jeudi 13 mars 2025

« Vous êtes trop nulle, madame B*** » - Chronique du 14 mars

Bonjour-bonjour

 

Aujourd’hui, je m’arrêterai sur la prétention de certains professeurs à juger leurs élèves non seulement pour l’année qu’ils viennent de passer avec eux, mais pour leur projet engageant leur vie entière.

Je prends pour témoin l’interview de Pierre Niney (lu ici) à qui on demandait s’il partageait la volonté d’Edmond Dantès de prendre sa revanche sur certaines personnes.

« Il a alors partagé une anecdote au sujet de son ancienne prof de français, /Madame B***/ et d'une phrase particulièrement cassante sur laquelle il avait longtemps voulu prendre sa revanche : « Je pense assez souvent à des profs, notamment une prof de français. Quand je lui avais dit que je voulais être acteur mais que j'aimais les grands textes, que j'aimais la littérature et que je voulais faire quelque chose de tout ça, elle m'avait dit : « Non, avec des résultats comme les vôtres, il ne faut pas commencer à trop vous projeter sur ce genre de choses, pas trop rêver, vous êtes quand même assez médiocre. » Il poursuit : « Pendant longtemps, j'ai eu envie de prendre ma revanche, juste de lui montrer d'une manière ou d'une autre qu'elle avait tort. » (art. cité)

On dira qu’effectivement nul ne peut se prononcer ainsi parce que les résultats scolaires d’un élève s’ils sont signe de ses performances de l’année ne révèlent en revanche aucune nature profonde. Qui donc était madame B*** pour pronostiquer l’incapacité de Pierre Niney à devenir comédien ?

Mais n’instruisons pas trop hâtivement le procès de madame B***, car d’une manière générale c'est le péché capital de beaucoup de professeurs de considérer qu’en jugeant le travail scolaire d’un élève, c’est l’élève lui-même, l’enfant ou l’adolescent pris dans sa totalité, qu’ils jugent. Comment deviner la personne qui se cache derrière ces exercices scolaires  ?

Et d’ailleurs, à supposer que ce soit possible, avons-nous à le faire?


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