jeudi 14 juin 2018

LES SUISSES VOTENT CONTRE UNE RÉFORME RADICALE DE LA FINANCE

La proposition, soumise à votation après avoir obtenu plus de 100.000 signatures, visait à donner à la Banque nationale suisse (BNS), la banque centrale helvétique, le monopole de la création monétaire dans le pays.
Contrairement à une idée reçue, la plupart de l'argent est produit non par les banques centrales mais par les banques privées afin de pouvoir prêter davantage que les dépôts qu'elles ont dans leurs coffres. (Lire ici)
Cette information me ramène presque 10 ans en arrière, lorsque la crise financière touchait les banques et que je découvrais éberlué qu’elles avaient le pouvoir de créer de l’argent. – Oui : de l’argent !
Car dans ma naïveté j’en étais resté à l’idée que seul le Prince avait le droit de battre monnaie, que c’était là le signe majeur de la souveraineté. J’ai découvert alors que par un subtil jeu d’écriture les banques en inscrivant à leur chiffre d’affaire les sommes qu’elles avaient prêtées après les avoir elles-mêmes empruntées faisaient comme si la somme en question s’était miraculeusement dédoublée : en existant une fois sur le compte de l’emprunteur et une autre fois dans le bilan du préteur. Le miracle de la multiplication des pains, voilà qu’il échappe au pouvoir thaumaturgique du messie et qu’il devient l’apanage du banquier du coin-de-la-rue.
Bref : l’histoire ne dit pas si la proposition de votation réduisait la création monétaire à l’usage de la « planche à billets », mais ça n’a pas vraiment d’importance : quelque soit le procédé, il suffit qu’un seul ait le pouvoir de créer de l’argent.

Et puis il faut aussi chercher quel but on doit mettre en face de ce pouvoir : renforcer le pouvoir politique ou économique d’un pays ? Ou bien améliorer les comptes d’une entreprise bancaire ?

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