dimanche 23 août 2020

Paris n’est pas la France – Chronique du 24 août

Bonjour-bonjour

 

Étrange match de foot hier soir à la télé, avec ces rumeurs de supporters venues de gradins vides, en playback en quelque sorte… D’ici peu, tous nos spectacles auront lieu dans le vide avec ambiance pré-enregistrée : il y aura en régie un bouton « applaudissements » et un bouton « sifflets »…

Mais ce n’est pas de cela que je venais vous entretenir ce matin mes chers amis. C’est plutôt de cet emballement public pour un match opposant deux clubs comme s’il s’agissait de deux nations : ce n’était plus le PSG contre le Bayern, pas même Paris contre Munich, mais la France contre l’Allemagne avec toutes les rancœurs amassées depuis ce match durant lequel le gardien de but allemand fracassait sans être sanctionné la mâchoire d’un joueur français qui s’était approché de trop près de sa cage… « Et à la fin, c’est Paris qui gagne » titrait le Libé du weekend, faisant allusion à cet épisode jamais oublié… Bref, voilà deux clubs investis de la fierté de leur pays, au point que ma femme passant près de la télé hier soir au moment de la présentation de l’équipe du PSG me dit : « Tiens, ils n’ont pas joué la Marseillaise ? »

 

Bref : une heure plus tard, ce n’était plus la même chanson ; Paris, perdant son match, était redevenu Paris et la France oubliait déjà qu’elle s’apprêtait à s’accaparer son éventuelle victoire. Ingratitude du public qui est prêt à soutenir ses champions dès lors qu’ils restent des vainqueurs ? Oui, évidemment. Mais aussi mise en évidence de ce mécanisme qui me fait détester le public sportif (Aïe ! Ne me tapez pas !) capable de se rengorger de fierté dès lors qu’un français remporte une compétition, comme si c’était nous, pauvres minables des muscles, qui avions remporté la victoire par notre propre mérite. Bien sûr, ce mécanisme n’est pas spécifiquement français, et bien des chefs d’États capitalisent les victoires de leurs sportifs comme si c’étaient leurs propres victoires. 

Nous aussi nous aimons la victoire, et nous aimons ceux qui gagnent… à condition qu’ils soient des nôtres.

Et vae victis.

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