mercredi 26 mars 2025

A chacun selon son mérite – et tant pis pour les autres – Chronique du 27 mars

Bonjour-bonjour

 

Aux Etats-Unis, la charité a disparu et avec elle le don ; la voici remplacée par le « deal », qui prend ici la forme d'un échange. Je te « donne », mais en retour je veux recevoir « quelque chose ». Tel est l’exemple donné ces jours-ci par la Maison-Blanche : le moyen de te défendre contre les envahisseurs, en échange je veux tes terres rares.

Et quand il n’y a rien à obtenir, suspension de l’aide.

 

- Si cela parait révolutionner le pays, c’est que la religion avait mis en place une perspective rassurante. Oui, on veut que chacun assume ses besoins par ses propres moyens. Les pauvres sont ceux qui ont le moins de capacités à acquérir de quoi vivre : c’est dans l’ordre des choses. Les riches en revanche peuvent posséder au-delà de leurs besoins, parce qu’ils sont reconnus supérieurs aux autres : c’est encore normal. Seulement, la charité est une vertu « théologale » qui se traduit par une pléthore de dons, qui devient dans un pays religieux comme le sont les Etats-Unis, un devoir civique. D’où les fondations caritatives, auxquelles les milliardaires américains comme Bill Gates se plaisent à attacher leur nom (voir cet article). Autrement dit il y a une compensation qui s’effectue et qui redistribue les sommes qui ont été captées par les plus riches, et qui vont en retour en direction des plus pauvres.

 Mais voilà – à présent la loi a changé : non plus « je te donne », mais « je t’échange ». Non seulement l’équilibre économique entre les populations risque d’être déstabilisé ; mais la tradition de la générosité, si forte dans la culture américaine va peut-être disparaitre si cette orientation s’avère durable.

Loin de moi l’idée de faire de Donald Trump l’origine de ce mouvement : il ne peut provenir que des profondeurs du pays. Mais en revanche la politique du « deal » est pour le moins un symptôme dont il convient de tenir compte.

Aucun commentaire:

Enregistrer un commentaire