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dimanche 29 mars 2026

Les soldes de l’armée américaine – Chronique du 30 mars

Bonjour-bonjour,

 

Ce matin Téhéran affirme avoir détruit un avion radar américain AWACS de 500 millions de dollars.

 


Si sa perte est confirmée, elle créerait un trou dans la surveillance radar et la coordination des avions alliés dans la zone. » (Lire ici)

Voilà un « trou dans la raquette » qui n’avait pas été prévu et une perte abyssale dans les fiances américaines. L’Oncle Sam doit être entrain de ruminer son dépit, seul, caché dans la Maison Blanche.

 

Quoique…

On peut lire également que « l’appareil était arrivé en bout de course. Et sa succession fait d’ailleurs l’objet d’un débat aux États-Unis : certains militent pour un avion plus moderne, d’autres pour l’utilisation de satellites, ce qui ralentit le programme. ». Voilà la vérité : l’armée américaine est entrain de liquider ses stocks de matériel périmé qui encombrent ses entrepôts et ralentissent la production. La guerre d’Iran, c’est un peu comme les soldes de fin de saison.

Autrement dit, l’Iran fait gratuitement le ménage en dégageant le matériel obsolète.

 

Voilà une autre perspective sur la guerre et sur l’usage de l'argent qui y est fait. On se lamente en voyant tout ce matériel qui part en fumé, on compte le nombre d’écoles et de subventions aux pauvres dont l’équivalent financier sont gaspillés avec ces destructions. Comme si à chaque fois qu’un missile Tomawak explosait c’était une école qui fermait. Hugo en aurait fait une maladie….

Oui, on se lamente et on à tort. Non pas sur le plan des principes et Victor aurait encore raison aujourd’hui de saluer en chaque école qu’on ouvre une prison qu’on ferme. Mais tort quand même parce que le budget des armées fait partie du budget de la Nation et que ses pertes sont aussi l’occasion de profit. En Amérique il existe des fabriques qui créent des missiles et des avions F-35 – et des ouvrier américains qui gagnent ainsi leur vie et celle de leur famille américaine. 

- Dommage qu’ils ne soient pas plutôt instituteurs ou assistantes sociales direz-vous. 

D’accord : mais c’est comme ça.

mercredi 19 novembre 2025

Rétablir le service militaire – Chronique du 20 novembre

Bonjour-bonjour

 

Au congrès des maires de France, le général Fabien Mandon, chef d’état-major des armées, a appelé les élus locaux à préparer leurs populations, notamment en développant une "force d’âme", alors que pourrait se produire une guerre avec la Chine ou la Russie dans les prochaines années : la France doit selon lui se préparer à une guerre "dans trois ou quatre ans" (lu ici)

C’est autour de cette mystérieuse « force d’âme » que le message s’est étoffé : « Si la France dispose des capacités techniques et industrielles pour lutter, elle manque d’une "force d’âme pour accepter de (se) faire mal pour défendre la nation. Il faut accepter de perdre nos enfants, de souffrir économiquement. Si nous ne sommes pas prêts à cela, alors nous sommes en risque. Il faut en parler dans vos communes. »

Brrrr ! Nous voilà prévenus : nous qui allons bientôt fêter Noël avec nos enfants : profitons-en bien ! Car nous devons accepter l’idée de les perdre dans 3 ou 4 ans.

 

- Que faire ? Se tordre les mains et crier de colère contre le ciel, désespérément vide ? Mais non ! Préparons-nous à lutter dans le dénuement, à vivre dans des cabanes de branchage au fond des forêts, à fabriquer des pièges pour tuer les soldats ennemis, russes ou chinois.

Mais le discours de notre chef d’état-major comporte aussi une dimension politique : ce qui nous manque le plus c’est l’acceptation du mal et de la souffrance, exactement comme en France lors du Front populaire. On se rappelle qu’à l’époque Churchill avait promis aux anglais, depuis la tribune des Communes le 13 mai 1940 : « Je n'ai à offrir que du sang, du labeur, des larmes et de la sueur ». Et pendant ce temps-là la France se vautrait dans la joie des congés payés, des valses musettes le dimanche au bord de l’eau – la casquette en arrière.

 


Selon le général Mandon nous devons préparer nos enfants à affronter la guerre, en durcissant leurs conditions de vie : finies les petites gâteries, les matins au lit et les pétards de soirées. Mais pour en arriver là il leur faudra autre chose que ces parents anémiés par la jouissance de la vie d’occidentale.

--> Heureusement l’armée est là, et elle veille sur la virilité des français.

Est-ce pour cela qu'on parle avec insistance de rétablir le service militaire ?

lundi 14 juillet 2025

Défilé du 14 juillet : le République au garde-à-vous – Chronique du 15 juillet

Le 14 juillet Emmanuel Macron arrive sur les Champs-Elysées arrive à bord d'un Rafale, mais c'est un SUV Renault


« A bord, on trouve des habillages en marbre noir et en bois de hêtre foncé. La sellerie est associée à des surpiqûres tricolores. Les appui-têtes ont été gravés au laser pour y apposer les armoiries françaises (une pelta / = Petit bouclier en forme de croissant, dans l'Antiquité grecque/, un faisceau de licteur et des branches de chêne et d’olivier) (Lu ici)

 

Bonjour-bonjour

 

Après l’annonce (hier ici) des dépenses supplémentaires nécessaires pour mettre notre armée à niveau de la menace d’agression militaire, voici que les signes de l’esprit martial du pouvoir se multiplient : la voiture présidentielle baptisée du nom de l’avion de chasse préféré des français (ci-dessus). Et puis surtout le défilé du 14 juillet à 100 % réservé aux armées de la France. 

Nombre de nos concitoyens rappellent que le 14 juillet est là pour célébrer la Nation et non l’armée française : rien n’y fait. La seule concession (si c’en est une) a été de faire défiler non les troupes aguerries, mais les écoles ou les centres de formation permettant d’y accéder. Mais les jeunes recrues en question défilent en uniforme avec le fusil d’assaut amoureusement serré contre leur cœur. On rappelle que dans certains pays la fête nationale fait appel à des manifestations de la jeunesse et à des associations culturelles. Rien n’y fait.

Il reste à se rappeler que ces fêtes ont évolué au cours du temps, qu'après avoir rappelé la diversité des régions au sein de la Fédération (1790), elle a fini en 1880 (avec la revue de Longchamp) par célébrer l’armée qui a sombré au moment de l’invasion de 1870, mais qui promet de chasser l’occupant prussien. 

--> Quand verra-t-on les Champs-Élysées occupés le 14 juillet par les groupes qui donnent vie aux festivals de l’été ?


dimanche 13 juillet 2025

La Liberté, combien ça coûte ? – Chronique du 14 juillet (1)

Bonjour-bonjour

 

L’armée, combien ça coute ?...

- Un Lycée : dépense moyenne pour un élève ou un étudiant est de 8 480 euros. Soit plus de 8 millions d’€ pour un établissement de 1000 élèves

- Une médiathèque : le coût moyen d’une médiathèque par mètre carré, estimé à 431 euros. La médiathèque Jean Falala de Reims a une superficie de 6 500 m2 – soit 28015 €.

- Un Canon Caesar : son prix est estimé entre trois et quatre millions d'euros pièce (le double pour un char Leclerc)

- Un Sous-marin nucléaire type Barracuda : 1,7 milliard par exemplaire.

 

Bref : tout comme on calcule la superficie d’un lieu en nombre de terrains de football, on peut évaluer le coût d’un canon ou celui d’un sous-marin en nombre de Médiathèques ou de lycées auquel il faudra renoncer pour dégager les capitaux nécessaires pour les produire. 

Car – et c’est là que je voulais en venir– hier quand le Président nous a dit que pour garantir sa Liberté la France devra augmenter le budget de ses armées de 3,5 milliards d’€, précisant en outre que cet argent ne devra venir ni de l’impôt ni de l’emprunt, alors on doit se demander à combien de Médiathèques et combien de lycées il faudra renoncer pour financer ce surcoût. 


- Ajoutons que les protestations sont immédiatement arrêtées par l’argument de l’économie de guerre – à savoir que, quand c’est la liberté et la souveraineté d’un pays qui sont en cause, alors on ne compte plus les sacrifices mais seulement les quels seront utiles.

Sachez simplement que, pour préserver le niveau du moral du pays je n’ai évoqué que le renoncement à des lieux de culture, et pas à des hôpitaux ou à des logements…




vendredi 13 juin 2025

Israël pratique la guerre « Ad hominem » - Chronique du 14 juin

Bonjour-bonjour

 

La guerre ad hominem, vous connaissez ? Il s’agit de cette guerre pratiquée « contre /tel ou tel/ homme ». Plus simplement, voyez combien de personnes ont été ciblées et tuées lors du déclenchement des hostilités contre l’Iran hier.

Voyez (ici) ce communiqué de Tsahal reprenant celui de la Direction du renseignement : la haute chaîne de commandement de la Force aérienne du Corps des Gardiens de la révolution islamique (IRGC) s’était réunie dans un centre de commandement souterrain afin de préparer une attaque contre l’État d’Israël.

Des avions de chasse de l’armée de l’air israélienne ont alors frappé ce centre de commandement où se trouvait le commandant de la Force aérienne de l’IRGC, Amir Ali Hajizadeh, accompagné d’autres hauts responsables.

 

Bref : pour faire la guerre il faut certes détruire le potentiel militaire de l’ennemi, mais aussi mettre hors de combat les hommes capables de le mettre en œuvre. 

==> Je vois dans cette particularité la preuve que nous ne sommes pas encore à l’heure de la robotisation des combats.



La sagesse consiste non pas à chercher à éliminer la guerre, ce que personne n’a réussi à faire depuis que l’homme est l’homme, mais à trouver le moyen de la faire en courant le moins de risque. Et dans ce cas, l’envoi de robots autonomes, qui sont capables de tirer selon l’analyse de leurs propres algorithmes, semble judicieux.

Bien sûr la question éthique reste posée : ne risque-t-on pas de voir des actes barbares et inhumains perpétrés par ces robots non-humains ? Cette revue de robotique militaire ne le pense pas. Bien au contraire : « /Ces robots/ seraient incapables d’éprouver des émotions et donc d’être influencés par le stress, l’adrénaline, facteurs souvent déterminants qui poussent les soldats à commettre des crimes de guerre.  Leur utilisation permettrait donc de réduire ces crimes de guerre, d’autant plus que leur présence sur le champ de bataille et sur les théâtres d’opération sera dissuasive pour leurs collègues humains puisque chacun de leurs faits et gestes seront enregistrés et donc rapportés au commandement. »

 

L’avenir s’annonce radieux, ne pensez-vous pas ?

dimanche 23 février 2025

2025 : un emprunt national pour financer l’armée – Chronique du 24 février

Bonjour-bonjour

 

On le devine, les milliards qu’il va falloir injecter dans nos armées pour contribuer à la création d’une défense européenne devront être ponctionnés sur les autres budgets de la nation : pas question de venir s’endetter encore plus sur les marchés. Quant à créer un impôt spécial armée européenne, on n’y pense même pas : ce serait l’émeute.

D’où l’idée de faire un emprunt d’État faisant appel à l’épargne des français ; après tout on sait qu’elle est bien alimentée, et qu’elle ne sert pas à grand-chose, sauf à sécuriser l’avenir : en prêter un peu pour l’armée, n’est-ce pas aussi une façon de nous sécuriser ?

 

- Jeudi 20 février, dans ses réponses sur les réseaux sociaux, Emmanuel Macron a évoqué la possibilité de recourir à l'emprunt pour financer les dépenses militaires, à l'échelle nationale comme à l'échelle européenne. 

« Si l'hypothèse était vérifiée, ce ne serait évidemment pas la première fois que la France aurait recours à cette solution. Ce fut déjà le cas à l'époque révolutionnaire, en 1793, pour financer l'effort de guerre d'une nation déclarée en danger, mais le conflit où la France a recouru le plus massivement à cette arme fut la Première Guerre mondiale, à partir de 1914, à un moment où l'impôt sur le revenu, voté sur le principe en 1913, n'avait pas été mis encore en pratique. » (Lire ici)

 

L’hypothèse est séduisante, car outre le fait de nous doter d’une défense digne de ce nom et susceptible de nous faire respecter, on aurait aussi l’occasion de réanimer notre patriotisme par l’évocation de la France de la Grande Guerre.

D’ailleurs, les affiches destinées à faire la publicité de l’emprunt national sont déjà prêtes : il n’y aura qu’à reprendre celles de 1914 – telle celle-ci :

 

 


Une affiche sobre, lisible, pleine de dynamisme : que demander de plus ? Il n’y aurait qu’à revoir l’équipement du poilu, et le tour serait joué.

mercredi 18 septembre 2024

Ça a fait BOUM ! – Chronique du 18 septembre

 

Bonjour-bonjour

 

Il est courant de souligner combien les hautes-technologies sont fragiles et, en temps de guerre, susceptibles de tomber en panne, voire d’être détournées par l’ennemi. C’est ainsi que le Hezbollah a vu dans les smartphones utilisés dans son armée des moyens pour Israël de pirater des informations sensibles. Au vu de quoi les chefs de l’armée ont imposé à leurs troupes l’abandon du smartphone remplacé par des antiques bipeurs. Mal leur en a pris : mardi ces appareils explosaient dans tout le pays occasionnant des blessés et des morts. Ces attentats ont été attribués à Israël, d'autant que le lendemain les talkies-walkies de l’armée connaissaient le même sort faisant des dizaines de morts et des centaines de blessés.

Après les smartphones, les bipeurs ; après les bipeurs les talkies-walkies. Au Liban, le Hezbollah a beau descendre les degrés de la low-tech, rien n’y fait : ses moyens de communications sont toujours vulnérables. Et là où les smartphones menaçaient la sécurité de l’information, la destruction des bipeurs menaçait le vie de ceux qui les portaient.

On a déploré la mort et les souffrances occasionnés par ces sabotages, mais on a passé sous silence leur effet le plus certain : la désorganisation des communications dans l’armée, devenue incapable de faire circuler les ordres – peut-être à la veille d’une attaque d’envergure.

 

- Que faire? Descendant encore un degré vers la low-tech, il reste encore au Hezbollah les pigeons voyageurs :


 

 

Plus lents à transmettre les messages, ils n’en sont pas moins un peu plus fiables. 

- Mais pour nous ces péripéties font apparaitre quelque chose de plus général : de nos jours, les armées obéissent à la même logique que les groupes de chasseurs paléolithiques : dans tous les cas il est nécessaire à ces hommes de se coordonner pour ne former qu’un groupe, agissant comme un seul individu. Les chasseurs de mammouth devaient sans doute agir comme les commandos qui combattent l’armée israélienne.

Certains paléologues cherchant une hypothèse pour expliquer l’irruption du langage dans les groupe d’hominiens, ont imaginé qu’un système de cri nommé « call-system » servait aux chasseurs à s’alerter mutuellement, ce qui aurait stimulé la production d’un « protolangage » – pourquoi pas ?

Plus sérieusement, en qualifiant ces sabotages d’actes terroristes on pointe effectivement l’effet le plus évident de ces explosions, mais on oublie quand même qu’ils constituent aussi un acte de guerre destiné à affaiblir l’ennemi.

… Et accessoirement à souligner le rôle de la communication en temps de guerre.

dimanche 14 janvier 2024

J’ai la rate qui s’dilate, j’ai le foie qu’est pas droit – Chronique du 15 janvier

Bonjour-bonjour

 

Le saviez-vous ? Selon le Service de Santé des Armées (SSA), 99% des consultations médicales aux armées sont sans rapport avec les combats ou l’entrainement.

Admettons. Après tout un lointain succès du comique troupier Ouvrard nous y a habitués : le militaire français est patraque.

Mais aujourd’hui la chose est plus sérieuse : le SSA a diagnostiqué chez nos militaires un « syndrome métabolique », au point qu’il parle même d’une « épidémie ».

Lisons : « Cette épidémie touche (…) les forces armées françaises avec une prévalence d’obésité estimée à 9,6% en 2018. En cause, la sédentarisation et la culture du fast-food qui touchent plusieurs générations, même les plus jeunes et donc, les enrôlés les plus récents. Ces deux phénomènes ont également un effet toxique sur le foie qui est majoré en cas de consommation de tabac et/ou d’alcool », explique le médecin chef Olivier.

Oui, vous avez bien lu : nos soldats sont victimes de la sédentarité, comme n’importe quel jeune qui traine sur son canapé en bouffant des McDo. Plus de soldats faméliques faute de guerre ? Bon – ça on peut s’y faire. Mais aussi pas (assez) d’entrainements ? Plus de manœuvres de nuit, ni de marches forcées au petit matin : tout ça ce serait donc fini ? Ajoutons que ça ne concerne plus seulement l’adjudant de plus de 40 ans qui se prélasse au mess ; il s’agit aussi de la jeune génération, des recrues nouvellement entrées dans la carrière, au point qu’on parle d’épidémie !

 

Mais alors, que font nos soldats s’ils ne manœuvrent ni ne marchent ? C’est que les armées sont aujourd’hui mécanisées tout comme n’importe quelle entreprise. Plus de marche en effet : on se déplace en véhicule motorisé en non à pied comme le faisait la Grande Armée du temps de Napoléon de Paris à Moscou. Plus de déplacement, et plus de reconnaissance ni d’infiltration derrière les lignes : à quoi bon aller risquer sa vie alors que les drones font très bien le travail ?

Alors, certes on ne peut croire que les combats de rue comme on en voit en ce moment à Gaza puissent être le fait de soldats obèses. Mais sont-ils si nombreux – surtout dans nos armées – à être entrainés à cela ? Il y a peut-être quelques commandos, mais ils ne font pas le poids (sic !) face à la masse en surpoids qui forme l’essentiel de nos forces.

- Une solution serait peut-être de renforcer la féminisation des troupes. Imaginons des femmes-soldats partant en exercice avec une ration de combat d’un nouveau genre :  

  

Nouvelle musette de l'armée française avec sa ration de combat

Quel bel exemple de vertu diététique !

vendredi 14 juillet 2023

Le sabre et le goupillon – Chronique du 15 juillet

Bonjour-bonjour

 

Alors que le Kremlin parait vouloir légaliser les nombreuses milices qui agissent en tant que force armée en Ukraine (lu ici), on apprend que depuis plus de 6 mois l’Église orthodoxe elle-même possède une société militaire privée qui va agir en son nom.

« Croix de Saint-André, ce sont des gens qui partent défendre notre Patrie, ça n'est pas une société militaire privée », insiste un représentant de l'Église orthodoxe russe à Saint-Pétersbourg après que plusieurs médias russes y ont vu la naissance de la première société militaire privée appartenant à l'Église. » (Lire ici)

Toutefois, et si paradoxal que cela puisse paraître, cela s’inscrit dans la lignée d’une instrumentalisation de plus en plus forte de la religion par la propagande russe. (Art. cité)

 

La naïveté n’étant plus permise actuellement, on devine que ces milices sont plus ou moins accréditées auprès du Kremlin et qu’elles permettent de manœuvrer l’opinion internationale - il est vrai tout en maintenant élevé le risque de déstabilisation du régime comme l’a montré la mutinerie Wagner. 

Reste que l’on retrouve une force armée soumise à l’autorité religieuse ce qui évoque de très lointains souvenirs chez nous.


Le Pape Jules II (1443-1513)

On refusera peut-être de s’étonner : « La guerre sainte n’a pas cessé d’exister depuis ces lointaines périodes vaticanes. Le djihad est-il autre chose ? » Certes – Mais l’originalité c’est qu’ici l’armée est levée par l’autorité religieuse et non pour elle par des puissances civiles. Le Patriarche de Saint-Pétersbourg pourrait paraitre dans un command car en tête de ses troupes.

Et  chez nous ?

 


On a bien eu Paul VI : pourquoi pas le Pape François ?

lundi 22 mai 2023

Budget militaire : d’où vient l’argent ? – Chronique du 23 mai

Bonjour-bonjour

 

413 milliards pour réparer "l'outil de défense" : tel est le montant sur sept ans présenté aux députés par le gouvernement – à peu près celui de l’éducation nationale projeté sur la même durée.

Les débats seront politiques : pourquoi une telle somme ? Pourquoi pas plus – ou pas moins ? Pour quelle défense ? Et avec qui ? L’OTAN ? L’Europe ? Ou simplement nous – le Beau Pays Éternel – etc.

 

A la recherche des interrogations basiques de citoyens lambda, j’arrive à cette question : qui va payer ? Ou plutôt (parce que de toute façon ce sont les français qui vont régler la note) : sur quel budget va-t-on prélever cette somme ? Plus exactement : de quoi allons-nous nous priver pour avoir plus de Leclerc, plus de Rafales, plus de missiles, etc. ?

Et allez ! Un petit radar de plus sur le dernier né des avions patrouilleurs ? On supprime les projets d’écoles maternelles dans le département. Un petit bout de pont sur le futur porte-avion ? Les espaces verts projetés seront reportés à la saint Glinglin. Et ainsi de suite.

On me dira que le jour où les Wagner entreront sur le territoire français, ce ne sont pas nos jolis espaces verts, ni nos bambins roses qui les arrêteront… Oui – Mais à ce compte, si on ne retient que cette éventualité, transformons la constitution en dictature militaire, mettons un général à l’Élysée (notez que ça on l’a déjà fait), instituons un service militaire pour tous entre 20 et 60 ans (comme autrefois à Sparte) – et faisons plein d’enfants uniquement pour défendre la Patrie.

 

Rêverie que tout ça ? Peut-être – Quoique : avant son récent déclenchement la guerre en Ukraine ressemblait à un conte noir destiné à faire trembler, comme ces films d’épouvante où le monstre qu’on croyait détruit renait de ses débris et attaque au moment où on ne l’attend plus.

 


Rubens – Méduse (1618)

 

Ça fout les miquettes, pas vrai ? Allez, je file mon code de carte bancaire au chef d’état-major des armées. Vous devriez en faire de même.

vendredi 20 janvier 2023

Prévision : ne rien changer – Chronique du 21 janvier

Bonjour-bonjour

 

Le Président Macron vient de faire un discours aux armées pour faire savoir que leur budget va être fortement augmenté en raison des menaces qui planent sur la France. (Lire ici)

Autrement dit : « Si tu veux la paix, prépare la guerre » : on retrouve l’idée chez Végèce, un auteur latin qui a compilé des connaissances concernant l’art de la guerre à la charnière entre le 4ème et le 5ème siècle : façon de dire que ça ne date pas d’hier ni même d’avant-hier.

 

Le pour et le contre s’affrontent à l’occasion de cette formule : les uns disant (comme le Président français) : ne soyons pas en retard d’une guerre. Les autres pensent que les militaires ne seront pas longs à utiliser ces belles armes.

            - Pour répondre à la seconde thèse, on a mis en place des accords de désarmement : ce qui compte ce n’est pas le niveau de l’armement mais l’équilibre des forces. Mais la recherche en matière de destruction humaine est inarrêtable, et l’équilibre sans cesse rompu. De plus l’industrie des armes produit des profits et de l’influence internationale : qui donc s’en priverait ?

            - Par rapport au premier principe, on vu les troupes russes fonctionnant en Ukraine comme les armées de Staline se faire défoncer par les armes sophistiquées des ukrainiens : raison pour activer la production militaires du 21èmesiècle.

 

--> Il y a une question qui reste en suspens : c’est l’usage de l’arme nucléaire. Jusqu’à présent on a pensé que si la paix n’était pas garantie par la volonté de vivre paisiblement, elle le serait par la peur des destructions dues au feu nucléaire. La guerre en Ukraine semble respecter ce principe, mais :

            1° on n’est pas tout à fait sûr que ça fonctionne vraiment : la notion d’arme nucléaire « tactique » qui détruit un champ de bataille tout en préservant le reste du pays risque bien de favoriser le recours à ce genre d’armement.

            2° Et puis en admettant que seules les armes conventionnelles soient utilisées on voit quand même que les dégâts qu’elles provoquent sont insoutenables. L’Ukraine sortira de cette guerre ravagées comme le furent les pays européens au terme de la seconde guerre mondiale.

 

Au final, si on ne sait pas vraiment de quand date la première guerre fratricide entre des hommes, on voit tout de même que la guerre n’est pas prête à disparaitre.

On pense à la chanson des québécois : « Quand les hommes vivront d’amour / Il n’y aura plus de misères / Les soldats seront troubadours / Mais nous, nous serons morts mon frère. »

(A voir et écouter ici).

dimanche 6 février 2022

À Ottawa les manifestations sont « hors de contrôle » – Chronique du 7 février

Bonjour-bonjour

 

Les canadiens assistent à une rébellion d’un genre particulier avec des milliers de camions immobilisés en travers des rues après avoir traversé en convoi le pays tout entier. « Le mouvement, baptisé « convoi de la liberté », visait à l’origine à protester contre la décision d’obliger, depuis la mi-janvier, les camionneurs à être vaccinés pour franchir la frontière entre le Canada et les États-Unis, mais il s’est rapidement transformé en mouvement contre les mesures sanitaires dans leur ensemble et aussi, pour certains, contre le gouvernement de Justin Trudeau ». (Lu ici)

 

Comme on le voit sur l’image ci-dessous, la lutte des camionneurs prend des proportions très inquiétante par la paralysie dont les villes canadiennes sont menacées.

 

 

« Nous sommes en train de perdre la bataille, (…) nous devons reprendre notre ville », a martelé le maire, jugeant « inacceptable » le comportement des protestataires qui obstruent leurs rues et actionnent sans relâche les klaxons de leurs poids lourds ». (Article référencé)

 

Tout ça nous fait frémir : et si ça arrivait chez nous ?

Notons que ce genre de manifestation quasi insurrectionnelle nous, on a déjà connu avec les gilets jaunes ; rappelons-nous qu’ils ont pris d’assaut l’Arc-de-triomphe. Ce n’était pas le Capitole, mais quand même : dans la foulée ils ont cassé le Fouquet’s.

On dira alors que des gilets jaunes c’est moins dangereux que des camions : la matraque, les lacrymogènes et les charges de CRS y suffisent. Peut-être, mais permettez-moi de rappeler que nous avons eu nous aussi une grève des routiers avec paralysie des routes : « C’était en 1992 contre le permis à points. Le ministre des transports de l’époque (Georges Sarre, je crois, à vérifier) avait envoyé les chars pour tirer les camions qui bloquaient et on avait pu voir des scènes comme celles-ci. » écrit un 

témoin (ici)



 

Moi aussi je me rappelle de cet évènement : des détachements de l’armée étaient arrivés sur les barrages et le chef de l’escouade avait dit aux camionneurs : « Derrière moi, il y a les gendarmes ; derrière les gendarmes il y a la troupe ; derrière la troupe il y a les AMX-30 ». Le premier camion, freins bloqués, qui a été pris en remorque par un char d’assaut s’est vrillé sur lui-même. Les autres ont déguerpi.

jeudi 16 septembre 2021

Nos soldats ne tuent pas : ils neutralisent – Chronique du 17 septembre

Bonjour-bonjour,

 

« Le chef du groupe terroriste État islamique au Grand Sahara est mort à la suite d’une frappe de la force Barkhane » a tweeté la ministre française des Armées Florence Parly

De son côté Emmanuel Macron a déclaré : « Adnan Abou Walid al Sahraoui, chef du groupe terroriste État islamique au Grand Sahara a été neutralisé par les forces françaises. »

Bon : ce chef terroriste est mort, suite à une frappe de l’armée française, mais nous ne l’avons pas tué ; nous l’avons neutralisé. (Lu ici)

Triomphe de la litote et de l’euphémisme, le vocabulaire des armées regorge de formules douces à entendre. C’est de la même manière que pour répondre aux attaques barbares et lâches de nos ennemis, certains de nos soldats meurent en héros. On a là une rhétorique bien connue, très ancienne et très générale : faut-il encore en parler ? – Je pense que oui, parce que, même bien connu, le procédé reste efficace et en tout cas révélateur d’une attitude qui cherche à se dissimuler. Et puis il est peut-être toujours utile de décrypter le procédé, histoire de ne pas en être la victime. 

Côté rhétorique, il s’agit simplement ici de remplacer un mot jugé sans doute trop précis par un autre qui laisse flotter une indétermination. Car, si un homme est notre ennemi au quel on a le droit d’infliger la mort, c’est seulement en tant qu’il est un soldat. Dès lors qu’il est désarmé et devenu inoffensif, on doit lui appliquer la Convention de Genève, c’est à dire le faire prisonnier jusqu’à la fin des hostilités, bien le traiter et le rapatrier la paix revenue. Ça, c’est ce qu’on croit comprendre quand on nous parle de « neutralisation ». Mais on peut aussi le neutraliser en le faisant exploser par un missile : le résultat est le même, seul le procédé diffère.

Côté communication, c’est l’image de l’armée qui est en jeu et c’est elle qui explique ce glissement rhétorique. Il s’agit de faire oublier la violence dont les soldats sont porteurs, et le sang qui éclabousse, et les membres déchiquetés... 

D’ailleurs, les campagnes de recrutement sont là pour le vérifier. Voyez ces affiches :

 


Pour encourager les jeunes à devenir soldats, il n’est question que de trois choses : le développement personnel, comme ici ; ou de missions humanitaires, au service des victimes ; ou le prestige de l’uniforme. Rien de la violence sauvage infligée à l’ennemi – et rien non plus de la mort dont le soldat est menacé à chaque instant.

S’agit-il de soigner l’image de l’armée dans l’opinion publique ? Sans doute. Mais n’oublions pas qu’on recherche constamment à rapprocher les lois de la vie sociétales de celle de la guerre. Ce qui est une mission quasi impossible, au point que les soldats américains après la guerre de Corée ont été internés dans des camps pendant plus de 6 mois afin d’oublier les atrocités subies et commises et de ne pas être enclin à les reproduire dans la vie civile. Faute de mieux, il ne reste qu’à le faire croire.

 

Que le même homme puisse vivre en paix comme un bon père de famille, alors que 6 mois plus tôt il mitraillait des ennemis et éventuellement violait ou torturait des prisonniers (comme durant la guerre d’Algérie) – voilà ce qu’il ne faut surtout pas montrer.

vendredi 3 janvier 2020

Le général iranien Ghassem Soleimani tué dans un bombardement américain à Bagdad

« Les États-Unis portent la responsabilité de toutes les conséquences de leur aventurisme renégat » - Déclaration du Guide Suprême de la révolution iranienne

Je pense que l’adjectif « renégat » doit être à peu près indispensable lorsqu’un iranien veut insulter le plus gravement possible un ennemi. Toutefois, il faut admettre qu’il tombe parfois à côté lorsque, comme ici, il qualifie un pays de religion chrétienne. Car, ne l’oublions pas « renégat » qualifie « celui qui a abandonné sa religion », ce qui n’est évidemment pas le cas ici puisque seule la non-adhésion à la religion musulmane pourrait être reprochée au peuple américain.
Maintenant, qu’un général soit tué durant une attaque menée par l’armée ennemie, voilà qui ne saurait surprendre. C’est même le seul moyen pour un général d’accéder à la gloire du martyr et cela le Guide suprême devrait le mentionner.
Maintenant, il faut bien admettre que les États-Unis ont marqué un point en détruisant le convoi militaire où était installé Soleimani sans prendre le moindre risque et en manifestant leur supériorité dans le contrôle du ciel. La cible étant d’une telle importance pour les iraniens, on peut supposer que le général était protégé au maximum des moyens disponibles, ce qui donne l’échelle de leur insuffisance. Reste que c’est aussi un moyen pour évaluer les capacités de riposte : que l’armée iranienne porte des coups importants à l’armée américaine, on saura qu’elle possède une force significative. Qu’il n’y ait « que » des attentats suicides de nature terroriste, et on verra qu’elle n’est que de peu de chose.