyait, semble-t-il, avec ses vêtements ou des cailloux lisses.

- La noblesse romaine bénéficiait déjà d’objets plus doux comme des serviettes en tissu ou en laine.

- Au Moyen Âge, on se sert de ce que l’on trouve dans la nature : des feuilles d’arbre ou du foin sont utilisés pour s’essuyer.

- Vers le XVIe siècle, les plus aisés s’offraient le luxe d’utiliser des bouts de tissus en lin et chanvre, voire pour certains en velours

- Au XVIIe siècle la grande invention qui révolutionna le lavage des fesses fut le bidet

- Les premiers à utiliser du papier pour l’hygiène intime sont les Chinois, dès le Ve siècle

- En 1857, l’Américain Joseph Gayetty propose pour la première fois du papier en feuilles volantes imprégnées à l’Aloé, dit "papier thérapeutique", ancêtre du papier toilette que l’on connaît aujourd’hui. (Tout ceci détaillé dans l’article cité)

 

Et qu’en dit le philosophe, convoqué pour donner un peu de hauteur à ces informations ?

Deux choses : 

- D’abord que l’hygiène a été durant toute l’histoire un souci des hommes : malgré la diversité des moyens c’est d’abord la constance du besoin qui frappe l’observateur.

On sait que le chat, chasseur d’affût, supprime ses odeurs corporelles qui trahiraient sa présence.

 


Il est vrai que la nature l’a doté d’une souplesse dont nous ne bénéficions pas

- Ensuite nous sommes intrigués par l’omniprésence de ce besoin : quel intérêt pour l’espèce ? Serions-nous les lointains héritiers de chasseurs pour qui, comme pour le chat, le fait d’être inodores aurait été un avantage ?

vendredi 26 avril 2024

Demain, qui va passer la bâche et torcher les mioches ? – Chronique du 27 avril

Bonjour-bonjour

 

Les opinions politiques sont de plus en plus genrées, entendez que les femmes sont plus progressistes et les hommes plus conservateurs : telle est l’observation rapportée par cet article du Point. 

- Alors certes on a beaucoup de nuances à apporter, mais pour l’essentiel, la conclusion est que chez les jeunes l’écart entre hommes et femme se creuse quant aux pratiques, opinions prises de positions. 

« Renvoyer tous les bateaux de migrants, généraliser l’écriture inclusive dans les administrations, interdire le port du voile dans l’espace, public : sur ces sujets, un jeune de 20 ans a statistiquement plus de chances de tomber d’accord avec sa grand-mère qu’avec sa petite amie. » (Article cité)

 Faut-il en être surpris ? Lorsque dans une société inégalitaire les positions bougent et qu’en particulier les dominants perdent leur situation, il ne faut pas s’étonner qu’ils deviennent conservateurs, alors que réciproquement les bénéficiaires du changement soient résolument progressistes. Et cela dans tous les domaines, y compris dans ceux qui semblaient n’avoir aucun rapport avec les privilèges menacés. On se rappelle que Sandrine Rousseau avait fait rire à ses dépens lorsqu’elle avait qualifié la côte de bœuf grillée sur le BBQ de pratique genrée. Elle serait peut-être moins ridicule à présent.

- Tout cela parait bien banal et on peut dire que nous aurions dû nous y attendre. Mais à ce compte nous devrions pouvoir anticiper : que vont devenir les hommes ? Vont-ils devoir se soumettre à leur tour à la domination féminine ? Après le #metoo féminin, aurons-nous son équivalent masculin, avec des hommes obligés de faire les courses, passer la serpillère et ranger la vaisselle tout en surveillant les gamins, pendant que madame avec ses copines fera du shopping végan en centre-ville ?

A vouloir imaginer un renversement trait pour trait des situations homme-femme on risque d’être déçus : l’histoire a un peu plus d’imagination que cela. En revanche la vraie question est de savoir si la position de soumis et d’humilié restera présente et vacante pour de nouveaux occupants ? Et qui donc viendra prendre la place des femmes, contraint de subir les humiliations sans ne rien avoir à dire.

jeudi 25 avril 2024

Après Notre-Dame, le Moulin Rouge : tout f* le camp ! – Chronique du 26 avril

Bonjour-bonjour

 

Bientôt la fin des temps ? Y aurait-il des signes qui nous l’annoncent ?

On pourrait le croire lorsque, après avoir entendu les prophètes de l’économie et ceux qui analysent les mouvement sociaux nous annoncer des catastrophes irréparables, on apprend aujourd’hui que les ailes du Moulin Rouge, le célèbre cabaret, sont tombées au sol

 


Alors que la cathédrale Notre-Dame en cours de restauration, montre encore les stigmates de l’incendie qui a failli la détruire, c’est à présent ce célèbre établissement montmartrois adulé des touristes en manque de sensations affriolantes qui a menacé de disparaitre la nuit dernière.

- Si je me permets de faire cette comparaison, c’est que ces deux accidents se ressemblent étrangement : ils sont tous les deux inexpliqués. Malgré des enquêtes très poussées, l’incendie de Notre-Dame reste sans origine connue ; quand à l’envol des ailes du Moulin-Rouge, le contrôle technique de routine effectué le mois dernier n’avait rien signalé d’inquiétant.

Devant cette énigme, le complotisme est une attitude bien tentante : n’y aurait-il pas là une preuve que des forces occultes nous gouvernent et nous envoient des signes pour nous avertir que nous dévions du droit chemin ? 

Des signes… Oui, mais que nous disent-ils ? Que notre civilisation va à sa perte en acceptant des migrants pollueurs de civilisation et des avorteuses qui bafouent la règle sacrée du respect de la vie offerte par Notre-Seigneur ?

A moins qu’il ne faille voir là un signe envoyé par la planète pour nous faire savoir qu’elle ne nous supporte plus ?

Il n’est pas sûr qu’il suffise de bien voter pour calmer ce courroux de ces forces supérieures.

…. Quelques sacrifices humains ne seraient-ils pas opportuns ?

mercredi 24 avril 2024

Des stages pour éviter la voyouterie – Chronique du 25 avril

Bonjour-bonjour 

 

Comment arrêter les mineurs sur la voie de la délinquance et les remettre dans le droit chemin ? On sait que la méthode du gouvernement est plutôt répressive, mais voilà que son action s’engage à présent dans la voie de la prévention.

« M. Attal propose de réserver les « 50 000 places d’internat disponibles » à des « jeunes sur la mauvaise pente », pour les « couper de leurs fréquentations » et les empêcher de « plonger dans la délinquance ». Le stage prévoit des cours d’histoire de France, l’apprentissage de La Marseillaise, le nettoyage de tombes de morts pour la patrie, mais aussi du sport et du théâtre, de la sensibilisation aux méfaits des drogues, de l’addiction aux écrans, de la désinformation ou encore du harcèlement. » peut-on lire dans cet article.

 

Relisons calmement : 

* Les jeunes en passe de devenir des voyous en seront empêchés s’ils apprennent l’histoire de France : je suppose que savoir d’où vient leur pays facilitera leur inscription dans sa trajectoire.

*  Pour cela ils devront aller nettoyer les tombes des morts pour la Patrie. Je ne sais pas qui a inventé cette humiliation, mais il avait sûrement lu Pascal – lequel demande aux athées de se mettre à genoux et de prier pour trouver la foi.

* Plus positivement apprendre la Marseillaise – sans doute pour avoir envie d’égorger les ennemis de la Patrie ; et puis faire du sport pour gagner l’esprit d’équipe, le sens de l’effort et du dépassement de soi-même ; et du théâtre – là je suis incapable de vous dire en quoi ça peut changer leur destinée (sauf à croire que ça a été imaginé pour faire plaisir à madame Macron)

* Ils devront aussi se soumettre à des stages de sensibilisation aux méfaits de la drogue, des écrans, du harcèlement etc. La méthode est déjà appliquée aux automobilistes en passe de perdre leur permis. 

 

Bref, on fait de la pédagogie parce qu’on croit sans doute que ces jeunes pré-délinquants sont simplement des ignorants et que le bien commun les indiffère seulement parce qu’ils ne l’ont pas rencontré. Encore une croyance du pouvoir qui ne peut imaginer qu’on résiste à ses décisions autrement que par ignorance de ses bienfaits.

A quand des internats pour contribuables récalcitrants ?

mardi 23 avril 2024

À Reims, un projet peut en cacher un autre – Chronique du 24 avril

Bonjour-bonjour

 

Permettez-moi de donner pour une fois des nouvelles de ma bonne ville de Reims, laquelle est en émoi : la municipalité a décidé de détruire le pont le plus important de la ville qui enjambe l’autoroute et le canal qui la traversent pour le remplacer par une passerelle et des espaces verts – et ça commence dans un mois.



Selon la Municipalité, « ce projet vise à connecter la ville à l’eau et à la nature tout en développant les activités de loisirs autour de la halte nautique. » (Lire ici)

Bien entendu les opposants n’en démordent pas : ce pont a pour objet de permettre la circulation entre les deux parties de la ville et non de faire joli dans le décor.

Posé comme cela, on voit que ce sont deux philosophies de la ville qui s’opposent : l’une, qui est hédoniste, délaisse les besoins pauvrement utilitaires ; l’autre estime que ces besoins passent avant le souci de rendre la ville plus belle à regarder et plus agréable à vivre 

Le travail s’oppose ainsi aux loisirs, ce n’est pas nouveau. Toutefois il y a un aspect qui reste dans l’ombre, constituant presque un soupçon : et si le projet du Maire était aussi - voire même surtout - de réduire significativement la circulation automobile dans le centre-ville auquel ce pont donne accès ? Après tout un tel projet peut fort bien être soutenu par deux orientations : l’une qui repousse et l’autre qui attire. Repousser les véhicules polluants : attirer les adeptes des centre-ville beaux et ludiques.

Oui, mais voilà : un projet peut surtout servir à en cacher un autre - il n’est pas utile de demander le quel cache et le quel est caché.

lundi 22 avril 2024

Not in my backyard – Chronique du 23 avril

Bonjour-bonjour

 

En France toute réforme un peu contraignante est acceptée… à condition de n’affecter que le voisin. Les anglais ont une formule pour cela : « Not in my backyard », c’est à dire « Pas dans mon jardin ». 

Voilà qui est clair. Appliquons : le déficit des comptes public ne déroge pas à ce principe. Qui doit payer ? Les chômeurs ? Les grosses fortunes ? Les retraités ?

Oui, les retraités qui, par le biais de l’indexation sur l’inflation ont vu leur niveau de vie protégé l’an dernier alors que les actifs, eux, le voyaient chuter. De plus le niveau des économies réalisables sur leur dos boucherait facilement le trou financier. « L'indexation de 5,3 % des pensions, ce sont les 15 milliards d'euros qui manquent dans le budget 2023 », estime François Ecalle, ancien conseiller à la Cour des comptes. (A lire ici)

L’idée a germé et s’est répandue au sein de l’exécutif : Thomas Cazenave, le ministre délégué chargé des Comptes publics, a suggéré, pour limiter les dépenses, de sous-indexer les retraites dans le futur budget 2025. Colère du chef de l’État : « Arrêtez de sortir des mesures qui n'ont même pas été évoquées, sauf si vous voulez à coup sûr perdre les élections ! ». (Art. référencé)

 

La question est triple : quelle mesure choisir : celle qui serait juste ; celle serait efficace ? Et enfin, la quelle assurerait un bon rendement électoral ?

La réponse est : ça dépend. Vérifions selon les trois critères que nous venons de dégager à propos des retraités :

1° L’efficacité : Plumer les retraités serait certes efficace mais ruineux politiquement. Colbert le disait « L'art de l'imposition consiste à plumer l'oie pour obtenir le plus possible de plumes avec le moins possible de cris. »

2° La justice : Il ne suffit pas qu’une mesure soit efficace, encore faut-il qu’elle ne contredise pas nos valeurs fondamentales. Supposé que l’assassinat de certains citoyens soit la condition du redressement des comptes publics, ces crimes ne pourraient être commis sans faire basculer le pays dans la barbarie.

3° La popularité : on voit bien en quoi consistent le soucis des hommes et des femmes qui nous gouvernent : qu’importe l’efficacité ou la justice des mesures envisagées ; en termes d’importance, la seule efficacité significative est électorale : permettre de rester au pouvoir. Machiavel n’a jamais dit autre chose.

 

Maintenant supposez qu’on dise : surtaxons les travailleurs immigrés, et nous boucherons le trou des comptes publics. Là tout le monde applaudirait, car personne n’a de migrant dans sa « backyard »