Bonjour-bonjour
Manque de garçons de café, d’infirmières, de médecin, de profs… Dans toutes sortes de domaines le reflux du chômage révèle des ilots d’activités désertifiés, en pénurie totale de main-d’œuvre faute de volontaire. Qui donc voudrait travailler en « horaires coupés », alors qu’on trouve des horaires normaux dans d’autres entreprise ? Et qui donc voudrait faire les journées d'un médecin de campagne ? Ou faire la classe à des loulous qui n’ont qu’une idée : sécher les cours et « chouffer » pour des dealers ?
La réponse est simple : payer plus et mieux – et quand les horaires sont coupés donner un jour de congé hebdomadaire en plus. On connait ce principe, reste à voir comment ça fonctionne dans la réalité – par exemple aux Grands Buffets de l’Aude :
- La direction des Grands Buffets a décidé d’indexer les salaires au coût de la vie : d’ici octobre, aucune fiche de paie n’affichera moins de 1 900 euros mensuels net.
- Les salariés en horaires coupés ont depuis longtemps trois jours de repos en moyenne par semaine.
Le patron les Grands Buffets, dans l’Aude, l’a fait – et il recrute à tour de bras. (Lire ici)
- Les patrons ont eu l’habitude d’imposer leurs conditions parce qu’il y avait une longue file de chômeurs devant leurs bureaux de recrutement. Maintenant que ce n’est plus le cas, ils s’étonnent que les travailleurs posent à leur tour leurs conditions. C’est que le travail reste une contrainte dont on recherche toujours à se défaire.
Bon : augmenter les salaires et améliorer les conditions de travail, c’est facile sur le papier, mais dans la réalité : qui paye ?
Louis Privat, le patron des Grands buffets avait annoncé que pour financer sa politique salariale il ferait passer le prix de son buffet gastronomique à volonté de 42,90 euros à 47,90 euros. Ce qu'il a fait. Et il ajoute : « Les clients ne semblent pas en avoir fait un casus belli ». Dont acte.
C’est le délégué du personnel qui conclue, expliquant ainsi le succès de cette politique de recrutement : « Des salariés ont pu se projeter, certains ont pris dans la foulée un crédit pour acheter une maison ou une nouvelle voiture »
- Reste le consommateur obstiné : « Oui, mais alors le petit noir sur le zinc va me coûter 2€ ? »
En effet, ça va coûter plus cher – mais si c’est le juste prix, chacun devra en tenir compte. D’ailleurs il y a de plus en plus des produits qu’on propose à la vente avec le label « juste prix » pour rémunérer les producteurs.
Façon de dire que tous les autres sont des voleurs.
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