dimanche 9 mars 2025

A bout de souffle – Chronique du 10 mars


 


 

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Bonjour-bonjour

 

Ne vous sentez-vous pas comme ce monsieur à la recherche de son souffle ? Oui, pris dans cette tornade d’évènements, d’annonces dont certaines vont être rétractées demain et d’autres actées, tournant ainsi définitivement la page du 20èmesiècle, nous avons perdu nos ancrages et nous voilà ballotés de-ci, de-là, comme une bouteille prise dans un tourbillon.

Que faire, sinon s’arrêter et regarder l’environnement nouveau afin de le juger froidement ?

- Pour prendre ce recul j’éviterai de porter des jugements sur l’actualité trop remuante et sur l’Histoire dont les tours et les retours me cachent encore bien des choses. J’irai donc vers le gros, l’énorme, le super-évident. Autrement dit, vers l’examen du rôle de la force qui affleure dans tous les évènements, ne serait-ce que chez nous avec la mise au rencart des débats sur l’âge de la retraite, remplacés par l’interrogation sur le moyen de sortir de nos usines les millions d’obus qui nous manquent . 

- La force c’est ce dont Donald Trump fait usage lorsqu’il dit aux Ukrainiens « Vous n’avez pas les cartes en mains » où aux européens « Je vous laisse tomber, défendez-vous tout seuls ». Ce que je veux pointer, c’est la légitimité dont celui qui possède les canons et les avions peut faire montre. 

En 1935, Staline demandait à Pierre Laval qui le suppliait de respecter les libertés religieuses : « Le Pape, combien de divisions ? » C’était bien clair, non ?

Si vous voulez qu’on vous mette les points sur les « i », alors allez voir du côté de Blaise Pascal qui nous dit : « Ne pouvant faire qu'il soit forcé d'obéir à la justice on a fait qu'il soit juste d'obéir à la force. » Autrement dit : « Ne pouvant fortifier la justice on a justifié la force ». Ajoutant pour que tout soit bien clair : « /Ceci/ afin que la justice et la force fussent ensemble et que la paix fût, qui est le souverain bien. » – le souverain bien est assuré, quel que soit celui qui écrase les autres sous sa botte, ce sera toujours mieux que le chaos de la guerre civile. (1)

Ne criez pas au scandale et la provocation : demandez-vous plutôt pourquoi certains dictateurs ont une popularité sans égale : ne serait-ce que Poutine dont les exactions sont admirées plus que dénoncées par ceux-là même qui les subissent. 

Et Donald Trump ? 

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(1) Pascal écrivait ceci à l'époque de la fronde

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