samedi 25 juin 2022

C’est Dieu qui l’emporte – Chronique du 26 juin

Bonjour-bonjour

 

Retour de l’interdiction de l’avortement aux USA : on a déjà tout dit sur le droit des femmes à pratiquer un avortement, sur le fait que la souveraineté qu’elles ont sur leur corps impliquait leur droit à détruire l’embryon, et – pour finir – sur la non-présence d’une personne humaine dans ce germe de quelques centaines de cellules.

 

Oui, tout ça on l’a déjà dit, mais nous n’avons peut-être pas suffisamment insisté sur l’importance du fait religieux dans cet arbitrage de la Cour Suprême des Etats-Unis.

Apprenant cette décision, Donald Trump, se souvenant peut-être (sic) d’Antigone, a déclaré : « C’est Dieu qui l’emporte » ; quant aux partisans de l’interdiction de l’avortement ils ont dit en sanglotant d’émotion combien ils étaient bouleversés de voir leurs prières exaucées.

 

De quelle façon la religion est-elle impliquée là-dedans ? Si l’on en croit les débats médiévaux il faut une action divine pour unir cette nouvelle âme avec ce corps qui va se former. À notre époque, l’Église se contente de souligner que l’embryon est une personne qui comme telle est l’objet de la sollicitude divine. (1) On est plus dans l’éthique que dans la théologie, mais de tout façon c’est la femme qui est la grande absente de ce processus, sauf à recourir au devoir pour toute femme de satisfaire la plus haute fonction qui lui a été conférée par Dieu. 


Mais quoiqu’il en soit, et puisque la science refuse de se prononcer là-dessus, c’est à un décret divin qu’il revient de garantir la présence de la personne humaine dans l’embryon. Et c’est là que ça coince avec Elisabeth Badinter : « Dieu ne légifère pas. Les êtres humains sont ceux qui décident de leur sort. Je n’ai jamais autant remercié la loi de 1905, parce qu’on a remis à sa place, c’est-à-dire dans le privé, la religion… C’est un retour en arrière, non pas seulement de 50 ans, mais de 150 ans et c’est insupportable. » (Lire ici)

- Les femmes qui refusent comme Elisabeth Badiner de reconnaitre la loi divine refusent également d’être soumises à la loi des hommes. Mais il n’y a pas que cette volonté d’indépendance des femmes qui milite pour le droit à l'IVG. À l’époque où le mariage est légitimé par l’amour qui unit les époux, le désir d’enfant est la condition de l’enfantement.

Comment ne pas reconnaitre dans ces faits la preuve que notre époque est celle des émotions et des passions ? Les citoyens ne donnent-ils pas leur voix aux hommes ou aux femmes qui soulèvent leur enthousiasme ? Ne vont-ils pas pendre en effigie ceux qui leur déplaisent ? 

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(1) Ceux que le point de vue de l’Église intéresse iront voir cet article.

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