samedi 28 août 2021

Lionel Messi : un surhomme à Reims – Chronique du 29 aout

Bonjour-bonjour

 

Un match à guichet fermé dont les billets se sont revendus au marché noir jusqu’à dix fois leur prix ; une tribune de presse prise d’assaut par des journalistes venus du monde entier ; un match de football dont personne n’interroge le résultat, tant il est prévisible… Et tout cela parce qu’un homme – un seul homme – va pendant 90 minutes courir derrière un ballon. Comment cela est-il possible ? 

Habituellement on ne prend pas la question à sa racine : on dit, par exemple, que les salaires incroyables de ces vedettes du foot s’expliquent parce qu’ils en font gagner encore plus à ceux qui les paient : ce sont des investissements rentables. Mais justement, pourquoi le sont-ils ? A la base, il y a bien du public qui alimente la pompe à fric, sans quoi les gens-là mettraient leurs sous dans des entreprises du CAC40. Qu’est-ce qui fait palpiter ce public-là ? Qu’est-ce qui leur fait dégainer la carte bleue ?

Pour y voir plus clair, rappelons-nous les jeux olympiques de l’antiquité : deux éléments caractéristiques :

- Le premier, la suspension des guerres durant les jeux. Durant la trêve, il n’y avait plus d’effusion de sang, ce qui n’empêchaient pas les champions athéniens de chercher à vaincre les champions spartiates. Idem aujourd’hui quand le PSG rencontre l’OM : ce ne sont plus les 22 joueurs qui s’affrontent ; ce sont des milliers voire de millions de gens qui vont vivre la victoire ou la défaite comme si c’était leur victoire ou leur défaite. Se dépense ainsi toute une charge agressive, sans le moindre horion, et dans un temps limité. Jeux olympiques, jeux du cirque, championnat de foot, etc. sont indispensables à la bonne marche des sociétés. 

- Ensuite les héros des jeux antiques formaient une élite placée au-dessus de l’humanité ordinaire. On a conservé le souvenir de Milon de Crotone, lutteur herculéen, sorte de Teddy Riner de l’antiquité dont l’appétit fut légendaire. Surpuissant il était un « sur-mangeur » réputé capable de manger un bœuf entier à chaque repas, ce qui permit à Aristote de le prendre comme exemple pour illustrer la justice distributive : il ne serait pas juste de donner à manger à chaque homme la même quantité de viande qu’à Milon.

o-o-o

Alors, Messi (ou Ronaldo, ou Neimar, ou Mbappé…) serait le Milon d’aujourd’hui ? En tout cas il faut bien le reconnaitre : à côté de la passion pour une équipe supposée incarner la vaillance de tout un peuple, des champions isolés incarnent une sur-humanité, et ça c’est sans prix.

« L’homme est ce qui doit être dépassé » disait Nietzsche : Messi l’a fait !

On a les Zarathoustra qu’on peut.

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