samedi 20 juin 2020

Défions-nous du sort, et prenons garde à nous / Après le gain d'une bataille – Chronique du 21 juin

Bonjour-bonjour

 

Alors les fameux « clusters » se multiplient ? Même s’ils sont en nombre réduit et localisés dans des regroupements faciles à éviter, comme des réunions de famille élargies, la méfiance qui nous avait quittés se réveille. Et si notre joie à revenir dans la foule comme on revient à la vie était une sotte prétention ? Si le covid éloigné mais pas chassé nous surveillait pour exploiter la moindre erreur ?

Je me rappelais cette morale de la fable de La Fontaine : « Tout vainqueur insolent à sa perte travaille.  / Défions-nous du sort, et prenons garde à nous / Après le gain d'une bataille ».  La Fontaine – Les deux coqs (Fable) Rappelons l’argument de cette fable : deux coqs se battent pour la conquête d’une jolie poulette. Le vaincu se retire en ruminant sa défaite, pendant que le vainqueur va chanter sa gloire, battant des ailes, perché sur le toit du poulailler… où le vautour le repère et vient l’enlever. Comme on le devine le vaincu sort alors de sa retraite et revient auprès de la mignonne.

A quel moment pouvons-nous chanter victoire ? Les récits de fictions comme celui qu’on vient de lire sont multiples et tous exploitent cette fausse sortie du monstre qui ressuscite on ne sait comment pour terrasser le vainqueur une fois qu’il a baissé sa garde. – Mais il en va de même dans la réalité : en 1918 on disait : « Plus jamais ça ! » et 20 ans plus tard ce fut à nouveau ça. Eh bien, le covid nous permet de vérifier ce mécanisme : il n’a rien perdu de sa virulence et de sa contagiosité et les contaminés d’aujourd’hui sont tout autant malades qu’au mois de mars.

Le danger comme on le voit avec le coq de la fable est d’oublier qu’une victoire ne signifie pas la fin du danger (de même que la perte d’une bataille ne signifie pas la défaite définitive, comme on rappelait ces jours-ci). Non seulement le covid circule encore, mais quand bien même il aurait disparu, d’autres virus tout neufs contre lesquels il nous faudrait être prêt à combattre pourraient apparaitre.

Et vous, où vous en êtes de votre stock de masques ?

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