lundi 7 février 2022

Un monde sans Europe ? – Chronique du 8 février

Bonjour-bonjour

 

Depuis le jour de ma naissance, 80 années se sont écoulées, et j’ai vu disparaitre bon nombre de choses, de gens et de pays. L’URSS : disparue – en même temps que la RDA. Le Général de Gaulle : mort... Mais aussi : le vélo Solex n’est plus qu’un lointain souvenir avec la Seccotine, le 45 tours et... la classe ouvrière.

- Avec ça, je croyais avoir tout vu. Et voilà que Luca de Meo, l’homme providentiel qui sauve Renault de la ruine l’annonce : Renault sera tout électrique d’ici 2030. Comme dans le même temps on va en finir avec la production d’électricité carbonée – donc issue de centrales aux hydrocarbures – je dois m’en convaincre : je vois en ce moment disparaitre le pétrole, non par épuisement des ressources mais par l’abandon de cette source d’énergie. Il y a moins de vingt ans, on annonçait comme une apocalypse le moment où le dernier baril de pétrole serait extrait du dernier puit encore en activité ; mais non : on va fermer des puits avant de les avoir tout à fait asséchés.

- Alors, ça y est ? L’inventaire est terminé ? Avons-nous admis comme une évidence l’impermanence universelle des choses et des êtres ? Regardons mieux là, plus près – tout près de nous. Vous ne voyez pas quelque chose qui vacille et dont la lueur faiblit ? Une chose dont on se mettrait à douter au point qu’on ne saurait même plus la définir, quelque chose de fragile dont les frontières ne sont plus assurées ? Oui, vous y êtes : c’est de l’Europe dont je veux parler.

 

Souvenons-nous : c’était en 1919, Paul Valéry publiait un ouvrage intitulé La crise de l’esprit (1) où il écrivait : « Nous autres civilisations nous savons maintenant que nous sommes mortelles ». Et il ajoutait : « L’Europe deviendra-t-elle ce qu’elle est en réalité, c’est-à-dire : un petit cap du continent asiatique, ou bien l’Europe restera-t-elle ce qu’elle paraît, c’est-à-dire : la partie précieuse de l’univers terrestre, la perle de la sphère, le cerveau d’un vaste corps ? » Oui, c’était il y a juste un siècle et aujourd’hui, nous nous interrogeons exactement comme lui : l’Europe coincée entre les États-Unis et les puissances orientales a-t-elle un avenir ?

Et d’ailleurs, nous, qui sommes-nous ? Une force démocratique à l’échelle d’un continent ou 450 millions de consommateurs ?

---------------------

(1) La crise de l’esprit, en ligne ici

Aucun commentaire:

Enregistrer un commentaire