lundi 30 août 2021

J'espère que vous n'êtes pas pressé ! – Chronique du 31 aout

Bonjour-bonjour

 

Tous ceux qui vivent dans des villes de moyenne ou de plus grande taille connaissent ces « zones-30 » où, quoiqu’il en soit de l’espace dévolu à la circulation urbaine, la vitesse est limitée à 30 km/h. 

A Paris, la frustration des automobilistes limités à 30 km/h depuis ce matin ne fait que commencer. Bientôt les automobilistes, dépassés par les trottinettes, voire même par les cyclistes, risquent de montrer de l’aigreur. 

Certains ironiseront : à Paris la vitesse de 30 kilomètres est non pas une limite imposée mais une performance espérée. Alors qu’est-ce que ça change ? Il y aura aussi des embouteillages d’escargot : on ne verra pas la différence !

 


Paris avant-après

 

Admettons. Mais comme nous cherchons à nous instruire, demandons-nous ce que cette mesure trahit comme présupposé.

- D’abord on espère que les accidents seront moins nombreux et moins graves. Après tout à rouler à la vitesse d’un vélo tout en étant protégé par une coque d’acier, on ne risque pas grand-chose. Mais à ce compte, si la vitesse est un facteur de risque, pourquoi ne pas limiter encore et encore la vitesse des voitures. Quand Édouard Philippe a limité la vitesse sur route à 80 kilomètres, on s’est dit « Hé bien voilà une bonne mesure mais elle est bien trop timide !  Pourquoi pas 30 km/h ? Là il n’y aura probablement plus aucun mort, sauf des morts d’ennui ». Il a bien fallu admettre que la vitesse était quand même utile : se déplacer le plus vite possible d’un point à un autre est une motivation, et tant que la téléportation n’existera pas on la recherchera.

- Ensuite, on pense qu’il y aura une diminution des nuisances liées à la voiture. Moins de bruit, moins de pollution : ce sont des résultats contestés mais qu’on peut encore espérer. Toutefois, quand dans un avenir qui se rapproche de nous les voitures seront toutes électriques, ce double résultat sera atteint et cela sans qu’on touche à la vitesse. D’ailleurs si on veut stimuler l’achat de voitures électriques, pourquoi ne pas lever la limitation à 30 pour ces derniers : pendant que les voitures thermiques se traineront comme des escargots, des véhicules bardés de chromes les doubleront silencieusement dans un bruissement d’air.  

 

Fabriquons des bolides qui fonctionnent à l’hydrogène qui ne rejettent qu’un peu d’eau : on verra ce que deviendront toutes ces restrictions !

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