lundi 26 février 2024

Mourir pour Kiev – Chronique du 27 février

(Évitez de lire ce Post si vous n’avez pas un moral à toute épreuve ce matin)

 

Bonjour-bonjour

 

Je lis ce matin dans le Monde : « Guerre en Ukraine : Macron affirme que l’envoi de troupes occidentales à l’avenir ne peut « être exclu », mais souligne l’absence de consensus »

Je fouille dans ma mémoire : je crois bien que depuis la fin de la guerre en Algérie et en dehors du maintien de l’ordre dans quelques pays africains, je n’ai jamais entendu parler de l’envoi de troupes françaises pour faire la guerre sur le territoire d’un pays allié. Car voilà : après avoir franchi toutes les limites qui séparent l’envoi de casques et de sacs de couchage à l’armée ukrainienne il y a deux ans, après l’envoi de canons puis de blindés, sans parler de missiles à longue portée et d’avions M16, voilà que le recul de la limite à ne pas dépasser en matière d’engagement dans la guerre est une nouvelle fois franchie. 

La France s’apprête à affronter sur le terrain l’armée russe.


Plusieurs vérités se dévoilent ce matin

            * Le fait que la guerre c’est la violence et la mort subies et infligées. Toutes les limites, telles que celles de l’engagement limité ou des précautions prises pour épargner les civils (les « frappes chirurgicales ») ne sont que de la poudre aux yeux.

            * La guerre par procuration n’a qu’un temps pour peu que son enjeu soit vital.


--> Or voici la vérité : l’enjeu de l’affrontement entre la Russie et l’Ukraine est celui de la survie des démocraties occidentales, donc la nôtre, pays de France.

On le vérifiera encore ce matin en lisant cette déclaration de M. Sikorski, ministre des affaires étrangères polonais, s’adressant à la Chambre des représentants américaine : « le président russe Vladimir Poutine met à l’épreuve la crédibilité des Etats-Unis » affirme-t-il, tout en dénonçant aussi le fait que la Russie importe des armes d’Iran et de Corée du Nord. « Ce mélange de terroristes et de dictateurs est uni par une chose : leur haine de l’Amérique, de l’Occident et de la démocratie, une haine alimentée par la peur »... « Ils sont avides de montrer que les Etats-Unis sont faibles, inefficaces et désespérément divisés, que l’Amérique est incapable d’agir ni d’être une force pour le bien dans le monde », a-t-il dit. » (Art. cité)

On dira que ce sont des propos isolés, sans réelle consistance à moins de les considérer comme des manœuvre de déstabilisation de l’ennemi russe. Oui, on voudrait le croire. Mais sur les plateaux télé on entend depuis hier comme un écho insistant de cet appel avec la mise en regard l’épuisement du peuple ukrainien qui aujourd’hui ne peut plus soutenir l’effort de guerre en face de la formidable armée russe.


Où passe donc la limite entre l’acceptable et l’inacceptable en matière de guerre ? Pour reprendre une vieille formule, allons-nous mourir pour Kiev ? 

Comme si « mourir pour Kiev c’était mourir pour nous » ?

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